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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 20:08

 

BIENHEUREUX MARIE-EUGÈNE DE L'ENFANT-JÉSUS

BIENHEUREUX MARIE-EUGÈNE DE L'ENFANT-JÉSUS

 

par l'abbé Jérôme POMIÉ

Prêtre référent du Service diocésain du Catéchuménat

 

 

Chers amis,

 

Ce jour férié dans notre calendrier nous rappelle l'importance de la fête que nous venons de célébrer. Il nous a fallu quarante jours de préparation, le Carême, et une semaine de célébration, la Semaine Sainte.

 

Ce jour férié dans notre calendrier nous dit qu'aujourd'hui encore nous célébrons, ce qu'hier nous célébrions. Ce jour férié dans notre calendrier donne l'indice, que toute cette semaine, qu'on appelle octave (huit jours) de Pâques, c'est Pâques tous les jours : "en ce jour, où le Christ notre Pâques a été immolé ..."

 

Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous un temps de prière pour la journée de demain et un temps de prière avant le repos de la nuit. Au pied de la Croix, Marie est présente. Au lendemain de la Résurrection, nous faisons mémoire de Marie, Notre-Dame de Vie. C'est donc naturellement que nous prierons avec le Bx Marie-Eugène de l'Enfant Jésus. Carme, il a vécu sur les hauteurs d'Agen, à l'Ermitage. Après son départ, il confiera qu'il a laissé à Agen une partie de son cœur. Il fonde l'Institut Notre-Dame de Vie, dans le Diocèse d'Avignon, à Vénasque. Ceux qui connaissent le lieu, connaissent aussi le Crucifix que le Bienheureux a fait venir d'Agen. A la fermeture du Carmel d'homme, le lycée agricole de l'Ermitage vient occuper les lieux. Mgr Johan, alors Évêque d'Agen, demande au Père Marie-Eugène d'y envoyer des laïcs consacrés de son Institut, qui y assurent depuis présence priante et tutelle pour le Lycée agricole.

 

J'en profite pour saluer de manière spéciale ceux qui parmi vous ont un lien avec l'enseignement catholique de notre Diocèse.

 

Nous prierons pour la vie.

 

Pour ceux qui poursuivent la neuvaine à la Miséricorde Divine, vous y trouverez la méditation pour le 4ème jour.

 

Avec équipe Diocésaine du catéchuménat, nous prions le lundi pour le Catéchuménat de l'Agenais. Depuis le début du confinement des prêtres de notre Diocèse célèbrent à 18h, en communion les uns avec les autres les Vêpres. En ce lundi, jour de repos, je célébrerai la messe à 18h avec les vêpres intégrées. Cette célébration sera retransmise sur la chaîne Youtube du Catéchuménat. L'office des Complies (qui complètent la prière de la journée avant le repos de la nuit) sera retransmis à 22h.

 

                                                          Heureuse semaine de l'Octave.

                                                          Votre Abbé, Jérôme

 

- Le Père Marie-Eugène / KTO - La foi prise au mot :

 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 09:57

 

Message pour Pâques, le dimanche 12 avril 2020

       Chers diocésains,

 

      Nous venons de vivre la Semaine Sainte et la grande fête de Pâques. Cette année, en raison de l’épidémie du coronavirus, nous ne pouvons pas célébrer comme d’habitude la fête des Rameaux, le jeudi saint, le vendredi saint, le samedi saint et la solennité de Pâques. Nous sommes obligés de rester confinés dans nos maisons.

 

Notre foi en Jésus mort et ressuscité doit cependant se manifester de manière vivante et joyeuse.

 

Cette épidémie suscite en moi trois réflexions.

 

• La première concerne la notion d’effondrement dont les médias nous parlent souvent. Effondrement dû aux changements climatiques, à la pollution, aux effets désastreux de l’activité humaine sur les êtres vivants… La crise sanitaire conduit aujourd’hui à une décroissance. L’économie mondiale est à l’arrêt. Les agriculteurs, chez nous, ont besoin de main d’œuvre pour récolter fruits et légumes. Et surtout, ils sont dans l’impossibilité parfois de vendre leurs produits. Un effondrement d’un autre type est-il en train de s’amorcer ? Quelles seront les conséquences sur les plus pauvres et les plus vulnérables ?

