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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 10:50

 

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 21:44

 

Message  à l'occasion du décès des militaires au Mali

          Nous sommes très touchés par le décès survenu, lors d'une opération militaire au Mali, de deux jeunes militaires du Lot et Garonne: l'adjudant-chef Julien Carette et le capitaine Clément Frison-Roche. J'adresse aux membres de leurs familles un message de soutien. Qu'ils soient assurés de ma prière et de mon aide fraternelle.

         Je sais que les Layracais et les Villeneuvois sont dans la peine, et je m'associe à eux dans cette épreuve.

        Que l'espérance reste présente au cœur de nos vies! Que l'Esprit nous apporte la paix et la confiance!

                                                                + Hubert Herbreteau, évêque d'Agen

 

« Pour que vive France »,
le touchant poème
du capitaine Clément Frison-Roche

 

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 07:56

 

«Devenir dépendant des autres

ne signifie pas perdre sa dignité»

 

Déclaration commune des responsables religieux – rabbin, imam, pasteurs, évêques –

 

de Reims (France), ville où M. Vincent Lambert est décédé, ce 11 juillet 2019.

 

 

         M. Vincent Lambert est mort. Responsables des différents cultes dans la ville de Reims, nous prions pour notre concitoyen. Nous le faisons depuis des années, avec beaucoup de nos compatriotes profondément affectés par son sort. Nous le recommandons au Dieu vivant et miséricordieux, à celui qui appelle les êtres humains de la mort à la vie. Nous prions pour la femme et pour la fille de M. Vincent Lambert, pour ses parents, ses frères et ses sœurs, pour tous les siens. Qu’ils puissent trouver consolation et espérance par-delà leur chagrin. Nous leur exprimons notre fraternelle compassion.

       Nous pensons fortement en ce jour à ceux qui ont eu à s’occuper de M. Lambert : les médecins et les équipes de l’hôpital de Reims, et aussi les avocats et les magistrats qui ont eu la responsabilité d’éclairer la situation de M. Lambert.

        La situation de M. Lambert était singulière. Les décisions prises à son sujet ne peuvent donc être transposées telles quelles à des cas apparemment analogues. Au vu des débats qui ont eu lieu, nous pensons utile, dans la lumière de notre foi en Dieu qui crée et qui donne la vie, de rappeler les points suivants :

 

       1. Nous reconnaissons sans réserve qu’il appartient à la dignité de tout être humain de renoncer à un traitement jugé inutile, disproportionné ou risquant de provoquer un état de souffrance supplémentaire, du moment qu’une telle décision ne met en danger la vie d’aucun autre ;

      2. Nous croyons qu’il est possible aux êtres humains de se soutenir, de s’entraider, de s’accompagner dans les moments les plus douloureux de la vie, de sorte qu’aucun citoyen ne soit tenté d’exiger de la société qu’elle provoque sa mort ;

      3. Nous voudrions rappeler à nos concitoyens que devenir dépendant des autres pour des soins ou pour les actes de la vie ordinaire ne signifie pas perdre sa dignité ; nous voulons œuvrer pour contribuer à susciter les dévouements, les générosités et les solidarités nécessaires auprès des personnes dépendantes, à quelque titre qu’elles le soient, et auprès de leurs proches qui en portent la responsabilité, ceux que l’on appelle aujourd’hui « les aidants » ;

       4. Nous voulons remercier tous ceux qui ont contribué à la réflexion sur la situation de la fin de vie et sur la situation singulière des personnes en état pauci-relationnel, qui n’entrent ni tout à fait dans la catégorie des personnes malades ni tout à fait dans celle des personnes handicapées. Des recherches médicales et philosophiques sont sans doute encore nécessaires pour les accompagner au mieux. Une réflexion sur la pratique de la réanimation nous paraît également nécessaire. Poursuivre des débats prudents et approfondis sur ces questions médicales et éthiques nous paraît important;

      5. Nous exprimons notre confiance aux médecins de notre pays. Notre confiance collective dans leurs capacités scientifiques et humaines est nécessaire pour qu’ils puissent continuer à prendre les décisions médicales les meilleures et les plus sages en dialoguant en vérité avec les personnes en fin de vie ou les proches des personnes devenues incapables de communiquer ;

      6. Croyants en la vie éternelle, nous affirmons que la vie humaine est bien plus que la vie corporelle mais se joue pourtant dans la condition corporelle. Nous exprimons notre profonde union à tous ceux qui entourent leurs proches dans l’épreuve avec délicatesse, avec générosité, sans attendre de retour, en se réjouissant de leur présence corporelle. Nous redisons notre gratitude pour le personnel médical et soignant de nos hôpitaux.

 

       Notre pays s’est efforcé jusqu’ici de trouver une voie juste pour accompagner au mieux, dans le contexte de haute technicité dans lequel nous vivons, les personnes en fin de vie et celles qui sont privées partiellement ou totalement de capacités de communication.

       Nous souhaitons que notre pays développe toujours davantage aussi bien le soin médical capable d’intégrer les progrès thérapeutiques, les soins palliatifs, une véritable disponibilité relationnelle des soignants et une collaboration des aidants et des bénévoles, que le soin social capable d’intégrer les exclus et les délaissés, afin de garantir à tous une vie commune dans la solidarité et la fraternité.

 

                Signataires :

 

               Rabbin Amar, de Reims

               Aomar Bendaoud, imam de la Grande Mosquée de Reims

              Pasteur Xavier Langlois, de l’Eglise Protestante Unie de France à Reims

              Pasteur Pascal Geoffroy, de l’Eglise Protestante Unie de France à Reims

              + Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims

              + Bruno Feillet, évêque auxiliaire de Reims

 

 



 

 

 


 

 

M. Vincent Lambert est mort. Responsables des différents cultes dans la ville de Reims, nous prions pour notre concitoyen. Nous le faisons depuis des années, avec beaucoup de nos compatriotes profondément affectés par son sort. Nous le recommandons au Dieu vivant et miséricordieux, à celui qui appelle les êtres humains de la mort à la vie. Nous prions pour la femme et pour la fille de M. Vincent Lambert, pour ses parents, ses frères et ses sœurs, pour tous les siens. Qu’ils puissent trouver consolation et espérance par-delà leur chagrin. Nous leur exprimons notre fraternelle compassion.

