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11 mars 2022 5 11 /03 /mars /2022 07:32
Chers amis,

Votre mobilisation au chevet de nos frères d’Ukraine nous touche infiniment. Il est ainsi possible de répondre aux nombreuses sollicitations que nous recevons du terrain, pour permettre à l’Église d’intensifier ses missions pastorales et d’urgence.
 
Les actions de l'AED pour le peuple ukrainien
 
Voici en résumé ce que nous avons prévu pour aider nos frères :
 
- Envoi d'un fonds d’urgence d’un million d'euros pour soutenir l’Église catholique locale, grecque et latine : aide à la subsistance des prêtres, religieuses, communautés et paroisses, et soutien de leurs initiatives d’urgence (aide alimentaire, dons de vêtements, médicaments, …). 
- Mobilisation de l’AED Pologne et de ses bénévoles pour aider à l’accueil et au soin des réfugiés
- Contacts en cours avec les évêques de pays limitrophes à l'Ukraine pour leur apporter l’aide matérielle nécessaire dans les prochaines semaines/mois
- Soutien à long terme : dans la continuité du soutien qu’apporte l’AED à l’Eglise d’Ukraine depuis près de 70 ans (durant son exil lorsqu’elle était expulsée et persécutée sous le régime communiste, puis pour aider à sa reconstruction et à son retour à partir des années 90), nous continuerons à répondre fidèlement aux besoins de reconstruction selon les besoins qui seront exprimés en Ukraine.
 
Prière dans un bunker
 
Avant-hier, nous avons reçu le message suivant du père Mateusz, curé de la paroisse catholique romaine de Saint-Antoine de Kiev, réfugié dans un bunker anti-aérien avec une trentaine de personnes : « Nous sommes reconnaissants pour toute l'aide et le soutien venant du monde entier et pour les mots d'encouragement. Nous remercions tous ceux qui prient pour nous et qui soutiennent les projets en faveur de l’Ukraine. (...) Nous sommes confiants que la voix des victimes de la guerre, des orphelins et des veuves atteindra tous les hommes et toutes les femmes du monde, mais pas pour semer la haine ou l’amertume dans les cœurs. Un chrétien doit prier pour ses ennemis. Voilà pourquoi nous devons tous nous garder de la haine et de la violence ! »

Je m’associe de tout cœur à ce remerciement pour vous exprimer notre gratitude.

 
 
Benoît de Blanpré
Directeur de l'AED
 
Le père Mateusz, curé de la paroisse catholique romaine de Saint-Antoine de Kiev, réfugié dans un bunker anti-aérien avec une trentaines de personnes
 
 
 
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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 20:48
 

AFP

Mgr Dominique Lebrun.

 

 

"Ma confiance en la justice de mon pays s’est encore renforcée : j’ai le sentiment que la Cour a pris tous les moyens pour rendre la justice", confie à Aleteia Mgr Dominique Lebrun l'archevêque de Rouen. Il s'est constitué partie civile dans le procès de l'attentat de Saint-Étienne du Rouvray qui s'est achevé ce mercredi 9 mars. Entretien.

 

 

         Le procès de l’attentat de Saint-Étienne du Rouvray s’est achevé ce mercredi 9 mars après plus de trois semaines d’audience. La cour d’assises spéciale de Paris a prononcé une peine de huit ans de prison contre Yassine Sebaihia, dix ans pour Farid Khelil et treize ans pour Jean-Philippe Jean Louis. « Je pense aux trois hommes qui étaient dans le box. Pour eux, le nombre d’années de prison est essentiel », souligne auprès d’Aleteia l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, qui s’est constitué partie civile dans le procès. »Depuis ce matin, je pense qu’ils ont compris que leur avenir était encore plus important que cela, je veux dire les choix fondamentaux qu’ils ont à faire pour leur travail, leur vie de famille, leur vie en société, leur vie spirituelle. »

 

Aleteia : Le verdict vient de tomber : quel est votre sentiment ?
Mgr Dominique Lebrun : Le verdict est tombé. Ma confiance en la justice de mon pays s’est encore renforcée : J’ai le sentiment que la Cour a pris tous les moyens pour rendre la justice. Cela fait du bien. Je pense aux trois hommes qui étaient dans le box. Pour eux, le nombre d’années de prison est essentiel. Depuis ce matin, je pense qu’ils ont compris que leur avenir était encore plus important que cela, je veux dire les choix fondamentaux qu’ils ont à faire pour leur travail, leur vie de famille, leur vie en société, leur vie spirituelle.