 

Chers diocésains, je pense à ceux qui vont perdre leur emploi, à ceux qui souffrent physiquement et moralement, à ceux qui voient mourir autour d’eux des êtres chers, avec parfois l’impossibilité de les accompagner dans leurs derniers instants.

 

Je tiens à redire à tous combien je compatis à leur peine. Vous pouvez compter sur ma prière !

 

• Je voudrais rendre hommage ensuite à tous ceux qui se dévouent pour soigner ceux qui sont malades. Les médecins, les infirmières, le personnel des EHPAD, les pompiers, les forces de l’ordre font mon admiration. Que de générosité ! Ils se dépensent sans compter, parfois au risque de leur vie. Ils donnent, dans notre société, un beau témoignage d’humanité vraie et simple. Qu’ils soient infiniment remerciés !

 

Dans la conversation de tous les jours, mais aussi à travers les messages d’amitié que nous recevons, une parole revient comme un refrain : « Prenez soin de vous ! ». C’est la grande leçon à retenir de cette épidémie. Nous devons prendre soin des uns et des autres, dans les épreuves comme dans les moments de tranquillité et de paix.

 

Si seulement nous pouvions développer davantage, en ce moment mais aussi après cette épidémie, des attitudes de compassion, de consolation, d’entraide et de solidarité !

 

• Enfin, la fête de Pâques nous plonge de manière inédite dans la réalité de la mort et de la vie. Nous avons les UNS et les autres à vivre des passages. Ceux que le Christ nous invite à vivre : le passage de la désespérance à l’espérance, de la peur à la confiance, de l’isolement à la communion, de la tristesse à la joie. Non ! Notre existence personnelle et collective ne conduit pas au chaos. Oui ! Les petits gestes du quotidien sont signes que la vie a déjà remporté la victoire sur la mort : attention aux autres, courtoisie, salut cordial, respect, parole amicale, partage fraternel, deux pas faits ensemble, un message de tendresse…

 

La fête de Pâques nous invite à suivre le Christ Ressuscité ! Que cette année plus encore que les années précédentes, la fête de Pâques soit belle et joyeuse au sein de vos familles et de vos communautés !

 

+ Hubert Herbreteau
Évêque d’Agen

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 09:43

 

 

Vidéo proposée par la Pastorale de l'enseignement catholique du diocèse d'Agen, pour vivre le dimanche de Pâques à la maison.

 

Merci aux médecins du Lot et Garonne pour leur très beau témoignage : la Vie est toujours plus forte !

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 18:46

 

par l'abbé Jérôme POMIÉ

Prêtre référent du Service diocésain du Catéchuménat

 

Chers amis,

À la fin de ce jour de veille, voici quelques liens pour rentrer dans la grande fête de Pâques :

Ne célébrant pas ce soir dans une église, je ne peux célébrer la Vigile Pascale.

Sur la chaîne du catéchuménat, dont vous avez le lien ci-dessous, à 21h30, je retransmettrai l'office des lectures suivi de la célébration de la messe de Pâques.

Demain dimanche de Pâques, la messe sera retransmise sur cette même chaîne à 10h30.

Pour ceux qui le souhaitent, nous pourrons également, sur cette chaîne, chanter les vêpres à 18h.

 

                                                   Bonne veillée !

                                                          Votre Abbé, Jérôme

 

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 07:03

 

Jésus le Vivant

 

Méditation pour le Samedi Saint

 

 

 

         C’est le jour du travail silencieux. Chacun est renvoyé à sa solitude. Vous allez penser : « Pas difficile d’être seul avec ce confinement contraint ! »

 

Est-ce si sûr ? Le silence et la solitude supposent un climat, une exigence dans la durée. Il faut prendre le temps en effet de s’interroger : comment la mort de notre Seigneur est-elle possible ? C’est un véritable travail de deuil que nous avons à effectuer.

 

Ce samedi est le temps où la mémoire est sollicitée pour trouver une cohérence intérieure, une logique aux événements. Temps des pleurs, temps aussi de relecture et de discernement. Les disciples ont fait ce travail de discernement, de deuil, de remaniement intérieur pour se préparer au jour de Pâques.