En savoir plus : https://www.jeanpaulbouland.com/

 

M. Vincent Lambert est mort. Responsables des différents cultes dans la ville de Reims, nous prions pour notre concitoyen. Nous le faisons depuis des années, avec beaucoup de nos compatriotes profondément affectés par son sort. Nous le recommandons au Dieu vivant et miséricordieux, à celui qui appelle les êtres humains de la mort à la vie. Nous prions pour la femme et pour la fille de M. Vincent Lambert, pour ses parents, ses frères et ses sœurs, pour tous les siens. Qu’ils puissent trouver consolation et espérance par-delà leur chagrin. Nous leur exprimons notre fraternelle compassion.

Nous pensons fortement en ce jour à ceux qui ont eu à s’occuper de M. Lambert : les médecins et les équipes de l’hôpital de Reims, et aussi les avocats et les magistrats qui ont eu la responsabilité d’éclairer la situation de M. Lambert.

La situation de M. Lambert était singulière. Les décisions prises à son sujet ne peuvent donc être transposées telles quelles à des cas apparemment analogues. Au vu des débats qui ont eu lieu, nous pensons utile, dans la lumière de notre foi en Dieu qui crée et qui donne la vie, de rappeler les points suivants :



En savoir plus : https://www.jeanpaulbouland.com/

M. Vincent Lambert est mort. Responsables des différents cultes dans la ville de Reims, nous prions pour notre concitoyen. Nous le faisons depuis des années, avec beaucoup de nos compatriotes profondément affectés par son sort. Nous le recommandons au Dieu vivant et miséricordieux, à celui qui appelle les êtres humains de la mort à la vie. Nous prions pour la femme et pour la fille de M. Vincent Lambert, pour ses parents, ses frères et ses sœurs, pour tous les siens. Qu’ils puissent trouver consolation et espérance par-delà leur chagrin. Nous leur exprimons notre fraternelle compassion.

Nous pensons fortement en ce jour à ceux qui ont eu à s’occuper de M. Lambert : les médecins et les équipes de l’hôpital de Reims, et aussi les avocats et les magistrats qui ont eu la responsabilité d’éclairer la situation de M. Lambert.

La situation de M. Lambert était singulière. Les décisions prises à son sujet ne peuvent donc être transposées telles quelles à des cas apparemment analogues. Au vu des débats qui ont eu lieu, nous pensons utile, dans la lumière de notre foi en Dieu qui crée et qui donne la vie, de rappeler les points suivants :



En savoir plus : https://www.jeanpaulbouland.com/

M. Vincent Lambert est mort. Responsables des différents cultes dans la ville de Reims, nous prions pour notre concitoyen. Nous le faisons depuis des années, avec beaucoup de nos compatriotes profondément affectés par son sort. Nous le recommandons au Dieu vivant et miséricordieux, à celui qui appelle les êtres humains de la mort à la vie. Nous prions pour la femme et pour la fille de M. Vincent Lambert, pour ses parents, ses frères et ses sœurs, pour tous les siens. Qu’ils puissent trouver consolation et espérance par-delà leur chagrin. Nous leur exprimons notre fraternelle compassion.

Nous pensons fortement en ce jour à ceux qui ont eu à s’occuper de M. Lambert : les médecins et les équipes de l’hôpital de Reims, et aussi les avocats et les magistrats qui ont eu la responsabilité d’éclairer la situation de M. Lambert.

La situation de M. Lambert était singulière. Les décisions prises à son sujet ne peuvent donc être transposées telles quelles à des cas apparemment analogues. Au vu des débats qui ont eu lieu, nous pensons utile, dans la lumière de notre foi en Dieu qui crée et qui donne la vie, de rappeler les points suivants :



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« Devenir dépendant des autres ne signifie pas perdre sa dignité »

En savoir plus : https://www.jeanpaulbouland.com/
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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 16:13

RÉFLEXIONS AUTOUR DE LA LETTRE DU PAPE

"LETTRE AU PEUPLE DE DIEU"

   transmise le 20 août 2018.

Paroisse Sainte Croix des confluents

 

Chaque "affaire" politique ou religieuse ébranle les consciences : réparons-nous aussi l'Église

         

                Dix huit personnes étaient présentes dont notre curé le père Jean-Pierre Teudjou et notre diacre, Guillaume de Sevin et deux personnes venues de Tonneins où ce débat n'a pu avoir lieu et où les paroissiens se sont exprimés sous une autre forme.

Cette réunion proposée par l'équipe d’animation pastorale (E.A.P.) et organisée par l'équipe Communication de la paroisse, a été voulue pour provoquer une réaction solidaire, communautaire et globale à la suite de la lettre du Pape François au Peuple de Dieu : " Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui" (1 Cor 12, 26).

A la demande de Yannick Masson et J.L. Trézéguet, modérateurs, il a été consacré un temps de relecture de cette lettre, puis un tour de table où chacun a pu exprimer son émotion et faire un constat individuel avant le débat lui-même.

Le père Teudjou s'est exprimé en premier : "Que faire pour que l'Église panse ses plaies, déclare-t-il ? Il faut se poser les bonnes questions ; comment je réagis en tant que citoyen, en tant que chrétien ? Si le Christ était à ma place, qu'aurait-il fait ? Même si ceci s'est passé depuis des générations, il ne faut pas condamner exclusivement l'Église sur ce sujet". Les participants reconnaissent que ce problème et l'omerta existent aussi dans d'autres secteurs de la société notamment dans l'Éducation Nationale ou l'Armée.

