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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 21:06

 

Du 1er septembre au 4 octobre 2021 : saison de la Création

Instituée par le Pape François en 2015, la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, devenue en 2019 la Saison de la Création du 1er septembre au 4 octobre, est célébrée dans le monde entier par les communautés chrétiennes.

« La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons », a écrit le Saint-Père.

Pourquoi un Temps de la Création ?

En 2015, le Pape François a retenu la date du 1er septembre pour instituer dans l’Église catholique, une « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». L’initiative rejoignait celle des Églises orthodoxes qui à l’occasion du 3ème rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie de 2007, ont proposé un « temps de la création », du 1er septembre au 4 octobre. En effet, le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour les Églises orthodoxes, ce jour rappelle en particulier l’œuvre de Dieu dans la création du monde. Le 4 octobre est la fête de St François d’Assise.

 
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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 12:37

 

Prendre soin de la nature pour qu’elle prenne soin de nous
Sommet des dirigeants pour le climat: « Prendre soin de la nature pour qu’elle prenne soin de nous »

Traduction complète du message du pape François

      Le pape François invite une nouvelle fois les dirigeants des nations à « prendre soin de la nature pour qu’elle prenne soin de nous ».

Le pape François a en effet adressé un message vidéo aux participants du Sommet international des leaders sur le climat, organisé par les États-Unis, et qui se déroule, en ligne, ces 22-23 avril 2021, à l’occasion de la la Journée mondiale de la Terre.

Dans un message vidéo, adressé à ce « Sommet » des dirigeants du monde « pour le climat » – avec la participation de la Chine et de la Russie – ,  le pape avertit : « Notre souci c’est de faire en sorte que l’environnement soit plus propre, plus pur et préservé. Et de prendre soin de la nature pour qu’elle prenne soin de nous. »

 

Il qualifié cette rencontre d’ « heureuse initiative ».

Voici notre traduction de ce bref message prononcé en espagnol.

AB

 

Message du pape François pour le « Sommet des dirigeants »

 

        Bonjour. Je vous salue, vous qui êtes réunis dans cette initiative qui me semble heureuse. Une initiative qui nous met tous en marche, toute l’humanité à travers ses dirigeants.

Elle nous met en marche, concrètement, vers la rencontre de Glasgow, mais, plus concrètement encore, elle nous met en marche vers la prise en charge de la « garde » de la nature, de ce don que nous avons reçu et dont nous devons prendre soin, que nous devons garder et promouvoir.

Et cela prend une signification d’autant plus grande que c’est un défi que nous avons pendant cette post-pandémie. Elle n’est pas encore finie, mais allez, il faut regarder devant nous, parce que c’est une crise. Nous savons que nous ne sortons pas pareils d’une crise : nous en sortons soit meilleurs, soit pires.

Et notre souci c’est de faire en sorte que l’environnement soit plus propre, plus pur et préservé. Et de prendre soin de la nature pour qu’elle prenne soin de nous. Je vous souhaite de réussir dans cette si belle décision de vous rencontrer, d’avancer et je vous accompagne.

 

Merci beaucoup.

 

© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 09:59

 

article publié sur le site portail de l'Eglise Catholique

Tapisserie de dom Robert : » École buissonnière » © Éditions de l’Abbaye d’En Calcat

 

Publié le 20 janvier 2021

Nathalie de Kaniv et François You ont publié L’écologie intégrale au cœur des monastères, Un art de vivre


«Les moines, vous devez parler sur l’écologie. On attend votre parole !» (Parole et Silence).

 

       Cette interpellation entendue à plusieurs reprises, est à la source de ce livre qui réunit des témoignages et des réflexions de la part d’une vingtaine de monastères, très variés dans leurs sensibilités, sur la question écologique. La tradition monastique appelant à une vie en Dieu porte aussi cette attention à l’autre, à la nature et à soi-même – les quatre composantes de l’écologie intégrale. Elle est en constante démarche de conversion.

       Pourtant, au-delà de cet art de vivre qui remonte à plus de quinze siècles, les moines se posent les mêmes questions que la société. L’appel à l’écologie intégrale les atteint et les dynamise. En fonctionnant comme un écosystème, la communauté monastique peut rejoindre tous les autres écosystèmes : famille, travail, associations.

       La richesse de son héritage permet une réflexion éminemment actuelle, intégrant le lien avec la tradition et le territoire, la proximité avec la terre, le sens du temps, l’ouverture à l’autre, au pauvre et au petit, la gratuité et la sobriété qui mènent à la recherche du beau. Autant de passerelles qui peuvent inspirer toute vie laïque.