 

 

L’autre soleil

 

      Au début de son autobiographie spirituelle intitulée L’autre soleil, Olivier Clément raconte l’histoire rapportée par Dostoïevski dans L’Adolescent. Un homme avait tout perdu : sa jeunesse, sa maison, sa femme. Et il va, il va, errant, sans feu ni lieu, vivant de rien, dormant à la belle étoile. Et cet homme s’est réveillé en plein champ, un matin très tôt, un matin quand tout est léger, neuf, originel. Quand le soleil éclaire, comme pour un jour sans déclin. Et pour la première fois, il entend, perçoit quelque chose d’autre. Il s’est réveillé au soleil, il s’éveille à l’autre soleil, le soleil de Dieu.

 

L’histoire de cet homme rappelle l’expérience de ces hommes et de ces femmes au matin de la Résurrection. Eux aussi ont tout perdu et portent le poids lors de leur tristesse, le lourd souvenir de leur passé. Ils avaient misé sur un certain Jésus, en qui ils fondaient un espoir pour leur peuple. Ce Jésus, ils l’avaient vu cloué sur une croix. Jésus était mort et morte leur espérance. Ils voyaient tout s’écrouler comme une vieille ruine. Finie l’existence pleine d’enthousiasme, la vie pleine de promesse.

 

Une femme, ce matin-là, est la première à se lever, à s’arracher à son sommeil, à sortir de la nuit : Marie de Magdala. Elle se lève pour aller rendre les derniers devoirs à un mort, et sans le savoir, elle a rendez-vous avec un vivant, « l’autre soleil ».

 

La joie de consentir à la vie.

 

      Une lettre de Simone Weil adressée à un homme résistant au régime de Franco et prisonnier en Algérie est un hommage à la vie. Cette lettre pleine de douceur à un homme inconnu d’elle est la preuve que dans une prison, dans un grand confinement, comme c’est notre cas en ce moment, on peut continuer à aimer la vie, à acquiescer à la vie : « Cher ami, il fait un temps merveilleux ; il y a des flots de lumière sur la mer et les arbres se couvrent de feuilles. Je suis heureuse de savoir que tu trouves la joie à regarder les montagnes. Tant qu’on a des choses telles que la mer, les montagnes, le vent, le soleil, les étoiles, la lune, le ciel, on ne peut pas être tout à fait malheureux. Et même si on était privé de tout cela et mis dans un cachot, savoir que toutes ces choses existent, qu’elles sont belles, que d’autres en jouissent librement doit toujours être une consolation. »

 

Cet acquiescement à la vie, on le découvre chez un enfant lorsqu’il se réjouit tout simplement de vivre. Sa joie de grandir, d’apprendre à marcher, à parler. Pour illustrer cet acquiescement, je pense au poète Silesius qui disait dans Le Pèlerin chérubinique : « Mon esprit est un grain de sénevé ; que son soleil l’éclaire, il grandit à la taille de Dieu dans une félicité débordante de joie » (Livre 1, 52) ; « Voyez cette merveille ! Dieu ne naît que dans la joie et ne doit quitter ce monde que dans la peine ; nous venons au monde dans les larmes, et mourons en riant, si nous avons bien son Esprit » (Livre III, 243).

Mais alors devant des vies écrasées sous le poids du sort, de la maladie, de l’injustice et de la misère, comment oser affirmer la bonté a priori de la vie ? C’est parce que la vie vaut en elle-même d’être vécue que la misère morale et matérielle est un scandale. C’est parce que la vie est par elle-même un joyau qu’il est honteux de naître dans des conditions qui lui sont indignes. Le grand message de Pâques, cette année encore, est d’affirmer que la vie l’emporte sur la mort et que l’espérance chrétienne est de retrousser nos manches pour que le monde soit plus beau, plus juste, plus fraternel.

 

Quelques pistes pour la prière :

 

Nous pouvons vivre la fête de Pâques avec deux prières :

 

Une prière de joie. Nous nous rappelons que le Christ notre Seigneur, mis à mort par l’injustice des hommes, est ressuscité à cause de son obéissance à Dieu son Père. La mort n’a plus aucun pouvoir sur lui. Dieu lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom (cf. Ph 2, 9).

