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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 09:39

Chaque semaine nous vous proposons une lettre d'Adèle de Batz

147. - À Mademoiselle Agathe DICHE, à Agen

Combattons comme de vaillants soldats ...

 

+ J.M.J.T.                                                                                                Ce 30 janvier 1811

Mon Dieu, rendez-moi présentes la brièveté de ma vie et l'incertitude de ma mort !

Voici quinze jours que je ne vous ai écrit, très chère amie. Enfin, je viens m'acquitter aujourd'hui de ce doux plaisir.

      Hélas ! ma tendre amie, j'ai été comme vous privée du bonheur de communier par l'incommodité de mon confesseur. Il est mieux actuellement, et j'espère y aller pour la Purification. Je n'y ai pas été depuis les Rois : vous voyez qu'il y a près d'un mois !...

Oh chère amie, nous sentons bien que nous avons besoin de cette viande céleste, de ce pain mystique, de cette nourriture divine, sans laquelle notre âme est faible et languissante. Que rendrons-nous au Seigneur pour un si grand bienfait ? Pour cette consolation si singulière qu'il nous a laissée dans cette vallée de larmes ?

     Ah ! la manière de le reconnaître, c'est d'en approcher souvent avec foi et amour ; c'est d'en remporter les fruits qui y sont attachés. Allons, chère amie, puiser à cette fontaine des eaux vivantes les grâces dont nous avons tant de besoin, environnées de tant d'ennemis. Que deviendrons-nous si nous étions privées d'un si grand secours ? Détachons-nous de ce qui est terrestre afin de nous rendre dignes, peu à peu, de goûter de plus en plus les dons de Dieu.

Ah ! chère amie, demandez au bon Dieu pour moi, la délivrance de certaines tentations ; ou, du moins, la force d'y résister courageusement.

Allons, très chère amie, relevons notre courage. Cette vie est une guerre continuelle : il faut vaincre ou périr ! Ne laissons pas lâchement les armes, mais combattons comme de vaillants soldats.

      Nous avons été revêtues de ce caractère à la Confirmation dont nous allons bientôt célébrer l'anniversaire le 6 février. Demandons en ce jour le Don de Force, ainsi que tous les autres, et n'oublions pas de réfléchir sur ce sacrement et sur les devoirs qu'il nous impose de mépriser tout respect humain et remercions le Seigneur de nous l'avoir fait recevoir.

Adieu, très chère amie, je vous embrasse de cœur, en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Je  vous quitte pour faire mon école.

                                                                                                                                                                            ADÈLE

 

L'école d'Adèle :

 

Profondément émue de l'abandon où elle voyait réduits les enfants de la campagne, Adèle conçut le dessein d'ouvrir une petite école dans le château de ses parents.

En ce temps-là, les villages ne possédaient pas d'écoles. La Constitution Civile du Clergé qui avait spolié l'Eglise de tous ses biens, l'avait par le fait même, réduite à l'impossibilité de reprendre sa mission séculaire d'éducatrice des pauvres. H fallut attendre jusqu'en 1833, la loi Guizot qui attribua à l'Etat la réorganisation de l'enseignement primaire dans les communes.

Le catéchisme de la paroisse était le seul moyen qu'avaient les parents pour procurer à leurs enfants la connaissance des premiers éléments de la religion et de leurs devoirs sociaux. Mais cette ressource n 'était guère à la portée des enfants dans les contrées méridionales de la France ou les hameaux et les métairies sont disséminés à une grande distance de l'Eglise. La plupart n 'y assistaient jamais et vivaient dans l'ignorance.

Pour remédier à un si grand mal, Adèle ouvrit donc une école pour les enfants des deux sexes. Elle leur apprenait le catéchisme, les prières essentielles du chrétien et la lecture.

Ses petits élèves, isolés les uns des autres dans des fermes très éloignées de Trenquelléon arrivaient à toutes les heures de la journée. Ces contretemps n 'altéraient en rien sa bonne humeur. Dès que les écoliers se présentaient elle quittait tout: exercices de piété, réunions de famille et d'amis, correspondance, pour voler près d'eux. Fréquemment ses lettres en témoignent : «je vous quitte pour faire mon école » (30 janvier 1811). « Voici mes écolières qui arrivent, il faut que je vous quitte » (2 décembre 1812). « J'ai ma petite école qui m'attend, ttfaut que je vous quitte ; priez Dieu pour les élèves et la maîtresse » (23 février 1813).

 

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