 

Comment avez-vous vécu, en tant qu’archevêque de Rouen et partie civile, ces trois semaines de procès ?
      J’ai vécu une grande plongée dans le monde du djihadisme, dans cette partie de l’humanité qui est prise dans une idéologie politico-religieuse mortifère. J’ai eu parfois la nausée. Mais, petit à petit, grâce à la messe quotidienne qui me reliait à cette messe de semaine au cours de laquelle le père Jacques Hamel a été tué, grâce aux témoignages de sa famille, de Guy Coponet et de ses enfants, le navire qui porte haute les couleurs de l’amour et du pardon a manifesté sa solidité, mieux sa vérité et sa beauté. Aujourd’hui, le pardon n’est plus seulement un horizon, il est un chemin concret que je partage avec tous ceux qui sont liés par cet attentat horrible du 26 juillet Saint-Étienne du Rouvray.

Les témoignages des victimes partie civile sont hors concours, si j’ose dire. Elles sont rejointes aujourd’hui par « les derniers mots » des trois accusés.

Je n’oublierai pas non plus qu’il y a eu aussi la fréquentation de l’institution judiciaire pendant plus de trois semaines. Nous pouvons en être fiers. Elle est vraiment au service de la vérité si difficile à atteindre quand il faut juger la personne humaine. Je pense que je vivrai différemment le procès de Jésus et la question de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? ».

 
 

Quels ont été pour vous les moments particulièrement forts ?
       Presque chaque jour m’a fait vivre un ou plusieurs temps forts. Les témoignages des victimes partie civile sont hors concours, si j’ose dire. Elles sont rejointes aujourd’hui par « les derniers mots » des trois accusés. Chacun d’entre eux leur a répondu d’une manière qui nous a beaucoup touchés. Ils reconnaissent tous qu’ils ont des choix de vie nouveaux à faire. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils ont fait le choix du « bon larron », quand l’un dit qu’il n’a pas droit de se plaindre devant Guy Coponet ou Roseline Hamel car ils savent qu’ils ont fait mal et que le père Jacques Hamel n’a rien fait de mal. Ils ont remercié avec des accents de vérité d’avoir entendu et vu que nous croyons à leur nouvelle vie possible.

Restons ou devenons humbles : c’est aussi le chemin du père Jacques Hamel.

Et maintenant ?
      Il me faut d’abord digérer ces trois semaines, et les méditer. À nouveau, j’ai entendu avec toujours la même colère que des hommes et des femmes ont perverti la religion en prétendant tuer au nom de Dieu, en séparant l’humanité entre les bons musulmans et les « kouffars », inférieurs. Comment ne pas m’interroger : ma communauté et moi-même sommes-nous fidèles à notre Dieu de paix, de justice et d’amour ? Dimanche 20 mars prochain, il y aura la journée de mémoire des abus commis au sein de l’Église. Restons ou devenons humbles : c’est aussi le chemin du père Jacques Hamel. J’espère et j’imagine que la communauté musulmane et ses autorités s’interrogent aussi sur l’authenticité de ce qu’ils vivent.

 

Vous aviez indiqué lors de la conférence de presse à Saint-Étienne-du-Rouvray début février que « c’est cette justice qui permettra d’avancer sur le chemin de la vérité ». Avec la fin de ce procès et ce verdict, estimez-vous que la justice a été rendue et que nous avons tous progressé sur le chemin de la vérité ?
       La justice est rendue. Elle a discerné le bien du mal autant que possible, elle a jugé et a dû condamner pour le bien de la société, pour celui des hommes présents dans le box. Reste présente à ma foi la justice de Dieu. Elle discerne à coup sûr le bien du mal et, surtout, elle poursuit le cœur de l’homme jusqu’à ce qu’il revienne au bien, jusqu’à ce qu’il revienne à sa source d’amour, jusqu’à ce qu’il revienne à Lui, Dieu, vrai Dieu, le miséricordieux.

Propos recueillis par Agnès Pinard Legry

 
 
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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 18:52

Appel du maire de Kiev à 5 responsables religieux dont le pape François: « Venez! » 

Videao de Vitali et Wladimir Klitschko © capture de Zenit / ASB

« Faisons de Kiev la capitale de l’humanité, de la spiritualité et de la paix »

        Le maire de Kiev (depuis 2014), et ancien champion de boxe, Vitali Klitschko, et son frère Wladimir Klitschko invitent les leaders religieux du monde à s’unir et faire de Kiev « la capitale de l’humanité, de la spiritualité et de la paix ».