Une prière de confiance. À Pâques nous apprenons que le Christ ressuscité est le premier-né d’une humanité nouvelle et nous attendons, avec la confiance que donne la foi, ce jour où nous ressusciterons avec notre corps et où l’univers entier sera transformé en Royaume définitif de Dieu. C’est à nous, en répondant à la grâce du baptême et en profitant de la nourriture eucharistique, de consentir à devenir des êtres nouveaux.

 

                                                                                                     + Hubert Herbreteau

                                                                                                        Évêque d’Agen

 

 

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 15:46

Jésus obéissant

Méditation pour le Vendredi Saint

      C’est un jour de grand silence, dans notre confinement. Toute notre méditation converge vers Jésus traversant l’épreuve et Jésus compatissant. C’est l’épreuve de vérité de Celui qui donne sa vie en obéissance au Père. Pour soutenir notre prière, lisons un passage de la Lettre aux Hébreux :

 

« Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré, car il lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité. Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance » (He 5, 5-8)

 

Il faut comprendre l’offrande de Jésus comme une solidarité avec les petits, les souffrants et les pécheurs. Solidarité qui conduit à la Croix. Notons aussi l’idée d’« apprendre » l’obéissance (obéir = écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique). Le Vendredi Saint est chemin, apprentissage de la vraie compassion.

 

L’office des ténèbres

 

      Très tôt le matin, il faut se lever pour l’office des ténèbres. Cet office, composé de trois nocturnes, se déroule selon un schéma sobre : après le Notre Père, le Je vous salue Marie, le Je crois en Dieu, nous chantons des psaumes ; des lectures prolongent la méditation des psaumes en faisant appel à l’Ancien et au Nouveau Testaments, ainsi qu’à l’enseignement des Pères de l’Église ; un répons après chaque lecture (le chant Mystère du calvaire) ; une oraison finale.

Un rite suggestif est connexe à la célébration de cet office des ténèbres. On peut allumer sept bougies. Après chacun des neuf psaumes, une bougie est éteinte. Ce symbolisme très fort de la lumière évoque le mystère de la vraie lumière du monde qu’est le Christ, enseveli dans la mort et ressuscité pour la vie éternelle. Les psaumes sont les suivants : 1 ère nocturne : psaumes 2, 21 ; 2 e nocturne : psaume 39 ; 3 e nocturne : psaume 37, 87. Ces psaumes font entrer dans l’âme du Sauveur, aident à le rejoindre au plus intime de sa souffrance. Ils dépeignent vraiment une personne qui souffre, qui se plaint, mais surtout qui aime. Au-delà de ces tourments, on sent aussi une paix souveraine, une douceur et déjà la victoire de l’amour. Au cours de ces trois nocturnes, on peut se rappeler la solitude de Jésus, sa miséricorde à l’égard du bon larron, son passage au jardin des Oliviers, son cri sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », la trahison de Judas, le reniement de Pierre…

 

 

Les lectures offertes à notre méditation sont tout d’abord les Lamentations du prophète Jérémie (Lam 3). Ce sont de longues plaintes entremêlées d’humbles aveux de péché et ponctuées d’instantes supplications. Puis, la deuxième lecture est extraite de la Lettre aux Hébreux (9, 11-28). Elle évoque le sacerdoce du Christ et la perfection de la rédemption acquise par son sang.

Enfin, pour la troisième nocturne, nous écoutons un sermon de saint Léon le Grand pour la Passion (cf. Liturgie des heures p. 354) : « Ta croix, ô Christ, est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. Par elle, les croyants tirent de leur faiblesse la force, du mépris reçu la gloire, et de la mort la vie. »

 

Sortir de l’enténèbrement du monde

 

      Au moment même où la nature reprend son souffle, avec un printemps très ensoleillé, nous sommes confinés. Difficile de soupirer d’aise quand on sait que, à quelques kilomètres de chez nous, certains malades cherchent le souffle, et leurs soignants des respirateurs !

 

Jésus, est au jardin des Oliviers : « Pris d’angoisse, il priait instamment... » (Lc 22, 44) L’angoisse (du latin angere qui signifie « serrer ») comprime nos poitrines. Depuis ces toutes dernières années, les événements du monde (guerre, terrorisme, violence...) nous plonge dans l’enténèbrement et nous pouvons parfois nous laisser gagner par la désespérance. Le confinement aggrave la situation de mal-être. Mais nous sommes de ceux qui, par-delà la Passion, la Croix, regardent vers la Résurrection.