L'émotion exprimée par les participants a été forte et unanime : "Face aux faits révélés, nous sommes abasourdis, atterrés, meurtris, très choqués, très en colère, nous avons un sentiment de honte, une grande tristesse, c'est un vrai tsunami, il est trop tard ! "Nous nous sentons très petits et très impuissants devant un phénomène d'une telle ampleur et d'une telle gravité dont on ne pouvait soupçonner l'étendue ". "Nous avons des pensées émues pour les victimes, dont, comme le dit le Pape François "la douleur a trop longtemps été ignorée, silencieuse ou passée sous silence". Nous avons dit qu'il fallait être conscient de l'état de grand danger (danger de mort) dans lequel se trouve l'Église aujourd'hui". Il faut parler de crimes commis et non seulement de "délits" (comme on peut le lire dans la lettre du pape). Notre Évêque Mgr Herbreteau n'hésite pas, à juste titre, à parler de crimes ! Mais il a été dit qu'en l'occurrence les criminels sont aussi des "malades".

 

Pourquoi ce silence et si longtemps ? Comment cette omerta a-t-elle pu s’organiser ?

 

             On a parlé de la toute puissance du prêtre qui date de très longtemps, du cléricalisme qui en a découlé et qui est une forme d'abus de pouvoir ; il y a eu une propension à étouffer tout ce qui pouvait porter atteinte à l'aura du prêtre et à la confiance placée en lui par les laïcs (enfants ou adultes).

La dimension, la gravité des actes, leur conséquence, leur impact sur les victimes n'ont très certainement pas été, non plus, estimés à leur juste valeur.

Le Pape François fait le "mea culpa" de l'Église lorsqu'il parle dans sa "lettre au peuple de Dieu" d'aveuglement confortable et auto-suffisant où tout finit par sembler licite".

 

En tant que simple chrétien(ne) et laïc (que) que puis-je faire ? Que peut-on faire pour identifier, prévenir, soigner ?

 

            Est-ce notre problème en tant que laïc ? Il s'agit en l'occurrence d'un problème interne aux clercs de l'Église. N'est-ce pas de la responsabilité exclusive du Pape de le régler ? Moi, pauvre laïque, qu'ai-je à voir dans cette affaire ?

Dénoncer immédiatement la connaissance d'une déviance quelconque, d'un comportement anormal, être vigilant est, nous pensons, nécessaire et un devoir. Le Pape François pose la question reprenant l'appel de Saint Paul à souffrir avec celui qui souffre : "Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ?". La réponse est oui, sans hésitation.

Il faut prier. Guillaume nous a rappelé qu'il fallait prier, en particulier, pour les prêtres qui n'ont pas failli. Ceux qui, par exemple, habillés en clergyman qui se déplacent dans le métro à Paris, vivent des moments difficiles. Beaucoup de médias s'en donnent à cœur joie pour dénigrer un peu plus l'Église. Quelle occasion !

Aider, par des soins, toute personne aux tendances pédophiles que l'on détecte dans l'Église. Quel accompagnement aujourd'hui est-il fait pour ces prêtres déviants hormis leur mutation à la suite de faits avérés ?

Le constat fait aujourd'hui au sujet de l'ignorance de l'état dans lequel se sont retrouvées les victimes est accablant. Désormais il faut accepter de les écouter, prendre leurs cas en considération et faire l'objet un suivi psychologique.

Dans sa lettre, le Pape parle de la pratique du "jeûne" qui donne faim et soif de justice, qui nous secoue et nous pousse à marcher et à nous engager dans la vérité et la charité envers la société, afin de lutter contre tout type d'abus sexuel, d'abus de pouvoir et de conscience."

Enfin, il faut faire pénitence selon le vœu là aussi du pape. "Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui"..."Alors Dieu souffrant s'est tourné vers son Père".

Avec prière et pénitence, "nous ferons grandir en nous le don de la compassion, de la justice, de la prévention et de la réparation". Et la confession est un gage de purification.

Le pape François veut que l'on soit dans la vérité : "la vérité vous rendra libre". L'Église est un corps qui forme un tout. On peut retenir dans ce texte l'appel à la conversion de chacun.

 

Vers qui se tourner quand on est dans une situation difficile ?

 

            Y a-t-il une cellule d’écoute ? Oui, c'est en principe à notre Évêque, Hubert Herbreteau qu'il faut s'adresser directement, d'autant plus que chacun doit savoir qu'il a été nommé responsable de la commission de prévention des abus sexuels lors de la Conférence des évêques de France en novembre 2018.

Mais peut-être serait-il souhaitable de songer à la création d'une cellule d'écoute des victimes, dans chaque diocèse, si cela n'est pas déjà fait, qui soit clairement identifiée et connue de tous les publics, et pas nécessairement constituée de clercs ?   

 

Quelles réformes sont souhaitables pour remettre le fonctionnement de l'Église sur de bons rails ?

            Plusieurs sujets ont alors été évoqués : la tolérance zéro demandée par le pape qui est devenue une évidence, la transparence de l'Église en général, rendre compte sur cette question mais aussi sur d'autres.

La prévention par une approche de la sexualité plus appropriée lors de la formation des prêtres au séminaire ? Cette question est-elle suffisamment abordée, ainsi que celle de la relation aux femmes ?

Le père Teudjou déclare que les prêtres savent que c'est le célibat qui les attend en entrant au séminaire. Guillaume prend l'exemple de l'Église orientale maronite où les prêtres sont mariés. Il fait référence à la lettre de Jean-Paul II sur le célibat (don total de sa vie au milieu de sa communauté).

 

Pourquoi y a-t-il de moins en moins de prêtres ? La solitude est pesante. L'Église semble vouloir évoluer vers la vie des prêtres en communauté pour se soutenir mutuellement, éviter les doubles vies, les problèmes d'alcoolisme, la dépression. Chacun peut chuter et se relever.

Pour ce qui est du cléricalisme, on a évoqué la possibilité de commissions de contrôle pour éviter les abus de pouvoir et de conscience, de trouver des régulations, des référents (tierces personnes) qui pourraient se positionner en médiateurs, conciliateurs ?