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 08:22

 

       Découvrez le nouveau webzine de la CEF « Tout est lié », consacré à l'écologie intégrale. Questionnements, débats, initiatives, actions engagées durablement, expérimentations, le magazine relatera tous les mois ce qui se vit à différents niveaux de l'Église et dans la société, à travers quatre rubriques, reprenant les grands axes de Laudato Si : constater, enraciner, comprendre et agir.

L'écologie intégrale est un chemin pour « faire Église » : ce magazine en sera le reflet.

5ème numéro

Thème : l'écologie intégrale au cœur des monastères, un art de vivre

4ème numéro

Thème : la sobrété de Noël. L'Avent, un temps privilégié pour vivre Laudato Si'

3ème numéro

Écouter le fichier audio : assemblée plénière, novembre 2020 : « Cultiver la terre et se nourrir »

2ème numéro

Écouter le fichier audio d'Elena LASIDA : un temps de rupture et de recommencement

Lancement du 1er numéro : dimanche 24 mai

Télécharger  le communiqué de presse de la CEF

Voir la vidéo de présentation


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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 09:59

Colloque œcuménique
"Responsabilités chrétiennes

dans la crise écologique"
du lundi 22 au mercredi 24 février

       Les inscriptions sont ouvertes pour ce grand colloque qui permettra de se former sur la capacité du christianisme à changer lui-même, lorsqu’il est interpellé par les défis de la crise écologique. Il est organisé en partenariat entre l’ISEO (Institut supérieur d’études œcuménisme), l’ISPC (Institut supérieur de pastorale catéchétique) de l’Institut Catholique de Paris et Église Verte, sur le thème “Responsabilité chrétiennes dans la crise écologique : quelles solidarités nouvelles ?”. Il se tiendra à Paris et des ateliers auront lieu (en chair et en os si possible) dans 20 villes où se trouvent des responsables de l'œcuménisme et des communautés Église verte. Il sera bien sûr possible de participer en ligne. L’objectif de ces rencontres sera la relecture théologique de pratiques de terrain, qui est une demande que vous formulez souvent. Le programme détaillé des interventions et des ateliers est disponible sur la page dinscription. L’équipe d’organisation cherche des animateurs bénévoles pour 2 sessions d’ateliers, mardi 23 et mercredi 24 après-midi, pour lesquels elle fournira les fiches pédagogiques. Pas besoin d’être expert en théologie ou en catéchisme, simplement d’avoir déjà animé un groupe : si cela vous tente, rapprochez-vous de l’équipe de votre ville (contacts disponibles sur la page d’inscription).

 


500 communautés labellisées...

       En 2020 nous avons eu la joie d’accueillir 136 nouvelles communautés et ce malgré les mois de confinement qui nous ont tous désorganisés. Chaque nouvelle communauté inscrite a accès au niveau initial (Graine de Sénevé) puis progresse dans des niveaux de labellisations supérieurs. Les pourcentages des niveaux supérieurs sont en hausse (+8% en moyenne) démontrant l’engagement croissant dans des actions concrètes mises en évidence dans les éco-diagnostics. 18% d’entre vous ont commencé par Graine de sénevé (ce qui est préférable pour bien démarrer), 44% sont Lis des champs, 23% Cep de Vigne, 14% Figuier. Une communauté a atteint le niveau le plus haut : Cèdre du Liban ! Bravo à toute l’équipe de la maison Nicodème de Lens. 

 

...et un premier Cèdre du Liban !
 

     Sans moyens spectaculaires mais avec patience et inventivité, la petite équipe de cette maison d'accueil diocésaine a avancé dans chacun des 5 domaines : un jardin partagé, un accueil de vélos fabriqué par les scouts, un compost, des temps de prière pour la création, l’impulsion d'événements, un lieu de recueillement dans son espace vert, l'accompagnement de communautés Église verte voisines…

Et surtout un soin de chaque instant à veiller à limiter les déchets partout et auprès de tous les groupes accueillis dans ce lieu où la chaleur humaine est palpable. Un tableau des dons et des besoins, la vaisselle durable utilisée en chaque occasion, un espace jeux pour enfants 100% récup et l’accueil de personnes en difficulté, femmes de prisonniers ou personnes sans domicile.