 

 

La grande prière de la liturgie du Vendredi Saint est une respiration bénéfique. La prière de demande que nous exprimons ce jour-là, c’est la grâce d’accepter ce qu’il adviendra. Non par résignation mais dans la confiance ! Cette prière ne demande pas d’avoir une vie sans aspérité, sans souffrance, mais de continuer d’aimer la vie dans l’enténèbrement qui est le nôtre : « Père que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise » (Lc 22, 42). Jésus dit bien par ailleurs : « Qui demande obtiendra » (Lc 11, 10). Ce dont il parle alors, c’est de l’Esprit Saint, cette force au-delà de nos forces qui nous donne d’acquiescer à la vie, malgré les ténèbres.

 

Quelques pistes pour la prière :

 

Faire un chemin de croix et s’attarder plus longuement sur telle ou telle station.

Vénérer la croix et chanter : Ô Croix dressée sur le monde

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 12:26

 

 

      Une vidéo proposée par la pastorale de l'enseignement catholique du Lot et Garonne, pour vivre la semaine Sainte à la maison. L'épisode de ce jeudi Saint avec les scouts Laure-Hélène, Gaspard, Cloé, Domitille, Anne, Martin, Patrick, Loïc, Sixte, Héléna et Johanna. Merci à eux .

 

"Aimer, c'est tout donner, et se donner soi-même."

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 14:46

 

Jésus serviteur

Méditation pour le Jeudi Saint

 

        Chez Jean, le lavement des pieds remplace l'institution de l'Eucharistie décrite dans les synoptiques. Le lavement des pieds est le témoignage d'un amour absolu. Et Jésus demande de répéter son geste. C'est une expression ritualisée du don de soi : « Vous devez vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres »(Jn 13, 14). Cela rappelle le « Faites ceci en mémoire de moi » de l'institution de l'Eucharistie. Aujourd'hui nous vivons toujours de ce geste unique, de ce soir unique dans l'histoire des hommes, de ce sacrifice unique et de ces paroles comme un testament : « Comprenez-vous, ... vous devez vous laver les pieds,... Faites-le vous aussi. »

 

Le don du Fils


« Comprenez-vous ? » (Jn 13, 12).


C’est une invitation à comprendre le mystère de Dieu alors qu’il s’agit du mystère insaisissable. Jésus nousrévèle, par le geste du lavement des pieds, qui est Dieu. Dieu se met à genoux, Dieu se met à nos pieds. Dieu se fait serviteur. Toute la vie de Jésus est résumée dans ce geste. En lui tout est grâce, tout est don, et tout est action de grâce. Parce qu'il est le Fils, il n'a rien, il n'est rien, qu'il ne reçoive du Père et qu'il ne lui rende dans l'action de grâce.

Les paroles qu'il dit, les gestes qu'il fait, gestes de guérison, de pardon, il ne se les attribue pas. Il en rend grâce au Père : « Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé » (Jn 7, 16). « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire du Père » (Jn 5, 19). Toute sa vie, toute sa joie, c'est de se recevoir du Père.

 

L'Eucharistie, l'action de grâce, c'est alors en retour, toute la vie de Jésus, toute son activité, tout son ministère consacré à dire cet amour du Père, sa proximité, son pardon offert. Pour Jésus la moindre rencontre est Eucharistie. S'il tend la main à la Samaritaine, s'il guérit l'aveugle-né, s'il nourrit la foule affamée, c'est bien pour rendre au Père ce qui lui appartient. La mission prend racine dans l'action de grâce, elle est déjà Eucharistie. Et c'est là l'unique projet de Jésus, jusqu'à prendre le risque d'affronter nos refus, toutes nos forces de mort, jusqu'à prendre le risque d'être supprimé, mis à mort. Le risque de la mort, librement et lucidement encouru par Jésus, nous dit sa consécration, nous dit jusqu'où il se consacre à l'amour du Père.

