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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 21:04
 
 
 
 
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L'économie de François du 19 au 21 novembre 2020



       Une rencontre internationale de jeunes actifs, entrepreneurs, engagés pour un autre modèle économique, centré sur l’humain, la sobriété, le bien commun ; pour doter l’économie d’une « âme », selon le mot du Pape. L’événement « L’Économie de François », à l’origine prévu sur les terres de saint François à Assise en Italie, se tient en visioconférence du 19 au 21 novembre.

Télécharger

-  L'économie de François : l'urgence de la sobriété et du ralentissement - Vatican News 18.11.2020
-  Pour une économie plus juste et fraternelle - CEF - 16.11.2020
-  L'économie de François : oeuvrer pour une nouvelle économie - CEF 16.11.2020

-  L'économie de François, pour donner une nouvelle âme à l'économie mondiale - Vatican News 27.10.2020

en savoir plus sur le site The Economy of Francesco

 

 

 
 
 
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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 21:36
Repas de fête pour les pauvres 29/6/2018 © Adam Trojanek, Church in Poland

Repas de fête pour les pauvres 29/6/2018 © Adam Trojanek, Church in Poland

Journée mondiale des pauvres: message du pape François (texte complet)

«Tends ta main au pauvre»

novembre 15, 2020 13:22

« Tends ta main au pauvre »  : voici le texte complet du message du pape François pour la IVe Journée mondiale des pauvres, dimanche prochain, 15 novembre 2020.

Et le tweet publié par le pape sur son compte @Pontifex_fr, ce jeudi 12 novembre, jour de la présentation des la Journée mondiale par Mgr Fisichella:

« La générosité qui soutient le faible, console l’affligé, apaise les souffrances, restitue la dignité à ceux qui en sont privés, est en fait la condition d’une vie pleinement humaine. #JournéeMondialedesPauvres »

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS

4ème JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES

15 novembre 2020, 33ème dimanche du Temps Ordinaire

« Tends ta main au pauvre » (Siracide 7, 32)

« Tends ta main au pauvre » (Si 7, 32). La sagesse antique a fait de ces mots comme un code sacré à suivre dans la vie. Ils résonnent encore aujourd’hui, avec tout leur poids de signification, pour nous aider, nous aussi, à concentrer notre regard sur l’essentiel et à surmonter les barrières de l’indifférence. La pauvreté prend toujours des visages différents qui demandent une attention à chaque condition particulière : dans chacune d’elles, nous pouvons rencontrer le Seigneur Jésus qui a révélé sa présence dans ses frères les plus faibles (cf. Mt 25, 40).

1. Prenons entre les mains le texte du Livre de Ben Sira, un des livres de l’Ancien Testament. Nous y trouvons les paroles d’un maître de sagesse qui a vécu environ deux cents ans avant le Christ. Il était en recherche de la sagesse, celle qui rend les hommes meilleurs et capables de scruter à fond les événements de la vie. Il le faisait à un moment de dure épreuve pour le peuple d’Israël, un temps de douleur, de deuil et de misère, à cause de la domination de puissances étrangères. Étant un homme de grande foi, enraciné dans les traditions des pères, sa première pensée était de s’adresser à Dieu pour lui demander le don de la sagesse. Et l’aide du Seigneur ne lui manqua pas.

Dès les premières pages, le Livre de Ben Sira donne des conseils sur de nombreuses situations concrètes de la vie, et la pauvreté en est une. Il insiste sur le fait que, dans le besoin, il faut avoir confiance en Dieu : «Ne t’agite pas à l’heure de l’adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l’abandonne pas, afin d’être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les ; dans les revers de ta pauvre vie, sois patient ; car l’or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu par le creuset de l’humiliation. Dans les maladies comme dans le dénuement, aie foi en lui. Mets ta confiance en lui, et il te viendra en aide ; rends tes chemins droits, et mets en lui ton espérance. Vous qui craignez le Seigneur, comptez sur sa miséricorde, ne vous écartez pas du chemin, de peur de tomber. » (2, 2-7).

2. Page après page, nous découvrons un précieux recueil de suggestions sur la façon d’agir à la lumière d’une relation intime avec Dieu, créateur et amant de sa création, juste et providentiel envers tous ses enfants. La référence constante à Dieu, cependant, n’empêche pas de regarder l’homme concret, bien au contraire, les deux choses sont étroitement liées.

Ceci est clairement démontré par l’extrait biblique dont le titre de ce Message est tiré (cf. 7, 29-36). La prière à Dieu et la solidarité avec les pauvres et les souffrants sont inséparables. Pour célébrer un culte qui soit agréable au Seigneur, il est nécessaire de reconnaître que toute personne, même la plus indigente et la plus méprisée, porte l’image de Dieu imprimée en elle. De cette attention découle le don de la bénédiction divine, attirée par la générosité pratiquée à l’égard du pauvre. Par conséquent, le temps consacré à la prière ne peut jamais devenir un alibi pour négliger le prochain en difficulté. Le contraire est vrai : la bénédiction du Seigneur descend sur nous et la prière atteint son but quand elles sont accompagnées par le service aux pauvres.

3. Cet antique enseignement est combien actuel pour chacun de nous ! En effet, la parole de Dieu dépasse l’espace, le temps, les religions et les cultures. La générosité qui soutient le faible, console l’affligé, apaise les souffrances, restitue la dignité à ceux qui en sont privés, est en fait la condition d’une vie pleinement humaine. Le choix de consacrer une attention aux pauvres, à leurs nombreux et divers besoins, ne peut être conditionné seulement par le temps disponible ou par des intérêts privés, ni par des projets pastoraux ou sociaux désincarnés. On ne peut étouffer la force de la grâce de Dieu par la tendance narcissique de toujours se mettre à la première place.

Avoir le regard tourné vers le pauvre est difficile, mais plus que jamais nécessaire pour donner à notre vie personnelle et sociale la bonne direction. Il ne s’agit pas d’exprimer beaucoup de paroles, mais plutôt d’engager concrètement la vie, animée par la charité divine. Chaque année, avec la Journée Mondiale des Pauvres, je reviens sur cette réalité fondamentale pour la vie de l’Église, parce que les pauvres sont et seront toujours avec nous (cf. Jn 12, 8) pour nousaider à accueillir la présence du Christ dans l’espace du quotidien.

4. Chaque rencontre avec une personne en situation de pauvreté nous provoque et nous interroge. Comment pouvons-nous contribuer à éliminer ou, du moins, à soulager sa marginalisation et sa souffrance? Comment pouvons-nous l’aider dans sa pauvreté spirituelle ? La communauté chrétienne est appelée à s’impliquer dans cette expérience de partage, sachant qu’il ne lui est pas permis de la déléguer à qui que ce soit. Et pour être un soutien aux pauvres, il est fondamental de vivre personnellement la pauvreté évangélique. Nous ne pouvons pas nous sentir « bien » quand un membre de la famille humaine est relégué dans les coulisses et devient une ombre. Le cri silencieux des nombreux pauvres doit trouver le peuple de Dieu en première ligne, toujours et partout, afin de leur donner une voix, de les défendre et de se solidariser avec eux devant tant d’hypocrisie et devant tant de promesses non tenues, pour les inviter à participer à la vie de la communauté.

Il est vrai que l’Église n’a pas de solutions globales à proposer, mais elle offre, avec la grâce du Christ, son témoignage et ses gestes de partage. Elle se sent en outre le devoir de présenter les instances de ceux qui n’ont pas le nécessaire pour vivre. Rappeler à tous la grande valeur du bien commun est, pour le peuple chrétien, un engagement de vie qui se réalise dans la tentative de n’oublier aucun de ceux dont l’humanité est violée dans ses besoins fondamentaux.

5. Tendre la main fait découvrir, avant tout à celui qui le fait, qu’existe en nous la capacité d’accomplir des gestes qui donnent un sens à la vie. Que de mains tendues pouvons-nous voir tous les jours ! Malheureusement, il arrive de plus en plus souvent que la hâte entraîne dans un tourbillon d’indifférence, au point que l’on ne sait plus reconnaître tout le bien qui se fait quotidiennement, en silence et avec grande générosité. C’est souvent lorsque surviennent des événements qui bouleversent le cours de notre vie que nos yeux deviennent capables de voir la bonté des saints « de la porte d’à côté », « de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu » (Exhort. ap. Gaudete et Exultate, n. 7), mais dont personne ne parle. Les mauvaises nouvelles abondent sur les pages des journaux, sur les sites internet et sur les écrans de télévision, au point de laisser croire que le mal règne en maître. Pourtant il n’en est pas ainsi. Certes, la méchanceté et la violence, l’abus et la corruption ne manquent pas, mais la vie est tissée d’actes de respect et de générosité qui, non seulement compensent le mal, mais poussent à aller au-delà et à être remplis d’espérance.

6. Tendre la main est un signe : un signe qui rappelle immédiatement la proximité, la solidarité, l’amour. En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir ! La main tendue du médecin qui se soucie de chaque patient en essayant de trouver le bon remède. La main tendue de l’infirmière et de l’infirmier qui, bien au-delà de leurs horaires de travail, sont restés pour soigner les malades. La main tendue de ceux qui travaillent dans l’administration et procurent les moyens de sauver le plus de vies possibles. La main tendue du pharmacien exposé à tant de demandes dans un contact risqué avec les gens. La main tendue du prêtre qui bénit avec le déchirement au cœur. La main tendue du bénévole qui secourt ceux qui vivent dans la rue et qui, en plus de ne pas avoir un toit, n’ont rien à manger. La main tendue des hommes et des femmes qui travaillent pour offrir des services essentiels et la sécurité. Et combien d’autres mains tendues que nous pourrions décrire jusqu’à en composer une litanie des œuvres de bien. Toutes ces mains ont défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation.

7. Cette pandémie est arrivée à l’improviste et nous a pris au dépourvu, laissant un grand sentiment de désorientation et d’impuissance. Cependant, la main tendue aux pauvres ne vient pas à l’improviste. Elle témoigne de la manière dont on se prépare à reconnaître le pauvre afin de le soutenir dans les temps de nécessité. On n’improvise pas les instruments de miséricorde. Un entraînement quotidien est nécessaire, à partir d’une prise de conscience que nous, les premiers, avons combien besoin d’une main tendue vers nous.