 

 

 

Carême : 3 outils proposés par le CCFD
en coopération avec Église verte 

 

     Cette année le carême commence le 17 février. Le CCFD-Terre solidaire a élaboré un guide de carême centré sur l’écologie. On y retrouve des contributions de divers animateurs Église verte tant sur la réflexion de fond, la spiritualité que sur des propositions concrètes, notamment avec la balade éco-spirituelle  en nature que plusieurs paroisses ont testée lors de la Saison de la création. Vous trouverez ici des éléments de préparation : un cahier liturgique et un cahier d'animation, et ici un guide pour le chemin de croix, le tout en lien avec Laudato Si et Fratelli tutti. Ce carême est vécu comme un parcours de 4 étapes allant de “aimer la création” à “comprendre la création”, “changer de regard”, sans oublier  “s’engager”.

 

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 07:28

 

                                                                                                                               Source Pixabay

Prier pour la création

Cet hiver l’équipe d’Église verte s’est mobilisée pour vous proposer des prières et intentions de prière quotidiennes. Inspirés par l’initiative d’A Rocha qui expédie des prières quotidiennes pour la création (inscription ici), nous vous enverrons durant 4 semaines 7 prières hebdomadaires, une par jour, afin de vivre ensemble une belle montée vers Noël dans un esprit oecuménique et écologique.
Cet envoi arrivera dans votre boîte 4 fois si vous êtes inscrit à la Lettre saisonnière d’Eglise verte ou si vous êtes dans la liste de diffusion des communautés labellisées. Si vous souhaitez en faire profiter des amis, l’inscription se fait ici.

Mardi 1er décembre

La conférence internationale de l’ONU sur le changement climatique (COP26) devait avoir lieu fin 2020 mais a été reportée à la fin  2021.  Cependant, des jeunes du monde entier ont mis en place une COP26 virtuelle fin novembre. Les jeunes et bien d’autres s’exprimeront aussi un bilan de l’Accord de Paris (2015) le 11 décembre prochain, constatant que la trajectoire actuelle nous amène loin des 1,5°C d’augmentation maximale signés à Paris. Prions pour les jeunes qui se mobilisent, à la fois effrayés par leur avenir et pleins de courage ; prions pour que les dirigeants et nous-mêmes soyons touchés avec attention et humilité par leur lucidité afin d’affronter ensemble le dérèglement climatique.        

Par Eglise verte         

Mercredi 2 décembre

« Qui discerne ses erreurs ? Pardonne-moi celles qui j’ignore. » (Psaume 19.13)

Seigneur, j’ai envie de t’honorer par ma façon de vivre dans ce monde que tu as créé. Mais parfois je ne perçois pas mes erreurs ; je préfère ne pas voir l’impact de certains de mes choix. Dans cette période de l’avent, je m’attends à toi. Fais briller ta lumière dans mon cœur, pour que je puisse mettre ma vie de plus en plus en conformité avec ce que tu es.

Par A Rocha.

Jeudi 3 décembre

Nous te prions encore de ne pas tenir compte de nos iniquités et des injustices
de ton peuple et de détourner ta colère légitime contre nous. Ne laisse pas la
faim, la soif et les autres calamités détruire ce monde, mais garde-le sauf et
montre-nous ta compassion. Nous t’en prions: exauce-nous et aie pitié.
Amen.

Par Pierre Kazarian (prêtre orthodoxe, représentant AEOF à Eglise verte).


Vendredi 4 décembre

Seigneur, toi qui as créé l’univers et tout ce qu’il renferme, reçois notre
pénitence et envoie à la terre, en temps opportun, la pluie dont elle a besoin, le
climat favorable, apaise la fureur des éléments, afin que la création ne souffre
pas à cause de nos péchés. Nous t’en prions: exauce-nous et aie pitié.
Amen.

Par Pierre Kazarian (prêtre orthodoxe, représentant AEOF à Eglise verte).


Samedi 5 décembre

Aujourd'hui, prenez un moment pour penser à ceux qui sont membres de votre conseil local ou municipal. 

Seigneur, ta Parole nous dit de prier pour ceux qui sont en position d'autorité. Je prie pour les membres de mon conseil local, afin que tu leur donnes de la sagesse lorsqu'ils discutent des décisions, qu'ils respectent ta création dans ce qu'ils font et que leur gouvernance soit conforme à ta volonté. Garde-moi fidèle dans mes prières pour eux.

Par A Rocha.