 

Quelle place pour les femmes dans l’Église ?

 

            Il ressort du débat que la femme n'est pas assez reconnue dans l'Église d'aujourd'hui. Les femmes se trouvent le plus souvent cantonnées dans des rôles subalternes ou purement matériels dans lesquels la hiérarchie de l'Église se plait à les maintenir. Est-ce par crainte ?

Par désinvolture ? Par tradition ? Par routine ? Un peu tout à la fois sans doute ?

Or plus de pouvoir donné aux femmes ne serait-il pas enrichissant pour l’Église ?

Il faut associer les femmes à la gouvernance de l'Église.

 

Quelle place et quelle meilleure collaboration entre laïcs et clercs sur ces sujets ?

 

            Il faut aider les prêtres et les laïcs à sortir du cléricalisme et préciser la place de chacun. Il faut avoir le courage d'aborder les sujets qui fâchent, dire ce que l'on ressent, comment on voit les choses, essayer de faire des propositions censées au travers de rencontres programmées. On parle beaucoup des clercs en ce moment, mais que dire du divorce des laïcs en constante croissance ; quelle place sommes-nous prêts à faire pour les divorcés-remariés ?

Il faut améliorer la communication transversale entre les rouages et commissions diverses d'une paroisse. Sinon, chacun ignore tout de ce que fait l'autre et cela est un frein au développement de cette paroisse et peut créer des tensions avec le curé responsable. Les paroissiens ne savent pas ce qui se fait et se sentent mis de côté. Ne pourrait-on désigner un paroissien chargé de faire la liaison entre les divers groupes de travail ?

A une échelle plus haute, le cardinal Marx, archevêque de Munich, déclare dans "La Croix" le jeudi 28 mars 2019 : "Il me paraît évident que l'on ne peut plus réunir un Synode des évêques sans y inviter aussi des laïcs, femmes et hommes. C'est urgent".                                                                                            

 

EN CONCLUSION

 

            Deux heures de débats riches, denses, profonds et ... sereins. Les participants ont été à l'écoute les uns des autres, sans s'interrompre mutuellement, en permanence, comme souvent dans ce type de rencontre. Cela a contribué à la clarté du débat et, manifestement, les participants ont été heureux de pouvoir s'exprimer sur ce sujet grave et douloureux en analysant cette " lettre au peuple de Dieu" et en donnant leurs sentiments personnels.

Le temps limité et l'ampleur des sujets abordés n'ont pas permis d'approfondir certaines propositions. Il est important de regarder les choses en face, avec courage et détermination, de ne pas minimiser les faits, quels qu'il soient, pour prendre, enfin, conscience de la gravité des actes et les mesures appropriées pour que l'Église tire les leçons d'une épreuve où elle a vécu le mal, pour aller vers un renouveau purificateur.

L'équipe Communication de notre paroisse et son curé ont considéré que, être frileux, avoir des craintes et ne pas vouloir aborder le sujet ni contribuer à apporter sa pierre, en vue de la reconstruction de l'édifice qu'est l'Église, aurait été un refus de participer à l'éradication du cancer qui la ronge actuellement.

Sans tomber dans la "réunionnite", l'équipe Communication de la paroisse pense que ce type de rencontre-débat est à renouveler, notamment sur des sujets pouvant toucher aux réformes, d’actualité ou pas, dont l'Église pourrait avoir besoin et sur lesquelles les paroissiens ont envie d'exprimer leurs idées.

 

            Enfin il y a des raisons d'espérer. Confiance tel est le maître-mot. La présence de nombreux participants et leur investissement dans la réflexion témoigne de la réactivité, du "vouloir faire face" de nos paroissiens. Oui, il y a une chance de rebâtir l'Église. Non, il n'est pas trop tard, il n'est jamais trop tard, rien n'est encore perdu. Nous sommes dans une barque secouée par un vent de grande force. Il faut tenir et faire confiance, sans réserve, au Christ. L'Église a connu bien des vicissitudes au cours de son existence. Elle a tenu. Mais il faut être vigilant, tirer la sonnette d'alarme quand il est temps encore et prendre les bonnes décisions.

En définitive, et pour laisser le dernier mot à notre curé, le père Jean-Pierre Teudjou "il ne faut pas oublier le Christ qui est au centre de tout". Et ne pas écarter la dignité humaine : "Il faut savoir faire place à Dieu et si l'on ne respecte pas l'Homme, on ne respecte pas Dieu".

 

                 L'équipe Communication de la Paroisse Sainte Croix des Confluents

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 20:12

Le Saint-Père profite de son audience générale pour s'adresser au peuple français

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 13:32

EN PRÉSENCE DE

Dr. Gérard BREUILLE, Chirurgien gastro-entérologue à l'hôpital d'Agen

M. Axel KLUSIEWICZ, Infirmier coordinateur des prélèvements d'organes au Kremlin-Bicêtre

Mme Véronique MASSIE, Responsable de la Pastorale de la santé dans le diocèse d'Agen

Mme Claudine VIGUIÉ, Présidente de l'ADOT 47

                              DON D'ORGANES, DON DE VIE

 

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 08:03
Déclaration du Conseil permanent aux agriculteurs

Comme en 2016, une délégation d’évêques s'est rendue au Salon International de l’Agriculture de février 2018. Témoins à la fois de la passion avec laquelle les agriculteurs exercent leur métier et des difficultés auxquelles ils sont confrontés, les évêques veulent ainsi leur manifester leur proximité, leur attention et leur soutien.

Nous savons que la crise agricole que vous traversez est toujours là, profonde, complexe et multiforme. Beaucoup parmi vous souffrent et s’inquiètent pour leur avenir. Face à cette réalité, nous ne pouvons pas nous satisfaire des approches et des discours marqués par la situation de l’après-guerre et les années de forte croissance économique et d’amélioration des conditions de vie qui l’ont suivie. Aujourd’hui, nous mesurons à quel point les temps ont changé. Notre rapport au monde, au travail, à l’économie, à la technologie, à la terre, à la création soulève bien des questions et nous met devant de nouveaux défis, dont celui du respect de l’environnement, que nous sommes appelés à relever tous ensemble.