       Une invitation à laquelle les leaders religieux devront répondre, d’une façon ou d’une autre, même si d’ores et déjà le patriarche Kirill semble se refuser à intervenir  dans des matières « complexes ».

      Les frères Klitschko ont réalisé cette vidéo de une minute 39, en anglais, avec Sebastian Fitzek, écrivain et journaliste allemand, et le vaticaniste allemand Andreas Englisch, à Rome, qui la fait parvenir à Zenit.

      Vitali Klitschko dit tout d’abord, en anglais, que « le drame qui se déroule en Ukraine en ce moment même met en question la notion d’humanité » : « La dignité de l’homme est remise en question par l’agression volontaire de civils et l’on s’attend à leur multiplication partout sur le territoire de notre pays. »

Il souligne la dimension planétaire de ce qui se passe dans leur pays : « Ce qui se passe au cœur de l’Europe touche les cœurs de tous les habitants de notre planète qui aiment la justice, et les valeurs de la bonté, indépendamment de leur région ou de leur religion. »

Voilà son appel aux leaders religieux du monde  en faveur de la paix: « J’en appelle spécialement aux leaders spirituels du monde de prendre position et d’assumer cette fonction morale qui leur incombe et d’assumer fièrement les responsabilités de leurs religions pour la paix. »

       Il cite le catholicisme, l’islam le bouddhisme, le judaïsme, l’orthodoxie russe : « C’est pourquoi je veux me tourner vers Sa Sainteté le pape François, vers Ahmed Mohammed Al-Tayeb, le Dalaï Lama, le Grand Rabbin d’Israël David Baruch Lau, vers le patriarche Kirill, pour les inviter à venir à Kiev, pour montrer leur solidarité avec le peuple ukrainien, pour montrer leur compassion et pour se s’unir dans un esprit d’harmonie dont mon pays et dont le monde entier a besoin. »

« Faisons de Kiev la capitale de l’humanité, de la spiritualité et de la paix », lance le maire de Kiev.

Wladimir Klitschko conclut sur l’unité à réaliser : « L’unité est notre clef pour la liberté. »

 
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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 08:14

Prière pour la paix en Ukraine © twitter @Pontifex

 

avec une icône du Christ

 
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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 21:00
APPEL À LA PAIX DE 236 PRÊTRES ET DIACRES ORTHODOXES RUSSES.
      Nous, prêtres et diacres de l’Église orthodoxe russe, chacun en son nom propre, lançons un appel à tous ceux dont dépend la fin de la guerre fratricide en Ukraine, avec un appel à la réconciliation et à un cessez-le-feu immédiat. Nous adressons ce message après le dimanche du Jugement dernier et dans l’anticipation du Dimanche du pardon.
      Le Jugement Dernier attend chacun d’entre nous. Aucune autorité terrestre, aucun médecin, personne ne nous l’évitera. Soucieux du salut de tous ceux qui se considèrent comme un enfant de l’Église orthodoxe russe, nous ne voulons pas qu’il comparaisse à ce Jugement, portant le lourd fardeau des malédictions proférées par les mères ayant perdu leurs enfants.
Nous pleurons l’épreuve à laquelle nos frères et sœurs ont été injustement soumis en Ukraine. Nous rappelons que la vie de chaque personne est un don inestimable et unique de Dieu, et c’est pourquoi nous souhaitons le retour de tous les soldats – russes et ukrainiens – chez eux et dans leurs familles, sains et saufs. Nous pensons avec amertume à l’abîme que nos enfants et petits-enfants en Russie et en Ukraine devront surmonter pour recouvrer l’amitié des uns avec les autres, pour se respecter et s’aimer mutuellement. Nous respectons la liberté de l’homme donnée par Dieu et croyons que le peuple ukrainien devrait faire son choix de manière indépendante et non sous la menace d’une arme, sans pressions de l’Occident ou de l’Orient.
Dans l’anticipation du Dimanche du pardon, nous rappelons que les portes du Paradis sont ouvertes à quiconque, même à une personne qui a péché lourdement, si elle demande pardon à ceux qu’elle a humiliés, insultés, méprisés, ou à ceux qui ont été tués par ses mains ou sur ses ordres. Il n’y a pas d’autre voie que le pardon et la réconciliation mutuelle. « La voix du sang de ton frère me crie de la terre ; et maintenant sois maudit et chassé de la terre qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère», dit Dieu à Caïn, qui était jaloux de son jeune frère. Malheur à toute personne qui se rend compte que ces paroles lui sont adressées personnellement. Aucun appel non violent à la paix et à la fin de la guerre ne devrait être réprimé de force et considéré comme une violation de la loi, car tel est le commandement divin : « Heureux les artisans de paix. »
      Nous appelons toutes les parties en conflit au dialogue, car il n’y a pas d’autre alternative. Seule la capacité d’entendre l’autre peut offrir l’espoir d’une sortie de l’abîme dans lequel nos pays ont été jetés en quelques jours seulement. Permettez-vous et permettez-nous à tous d’entrer dans le Carême dans un esprit de foi, d’espérance et d’amour.
Arrêtez la guerre !
 