 

Le sens du lavement des pieds


Et c'est bien là le sens de ce geste du lavement des pieds, dans un repas d'adieu juste avant qu'on mette la main sur lui. Ce n'est pas le geste d'un instant : c'est le résumé, la récapitulation, la ressaisie de toute une vie, dont tous les instants ont été donnés, livrés.
« Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 14).
Ce thème de Jésus serviteur inspire de nombreuses actions, aujourd'hui. L'Eucharistie est le lieu par excellence où chacun est appelé à donner sa vie. Je pense aux médecins, aux infirmiers, aux aides-soignantes qui en ce moment se dépensent sans compter et parfois au risque de leur vie pour soigner d’autres personnes. Ces témoignages reflètent quelque chose du geste de Jésus. Ils disent comment nous essayons d'inscrire dans notre vie d'hommes et de femmes le don, la consécration, le partage. Nous n'avons pas à faire des acrobaties pour mettre l'Eucharistie dans notre vie : l'Eucharistie, c'est notre vie. « Faites-le aussi » (Jn 1 », 15). Et faire tout ce que signifie ce geste, tout ce qu'il résume, tout ce dont il est porteur : cette vie de don de soi et de partage. C'est bien tout cela qu'il nous faut vivre en mémoire de Jésus, comme son mémorial, comme une façon de le rendre présent au long des siècles.

 

L'humilité de Dieu


Le mot humilité paraît désuet, anachronique, en notre temps et dans une société où seules comptent la performance, l'arrogance, l'excellence. L'humilité, c’est faire l'objet d'aucune considération, c'est faire des gestes simples. « Jésus se lève de table, dépose son manteau et prend un linge dont il se ceint. Il verse ensuite de l'eau dansun bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il est ceint » (Jn 13, 4-5). Par ces gestes simples, Jésus vient nous guérir de la tentation de nous donner de l'importance, de la tentation de décider quelles sont les choses, les relations, les responsabilités qui sont dignes de moi. Jésus est « sorti de Dieu » et il se fait pourtant serviteur. Il n'y a pas de petit geste quand on a le cœur plein d'un grand projet d'amour. Notre Dieu est un Dieu qui se préoccupe du détail. Il est le Dieu de l'immédiat, des choses quotidiennes. Jésus, le sauveur du monde, vient s'insérer, s'enfouir dans la banalité de nos vies quotidiennes.

 

Quelques pistes pour la prière

* Prier pour des malades que nous connaissons et que nous ne pouvons pas, hélas, visiter en raison des règles de confinement ;
* Prier pour les soignants que nous connaissons ;
* Murmurer longuement trois phrases essentielles du lavement des pieds: « Comprenez-vous ?... Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres... Faites-le vous aussi. »

 

                                                                                   + Hubert Herbreteau
                                                                                     Évêque d’Agen

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 06:26

 

Jésus, le crucifié


Méditation pour le mercredi saint

 


         La religion chrétienne n’est pas une religion qui nous évade du réel de l’existence. Le Mystère de la Passion de Jésus a toujours été d’une grande importance dans la foi de l’Église, dans sa réflexion théologique, dans sa spiritualité, dans la dévotion populaire.

      Pendant la Semaine Sainte, les chrétiens aiment entendre les grands récits évangéliques de la Passion. Le chemin de croix reste une pratique populaire et suivie par beaucoup de gens. Ici où là, on joue la Passion, sous forme théâtrale. Au cours des siècles, des œuvres d’art représentent le Christ défiguré, souffrant (par exemple, le dévot Christ de Perpignan, du XIV e siècle).

     Cet accent mis sur la Passion fait comprendre que le message chrétien n’oriente pas vers des rêves
inconsistants. La religion chrétienne ne nous réfugie pas dans un monde idéal. Est-il nécessaire de s’attarder autant sur la Passion et la mort de Jésus ? On pourrait penser que le plus important est plutôt de parler de tout ce qui annonce le triomphe de la mort dans la vie publique de Jésus. Les scènes douloureuses ne devraient-elles pas être estompées et laisser place aux aspects positifs de l’existence de Jésus ? Parler de la Passion de Jésus est incontournable. C’est en effet respecter les réalités de l’existence au cours de laquelle il y a parfois échec et souffrance
.