Ces défis dépassent votre seule profession : ils nous concernent tous et ils ont une dimension internationale. Ils nous interrogent notamment sur la société que nous voulons pour aujourd’hui et pour demain. Ils nous conduisent aussi à questionner les processus économiques tant mondiaux que locaux, pour que soit mieux pris en compte tout ce qui touche à la sauvegarde de notre maison commune et à son avenir. Et nous ne voulons pas ignorer vos solitudes et vos inquiétudes devant ces défis universels.

Mais alors, quelle agriculture voulons-nous pour demain ? Quels changements et conversions devons-nous opérer dans nos modes de vie ?

Nous ne pouvons pas nous résigner à un avenir incertain pour l’agriculture.  Voilà pourquoi, comme pasteurs de l’Église catholique, nous voulons vous adresser un message de soutien.

Nous croyons qu’il est vital que le travail agricole soit reconnu par l’ensemble de la société. Cette reconnaissance doit passer par une juste rémunération de votre travail, ce qui, hélas, n’est pas le cas dans bon nombre de filières. Votre travail permet de produire ces aliments dont nous avons tous besoin pour vivre. L’agriculture doit garder sa noble mission : offrir une nourriture de qualité, la plus accessible à tous, et contribuer à l’entretien des espaces ruraux auxquels nous sommes tant attachés.

La terre avec son sol vivant est la matière principale de votre métier ; c’est elle que vous travaillez. C’est d’elle que dépend notre pain quotidien. Aussi est-il vital de prendre soin de cette terre, de la protéger, comme le pape François nous y invite dans son Encyclique Laudato si’. Cultivons « cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement », parlons « le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde », ne soyons pas le « dominateur, consommateur ou pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats » (Laudato si’, n° 11).

La capacité à s’émerveiller devant la Création est le terreau de la conversion écologique attendue par beaucoup. Par votre métier, vous savez que cet étonnement et cet émerveillement se cultivent au quotidien. Vous êtes porteurs d’un savoir-faire unique que vous devez développer et transmettre.  C’est ainsi que notre terre pourra continuer à procurer à tous le pain quotidien sans être abimée et dégradée.Nous souhaitons que toute notre société prenne vraiment les moyens de vous écouter, de recueillir les fruits de votre savoir-faire et devienne ainsi toujours plus soucieuse d’une écologie intégrale.

Car la crise socio-environnementale que nous affrontons « requiert une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus, et simultanément pour préserver la nature » (Laudato si’, n° 139).Nous sommes témoins qu’au milieu des changements, souvent sources d’inquiétude, se développent de nombreuses initiatives créatrices et innovantes, pour produire dans le respect de l’environnement et la recherche d’une qualité croissante, pour progresser dans les domaines de la coopération et de la mutualisation des moyens. Nous encourageons et soutenons toutes ces initiatives.

Dans l’histoire, votre professionnalisme et votre amour de la terre ont témoigné de votre capacité à vivre des transitions, à surmonter bien des obstacles. Face à l’ampleur des défis d’aujourd’hui et à la lumière de la Foi, nous vous redisons notre confiance, notre solidarité et notre soutien. Nous appelons la société entière à œuvrer pour une meilleure reconnaissance de votre travail, de votre mission unique et nécessaire.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 19:52
« le sacrifice du Colonel Arnaud            Beltrame portera des fruits »,                       affirment les évêques

La Conférence des évêques de France s’associe à l’hommage national

Arnaud Beltrame © Twitter @diocse_armees

Arnaud Beltrame © Twitter @Diocse_armees

       « Le sacrifice du Colonel Arnaud Beltrame portera des fruits pour notre société », affirme la Conférence des évêques de France qui s’associe à l’hommage national rendu ce 28 mars 2018 au gendarme qui s’est livré pour sauver une femme prise en otage par un terroriste à Trèbes, dans l’Aude, le 23 mars.

         « Cet acte d’héroïsme marque légitimement l’ensemble de nos concitoyens », peut-on lire dans un communiqué : « Donner ainsi sa vie pour en sauver d’autres constitue un exemple éminent et aura certainement une fécondité dans notre société tentée par la violence et le repli sur soi ».

       « Les catholiques, au cours de cette semaine sainte, prieront pour toutes les victimes des attentats et spécialement celles de Trèbes et Carcassonne. Ils porteront aussi dans leurs prières ceux qui assurent notre sécurité au quotidien », conclut la note.

        Le diocèse de Paris s’est uni à la cérémonie nationale par la sonnerie du bourdon « Emmanuel » de la cathédrale Notre-Dame de Paris à 10h, lors du passage du cortège funéraire qui se rendait du Panthéon aux Invalides, salué par une haie d’honneur le long du parcours.

      Dans un télégramme envoyé à Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, le pape François a salué « le geste généreux et héroïque du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a donné sa vie en voulant protéger des personnes ».

       Sur le site du diocèse aux armées, Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées françaises, rappelle qu’Arnaud Beltrame, 45 ans, était « un militaire et un chrétien au plus profond de son être » : « Baptisé dans une famille non pratiquante, il découvre la foi il y a une dizaine d’année, lors d’un pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray, il fait sa première communion à l’âge de 34 ans, et s’engage à la suite du Christ tel saint Paul, avec l’amour brûlant d’un cœur qui a rencontré le cœur de son Seigneur. Arnaud Beltrame venait de faire bénir sa maison. Il était dimanche dernier, comme chaque dimanche, à l’Abbaye de Lagrasse pour célébrer le Christ ressuscité, et il s’apprêtait à célébrer le 9 juin prochain son mariage religieux avec Marielle. Nous pensons à sa famille, à son épouse, à ses collègues, à ses amis. C’était un chrétien, explicitement, sereinement. »