Ce moment que nous vivons a mis en crise beaucoup de certitudes. Nous nous sentons plus pauvres et plus faibles parce que nous avons fait l’expérience de la limite et de la restriction de la liberté. La perte du travail, des relations affectives les plus chères, comme l’absence des relations interpersonnelles habituelles, a tout d’un coup ouvert des horizons que nous n’étions plus habitués à observer. Nos richesses spirituelles et matérielles ont été remises en question et nous avons découvert que nous avions peur. Enfermés dans le silence de nos maisons, nous avons redécouvert l’importance de la simplicité et d’avoir le regard fixé sur l’essentiel. Nous avons mûri l’exigence d’une nouvelle fraternité, capable d’entraide et d’estime réciproque. C’est un temps favorable pour « reprendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres et du monde […]. Depuis trop longtemps, déjà, nous avons été dans la dégradation morale, en nous moquant de l’éthique, de la bonté, de la foi, de l’honnêteté. […] Cette destruction de tout fondement de la vie sociale finit par nous opposer les uns aux autres, chacun cherchant à préserver ses propres intérêts ; elle provoque l’émergence de nouvelles formes de violence et de cruauté, et empêche le développement d’une vraie culture de protection de l’environnement » (Lett. enc. Laudato Si’, n. 229). En somme, les graves crises économiques, financières et politiques ne cesseront pas tant que nous laisserons en état de veille la responsabilité que chacun doit sentir envers le prochain et chaque personne.

8. « Tends la main au pauvre », est donc une invitation à la responsabilité comme engagement direct de quiconque se sent participant du même sort. C’est une incitation à prendre en charge le poids des plus faibles, comme le rappelle saint Paul : « Mettez-vous, par amour au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (…) Portez les fardeaux des uns les autres » (Ga 5,13-14 ; 6,2). L’Apôtre enseigne que la liberté qui nous a été donnée par la mort et la résurrection de Jésus Christ est pour chacun de nous une responsabilité pour se mettre au service des autres, surtout des plus faibles. Il ne s’agit pas d’une exhortation facultative, mais d’une condition de l’authenticité de la foi que nous professons.

Le Livre de Ben Sira vient une fois de plus à notre aide : il suggère des actions concrètes pour soutenir les plus faibles et il utilise également quelques images suggestives. Tout d’abord, il prend en considération la faiblesse de ceux qui sont tristes : « Ne te détourne pas ceux qui pleurent » (7, 34). La période de la pandémie nous a obligés à un isolement forcé, nous empêchant même de pouvoir consoler et d’être près d’amis et de connaissances affligés par la perte de leurs proches. Et l’auteur sacré affirme encore : « N’hésite pas à visiter un malade » (7, 35). Nous avons fait l’expérience de l’impossibilité d’être aux côtés de ceux qui souffrent, et en même temps, nous avons pris conscience de la fragilité de notre existence. En somme, la Parole de Dieu ne nous laisse jamais tranquilles, elle continue à nous stimuler au bien.

9. « Tends la main au pauvre » fait ressortir, par contraste, l’attitude de ceux qui tiennent leurs mains dans leurs poches et ne se laissent pas émouvoir par la pauvreté, dont ils sont souvent complices. L’indifférence et le cynisme sont leur nourriture quotidienne. Quelle différence par rapport aux mains généreuses que nous avons décrites! Il y a, en effet, des mains tendues qui touchent rapidement le clavier d’un ordinateur pour déplacer des sommes d’argent d’une partie du monde à l’autre, décrétant la richesse des oligarchies et la misère de multitudes ou la faillite de nations entières. Il y a des mains tendues pour accumuler de l’argent par la vente d’armes que d’autres mains, même celles d’enfants, utiliseront pour semer la mort et la pauvreté. Il y a des mains tendues qui, dans l’ombre, échangent des doses de mort pour s’enrichir et vivre dans le luxe et le désordre éphémère. Il y a des mains tendues qui, en sous-main, échangent des faveurs illégales contre un gain facile et corrompu. Et il y a aussi des mains tendues de ceux qui, dans l’hypocrisie bienveillante, portent des lois qu’eux-mêmes n’observent pas.

Dans ce panorama, « les exclus continuent à attendre. Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s’enthousiasmer avec cet idéal égoïste, on a développé une mondialisation de l’indifférence. Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d’éprouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur prêter attention ne nous intéresse pas, comme si tout nous était une responsabilité étrangère qui n’est pas de notre ressort.» (Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 54). Nous ne pourrons pas être heureux tant que ces mains qui sèment la mort ne seront pas transformées en instruments de justice et de paix pour le monde entier.

10. « Quoi que tu fasses, souviens-toi que ta vie a une fin » (Si 7, 36). C’est l’expression par laquelle le Livre de Ben Sira conclut sa réflexion. Le texte se prête à une double interprétation. La première fait ressortir que nous devons toujours garder à l’esprit la fin de notre existence. Se souvenir du destin commun peut aider à mener une vie sous le signe de l’attention à ceux qui sont les plus pauvres et qui n’ont pas eu les mêmes possibilités que nous. Il y a aussi une deuxième interprétation, qui souligne plutôt le but vers lequel chacun tend. C’est la fin de notre vie qui demande un projet à réaliser et un chemin à accomplir sans se lasser. Or, le but de chacune de nos actions ne peut être autre que l’amour. Tel est le but vers lequel nous nous dirigeons, et rien ne doit nous en détourner. Cet amour est partage, dévouement et service, mais il commence par la découverte que nous sommes les premiers aimés et éveillés à l’amour. Cette fin apparaît au moment où l’enfant rencontre le sourire de sa mère et se sent aimé par le fait même d’exister. Même un sourire que nous partageons avec le pauvre est source d’amour et permet de vivre dans la joie. Que la main tendue, alors, puisse toujours s’enrichir du sourire de celui qui ne fait pas peser sa présence et l’aide qu’il offre, mais ne se réjouit que de vivre à la manière des disciples du Christ.

Que sur ce chemin quotidien de rencontre avec les pauvres nous accompagne la Mère de Dieu, qui plus que tout autre est la Mère des pauvres. La Vierge Marie connaît de près les difficultés et les souffrances de ceux qui sont marginalisés, parce qu’elle-même s’est trouvée à donner naissance au Fils de Dieu dans une étable. Sous la menace d’Hérode, avec Joseph son époux et l’Enfant Jésus, ils se sont enfuis dans un autre pays, et la condition de réfugié a marqué, pendant quelques années, la Sainte Famille. Puisse la prière à la Mère des pauvres rassembler ses enfants favoris et tous ceux qui les servent au nom du Christ. Que la prière transforme la main tendue en une étreinte de partage et de fraternité retrouvée.

Donné à Rome, Saint Jean du Latran, le 13 juin 2020, mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue, huitième année de mon Pontificat.

François

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 13:36
DIMANCHE 18 OCTOBRE 2020 : UNE JOURNÉE MISSIONNAIRE MONDIALE MARQUÉE PAR LA PANDÉMIE
Une Journée missionnaire mondiale marquée par la pandémie

 

        La Journée missionnaire mondiale de ce dimanche 18 octobre 2020 a été présentée vendredi matin en Salle de Presse du Saint-Siège.

 

          Mgr Protase Rugambwa, archevêque de nationalité tanzanienne et Secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples, a rappelé que même si cette Journée sera célébrée dans des circonstances particulières en raison de la pandémie de Covid-19, «la mission confiée par Jésus à l’Église ne s’arrête jamais». «Chacun de nous est invité à apporter l’amour de Dieu à tous et surtout aux personnes les plus dans le besoin. Cela signifie faire la volonté de Dieu et agir selon le plan divin du salut.»

        Le thème de cette année, «Me voici, envoie-moi», doit aider chacun à ne pas voir peur, et à aller de l’avant «grâce à la force de l’Esprit Saint». La mission n’est pas confinée à la seule sphère ecclésiale en tant que telle, mais elle «va toucher et transformer tous les secteurs et les aires de la vie afin de de sauver l’humanité et la création : les familles, le monde de travail, les usines, les écoles, la politique, l’environnement, etc…».

      Tous les fidèles sont donc invités à exercer une «participation active à la mission évangélisatrice de l’Église» à travers «la prière, le sacrifice, la réflexion» ainsi que le soutien matériel au travail missionnaire déployé par les OPM au nom du Pape.

 

L’importance accrue des OPM dans le contexte de la pandémie

 

       Mgr Giampietro Dal Toso, président des Œuvres Pontificales Missionnaires, a pour sa part donné quelques indications statistiques sur les activités menées par les OPM afin de soutenir les Églises locales dans le contexte de la pandémie de coronavirus, en précisant que ces aides ne se situent pas dans une verticalité du nord vers le sud mais plutôt dans «une logique de communion et de circularité, dans laquelle tous contribuent au bien de tous». Au total 250 projets ont été approuvés, et 120 pays ont participé aux collectes de fond. L’Espagne, la France et la Corée du Sud représentent les principaux donateurs mais il faut aussi noter la participation de pays moins fortunés, comme le Rwanda ou le Bangladesh, qui ont aussi contribué.

       Les fermetures d’églises en raison du confinement ont néanmoins rendu les conditions pratiques de quêtes très difficiles dans de nombreux endroits, surtout là où il n’existe pas de système de paiement centralisé.

        Mgr Dal Toso a donné trois exemples concrets d’institutions ou de personnes qui ont pu bénéficier d’une aide des OPM : un couvent de sœurs cloitrées au Maroc, des familles chrétiennes du Bangladesh vivant des conditions de grande précarité, et des stations de radio et de télévision en Afrique qui transmettent des catéchèses et des célébrations liturgiques.  L’objectif est de venir en aide «à de nombreuses petites réalités cachées, qui échappent souvent aux grands flux des aides». C’est certes «une goutte d’eau dans l’océan» mais cela représente «une façon concrète d’indiquer une communion dans l’Église, qui nous fait participer aux joies et aux douleurs des autres baptisés», a-t-il expliqué.

 

 

Pauline Jaricot, une source d’inspiration pour aujourd’hui

       Le père Tadeusz Nowak, missionnaire de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée (OMI), a rappelé que les Œuvres Pontificales Missionnaires offrent un soutien vital pour les diocèses d’Asie, d’Océanie, d’Afrique et d’une partie de l’Amérique latine, qui sont administrés par la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples (les diocèses plus anciens, essentiellement en Europe et en Amérique du Nord, sont quant à eux rattachés à la Congrégation pour les Évêques).