Dimanche 6 décembre

« Prête l’oreille à cela, Job, arrête-toi et considère les miracles de Dieu.  Lorsque Dieu les projette, le sais-tu ?  Sais-tu quand il fait briller la foudre dans sa nuée ?  Sais-tu l’équilibre des nuages, merveilles d’un savoir sûr ? » - Job 37.14-16 TOB

Seigneur Dieu, merci de pouvoir contempler chaque jour le ciel, qui non seulement nous émerveille mais qui nous nourrit et nous protège aussi.  Merci pour cet éclairage que tu as donné à Job : les nuages toujours changeants sont pourtant en parfait équilibre entre eux.  Merci pour ce reflet de l’équilibre ô combien complexe de toute ta création dont nous sommes bénéficiaires : nous t’en louons !  

Par A Rocha.


Lundi 7 décembre 2020

Seigneur, toi qui t’opposes aux orgueilleux, rends droites les œuvres de nos
mains, afin qu’elles ne nous nuisent pas et que les malheurs et les catastrophes
ne nous anéantissent, mais regarde notre misère avec compassion et envoie-nous
la grâce et la paix. Nous t’en prions: exauce-nous et aie pitié. Seigneur, ne laisse
pas ta création souffrir à cause de notre rapacité et de nos iniquités, mais
préserve-la indemne malgré les injures. Nous t’en prions: exauce-nous et aie
pitié. Amen.

Par Pierre Kazarian (prêtre orthodoxe, représentant AEOF à Eglise verte)


 
 
 
 
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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 20:07

Discours spontané du Pape François

à la délégation des jeunes français engagés autour de l'écologie.

 

      A l’occasion de l’année Laudato si, un groupe de 13 français engagés pour l’écologie a été reçu par le Saint Père le 3 septembre 2020. Aux côtés d’Audrey Pulvar et Juliette Binoche se trouvait Laurent Landete, membre de la Communauté de l’Emmanuel et directeur des Bernardins. Abandonnant son discours préparé, le Saint Père leur a parlé spontanément de la genèse de l’encyclique, d’écologie humaine, ou encore du dialogue avec les anciens. Voici le texte de ce discours.

     « Je vous remercie de votre visite, et je remercie Monsieur le Président de l’épiscopat.

Je vois que vous avez tous la traduction de ce que je vais dire. Ne pas perdre de temps fait partie de la conversion écologique. C’est pourquoi le texte officiel, vous l’avez. A présent je préfère parler spontanément. L’original, je vous le remets.

Je voudrais commencer par un peu d’histoire. En 2007 a eu lieu la Conférence de l’épiscopat Latino-Américain au Brésil, à Aparecida. J’étais dans le groupe des rédacteurs du document final, et arrivent les propositions sur l’Amazonie. Je disais : « Mais ces brésiliens, comme ils nous embêtent avec cette Amazonie ! Qu’est-ce qu’a à voir l’Amazonie avec l’évangélisation ? ». Ça, c’était moi en 2007. Puis, en 2015 est sortie Laudato si’. J’ai vécu un parcours de conversion, de compréhension de la question écologique. Avant, je ne comprenais rien.

Quand je suis allé à Strasbourg, à l’Union Européenne, le Président Hollande avait envoyé pour me recevoir la Ministre de l’Environnement, Madame Ségolène Royal. Nous avons parlé à l’aéroport… Pas beaucoup au début, car il y avait le programme, mais plus tard, à la fin, avant de partir, nous avons dû attendre un peu et nous avons parlé davantage. Et Madame Ségolène Royal m’a dit ceci : « C’est vrai que vous êtes en train d’écrire quelque chose sur l’écologie ? – c’était vrai – S’il vous plait, publiez-le avant la rencontre de Paris ! »

     J’ai appelé l’équipe qui y travaillait – car vous savez bien que je ne l’ai pas écrite de ma main, ça a été une équipe de scientifiques, une équipe de théologiens et tous ensemble nous avons fait cette réflexion -, j’ai appelé cette équipe et j’ai dit : « ça doit sortir avant la rencontre de Paris » – « Mais pourquoi ? » – « Pour faire pression ». D’Aparecida à Laudato si’ cela a été pour moi un cheminement intérieur.

Quand j’ai commencé à penser à cette Encyclique, j’ai appelé des scientifiques – un beau groupe – et je leur ai dit : « Dites-moi les choses qui sont claires et qui sont prouvées, et non des hypothèses, mais la réalité ». Et ils ont apporté ces choses que vous lisez là aujourd’hui. Puis, j’ai appelé un groupe de philosophes et de théologiens [et je leur ai dit] : « Je voudrais faire une réflexion sur cela. Travaillez et dialoguez avec moi ». Et ils ont fait un premier travail, puis je suis intervenu. Et à la fin, la rédaction finale, c’est moi qui l’ai faite. Voilà l’origine.