      « Son geste étonne, détonne, interpelle, souligne Mgr de Romanet. Son geste renvoie aux questions les plus fondamentales de la vie et de la mort pour chacun d’entre nous. Qu’est ce qui mérite de donner sa vie ? Qu’est ce qui justifie de s’exposer à la mort ? Quel sens ? Quelle transcendance ?… Arnaud Beltrame s’est présenté en médiateur, il a fait don de sa vie en se substituant à un otage. Il a sauvé des vies en offrant la sienne. Ceci ne peut se comprendre que dans une dimension de surplomb, de transcendance, de vie éternelle, qui pour un chrétien a le visage du Christ en croix offert pour que le monde ait la vie. »

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 20:23
 FIN DE VIE : OUI À L’URGENCE DE LA FRATERNITÉ ! Déclaration des évêques de France

Jeudi 22 mars 2018

Quelles que soient nos convictions, la fin de vie est un temps que nous vivrons tous et une inquiétude que nous partageons. Chacun doit donc pouvoir y réfléchir le plus sereinement possible, en évitant les écueils des passions et des pressions. Nous voulons avant tout exprimer notre pleine compassion envers nos frères et sœurs en « fin de vie », comme l’Église a toujours essayé de le faire. Ils se présentent dans leur faiblesse, parfois extrême. Leur existence est un appel : de quelle humanité, de quelle attention, de quelle sollicitude ferons-nous preuve envers eux qui vivent au milieu de nous ? Nous saluons les professionnels de santé qui leur procurent une qualité de vie dans une fin de vie la plus apaisée possible, grâce à leur compétence technique et à leur humanité, aussi bien dans le suivi quotidien que dans les situations d’urgence. Certains d’entre eux sont engagés, souvent avec de fortes convictions personnelles, en soins palliatifs. Grâce à eux et à l’effort de déploiement de ces soins, nombre de nos concitoyens vivent de manière apaisée leur fin de vie. Cependant, ces soins ne sont pas suffisamment développés et les possibilités de soulagement de la souffrance sous toutes ses formes ne sont pas assez connues. Il est urgent de combattre cette ignorance, source de peurs qui ne sont jamais bonnes conseillères et dont s’abreuvent les sondages. Ancrés dans l’ensemble du territoire, nous déplorons les disparités d’accès aux soins palliatifs ainsi que l’insuffisance de formations proposées au personnel médical et soignant, ce qui engendre des souffrances parfois tragiques. C’est pourquoi l’urgence consiste à poursuivre le développement des soins palliatifs pour que toute personne en ayant besoin puisse, selon la loi du 9 juin 1999, y avoir accès quel que soit son lieu de vie, y compris dans les EHPAD et dans les maisons de retraite. En raison de ces carences et de la médiatisation de certains cas, plusieurs réclament un changement de la loi par la légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie. Face à cette réclamation, nous affirmons notre opposition éthique pour au moins six raisons : 1. La dernière loi a été votée récemment, le 2 février 2016. Dans la suite de celle du 22 avril 2005 – dont le retentissement fut international –, elle poursuit l’effort d’une prise en charge responsable et collégiale de la part des soignants pour garantir une fin de vie apaisée. Son application est encore largement en chantier et demande une formation appropriée. Apprécier, au cas par cas, comment accompagner au mieux chaque personne en grande DÉCLARATION DES ÉVÊQUES DE FRANCE 2 vulnérabilité demande temps, discernement et délicatesse. Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps. 2. Fort de la fraternité qu’il proclame, comment l’État pourrait-il, sans se contredire, faire la promotion – même encadrée – de l’aide au suicide ou de l’euthanasie tout en développant des plans de lutte contre le suicide ? Ce serait inscrire au cœur de nos sociétés la transgression de l’impératif civilisateur : « Tu ne tueras pas. » Le signal envoyé serait dramatique pour tous, et en particulier pour les personnes en grande fragilité, souvent tiraillées par cette question : « Ne suis-je pas un poids pour mes proches et pour la société ? » Quelles que soient les subtilités juridiques recherchées pour étouffer les problèmes de conscience, le geste fratricide se dresserait dans notre conscience collective comme une question refoulée et sans réponse : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » 3. Si l’État confiait à la médecine la charge d’exécuter ces demandes de suicide ou d’euthanasie, des personnels soignants seraient entraînés, malgré eux, à penser qu’une vie ne serait plus digne d’être vécue, ce qui serait contraire au Code de déontologie médicale : « Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. » Selon Paul Ricœur reprenant la tradition hippocratique, la relation de soin est par nature un « pacte de confiance » qui unit soignés et soignants et qui interdit à ces derniers, au nom de cette dignité, de faire volontairement du mal à autrui et encore moins de le faire mourir. Tuer, même en prétendant invoquer la compassion, n’est en aucun cas un soin. Il est urgent de sauvegarder la vocation de la médecine. 4. Même si une clause de conscience venait protéger les soignants, qu’en serait-il des personnes vulnérables ? Dans leur autonomie, elles ont besoin de confiance et d’écoute pour confier leurs désirs, souvent ambivalents. Quelle serait la cohérence de l’engagement médical si, dans certains lieux, des soignants étaient prompts à accéder à leurs désirs de mort chimiquement provoquée, tandis que dans d’autres, ils les accompagnaient, grâce à l’écoute patiente et au soulagement des différentes souffrances, vers une mort naturelle paisible ? La vulnérabilité de personnes – jeunes et moins jeunes – en situation de dépendance et de fin de vie appelle non un geste de mort mais un accompagnement solidaire. La détresse de celles qui demandent parfois que l’on mette fin à leur vie, si elle n’a pu être prévenue1 , doit être entendue. Elle oblige à un accompagnement plus attentif, non à un abandon prématuré au silence de la mort. Il en va d’une authentique fraternité qu’il est urgent de renforcer : elle est le lien vital de notre société. 5. Les tenants de l’aide au suicide et de l’euthanasie invoquent « le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin ». Ils prétendent que « l’exercice de ce droit n’enlève rien à personne. C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui ». Mais qu’est-ce qu’une liberté qui, au nom d’une illusoire autonomie souveraine, enfermerait la personne vulnérable dans la solitude de sa décision ? L’expérience atteste que la liberté est toujours une liberté en relation grâce à laquelle le dialogue se noue afin que le soignant soit bienfaisant. Nos choix personnels, qu’on le veuille ou non, ont une dimension collective. Les blessures du corps individuel sont des blessures du corps social. Si certains font le choix désespéré du suicide, la société a avant tout le devoir de prévenir ce geste traumatisant. Ce choix ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire. Réclamer sous quelque forme que ce soit une « aide médicale à mourir », c’est imaginer, comme c’est le cas dans des pays voisins, des institutions spécialisées dans la mort. Mais alors quelles institutions ? Et avec quel financement ? Ou bien, c’est conduire notre système de santé à imposer à nos soignants et à nos concitoyens une culpabilité angoissante, chacun pouvant être amené à s’interroger : « Ne devrais-je pas envisager un jour de mettre fin à ma vie ? » Cette question sera source d’inévitables tensions pour les patients, leurs proches et les soignants. Elle pèserait gravement sur la relation de soin. Ne nous trompons donc pas d’urgence ! Face aux troubles et aux doutes de notre société, comme le recommande Jürgen Habermas, nous offrons le récit du « bon Samaritain » qui prend en charge « l’homme à demi-mort », le conduit dans une « auberge » hospitalière et exerce la solidarité face à la « dépense » qu’occasionnent ses « soins ». À la lumière de ce récit, nous appelons nos concitoyens et nos parlementaires à un sursaut de conscience pour que s’édifie toujours plus en France une société fraternelle où nous prendrons individuellement et collectivement soin les uns des autres. Cette fraternité inspira l’ambition de notre système solidaire de santé au sortir de la Seconde guerre mondiale. Que ferons-nous de cette ambition ? La fraternité relève d’une décision et d’une urgence politiques que nous appelons de nos vœux.