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16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 06:57

 

Thème 3- Promouvoir, la liberté, l'égalité et la fraternité

Assemblée nationale | LinkedIn

CEF - Article du 10 février 2022

 

10. La communauté humaine n’est pas une création du politique mais elle lui préexiste: le politique est au service de cette communauté et lui permet d’accomplir ce pour quoi elle est faite. Les chrétiens n’attendent pas tout de la politique et les politiques doivent se garder de promettre plus qu’ils ne sont en mesure d’offrir. La révélation biblique et les sagesses humaines, celle des anciens Grecs en particulier, mettent en garde contre la démesure ou l’idolâtrie du pouvoir. Promouvoir humblement et sérieusement la justice et la paix, limiter l’injustice et la violence, ces objectifs peuvent sembler trop peu ambitieux alors qu’ils traduisent le souci authentique du bien commun qui cherche à créer les conditions d’épanouissement de la liberté de chacun et de tous. Beaucoup d’hommes et de femmes intègres et courageux, engagés en politique, pourraient en témoigner, car la paix et la justice sociale dépendent pour une bonne part de l’engagement et des initiatives (culturelles, économiques, sociales, éducatives, associatives...) de tous les citoyens. Il ne s’agit donc pas d’attendre trop des pouvoirs publics, ni pour les politiques de surenchérir dans les promesses : les citoyens ne peuvent pas se défausser sur l’État ou les collectivités territoriales des responsabilités qui leur reviennent en propre.


11. Encore faut-il que les autorités politiques respectent et promeuvent effectivement la liberté, l’égalité et la fraternité. Le débat sur la « loi confortant le respect des principes de la République » a mis en évidence une tentation : celle de porter atteinte, par souci de la sécurité, à la liberté d’expression, d’association, d’éducation, voire de culte, et à l’égalité des citoyens, qu’ils soient ou non croyants. De plus, l’omniprésence des moyens numériques pose de nouvelles questions de respect des libertés. Il n’y aura pas d’égalité et de fraternité authentiques ni même de sécurité véritable et durable sans respect scrupuleux de la liberté des personnes. En retour, la liberté ne peut pas tout se permettre et ignorer les exigences de la fraternité. C’est le sens de l’interpellation que les évêques ont lancée en novembre 2020 à la suite de l’assassinat
d’un enseignant à Conflans et de trois fidèles dans la basilique de Nice : « Il est temps de réfléchir à la manière dont nos institutions collectives et nos comportements individuels doivent promouvoir le respect et déployer la fraternité. Cette réflexion urgente doit être engagée par les pouvoirs publics. Elle concerne chacun d’entre nous. Elle nous concerne tous ». Chacun est libre de s’interroger sur les opinions et les représentations des autres mais tous doivent s’interdire la dérision et l’humiliation destructrices. Les relations humaines nécessitent une forme de tact et celui-ci est le fruit de l’éducation.


12. Notre société est divisée et habitée par des violences latentes. Il est inquiétant en particulier que la police, la gendarmerie et même les pompiers et les premiers secours puissent être injuriés voire agressés. Il arrive que les forces de l’ordre se trouvent confrontées à des violences extrêmes et se sentent peu soutenues dans leur lutte contre la délinquance : parce qu’elles incarnent l’État, leur manière de se comporter aura valeur d’exemple et la rectitude de leur comportement a besoin d’être encouragée. La société française se sent menacée et aspire à plus de sécurité face au terrorisme et à la violence sociale mais les moyens sécuritaires sont nécessaires et non suffisants. Le respect de la Loi à tous les niveaux, du code de la route au code des impôts, s’impose à tous les citoyens. On devra aussi, dans le débat électoral, s’interroger sur la place qu’a prise la consommation des drogues, qu’elles soient qualifiées de « douces » ou de « dures » par leurs utilisateurs. La tentation de transgresser les limites de sa conscience lucide ou de son état physique normal et l’appétit de certains pour de nouveaux marchés et des profits élevés agissent à l’encontre du sens de la responsabilité de chacun envers le bien de tous.

 

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