 

Le signe d’identité du chrétien


On se demande par quel étrange retournement les chrétiens ont-ils pu faire d’un châtiment honteux, destiné aux esclaves, le « signe » glorieux de leur identité.

Tout commence par une réaction scandalisée : Dieu s’est abaissé à ce point ? La croix est folie pour quelqu’un qui ne partage pas la foi chrétienne. Seule la foi, précisément, permet de dire que le visage du crucifié « rayonne l’éclat de la lumière éternelle » (Guerry d’Igny). Seul l’amour reçu permet de lire sur le bois le signe de l’Amour donné pour nous, misérables et pécheurs. Ce n’est donc pas le bois que l’on adore, ce n’est pas la souffrance morbide qui est exaltée, mais l’arbre de vie, le trône de l’Agneau, l’alpha et l’oméga de la miséricorde divine.

 

Il nous faut descendre avec le Christ dans l’abîme du Golgotha, contempler ce Dieu devenu « la risée du monde », considérer l’Homme que l’on bafoue, l’Innocent que l’on condamne, le Juste que l’on assassine.

Devant Jésus crucifié, le jeune Karol Wojtyla écrivit ce poème qui traduit bien ce qu’est la contemplation de Jésus crucifié : « Tu t’es épuisé mortellement/ Ils T’ont mortellement détruit./ Cela s’appelle la Miséricorde./

Et pourtant tu es resté beau,/ Le plus beau des enfants de l’homme./ Une telle beauté ne s’est jamais reproduite./ Oh, quelle beauté difficile !/ Cette beauté s’appelle Miséricorde. »

En lisant La pierre d’achoppement de Mauriac, je découvre aussi ce passage magnifique : « Tous les raisonnements ne peuvent rien contre cette évidence que le Christ, en termes clairs et réitérés, se détournent de ceux qui crient : “Seigneur ! Seigneur !” Et n’accomplissent pas sa volonté : cette volonté que nous soyons crucifiés avec lui. Évidence faite pour nous vouer au désespoir, si en fait chacun de nous n’était plus crucifié qu’il ne le sait lui-même. Si vous cherchez dans chaque homme la croix à la mesure de sa destinée, vous finirez toujours par la trouver. En chacun de nous, une croix grandit en même temps que nous-mêmes, et c’est être sauvés que de s’y étendre enfin de gré ou de force avant notre dernier souffle » (Œuvres autobiographiques, La Pléiade, p. 328).

 

Ne pas sombrer dans le dolorisme

 

Il existe pourtant un risque : c’est celui du dolorisme et d’une certaine complaisance au sujet de la souffrance. De là viennent certaines réticences à parler de la croix et de la Passion. Les chrétiens héritent d’une longue histoire et d’une conception parfois ambiguë de la souffrance. C’est pourquoi nous devons nous efforcer de présenter l’unité indissoluble de la Passion et de la Résurrection.On a souvent présenté Passion et Résurrection sous forme de contraste : la Passion serait une défaite, la Résurrection serait une victoire ; la Passion serait humiliante, la Résurrection serait glorifiante. Les évangiles présentent autrement Passion et Résurrection : la Passion n’est pas une défaite mais un combat victorieux.

 

Quelques pistes pour la prière

 

Le bois mort est devenu arbre de vie. Le bois sec est un bois vert, merveilleusement fécond en branches, en feuilles et en fruits comme le représente la mosaïque absidale de Saint-Clément de Rome. La croix, instrument de supplice affreux et dégradant est croix transfigurée. Le signe de la condamnation devient celui de la grâce et du pardon. Le symbole de la faiblesse devient celui de la force toute puissante, dépourvue de toute violence.

La croix est faite d’un axe vertical et d’un axe horizontal. Le corps du Christ est écartelé entre ciel et terre. La croix est signe de la réconciliation qui va de Dieu aux hommes et des hommes aux autres hommes. Dieu se donne à l’homme et aime l’homme jusqu’à mourir. En Jésus, c’est l’homme qui se tourne vers le Père dans un don total de lui-même. Toute la circulation de vie qui renaît entre Dieu et les hommes passe par ce corps meurtri.


                                                                                                 + Hubert Herbreteau
                                                                                                   Évêque d’ Agen

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 08:43

 

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