1 À ce sujet, voir les propositions concrètes données dans le document : Mgr Pierre d’Ornellas et alii, Fin de vie, un enjeu de fraternité, Salvator, 2015, pp. 147-149. 3 6.

Card. Philippe BARBARIN, archevêque de Lyon, Card. Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux, évêque de Bazas, Card. André VINGT-TROIS, archevêque émérite de Paris, Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille et président de la CEF, Mgr Pierre-Marie CARRÉ, archevêque de Montpellier et vice-président de la CEF, Mgr Pascal DELANNOY, évêque de Saint-Denis et vice-président de la CEF, Mgr Marc AILLET, évêque de Bayonne, Lescar-Oloron, Mgr Bernard-Nicolas AUBERTIN, archevêque de Tours, Mgr Gilbert AUBRY, évêque de Saint-Denis de la Réunion, Mgr Eric AUMONIER, évêque de Versailles, Mgr Michel AUPETIT, archevêque de Paris, Mgr Jean-Marc AVELINE, évêque auxiliaire de Marseille, Mgr Claude AZEMA, évêque auxiliaire de Montpellier, Mgr Philippe BALLOT, archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et Tarentaise, Mgr Jean-Louis BALSA, évêque de Viviers, Mgr Sylvain BATAILLE, évêque de Saint-Etienne, Mgr Jean-Pierre BATUT, évêque de Blois, Mgr Jérôme BEAU, évêque auxiliaire de Paris, Mgr Jacques BENOIT-GONNIN, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, Mgr Didier BERTHET, évêque de Saint-Dié, Mgr Francis BESTION, évêque de Tulle, Mgr Dominique BLANCHET, évêque de Belfort-Montbéliard, Mgr Jacques BLAQUART, évêque d'Orléans, Mgr Yves BOIVINEAU, évêque d'Annecy, P. Jean BONDU, administrateur diocésain de Luçon, Mgr Jean-Luc BOUILLERET, archevêque de Besançon, Mgr Jean-Claude BOULANGER, évêque de Bayeux-Lisieux, Mgr Pierre-Antoine BOZO, évêque de Limoges, 4 Mgr Thierry BRAC de la PERRIÈRE, évêque de Nevers, Mgr Nicolas BROUWET, évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Jean-Luc BRUNIN, évêque du Havre, Mgr Laurent CAMIADE, évêque de Cahors, Mgr Jean-Pierre CATTENOZ, archevêque d'Avignon, Mgr Raymond CENTENE, évêque de Vannes, Mgr Philippe CHRISTORY, évêque nommé de Chartres, Mgr Georges COLOMB, évêque de La Rochelle et Saintes, Mgr Luc CREPY, évêque du Puy-en-Velay, Mgr Emmanuel DELMAS, évêque d'Angers, Mgr Renauld de DINECHIN, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin, Mgr Laurent DOGNIN, évêque de Quimper et Léon, Mgr Vincent DOLLMANN, évêque auxiliaire de Strasbourg, Mgr Christophe DUFOUR, archevêque d'Aix-en-Provence et Arles, Mgr Jean-Marc EYCHENNE, évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix, Mgr Bruno FEILLET, évêque auxiliaire de Reims, Mgr François FONLUPT, évêque de Rodez et Vabres, Mgr Maurice GARDÈS, archevêque d'Auch, Mgr François GARNIER, archevêque de Cambrai, Mgr Maroun Nasser GEMAYEL, évêque de l’Éparchie Notre-Dame-du-Liban de Paris des Maronites de France, Mgr Olivier de GERMAY, évêque d'Ajaccio, Mgr Bernard GINOUX, évêque de Montauban, Mgr Hervé GIRAUD, archevêque de Sens et Auxerre et prélat de la Mission de France, Mgr Emmanuel GOBILLIARD, évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Hervé GOSSELIN, évêque d'Angoulême, Mgr Bruno GRUA, évêque de Saint-Flour, Mgr Borys GUDZIAK, évêque de l'Éparchie de Saint-Vladimir-le-Grand de Paris, Mgr Jean-Paul GUSCHING, évêque de Verdun, Mgr Jacques HABERT, évêque de Séez, Mgr Hubert HERBRETEAU, évêque d'Agen, Mgr Antoine HEROUARD, évêque auxiliaire de Lille, Mgr Denis JACHIET, évêque auxiliaire de Paris, Mgr François JACOLIN, évêque de Mende, Mgr Jean-Paul JAEGER, évêque d'Arras, Mgr Jean-Paul JAMES, évêque de Nantes, Mgr Thierry JORDAN, archevêque de Reims, Mgr Vincent JORDY, évêque de Saint Claude, Mgr François KALIST, archevêque de Clermont, Mgr Guy de KERIMEL, évêque de Grenoble – Vienne, Mgr Christian KRATZ, évêque auxiliaire de Strasbourg, Mgr Bertrand LACOMBE, évêque auxiliaire de Bordeaux, Mgr Emmanuel LAFONT, évêque de Cayenne, Mgr Jean-Christophe LAGLEIZE, évêque de Metz, Mgr Stanislas LALANNE, évêque de Pontoise, Mgr Laurent LE BOULC’H, évêque de Coutances et Avranches, Mgr Patrick LE GAL, évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Robert LE GALL, archevêque de Toulouse, Mgr Yves LE SAUX, évêque du Mans, Mgr Jean-Marie LE VERT, évêque auxiliaire de Bordeaux, 5 Mgr Olivier LEBORGNE, évêque d'Amiens, Mgr Dominique LEBRUN, archevêque de Rouen, Mgr Jean LEGREZ, archevêque d'Albi, Mgr David MACAIRE, archevêque