      Des milliers de catéchistes, de prêtres, religieux et religieuses bénéficient de programmes de formation et d’un soutien matériel liés aux OPM. Ces actions sont coordonnées à travers 120 Directions nationales.

       Il a rappelé que cette année a été marquée, le 26 mai dernier, par l’approbation par le Pape François d’un miracle attribué à l’intercession de Pauline Jaricot, fondatrice des OPM au XIXe siècle. Cette femme issue de la classe moyenne, née à Lyon peu après la Révolution française, avait vécu une profonde expérience de Dieu à l’âge de 15 ans. Après avoir effectué l’année suivante un vœu privé de chasteté et de consécration à Dieu, elle s’est déployée dans l’adoration eucharistique, l’aide aux pauvres et le désir que l’Évangile du Christ atteigne le monde entier. Cette inspiration, d’abord sous une forme informelle puis de plus en plus structurée, allait mener à la création de l’œuvre de Propagation de la Foi. Un premier groupe de 10 amis fut constitué avec des employés de l’usine de son père, puis progressivement les groupes se multiplièrent dans le diocèse de Lyon, la reconnaissance diocésaine du mouvement le 2 mai 1822 marquant une étape importante dans son développement, aussi bien au-delà de l’agglomération lyonnaise.

      «Pauline a dédié sa vie entière à la prière, à l’aide des pauvres, particulièrement les travailleurs, et la mission de l’Église», a expliqué le père Nowak. Malgré de nombreuses difficultés pratiques liées notamment à une escroquerie sur les fonds investis dans cette œuvre à partir du capital de l’entreprise de son père, «elle n’a jamais douté de la providence de Dieu et elle est restée assidue à la prière et au soin des autres, spécialement ceux qui n’ont pas rencontré Jésus-Christ ou n’en n’ont pas entendu parler».

       Pauline Jaricot s’est éteinte le 9 janvier 1862, et c’est le 3 mai 1922 que le Pape Pie XI donnera à son Œuvre la reconnaissance pontificale, 100 ans après la reconnaissance diocésaine. Elle sera proclamée vénérable par saint Jean XXIII en 1962. «Aujourd’hui, elle est une source d’inspiration pour nous tous, particulièrement pour les laïcs. Pauline est un exemple merveilleux d’engagement de la grâce du baptême pour le travail du Royaume de Dieu et pour la mission de l’Église», a conclu le père Nowak.

PAULINE JARICOT

PAULINE JARICOT

PAULINE JARICOT, lien vers sa biographie sur le site :

DIMANCHE 18 OCTOBRE 2020 : UNE JOURNÉE MISSIONNAIRE MONDIALE MARQUÉE PAR LA PANDÉMIE

 

 

 

 

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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 19:01
Le Pape rencontre Francesca di Giovanni, sous-secrétaire à la section pour les Relations avec les États de la Secrétairerie d’Etat
Le Pape rencontre Francesca di Giovanni, sous-secrétaire à la section pour les Relations avec les États de la Secrétairerie d’Etat

Le Pape rencontre Francesca di Giovanni, sous-secrétaire à la section pour les Relations avec les États de la Secrétairerie d’Etat

Vatican News - 08 octobre 2020

 

Le Pape souhaite "une présence féminine plus incisive" dans l'Église

 

       Publication de «La Vidéo du Pape» présentant les intentions de prière du Saint-Père pour ce mois d’octobre, mois missionnaire. François appelle à une plus grande intégration des fidèles laïcs, en particulier des femmes, dans les instances de responsabilité de l’Église.

 

      Le Pape François souhaite voir plus de femmes laïques occuper des postes de responsabilité dans l'Église. Il confie ce désir à la prière de tous les catholiques du monde en ce mois d'octobre. Une participation qui s'enracine non pas dans des revendications liées à l'époque, mais dans le sacrement même du baptême car c'est là que s'inscrit le protagonisme des laïcs, et donc aussi des femmes, dans la vie ecclésiale et dans l'annonce de l'Évangile. «Personne n'a été baptisé prêtre ou évêque. Nous avons tous été baptisés en tant que laïcs. Les laïcs et les laïques sont les protagonistes de l'Église» affirme le Pape dans cette vidéo.

Les femmes sont, le plus souvent, laissées de côté

      Parmi les laïcs, ce sont les femmes qui se voient accorder encore trop peu de place. Parce que les «femmes sont généralement laissées de côté», le Pape estime qu’«aujourd'hui encore, il est nécessaire d'élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l'Église». Dans ce message vidéo, François ne parle pas d’une présence quelconque: «Nous devons promouvoir l'intégration des femmes dans les lieux où se prennent les décisions importantes».

      Il souhaite donc qu’en vertu du baptême, les fidèles laïcs et en particulier les femmes, participent davantage aux institutions de responsabilité de l’Église, mais «en évitant des formes de cléricalisme qui annulerait le charisme des laïcs» souligne-t-il.

Plus de dirigeantes mais pas de quotas roses

      Depuis le début de son pontificat, le Pape a plusieurs fois manifesté son souhait d’accorder plus de places aux femmes dans l’Église. Il a nommé plusieurs femmes à des postes de premier plan. D’ailleurs, le nombre de 'dirigeantes' n'a jamais été aussi élevé.  Huit femmes occupent actuellement des postes à responsabilité au Saint-Siège, au-dessus du dixième niveau de rémunération au Vatican. Il y a dix ans, il n'y en avait que trois.

      Parmi elles, Linda Ghisoni, nommée par François sous-secrétaire pour les fidèles laïcs. S’exprimant sur le sens de cette vidéo, elle revient sur le fait que le Pape commence par parler du baptême. «C'est très important car cela nous permet de comprendre que le désir d'une plus grande participation des laïcs, et en particulier des femmes, dans les instances de responsabilité de l'Église ne doit pas être interprété comme une opération sociologique ou comme un désir de garantir des quotas roses pour une répartition du pouvoir entre les femmes et les hommes, entre les laïcs et le clergé» affirme-t-elle. Elle poursuit: «Si nous prenons conscience du sens de notre baptême, nous comprenons quelle est notre place dans l'Église qui, pour être universelle, ne peut renoncer aux apports spécifiques des laïcs, des femmes, qui par vocation en sont une partie constitutive».

Sainte Marie-Madeleine

       Par ailleurs, le Réseau mondial de la prière rappelle ce geste symbolique du Pape François qui, en 2016, a élevé au rang de fête liturgique le jour de sainte Marie Madeleine, aujourd'hui définie dans la nouvelle préface de la messe comme «l’apôtre des apôtres». En prenant cette décision, «il a souligné l'importance de cette femme, la première à voir le visage du Ressuscité parmi les morts, la première que Jésus appelle par son nom, la première à recevoir de Jésus-Christ lui-même la mission d'annoncer sa résurrection».

     «Beaucoup a été fait depuis 2013, mais il faut faire davantage» estime le père Frédéric Fornos S.J., directeur international du Réseau mondial de la prière du Pape. Il rappelle ces propos de François dans Evangelii Gaudium: «Les revendications des droits légitimes des femmes, à partir de la ferme conviction que les hommes et les femmes ont la même dignité, posent à l’Église des questions profondes qui la défient et que l’on ne peut éluder superficiellement.(EG104)». Dans Querida Amazonia, François avait là insisté sur le fait que dans de nombreuses régions du monde «de nombreuses femmes, animées par l'Esprit Saint, maintiennent l'Église debout avec un dévouement admirable et une foi ardente. Il est essentiel qu'elles participent de plus en plus à ses instances décisionnelles. Cela demande un profond changement de mentalité, notre conversion en fait, ce qui implique la prière».

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Femmes au Vatican : une présence en constante progression

 Gudrun Sailer - Cité du Vatican - 08 mars 2020

 

Le nombre de femmes employées au Vatican est en constante augmentation. En 2019, il y en avait 1 016, soit 22 % du personnel total. Ce chiffre provient d'une enquête menée par Vatican News dans les bureaux du personnel du Saint-Siège à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars. Le nombre de femmes occupant des postes de haut niveau au Vatican et à la Curie n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui.

 

      Au cours de ces dix dernières années, le nombre absolu et le pourcentage de femmes présentes au sein du personnel du Saint-Siège et de l’État de la Cité du Vatican ont augmenté. En 2010, sous le pontificat de Benoît XVI, 4 053 personnes en tout étaient employées, dont 697 femmes -soit environ 17 %. En 2019, le Saint-Siège et la Cité du Vatican employaient ensemble 4 618 personnes, dont 22 % (1 016) étaient des femmes.

     Ce qui est particulièrement frappant dans cette décennie, c'est l'augmentation du nombre de femmes travaillant pour le Saint-Siège, c'est-à-dire tous les organes de la Curie romaine qui aident le Pape dans l'administration de l'Église universelle. En 2010, 385 femmes travaillaient au Saint-Siège ; ce chiffre est monté à 649 en 2019, soit une part qui est passée de 17,6%  à 24% en l’espace de 10 ans.  

      Dans l'État de la Cité du Vatican, en revanche, l'augmentation de la présence des femmes au cours des dix dernières années a été plus faible et a surtout touché les postes moins qualifiés, comme le personnel de vente des musées. À une exception près : en 2016, le Pape François a nommé l'historienne de l'art italienne Barbara Jatta à la direction des musées du Vatican. Cette décision a également fait sensation dans le monde de l'art international, car aucun autre musée de cette taille et de cette importance n'a de femme à sa tête. Les collections d'art des papes figurent parmi les cinq musées les plus visités au monde.

Quatre femmes au sommet

     Au Saint-Siège, le Pape François a nommé plus de femmes à des postes importants. Le plus haut niveau atteint jusqu'à présent par les femmes de la Curie est celui de sous-secrétaire, une figure qui fait partie de l'équipe de direction d'un dicastère, généralement composée de trois à quatre membres. François a doublé le nombre de sous-secrétaires, qui est passé de deux à quatre. En janvier 2020, dernière nomination de ce type, l'Italienne Francesca Di Giovanni est devenue sous-secrétaire à la section pour les Relations avec les États de la Secrétairerie d’État, un poste nouvellement créé.