Mais je veux souligner ceci : du rien comprendre à Aparecida, en 2007, jusqu’à l’Encyclique. J’aime témoigner de cela. Nous devons travailler pour que chacun fasse ce chemin de conversion écologique.

      Puis est venu le Synode sur l’Amazonie. Quand je suis allé en Amazonie, j’ai rencontré là beaucoup de gens. Je suis allé à Puerto Maldonado, en Amazonie péruvienne. J’ai parlé avec les gens de beaucoup de cultures indigènes différentes. J’ai ensuite déjeuné avec 14 de leurs chefs, tous avec les plumes et vêtus de manière traditionnelle. Ils parlaient un langage de sagesse et d’intelligence très élevé ! Pas seulement d’intelligence, mais de sagesse. Et j’ai ensuite demandé : « Et vous, que faites-vous ? » – « Moi je suis professeur à l’Université ». Un indigène, qui, là, portait des plumes mais qui allait en civil à l’Université. « Et vous madame ? » – « Moi je suis la responsable du ministère de l’éducation de toute cette région ». Et ainsi de suite, l’un après l’autre. Et ensuite une jeune fille : « Je suis étudiante en sciences politiques ». Et j’ai compris là qu’il était nécessaire d’éliminer l’image des indigènes que nous imaginons seulement avec les flèches. J’ai découvert au coude à coude, la sagesse des peuples indigènes, et aussi la sagesse du bon vivre, comme ils l’appellent. Le bon vivre ce n’est pas la dolce vita, non, le doux farniente, non. Le bon vivre, c’est vivre en harmonie avec la création. Et cette sagesse du bon vivre, nous, nous l’avons perdue. Les peuple autochtones nous conduisent à cette porte ouverte. Et certains vieux des peuples autochtones de l’Ouest du Canada se plaignent que leurs petits-enfants aillent dans les villes, prennent les choses modernes et oublient les racines. Et cet oubli des racines est un drame non seulement pour les aborigènes, mais pour la culture contemporaine.

      Et cette sagesse, peut-être l’avons-nous perdue par trop d’intelligence. Nous sommes – c’est dommage – « des grosses têtes » : beaucoup de nos Universités nous enseignent des idées, des concepts… Nous sommes les héritiers du libéralisme, de l’illuminisme… Et nous avons perdu l’harmonie des trois langages. Le langage de la tête : penser ; le langage du cœur : sentir ; le langage des mains : faire. Et favoriser cette harmonie, que chacun pense ce qu’il sent et fait, que chacun sente ce qu’il pense et fait, que chacun fasse sent et pense. C’est l’harmonie de la sagesse. Ce n’est pas un peu la disharmonie – mais je ne dis pas dans un sens péjoratif – des spécialisations. Il faut des spécialistes, il en faut, à condition qu’ils soient enracinés dans la sagesse humaine. Les spécialistes déracinés de cette sagesse sont des robots.

     L’autre jour une personne m’a demandé, en parlant de l’intelligence artificielle – nous avons au Dicastère pour la Culture un groupe d’étude de très haut niveau, très haut, sur l’intelligence artificielle – : « Mais l’intelligence artificielle, elle pourra tout faire ? » – « Les robots du futur pourront tout faire, tout ce que fait une personne. Sauf quoi ? – ai-je dit – quelle chose ne pourront-ils pas faire ? ». Et lui a réfléchi un peu et m’a dit : « Ils ne pourront pas avoir une seule chose : la tendresse ». Et la tendresse, c’est comme l’espérance. Comme le dit Péguy, ce sont des vertus humbles. Ce sont des vertus qui caressent, qui ne prétendent pas… Et je crois – je voudrais le souligner – que dans notre conversion écologique, nous devons travailler sur cette écologie humaine ; travailler sur notre tendresse et notre capacité de caresser… Toi, avec tes enfants… La capacité de caresser, qui fait partie du bien vivre en harmonie.