de Saint-Pierre et de Fort-de-France, Mgr Charles MAHUZA YAVA sds, évêque de Mayotte, Mgr Armand MAILLARD, archevêque de Bourges, Mgr Xavier MALLE, évêque de Gap et Embrun, Mgr André MARCEAU, évêque de Nice, Mgr Joseph de METZ-NOBLAT, évêque de Langres, Mgr Pierre-Yves MICHEL, évêque de Valence, Mgr Roland MINNERATH, archevêque de Dijon, Mgr Eric de MOULINS-BEAUFORT, évêque auxiliaire de Paris, Mgr Philippe MOUSSET, évêque de Périgueux et Sarlat, Mgr Denis MOUTEL, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, Mgr Jean-Yves NAHMIAS, évêque de Meaux, Mgr Jean-Philippe NAULT, évêque de Digne, Riez et Sisteron, Mgr Christian NOURRICHARD, évêque d'Evreux, Mgr Pierre d’ORNELLAS, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, Mgr Michel PANSARD, évêque d'Evry-Corbeil-Essonnes, Mgr Jean-Louis PAPIN, évêque de Nancy et Toul, Mgr Laurent PERCEROU, évêque de Moulins, Mgr Alain PLANET, évêque de Carcassonne et Narbonne, Mgr Luc RAVEL, archevêque de Strasbourg, Mgr Dominique REY, évêque de Fréjus – Toulon, Mgr Jean-Yves RIOCREUX, évêque de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre, Mgr Benoît RIVIÈRE, évêque d'Autun, P. Sébastien ROBERT, administrateur diocésain de Chartres, Mgr Pascal ROLAND, évêque de Belley-Ars, Mgr Antoine de ROMANET, évêque aux Armées françaises, Mgr Michel SANTIER, évêque de Créteil, Mgr Thierry SCHERRER, évêque de Laval, Mgr Nicolas SOUCHU, évêque d’Aire et Dax, Mgr Marc STENGER, évêque de Troyes, Mgr Jean TEYROUZ, évêque de l'Eparchie de Sainte-Croix de Paris des Arméniens catholiques de France, Mgr François TOUVET, évêque de Châlons, Mgr Norbert TURINI, évêque de Perpignan-Elne, Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille, Mgr Thibault VERNY, évêque auxiliaire de Paris, Mgr Robert WATTEBLED, évêque de Nîmes, Uzès et Arles Mgr Pascal WINTZER, archevêque de Poitiers, P. Hugues de WOILLEMONT, administrateur diocésain de Nanterre.

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 08:33
Attentats de Carcassonne : le pape salue le geste « héroïque » du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

Il condamne ces « actes de violence aveugle » dans un télégramme

Audience générale du 21/08/2018 © Vatican Media

Audience Générale Du 21/08/2018 © Vatican Media

     Le pape François a salué le geste « héroïque » du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui a sauvé la vie d’une femme prise en otage lors des attentats perpétrés dans le département de l’Aude, à Carcassonne et à Trèbes, en France, le 23 mars 2018. Les attaques terroristes ont fait quatre morts et 15 blessés. L’assaillant a été abattu par un groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

     Dans un télégramme envoyé à Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, le pape, qui signe lui-même, condamne « de tels actes de violence aveugle qui engendrent tant de souffrances » et demande « le don de la paix », en invoquant « sur les familles éprouvées et sur tous les Français le bienfait des Bénédictions divines ».

     Le gendarme lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, 45 ans, s’est livré à la place d’otages retenus dans un supermarché de Trèbes. Il a succombé à ses blessures par balle et à coups de couteau.

                                                                       AK

Télégramme du pape François

     Ayant appris les tragiques attentats survenus à Carcassonne et à Trèbes, faisant plusieurs victimes, je vous fais part de ma tristesse et je confie à la miséricorde de Dieu les personnes qui ont perdu la vie, m’associant par la prière à la peine de leurs proches. Je salue particulièrement le geste généreux et héroïque du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a donné sa vie en voulant protéger des personnes. J’exprime ma sympathie aux blessés et à leurs familles, ainsi qu’à toutes les personnes touchées par ce drame, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation. Je condamne à nouveau de tels actes de violence aveugle qui engendrent tant de souffrances, et demandant avec ferveur à Dieu le don de la paix, j’invoque sur les familles éprouvées et sur tous les Français le bienfait des Bénédictions divines.

                                                                 François PP.

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