     En 2017, le Souverain Pontife a nommé deux sous-secrétaires au sein du Département pour les Laïcs, la Famille et la Vie, Gabriella Gambino et Linda Ghisoni. Toutes deux sont mères de familles avec enfants, une nouveauté pour le Vatican à ces niveaux de responsabilité. La religieuse espagnole Carmen Ros Nortes travaille quant à elle comme sous-secrétaire à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, la troisième femme déjà occupant cette fonction. Son prédécesseur, Enrica Rosanna, avait été nommée par le Pape Jean-Paul II en 2004, ce qui avait à l’époque surpris de nombreux observateurs : jusqu'alors, les sous-secrétaires avaient toujours été des prêtres.

Le nombre de femmes dirigeantes de la Curie a triplé en dix ans

     Au Dicastère pour la Communication du Saint-Siège, où le nombre de laïcs est élevé par rapport aux autres unités du Saint-Siège, deux femmes occupent des postes de direction. La Slovène Natasa Govekar est à la tête du département théologico-pastoral, tandis que la Brésilienne Cristiane Murray est directrice adjointe du bureau de presse du Vatican. Fin 2019, huit femmes au total, dont Francesca Di Giovanni, occupent des postes à responsabilité au Saint-Siège, au-dessus du dixième niveau de rémunération au Vatican. Il y a dix ans, il n'y en avait que trois. En d'autres termes, le nombre de femmes occupant des postes à haute responsabilité dans la Curie romaine a triplé en dix ans.

Tous les préfets ne doivent pas être prêtres

     Au total, 5 des 22 bureaux les plus importants de la Curie (Secrétairerie d'État, Secrétariat pour l’Économie, trois Dicastères, neuf Congrégations, cinq Conseils, trois Tribunaux) comptent désormais des femmes dans l'équipe dirigeante. Aucun Souverain Pontife n'a jamais nommé une femme à la tête d'un département. Le fait qu’un préfet ne doit pas nécessairement être un prêtre, mais dans certains cas peut aussi être un laïc - et donc une femme - a été démontré par le Pape François en 2018 lorsqu'il a nommé le laïc Paolo Ruffini préfet du Dicastère pour la communication. François avait également déclaré son ouverture à une femme en tant que préfet du Secrétariat pour l'Économie, même si, finalement, il a choisi un prêtre - le jésuite Juan Antonio Guerrero Alves - pour succéder au cardinal George Pell.

     Le Pape François, qui fêtera dans quelques jours le 7e anniversaire de son accession au Siège de Pierre, a affirmé à plusieurs reprises que l'Église catholique a besoin de plus de femmes aux postes de direction. Sur son territoire, au Vatican et à la Curie romaine, il prépare petit à petit le terrain à cet effet. Il souligne cependant toujours que les nominations seules ne suffisent pas : les femmes sont plus qu'une position éminente de l'Église catholique. Il faut y réfléchir encore plus profondément, a-t-il indiqué.

 

 

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 07:55
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS DU 11 OCTOBRE 2020
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS DU 11 OCTOBRE 2020

 

Cité du Vatican - 11 octobre 2020

 

Angélus: «Personne n’est exclu de la Maison de Dieu»

 

      Lors de la prière de l’Angélus, en ce dimanche 11 octobre, le Pape est revenu sur la parabole des invités à la noce pour rappeler que Dieu invite tout le monde, sans discrimination et sans exclusion, mais que chacun doit se rendre disponible à un chemin de conversion.

 

     «Par le récit de la parabole du banquet nuptial, dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus esquisse le dessein de Dieu pour l'humanité», a expliqué le Pape François, en développant l’image de cette noce comme une métaphore de l’alliance entre Dieu et l’humanité. «Par deux fois, le roi envoie ses serviteurs appeler les invités mais ceux-ci refusent, car ils ont d'autres choses auxquelles penser : les champs et leurs commerces. Souvent, nous aussi, nous mettons nos intérêts et les choses matérielles avant le Seigneur qui nous appelle»,

 

     Et pourtant, le Seigneur persévère dans l'appel. «C'est ainsi que Dieu se comporte: lorsqu'il est rejeté, au lieu de se rendre, il relance et invite tous ceux qui se trouvent à la croisée des chemins, sans exclure personne. Personne n’est exclu de la Maison de Dieu», a ajouté François.

 

Pas de discrimination parmi les invités à la noce

 

      Dans ce récit évangélique, les plus marginaux sont invités à la noce, les bons comme les mauvais. «Dieu n’a pas peur de l’âme blessée de toutes les personnes méchantes», a expliqué François. De la même façon, aujourd’hui, «l'Église est appelée à atteindre les carrefours d'aujourd'hui, c'est-à-dire les périphéries géographiques et existentielles de l'humanité, ces lieux en marge, ces situations dans lesquelles les gens se retrouvent coincés et vivent des lambeaux d'humanité sans espoir». Il faut donc «ouvrir les portes de nos cœurs et de nos communautés à tous», a insisté le Pape, en invitant à ne pas se contenter des méthodes d’évangélisation habituelles.

 

     «Même les marginaux, même ceux qui sont rejetés et méprisés par la société, sont considérés par Dieu comme dignes de son amour. Il prépare son banquet pour tous : les justes et les pécheurs, les bons et les mauvais, les intelligents et les incultes», a expliqué François. Le Pape a alors raconté, en sortant de son texte qu’il avait appelé hier soir un vieux prêtre italien «qui a brûlé sa vie pour les pauvres» en étant missionnaire au Brésil, en cohérence avec ce message de Dieu.

 

      Pour revêtir l’habit de miséricorde que Dieu nous offre sans cesse, il faut se rendre disponible à un chemin de conversion, et recevoir le «don gratuit» de la grâce. «Que Marie très sainte nous aide à imiter la parabole des serviteurs de l'Évangile en sortant de nos schémas et de nos vues étroites, en annonçant à tous que le Seigneur nous invite à son banquet, pour nous offrir la grâce salvatrice», a conclu le Saint-Père.

 

L'hommage au bienheureux Carlo Acutis

 

      Au terme de la prière de l'Angélus, outre son appel pour la paix au Haut-Karabakh et sa préoccupation pour les incendies en Amérique, le Pape s'est exprimé au sujet de la béatification samedi à Assise de Carlo Acutis, jeune Italien décédé en 2006. Il a rendu hommage à ce «garçon de 15 ans amoureux de l'Eucharistie» qui «a saisi les besoins de son temps, car dans les plus faibles il a vu le visage du Christ». Le témoignage de Carlo Acutis, que le Pape a présenté comme «le nouveau jeune "millenial" béni», est donc un exemple pour tous les jeunes auxquels il a indiqué que «le vrai bonheur se trouve en mettant Dieu à la première place et en le servant dans les frères et sœurs, surtout les derniers».

 

Le Pape a conclu en encourageant une initiative pour l'unité et la paix promue par la Fondation Aide à l'Église en Détresse qui aura lieu dimanche prochain, le 18 octobre. "Un million d'enfants prient le rosaire" sera une initiative qui «implique des enfants du monde entier, qui prieront spécialement pour les situations critiques causées par la pandémie», a expliqué François.

 

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 20:18

 

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 13:09
4 OCTOBRE 2020 : PUBLICATION DE L'ENCYCLIQUE " FRATELLI TUTTI "  SIGNÉE À ASSISE PAR LE PAPE FRANÇOIS - 3 -
4 OCTOBRE 2020 : PUBLICATION DE L'ENCYCLIQUE " FRATELLI TUTTI "  SIGNÉE À ASSISE PAR LE PAPE FRANÇOIS - 3 -

     C’est le jour de la fête de Saint François d’Assise que le Pape François signe cette lettre encyclique qu’il a intitulée « Fratelli tutti », expression en italien tirée d’un écrit du Saint qui s’adressait « à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile ». C’est d’une « fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne… » dont va nous entretenir le Pape au long des 216 pages de cette encyclique.

 

     Dans l’introduction à cette lettre, le pape François livre son rêve de fraternité et d’amitié sociale.

        « Je livre cette encyclique sociale comme une modeste contribution à la réflexion pour que, face aux manières diverses et actuelles d’éliminer ou d’ignorer les autres, nous soyons capables de réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. Bien que je l’aie écrite à partir de mes convictions chrétiennes qui me soutiennent et me nourrissent, j’ai essayé de le faire de telle sorte que la réflexion s’ouvre au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté (6). » 

 

       S’inscrivant dans le contexte de la COVI-19, le Pape François alerte sur ce qu’elle a révélé et sur les mauvaises pistes qui s’ouvriraient.

     « …la pandémie de la Covid-19 [qui] a mis à nu nos fausses certitudes […] l’incapacité d’agir ensemble a été dévoilée […] on a observé une fragmentation ayant rendu plus difficile la résolution des problèmes qui nous touchent tous. Si quelqu’un croit qu’il ne s’agirait que d’assurer un meilleur fonctionnement de ce que nous faisions auparavant, ou que le seul message est que nous devrions améliorer les systèmes et les règles actuelles, celui-là est dans le déni (7). »

 

     Enfin, par un vœu et un rêve, le Pape nous invite à entrer dans une espérance tout au long de cette lettre qu’il nous adresse.

      « Je forme le vœu qu’en cette époque que nous traversons, en reconnaissant la dignité de chaque personne humaine, nous puissions tous ensemble faire renaître un désir universel d’humanité. Tous ensemble. […] Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères (8). »

 

 
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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 12:12
BASILIQUE SAINT-FRANÇOIS D'ASSISE

BASILIQUE SAINT-FRANÇOIS D'ASSISE

 

Agnès Pinard Legry/avec I.Media - 02 octobre 2020 - Aleteia

 

À Assise, le pape François a signé ce
samedi 3 octobre 2020 sa troisième
encyclique, « Fratelli tutti »

 

 

    Le pape François se rend à Assise (Italie) ce samedi 3 octobre afin de signer sa troisième encyclique « Fratelli tutti ». Un texte très attendu.

 

     Ce samedi 3 octobre 2020, le pape François se rend à Assise afin de signer la troisième encyclique de son pontificat, Fratelli tutti (Tous frères, en italien) qui porte sur la « fraternité humaine » et « l’amitié sociale ». Ce document devrait être un développement du Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, un texte signé le 4 février 2019 à Abou Dabi (Émirats arabes unis) avec le grand imam de l’université d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb.