      De plus, il y a autre chose que je voudrais dire sur l’écologie humaine. La conversion écologique nous fait voir l’harmonie générale, le lien entre tout : tout est lié, tout est en relation. Dans nos sociétés humaines, nous avons perdu ce sens du lien humain. Certes, il y a des associations, il y a des groupes – comme le vôtre – qui se réunissent pour faire quelque chose… Mais je parle de cette relation fondamentale qui crée l’harmonie humaine. Et souvent nous avons perdu le sens des racines, de l’appartenance. Le sens de l’appartenance. Quand un peuple perd le sens des racines, il perd sa propre identité. – Mais non. Nous sommes modernes ! Penser à nos grands-parents, à nos arrière grands-parents… Ce sont des choses du passé ! – Mais il y a une autre réalité qui est l’histoire ; il y a l’appartenance à une tradition, à une humanité, à un mode de vie… C’est pourquoi il est très important aujourd’hui de prendre soin de cela, de prendre soin des racines de notre appartenance, pour que les fruits soient bons.

     C’est pourquoi le dialogue entre grands-parents et petits-enfants est plus que jamais nécessaire aujourd’hui. Cela peut sembler un peu étrange, mais si un jeune – vous êtes tous jeunes ici – n’a pas le sens d’un rapport avec ses grands-parents, le sens des racines, il n’aura pas la capacité de faire avancer sa propre histoire, l’humanité, et il devra finir par pactiser, se compromettre selon les circonstances. L’harmonie humaine ne tolère pas les compromissions. La politique humaine, si – qui est un art nécessaire – la politique humaine se fait ainsi, avec des compromis parce qu’elle peut faire avancer tout le monde. Mais l’harmonie non. Si tu n’as pas de racines l’arbre ne pourra pas grandir. Un poète argentin, Francisco Luis Bernàrdez – il est mort à présent, c’est un de nos grands poètes – dit : « Tout ce que l’arbre a de fleuri vient de ce qu’il a sous terre ». Si l’harmonie humaine donne des fruits c’est parce qu’elle a des racines.

     Et pourquoi le dialogue avec les grands-parents ? Je peux parler avec les parents, c’est très important ! parler avec les parents est très important. Mais les grands-parents ont quelque chose de plus, comme le bon vin. Le bon vin, plus il vieillit, meilleur il est. Vous connaissez bien ces choses vous les français, non ? Les grands-parents ont cette sagesse. Ce passage du livre de Joël m’a toujours frappé : « Les grands-parents rêveront, les vieux rêveront et les jeunes prophétiseront ». Les jeunes sont des prophètes. Les vieux sont des rêveurs. Ça semblerait le contraire, mais c’est comme ça ! A condition que les jeunes et les grands parents se parlent. C’est cela l’écologie humaine.

      Je regrette, mais nous devons terminer, parce que le Pape est lui aussi esclave de la montre ! Mais j’ai voulu donner ce témoignage de mon histoire, ces choses, pour avancer. Et la parole clé est harmonie. Et la parole clé humaine est tendresse, capacité de caresser. La structure humaine est une des nombreuses structures politiques qui sont nécessaires. La structure humaine c’est le dialogue entre jeunes et vieux.

    Je vous remercie pour ce que vous faites. Je suis content de vous envoyer cela [ le discours écrit ] pour vos archives – vous le lirez plus tard – et de vous avoir dit, du cœur, ce que je ressens. Cela m’a semblé plus humain. Je vous souhaite le meilleur.

Et priez pour moi. J’en ai besoin. Ce travail n’est pas facile. Et que le Seigneur vous bénisse tous. »

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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 07:00
DU 1er SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2020 : SAISON DE LA CRÉATION
DU 1er SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2020 : SAISON DE LA CRÉATION

 

     Instituée par le Pape François en 2015, la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, devenue en 2019 la Saison de la Création du 1er septembre au 4 octobre, est célébrée dans le monde entier par les communautés chrétiennes.

 

 

« La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons », a écrit le Saint-Père.

 

 

Pourquoi une saison de la Création ?

 

     En 2015, le Pape François a retenu la date du 1er septembre pour instituer dans l’Église catholique, une « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». L’initiative rejoignait celle des Églises orthodoxes qui à l’occasion du 3ème rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie de 2007, ont proposé un « temps de la création », du 1er septembre au 4 octobre. En effet, le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour les Églises orthodoxes, ce jour rappelle en particulier l’œuvre de Dieu dans la création du monde. Le 4 octobre est la fête de St François d’Assise.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 20:18

 

 

      En ce dimanche 24 mai 2020, nous terminons la semaine du 5ème anniversaire de la LETTRE ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS SUR LA SAUVEGARDE DE LA MAISON COMMUNE

 

" Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 24 mai 2015, solennité de Pentecôte, en la troisième année de mon Pontificat" :

 

 

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17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 21:42

 

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