     Assise est un lieu hautement symbolique à plus d’un titre. Le pape François – le premier à choisir le nom du Poverello – s’est déjà rendu deux fois à Assise. Il était déjà venu à l’occasion de la fête de saint François le 4 octobre 2013. Il avait d’ailleurs expliqué le choix du nom de François : selon lui, le saint a été « un homme qui s’est dépouillé et a revêtu du Christ et, à l’exemple du Christ, a aimé tout le monde, en particulier les plus pauvres et les plus abandonnés, a aimé la Création de Dieu avec émerveillement et simplicité ».

    Le 20 septembre 2016, le 266e pape est retourné à Assise pour participer, dans la continuité de ses deux prédécesseurs, à une Journée de prière pour la paix, confirmant que la petite ville d’Ombrie est, pour les récents pontife, la “capitale de la paix”. Proximité avec les plus pauvres, protection de la Création ou encore dialogue interreligieux… Le pontificat du pape François semble entièrement calqué sur la vie et les principes du petit pauvre d’Assise. À l’occasion de cette troisième encyclique – dont le titre est pour la deuxième fois tiré d’une citation du saint ombrien (Admonitions de François d’Assise (6, 1: FF 155)) – nul doute qu’un nouveau volet de la spiritualité franciscaine du pape va être dévoilé

 

Les encycliques du pape François

 

      Publiée en juillet 2013, quatre mois après l’élection du pape François, Lumen fidei, encyclique sur la foi, a été rédigée en grande partie par son prédécesseur, le pape Benoît XVI. Trois ans plus tard, le pontife argentin rédige une encyclique sur l’écologie intégrale. Dans le sillage de Jean XXIII qui avait adressé Pacem in Terris aux fidèles et aux hommes de bonne volonté, le pape François lance une « invitation urgente » à la sauvegarde de la Maison commune « à chaque personne qui habite cette planète ». Le fait de consacrer une encyclique à l’écologie dit combien le successeur de Pierre accorde de l’importance à ce sujet.

    Avec sa troisième encyclique Fratelli tutti, c’est la « fraternité », thème déjà longuement développé par le pape François, qui, par la force du statut de l’encyclique, est aujourd’hui mise à l’honneur.

 

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Fratelli tutti : « Cette encyclique
pourrait contribuer à une
refondation de l’économie »

 

 

Antoine Mekary | ALETEIA

Antoine Mekary | ALETEIA

La troisième encyclique du pape François sur la fraternité humaine, « Fratelli tutti », « pourrait largement contribuer à une refondation de l’économie », assure sœur Helen Alford, vice-recteur de l’Angelicum.

 

     Fratelli tutti, la prochaine encyclique du pape François portera sur la « fraternité humaine » et l’« amitié sociale ». Sœur Helen Alford, religieuse dominicaine nommée membre de l’Académie pontificale des sciences sociales par le pape François le 4 septembre 2020, a rappelé qu’un lendemain de crise est le moment opportun pour repenser les structures du système économique et social actuel.

 

Quelle place y a-t-il pour ces valeurs dans une économie essentiellement régie par des relations contractuelles, par la « pursuit of happiness » individualiste, etc. ?
 

       Sœur Helen Alford : Nous sommes à l’aube de grands changements. À première vue, le thème de la « fraternité humaine » ne semble pas être une priorité, en tout cas on pourrait penser qu’il s’agit d’un concept parmi d’autres et qui aura peu de conséquences. En vérité, nous savons que les idées font l’histoire. Le grand économiste John Maynard Keynes écrit quelque part, avec humour, que « le pouvoir des intérêts particuliers est largement exagéré par rapport à l’empiètement progressif des idées ».

 

 " L’économie dans son modèle actuel ne satisfait pas le besoin profond de l’homme. "

 

     J’aimerais insister surtout sur deux points. D’abord, en particulier après la crise financière de 2008, tout le monde s’est rendu compte que notre modèle était trop réducteur. Des études de l’économie comportementale, notamment des neurosciences, tendent à prouver que nous ne sommes pas exclusivement individualistes, centrés sur nos propres intérêts. En ce sens, bien qu’il y ait encore peu de changements dans les structures économiques, on peut espérer qu’il y en ait beaucoup à venir. On a chassé progressivement la vieille idée selon laquelle on produisait d’une part les richesses, et, d’autre part, on les distribuait dans l’éducation, la santé etc. L’économie dans son modèle actuel ne satisfait pas le besoin profond de l’homme. Nous avons maintenant compris que les inégalités et les désastres économiques naissaient dès la production des richesses.

     D’autre part, on pourrait songer au grand slogan de la Révolution française : « liberté, égalité, fraternité ». Dans une optique historique, on constate que les partis libéraux qui sont nés de la Révolution se sont fondés sur la défense de la liberté, l’économie du « laissez-faire », de la propriété privée, etc. D’autres groupes politiques ont décidé de soutenir plus particulièrement l’égalité, mais toujours dans l’optique de la liberté humaine parce qu’ils veulent plus de distribution pour que les personnes soient plus libres. Voici les deux mouvements qui trouvent leurs racines dans la Révolution française. La troisième voie, celle de la fraternité, n’a pas été véritablement élaborée : sans doute est-ce l’occasion aujourd’hui de l’initier.

 

 " Le besoin de collaborer se trouve dans nos gènes. En économie, la difficulté est de réconcilier ce besoin de collaboration avec la nécessité de la concurrence. "

 

     Depuis la crise de 2008 émergent de nouvelles idées dans ce sens et qui poussent à réconcilier les gènes individualistes et le besoin de vivre en collectivité qui animent l’être humain. À propos de son célèbre ouvrage intitulé Selfish Gene, Richard Dawkins a confié dans la préface d’une nouvelle version qu’il aurait pu appeler l’ouvrage « The Cooperative Gene ». Le besoin de collaborer se trouve dans nos gènes. En économie, la difficulté est de réconcilier ce besoin de collaboration avec la nécessité de la concurrence. Il faut réconcilier les deux parties différentes de la société : la coopération, la famille, l’Église, les collectivités d’une part ; de l’autre la concurrence, le « laissez-faire », le monde économique. L’idée de fraternité pourrait aider à opérer cette réconciliation.

     Les problèmes que nous traversons aujourd’hui diffèrent profondément de ceux que nos sociétés connaissaient au XVIIIe siècle. Il faut refonder notre façon de penser, non plus centrée sur l’individu et ses intérêts, mais sur les systèmes sociaux. L’encyclique pourrait largement contribuer à cette refondation : c’est le moment idéal pour aborder le thème de la fraternité.

 

Quels rapprochements peut-on faire entre la fraternité dans la Révolution française et celle du pape François ? N’est-ce pas la preuve que « le monde moderne est plein de vertus chrétiennes devenues folles », selon la célèbre formule de G.K. Chesterton ?


     On pourrait dire, avec Jacques Maritain, que la Révolution française, avec tous ses problèmes que nous connaissons bien – son anti-christianisme, son anti-théisme –, comportait certains signes qui dérivent de l’Évangile. Le projet de la Révolution est d’abord de reconnaître la dignité des personnes humaines à travers l’égalité, la liberté, la fraternité. Ces idées ne viennent pas des cultures grecques et latines mais du christianisme.

     La dignité humaine est une idée proprement chrétienne mais qui a acquis une existence autonome vis-à-vis de l’Église, ce qui est plutôt bon signe. D’un côté, il y a le risque de détourner ces idées, comme le dit la phrase de Chesterton ; de l’autre, il y a l’opportunité de les faire entrer dans le patrimoine de l’humanité. Comme le dit Jean Paul II, Jésus « révèle pleinement l’homme à lui-même » (Redemptor Hominis) : on peut donc s’attendre à ce que des idées qui viennent du christianisme parviennent à survivre en dehors de celui-ci.

 

On parle souvent, et le pape François le premier, de la difficile concordance entre la morale chrétienne et les marchés financiers, les modèles de consommation et de gestion. Quelle est votre opinion à ce sujet ? Que dit la doctrine sociale de l’Église sur le sujet ?

 

On pourrait utiliser, pour répondre à cette question, l’analogie du cancer. Le cancer croît dans le corps humain car il réussit à s’introduire dans les cellules saines et les reprogrammer dans un autre but. L’économie fait partie, fondamentalement, des cellules saines de la société et le développement économique aussi, lorsqu’il se déroule correctement. Le problème est que nous avons laissé l’économie dominer les autres sciences et secteurs de la société. La solution serait de réintégrer l’économie dans la vie sociale.

 

 " Un des enjeux majeurs de l’Académie pontificale est de renforcer les réponses positives tout en continuant à critiquer et pointer les défauts du système actuel. La situation est dramatique mais n’est pas sans espoir. "

 

Force est de constater que l’économie est sujette à la morale, contrairement à la distinction que l’on a trop tendance à faire entre plan moral et plan économique. En ce sens, le Pape pointe des réalités sociales, d’autant que la partie du monde dont il vient, l’Amérique latine, est durement frappée par les désastres économiques et les inégalités sociales. Il suffit de regarder une carte du monde avec le coefficient de Gini pour s’en rendre compte. Ces situations dramatiques trouvent aujourd’hui certaines réponses. Un des enjeux majeurs de l’Académie pontificale est de renforcer les réponses positives tout en continuant à critiquer et pointer les défauts du système actuel. La situation est dramatique mais n’est pas sans espoir.

 

Une autre façon d’affronter ces problèmes est d’opérer un retour aux sources. Il faudrait revenir aux racines de l’économie moderne, comme Joseph Schumpeter le fait par exemple dans son histoire de l’économie, écrite il y a plus de cent ans, lorsqu’il fait remonter la naissance de la banque moderne aux banques franciscaines du Monte di Pietà – les fameux mont-de-piété.

 

La reprise de l’activité économique est devenue une préoccupation majeure dans la récession post-Covid. Pourquoi est-ce un moment crucial pour l’avenir de l’économie ?


      Toutes les crises sont des moments difficiles mais aussi des opportunités, selon le mythe grec du Phénix qui renaît de ses cendres. Après la crise financière de 2008, la pensée économique a sensiblement changé mais la réflexion n’a pas été suffisamment large et profonde. Peut-être que la crise du coronavirus aura plus de conséquences. Il faut avant tout introduire une conception plus réaliste de l’homme dans les théories économiques, afin d’agir sur les politiques économiques, les structures, les modèles de gestion etc. jusqu’au niveau le plus concret.

     La doctrine sociale de l’Église insiste sur le fait que nous ne sommes pas des individus guidés par leurs intérêts et sans aspiration spirituelle, comme le voudrait la science économique. La célèbre phrase « il n’y a pas de société, il n’y a que des individus » [ndlr. prononcée par l’ancienne Premier ministre du Royaume-Uni Margaret Thatcher] n’est pas suffisante : on ne peut résoudre les problèmes politiques et économiques avec ce type de pensée. À ceci, la doctrine sociale répond par exemple par la « destination universelle des biens » : Dieu a fait le monde pour tous les hommes. Dans le même temps, l’histoire a prouvé que si l’on supprime tout à fait le principe de « propriété privée », on s’expose à d’autres dangers et d’autres désastres économiques et politiques. C’est au Pape de rappeler cet impératif de fraternité humaine, c’est la tâche des politiques de trouver des mécanismes pour résoudre ces difficultés.

 

Propos recueillis à Rome par Augustin Talbourdel et Claire Guigou.

 

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Qu’est-ce qu’une encyclique ?

 

La publication d’une nouvelle encyclique est toujours saluée comme un événement d’importance. En témoigne « Fratelli tutti », qui est rendue publique ce 4 octobre . Mais sait-on vraiment ce qu’est une encyclique ?

 

      Une encyclique est un document officiel du pape adressé à l’ensemble de l’Église qui porte sur un point spécifique de la doctrine catholique. Véritable référence, elle permet aux catholiques de mieux comprendre la vision de l’Église et les directions qu’elle propose sur un sujet interrogeant le monde.

     À l’origine, il s’agissait simplement d’une lettre exclusivement adressée aux évêques, ce qui reflète son étymologie. L’Encyclopédie catholique de l’abbé Jean-Baptiste Glaire explique qu’une « encyclique (du grec, enkyklios, kyklos signifiant “cercle”) n’est rien de plus qu’une lettre circulaire ». Au fil du temps, elle est devenue un document officiel centré sur une doctrine catholique particulière et est dorénavant adressée non-seulement aux évêques mais également à tous les prêtres de l’Église. 

 
Un moyen d’attirer l’attention des fidèles

 

      Le pape rédige une encyclique lorsque l’Église universelle requiert des conseils par rapport à un dilemme ou un besoin particulier auquel elle fait face à ce moment-là. De par leur nature, les encycliques adressées aux évêques du monde traitent généralement de sujets qui affectent le bien-être de l’Église dans son ensemble. Elles condamnent les erreurs courantes, attirent l’attention sur les dangers qui menacent la foi ou la vertu morale, encouragent les fidèles à la constance, ou encore, prescrivent des remèdes contre les maux anticipés ou déjà présents. Une encyclique est donc un moyen pour le pape de s’adresser à toute l’Église et d’attirer son attention sur un sujet d’actualité qui a besoin d’être traité de au temps présent.

     De son vivant, saint Jean Paul II a publié 14 encycliques, traitant de sujets variés tels que la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine (Evangelium vitae), l’engagement œcuménique (Ut unum sint) et l’Eucharistie dans son rapport à l’Église (Ecclesia de Eucharistia). Une encyclique tient son nom latin des premiers mots de la lettre. Jusqu’à présent, le pape François n’a publié que deux encycliques, la première sur la lumière de la foi (Lumen fidei), et la seconde, Laudato Si’, sur l’écologie et le soin à apporter à la création. Sa troisième encyclique, Tous frères, est parue ce 4 octobre . 

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Le Pape à Assise: la fraternité sur
le chemin d'une Église en sortie

 

Éclairage de Mgr Paolo Martinelli, ancien doyen de l'Institut franciscain de spiritualité de l'Université pontificale Antonianum, et du père jésuite Luigi Territo, spécialiste de théologie fondamentale et de théologie islamique à la faculté de théologie de l'Italie du Sud.

 

Antonella Palermo-Cité du Vatican

 

     Pour souligner la portée du déplacement du Pape François à Assise, Mgr Paolo Martinelli, évêque auxiliaire de Milan et membre de la famille franciscaine revient sur le sens du lieu où saint François a donné naissance à une expérience de vie spirituelle, dont le cœur fondamental était précisément la reconnaissance d'être frères les uns des autres.

     Le père jésuite Luigi Territo explique quant à lui la valeur d'une Église activement «en sortie», comme aime à le répéter le Pape : «Il semble qu'il dise au monde qu'il y a une priorité mystique et spirituelle de l'expérience de la foi sur toutes les formes institutionnelles de nos croyances. Assise représente tout cela, et pas seulement pour les chrétiens, où il y a la mémoire historique d'un Saint qui a vécu comme les petits de l'Évangile, totalement confié au Père et pour cette raison reconnu comme frère de tous».

 

Un Magistère imprégné de fraternité

 

     En regardant les encycliques du Pape François, on peut facilement retrouver les graines qui ont en quelque sorte été semées pour préparer le terrain de cette encyclique Fratelli tutti. «On pense au texte d'Evangelii gaudium où il est question dans certains passages d'une mystique du vivre ensemble, de se mêler, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se pencher et d'apporter une relation de fraternité à tous les gens, rappelle Mgr Martinelli. Je vois un lien profond, du moins si l'on considère le titre, avec ce texte fondamental et programmatique de son pontificat». Le prélat souligne l'idée d'être unis les uns aux autres pour la mystérieuse reconnaissance de la présence de Dieu en chacun de nous. Un mysticisme qui sait percevoir Dieu dans les relations fraternelles.

      Mais dans cette nouvelle encyclique s'y retrouve aussi Christus Vivit, l'exhortation apostolique adressée aux jeunes après le synode qui leur a été consacré, la valorisation du style d'ouverture à tous, de l'attention à l'être humain concret de chacun, de la sincérité, du courage, de la confiance mutuelle : les fondements d'un puissant sentiment de fraternité. «Ici, la citation de François d'Assise est appropriée, relève Mgr Martinelli, quand il a écrit son testament, il a écrit : "Le Seigneur m'a donné des frères"».

     Le père Territo partage la référence à Evangelii gaudium où le Pape parle d'une Église qui sait faire le premier pas, qui sait prendre l'initiative sans peur, qui va à la recherche du lointain, qui est à la croisée des chemins. «Ce n'est pas tant la question de la fraternité réciproque, précise le jésuite, que le concept d'une Église qui n'attend pas, qui se lance vers ses frères, qui marque un chemin. En ce sens, l'Église pour le Pape est précisément le levain de la fraternité. Je le vois aussi dans Amoris Laetitia, ou dans Laudato Si' : il y a l'idée de l'accompagnement de toute l'humanité, de l'amour conjugal, des couples blessés, de l'accompagnement des exclus, du souci des blessures de la terre. En résumé, l'idée d'une Église qui prend soin de toute l'humanité».

 

Qu'est-ce que la fraternité ?

 

      Est-ce un sentiment, une valeur, une disposition d'esprit, un commandement, un mode de vie, un cadeau ? «Du point de vue chrétien, la fraternité est avant tout une responsabilité, explique encore le père Territo, au sens fort du terme. C'est réponse décisive et consciente à un mode de vie que Jésus nous a montré. Un visage de Dieu que Jésus a montré, fraternel, accueillant, ouvert, non moralisateur, et aussi, si vous voulez, une réponse à l'appel original de la Genèse : "Qu'as-tu fait de ton frère ? Ce n'est pas une coïncidence si le document d'Abou Dhabi commence également par "Au nom de Dieu...". Pas au nom de la coexistence sociale, de la paix, de la solidarité. Mais au nom de Dieu. Au sens chrétien du terme, c'est donc une réponse à un appel à la fraternité».

     Mgr Martinelli reprend une des intuitions fondamentales de Laudato Si' dans laquelle il répète que tout est lié : «Du point de vue vital de la structure de l'existant, tout nous appelle à nous saisir les uns des autres en relation. L'expérience de saint François d'Assise, qui vit une profonde familiarité avec tout et tous, est emblématique. Même avec la mort de sa sœur. Au sens chrétien du terme, on reconnaît que ce que le Christ vient nous révéler est le mystère du Père, qui nous prend un par un, original, unique et irremplaçable. Cela nous permet de recommencer toujours, dans toutes les relations»

 

Fraternité et pseudo-communautarisme

 

     Le chemin de la fraternité universelle n'est pas sans difficultés et risques, car l'ennemi est toujours à l'affût. Il y a des formes d'incompréhension de la fraternité qui sont de mauvaises façons de penser le communautarisme, des formes de pseudo-fraternité qui sélectionnent et distinguent l'humanité en différentes classes, qui rejettent, qui excluent au nom d'une fraternité nationale, ethnique, religieuse, souligne encore l'évêque auxiliaire de Milan. Selon lui, si la fraternité exclut, cela signifie qu'il y a déjà le germe de la maladie. «Il est donc nécessaire de s'éduquer pour reconnaître le bien de l'autre comme une richesse inépuisable», en surmontant les préjugés et les peurs.

 

Les chefs religieux et l'attente de l'encyclique

 

     Les religions sont parfois manipulées. «Cette encyclique peut-elle sceller la vocation à construire une coexistence pacifique, vocation propre à chaque religion ? Je crois que le Pape suit une voie, il y a un processus continu de dialogue et de construction de ponts, comme il aime à le dire», explique le père Territo, en se référant au Document d'Abou Dhabi qui affirme qu'«il n'y a pas d'alternative dans le monde dans lequel nous vivons».

     «Je crois que "Fratelli tutti" va continuer dans ce processus qui est fait, oui, d'un magistère d'écrits, mais il est aussi fait d'un magistère de gestes de fraternité. Je crois que les chefs religieux attendent cette encyclique avec curiosité, intérêt et espoir, sachant que le Pape propose un chemin commun» précise le jésuite. «Nous sommes un peu les enfants d'une époque où la relation entre la société civile et la religion a été problématique», conclu Mgr Martinelli. «Ce n'est pas que pour bien s'entendre, comme si nous devions tous mettre notre expérience religieuse entre parenthèses. Ce n'est pas possible, car c'est précisément dans la reconnaissance de l'expérience religieuse et l'estime mutuelle que nous pouvons nous enrichir». 

 

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 08:20
30 SEPTEMBRE : SAINT JÉRÔME, 1600 ANS APRÈ SA MORT, LETTRE DU PAPE FRANÇOIS
30 SEPTEMBRE : SAINT JÉRÔME, 1600 ANS APRÈ SA MORT, LETTRE DU PAPE FRANÇOIS
Tiziana Campisi - Cité du Vatican - 30 septembre 2020

 

Le Pape consacre une lettre à saint Jérôme,
1600 ans après sa mort

 

En ce 30 septembre 2020, mémoire de saint Jérôme de Stridon, le Pape François a signé une Lettre apostolique consacrée à la figure de ce Père de l’Église occidentale. “Scripturae Sacrae affectus” – «Une affection pour la Sainte Écriture» - analyse la vie, l’œuvre et l’actualité de l’auteur de la Vulgate, et invite les croyants d’aujourd’hui à se plonger avec passion dans la Parole de Dieu.

 

 

«Sa figure demeure d’une grande actualité pour nous chrétiens du XXIème siècle». C'est pourquoi, mille six cents ans après sa mort, le Pape François a voulu dédier à saint Jérôme, l'un des quatre Pères de l'Église occidentale, la Lettre apostolique Scripturae Sacrae Affectus. C'est précisément l'affection, l'amour pour l'Écriture Sainte qui est l'héritage que Jérôme «a laissé à l'Église à travers sa vie et ses œuvres». «Infatigable chercheur, traducteur, exégète, profond connaisseur et vulgarisateur passionné de la Sainte Écriture»; «interprète raffiné des textes bibliques»;  «ardent et parfois impétueux défenseur de la vérité chrétienne»; «ermite ascétique intransigeant» et «guide spirituel expérimenté»: ainsi le Pape François décrit-il saint Jérôme.

 

La vie de Jérôme

Dans sa Lettre apostolique, le Saint-Père retrace la vie de Jérôme, rappelant sa solide éducation chrétienne et son sérieux dans les études, ses voyages, ses amitiés et ses expériences. Parmi celles-ci, on trouve le désert, qui par «la vie érémitique qui en résulte, est choisi et vécu par Jérôme dans son sens le plus profond: le lieu des choix existentiels fondamentaux, d’intimité et de rencontre avec Dieu, où, dans la contemplation, les épreuves intérieures, le combat spirituel, il arrive à la connaissance de la fragilité avec une conscience plus grande de ses limites et de celles d’autrui, et en reconnaissant l’importance des larmes».

 

Et c'est dans le désert que le jeune homme originaire de Stridon fait l'expérience de «la présence concrète de Dieu, la relation nécessaire de l’être humain avec lui, sa consolation miséricordieuse». Jérôme, ami de jeunesse de Rufin d'Aquilée, connaît aussi Grégoire de Naziance, Didyme l'Aveugle, Épiphane de Salamine. Il rencontre Ambroise et entretient une correspondance étroite avec Augustin. Il consacre «son existence à rendre toujours plus accessibles aux autres les lettres divines, par son infatigable travail de traducteur et de commentateur».

 

Ayant décidé de consacrer sa vie entière à Dieu, il est ordonné prêtre à Antioche vers 379, puis s'installe à Constantinople, et se consacre à la traduction en latin d'œuvres importantes du grec, tout en continuant à étudier avec passion. «Une inquiétude sacrée le guide et le rend infatigable et passionné dans la recherche», écrit le Pape François en citant saint Jérôme: «Parfois je désespérais, plusieurs fois j’ai abandonné; mais ensuite je reprenais grâce à la décision obstinée d’apprendre».

 

Un lien fort avec Rome

Est ensuite évoqué son retour à Rome, lorsqu'en 382 il devient un proche collaborateur du Pape Damase, et que des cénacles de lecture de l'Écriture Sainte sont organisés «grâce au soutien de femmes de l’aristocratie romaine désireuses de choix évangéliques radicaux, comme Marcella, Paula et sa fille Eustochia». C'est au cours de ces années que Jérôme «entreprend en même temps une révision des précédentes traductions latines des Évangiles, peut-être aussi d’autres parties du Nouveau Testament». «Pour Jérôme, l’Église de Rome est le terrain fécond où la semence du Christ porte du fruit en abondance», observe le Pape.

 

À une époque agitée, où la tunique sans couture de l'Église est souvent déchirée par les divisions entre chrétiens, Jérôme se tourne vers la chaire de Pierre comme un point de référence sûr: «Moi qui ne vais à la suite de personne si ce n’est du Christ, je m’unis en communion à la Chaire de Pierre. Je sais que l’Église est édifiée sur ce roc». À la mort de Damase, Jérôme quitte la ville, entreprend de nouveaux voyages et d'autres études, et choisit finalement de vivre à Bethléem, près de la grotte de la Nativité. Ill y fonde deux monastères, un masculin et un féminin, avec des hospices pour accueillir les pèlerins, «révélant sa générosité à accueillir ceux qui viennent dans cette terre pour voir et toucher les lieux de l’histoire du salut, unissant ainsi la recherche culturelle à la recherche spirituelle».

 

C'est précisément à Bethléem, où il est mort en 420, que Jérôme vit «la plus féconde et la plus intense, complètement consacrée à l’étude de l’Écriture, occupé par l’œuvre monumentale de traduction de tout l’Ancien Testament à partir de l’original hébreu. En même temps, il commente les livres prophétiques, les psaumes, les œuvres pauliniennes, il rédige des aides pour l’étude de la Bible». Une œuvre précieuse qui peut encore être appréciée, «fruit de confrontations et de collaborations, en partant de la transcription et de la collection des manuscrits jusqu’à la réflexion et la discussion».

 

Le saint ermite explique en effet: «Je n’ai jamais fait confiance à mes propres forces pour étudier les volumes divins, […] j’ai l’habitude de poser des questions, même concernant ce que je croyais savoir,  à plus forte raison sur  ce dont je n’étais pas sûr». Conscient de ses propres limites, il demande «un soutien continuel dans la prière  d’intercession pour la réussite de sa traduction des textes sacrés “dans le même Esprit où ils furent écrits”».

 

Une attitude synodale

Le Pape François souligne aussi dans sa Lettre Apostolique que «l’étude de Jérôme est considérée comme un effort accompli au sein de la communauté et au service de la communauté, un modèle de synodalité aussi pour nous, pour notre temps et pour les diverses institutions culturelles de l’Église, afin qu’elles soient toujours “un lieu où le savoir devient service, parce que sans un savoir qui naît de la collaboration, et qui aboutit à la coopération, il n’y a pas de développement véritablement et intégralement humain”». Le fondement de cette communion, souligne le Saint-Père, est l'Écriture, que nous ne pouvons pas lire seuls: «La Bible a été écrite par le Peuple de Dieu et pour le Peuple de Dieu, sous l’inspiration de l’Esprit Saint. C’est seulement dans cette communion avec le Peuple de Dieu, dans ce “nous” que nous pouvons réellement entrer dans le cœur de la vérité que Dieu lui-même veut nous dire». Puis le Pape mentionne l'activité épistolaire de Jérôme et les missives dans lesquelles il aborde les polémiques doctrinales, «toujours pour la défense de la vraie foi, se révélant homme de relations vécues avec force et douceur, avec un plein engagement, sans formes édulcorées, et faisant l’expérience que «l’amour n’a pas de prix». Il vit ainsi ses affections avec fougue et sincérité».

 

Deux clés pour comprendre Saint Jérôme

«Pour une meilleure compréhension de la personnalité de saint Jérôme, il est nécessaire de conjuguer deux dimensions caractéristiques de son existence de croyant: d’un côté, l’absolue et rigoureuse consécration à Dieu, avec le renoncement à toute satisfaction humaine par amour du Christ crucifié (cf. 1Co 2, 2 ; Phil 3, 8.10) ; de l’autre, l’engagement pour l’étude assidue, visant exclusivement une compréhension toujours plus profonde du mystère du Seigneur». Ces deux caractéristiques, mises en évidence également dans les représentations artistiques du Père de l'Eglise, font de lui un modèle pour les «moines, afin que celui qui vit d’ascèse et de prière soit invité à se consacrer à l’enfantement assidu de la recherche et de la pensée; puis [pour les] chercheurs qui doivent se rappeler que le savoir est religieusement valide seulement s’il se fonde sur l’amour exclusif de Dieu, sur le dépouillement de toute ambition humaine et de toute aspiration mondaine».

 

Passionné de l'Écriture Sainte

«Le trait particulier de la figure spirituelle de saint Jérôme demeure certainement son amour passionné pour la Parole de Dieu transmise à l’Église dans la Sainte Écriture», insiste ensuite le Pape. À partir de l'Écriture, Jérôme souligne le «caractère plutôt humble de la révélation de Dieu, exprimée dans la nature rude et presque primitive de la langue hébraïque en comparai- son au raffinement du latin cicéronien», et enseigne «qu’il ne faut pas étudier seulement les Évangiles, et ce n’est pas seulement la tradition apostolique présente dans les Actes des Apôtres et dans les Lettres qui doit être commentée».

 

Une obéissance active

Il y a un autre trait de Jérôme que le Saint-Père invite à considérer: l'obéissance dont est imprégné son amour pour les Écritures divines, «envers Dieu qui s’est communiqué par des paroles qui exigent une écoute respectueuse, et, en conséquence, obéissance envers ceux qui représentent dans l’Église la tradition vivante interprétative du message révélé». Une obéissance, cependant, qui n'est pas «une simple réception passive de ce qui est connu», mais qui «exige, au contraire, l'engagement actif de la recherche personnelle». Nous pouvons donc «considérer saint Jérôme comme un “serviteur” de la Parole, fidèle et laborieux, consacré entièrement à favoriser chez ses frères dans la foi une compréhension plus adéquate du “dépôt” sacré qui leur est confié».

 

Jérôme, un guide pour les universitaires d'aujourd'hui

François ajoute que Jérôme est un guide encore pour aujourd’hui «tant parce que […] il conduit chaque lecteur au mystère de Jésus, que parce qu’il assume de façon responsable et systématique les méditations exégétiques et culturelles nécessaires pour une lecture correcte et fructueuse des Saintes Écritures». Et il précise ensuite: «la compétence dans les langues dans lesquelles la Parole de Dieu a été transmise, l’analyse soignée et l’évaluation des manuscrits, la recherche archéologique ponctuelle, en plus de la connaissance de l’histoire de l’interprétation» orientent «vers une juste compréhension de l’Écriture inspirée». Il est donc indispensable, aux yeux du Pape, qu’aujourd’hui «l’action interprétative de la Bible soit soutenue par des compétences spécifiques». Sont cités en exemple l'Institut Biblique Pontifical et l'Institut Patristique Augustinianum à Rome, ainsi que l'École Biblique et le Studium Biblicum Franciscanum à Jérusalem, chaque faculté étant invitée à «s’engager afin que l’enseignement de la Sainte Écriture soit programmé de manière à assurer aux étudiants une capacité interprétative compétente, soit dans l’exégèse des textes, soit dans les synthèses de théologie biblique». Car la «richesse de l’Écriture est malheureusement ignorée ou minimisée par beaucoup, parce que les bases essentielles de connaissance ne leur ont pas été fournies», déplore François. Il est également nécessaire de «promouvoir une formation étendue à tous les chrétiens, pour que chacun devienne capable d’ouvrir le livre sacré et d’en tirer les fruits inestimables de sagesse, d’espérance et de vie», écrit le Pape en mentionnant le Dimanche de la Parole de Dieu, une initiative qui doit «encourager la lecture orante de la Bible et la familiarité avec la Parole de Dieu».

 

La Vulgate, monument qui a traversé les siècles

L'œuvre la plus connue de Jérôme est sans aucun doute la Vulgate, traduction de l'Ancien Testament en latin, à partir de l'hébreu original. À l'époque de Jérôme, explique le Pape, «les chrétiens de l’empire romain pouvaient lire intégralement la Bible seulement en grec», et pour les lecteurs de langue latine, il n'existait pas de version complète de la Bible mais seulement quelques traductions, partielles et incomplètes, à partir du grec. «Il revient le mérite à Jérôme, et après lui à ses continuateurs, écrit le Saint-Père, d’avoir entrepris une révision et une nouvelle traduction de toute l’Écriture. Ayant initié à Rome la révision des Évangiles et des Psaumes, avec l’encouragement du Pape Damase, Jérôme commença dans sa retraite de Bethléem la traduction de tous les livres vétérotestamentaires, directement à partir de l’hébreu: une œuvre poursuivie durant des années». Une œuvre pour laquelle Jérôme «mit à profit sa connaissance du grec  et de l’hébreu ainsi que sa solide formation latine, et il se servit des instruments philologiques qu’il avait à disposition». «Le résultat est un vrai monument qui a marqué l’histoire culturelle de l’Occident en en modelant le langage théologique», et on peut affirmer que «l’Europe du Moyen Age a appris à lire, à prier et à raisonner sur les pages de la Bible traduite par Jérôme».

 

Traduire pour bâtir des ponts

Avec la Vulgate, explique ensuite le Souverain Pontife, «Jérôme a réussi à “inculturer” la Bible dans la langue et dans la culture latines, et son opération est devenue un paradigme permanent pour l’action missionnaire de l’Église». Comme le rappelle le Pape, «la Bible a besoin d’être constamment traduite dans les catégories linguistiques et mentales de chaque culture et de chaque génération, y compris dans la culture sécularisée globale de notre temps», «c’est pourquoi la traduction n’est pas un travail qui regarde uniquement le langage, mais qui correspond, en vérité, à une décision éthique plus ample qui se connecte à la vision entière de la vie». «Sans traduction, les différentes communautés linguistiques seraient dans l’impossibilité de communiquer entre elles. Nous fermerions les uns aux autres les portes de l’histoire et nous nierions la possibilité de construire une culture de la rencontre. En effet, sans traduction, on ne donne pas hospitalité, au contraire, les pratiques d’hostilité se renforcent», prévient François. Ainsi, «le traducteur est un bâtisseur de ponts».

 

Pourquoi célébrer saint Jérôme ?

Pour le Pape, la célébration du seizième centenaire de la mort de saint Jérôme nous amène à considérer «l’extraordinaire vitalité missionnaire exprimée par la traduction de la Parole de Dieu en plus de trois mille langues», et les nombreux «missionnaires auxquels on doit la précieuse œuvre de publication de grammaires, de dictionnaires et autres instruments linguistiques qui offrent les fondements à la communication humaine et sont un véhicule pour le “rêve missionnaire d’arriver à tous”». D'où l'invitation à «valoriser tout ce travail et d’y investir, en contribuant au dépassement des frontières de l’incommunicabilité et de l’absence de rencontre. Il reste beaucoup à faire», constate le Souverain Pontife.

 

Le défi du Pape aux jeunes

Enfin, le Pape souligne que «l'un des problèmes actuels, et pas seulement de la religion, est l’analphabétisme: le manque de connaissances herméneutiques qui nous rendent interprètes et traducteurs crédibles de notre propre tradition culturelle». D'où ce défi lancé, «spécialement aux jeunes: partez à la recherche de votre héritage». «Le christianisme vous rend héritiers d’un patrimoine culturel inégalable dont vous devez prendre possession. Passionnez-vous de cette histoire qui est vôtre. Osez fixer le regard sur Jérôme, ce jeune inquiet qui, comme le personnage de la parabole de Jésus, vend tout ce qu’il possède pour acheter “la perle de grand prix”», demande-t-il. Jérôme «est la “Bibliothèque du Christ”, résume le Saint-Père, une bibliothèque pérenne, qui, seize siècles plus tard, continue à nous enseigner ce que signifie l’amour du Christ, un amour indissociable de la rencontre avec sa Parole. C’est pourquoi le centenaire actuel est un appel à aimer ce que Jérôme a aimé, en redécouvrant ses écrits et en se laissant toucher par l’impact d’une spiritualité qui peut être décrite, dans son noyau le plus vital, comme le désir inquiet et passionné d’une connaissance plus grande du Dieu de la Révélation». Et le Pape de citer à nouveau Jérôme, pour un dernier conseil: « Lis souvent les Divines Écritures; ou plutôt, que tes mains ne déposent jamais le livre saint ! »

 

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 09:12
« VIENS ET VOIS » : MESSAGE DU PAPE POUR LA JOURNÉE DES COMMUNICATIONS EN MAI 2021
« VIENS ET VOIS » : MESSAGE DU PAPE POUR LA JOURNÉE DES COMMUNICATIONS EN MAI 2021

Le thème choisi par le Saint-Père pour la 55ème Journées des Communications sociales de mai 2021 a été révélé mardi 29 septembre. Il se présente ainsi: «Viens et vois. Communiquer en rencontrant les personnes telles qu'elles sont, et où elles sont».

 

«Viens et vois». Ces paroles de l'apôtre Philippe sont centrales dans l'Évangile: avant les mots, l’annonce chrétienne est en effet faite de regards, de témoignages, d'expériences, de rencontres, de proximité. En un mot, de vie. Ce sont précisément ces mots, cités dans l'Évangile de Jean (1:43-46), qui ont été choisis par le Pape François comme thème du 55ème message pour la Journée des communications sociales, qui sera célébrée en mai 2021.

Voici la citation de l'Évangile dont le message est extrait: «Le lendemain, Jésus décida de partir pour la Galilée. Il trouve Philippe, et lui dit: "Suis-moi." Philippe était de Bethsaïde, le village d’André et de Pierre. Philippe trouve Nathanaël et lui dit: "Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé: c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth." Nathanaël répliqua: "De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon?" Philippe répond: "Viens, et vois".»

 

Reconnaître l'essentiel, comprendre le sens des choses  

Dans le changement d'époque que nous vivons, en un temps qui nous oblige à une distance sociale en raison de la pandémie, la communication peut rendre possible la proximité nécessaire pour reconnaître l'essentiel et comprendre véritablement le sens des choses. 

 

Nous ne connaissons la vérité que si nous la vivons, que si nous rencontrons les gens, que si nous participons à leurs joies et à leurs peines. Le vieux dicton «Dieu te rencontre là où tu es» peut servir de guide à ceux qui travaillent dans les médias ou la communication au sein de l'Église. Dans l'appel des premiers disciples, avec Jésus allant à leur rencontre et les invitant à le suivre, nous voyons aussi l'invitation à utiliser tous les médias, sous toutes leurs formes, pour atteindre les gens tels qu'ils sont et là où ils vivent, relève ainsi la note explicative accompagnant le thème de cette prochaine Journée.

« VIENS ET VOIS » : MESSAGE DU PAPE POUR LA JOURNÉE DES COMMUNICATIONS EN MAI 2021
Pape François: les médias chrétiens forment les consciences

 

Le Pape François a reçu la rédaction de l’hebdomadaire belge chrétien, Tertio, vendredi 18 septembre 2020 en salle Clémentine du Palais apostolique au Vatican. Devant ses membres, le Saint-Père a insisté sur la haute mission des journalistes chrétiens dans des sociétés sécularisées.
 

C’est à l’occasion du vingtième anniversaire de son existence que la rédaction du magazine flamand d’informations religieuses, Tertio, a pèleriné vers Rome, où elle a été reçue par le Souverain pontife, ce vendredi 18 septembre. 

Devant ce parterre de journalistes chrétiens, le Pape a loué «la grande importance» de l’existence de tels médias spécialisés «dans l’information de qualité sur la vie de l’Eglise dans le monde», contribuant à une «formation des consciences».  

 

Enrichir un paysage médiatique sécularisé

«D’ailleurs, le nom même de votre hebdomadaire, Tertio, se réfère à la Lettre Apostolique du saint Pape Jean-Paul II Tertio millennio adveniente, à l’approche du grand Jubilé de l’an 2000, pour préparer les cœurs à l’accueil du Christ et de son message libérateur», a précisé le Saint-Père, comparant cette référence «non seulement un appel à l’espérance», mais aussi «visant à faire entendre la voix de l’Église et celle d’intellectuels chrétiens dans un paysage médiatique de plus en plus sécularisé afin de l’enrichir avec des réflexions constructives». 

 

Ainsi en tant que média chrétien, il s’agit pour le titre de presse «de favoriser une culture de la rencontre», en cherchant «une vision positive des personnes et des faits, tout en rejetant les préjugés», a estimé le Pape. 

 

Le journaliste chrétien ne doit pas voiler la vérité

«Les chrétiens engagés dans la communication sont appelés à mettre en œuvre de manière très concrète l’appel du Seigneur à aller dans le monde et à proclamer l’Evangile (cf. Mc 16, 15)», a aussi souligné l’évêque de Rome. Par sa haute conscience professionnelle, le journaliste chrétien est donc invité à porter «un témoignage nouveau dans le monde de la communication sans voiler la vérité, ni manipuler l’information».

 

Porter «une parole de réconfort»

«Le professionnel chrétien de l’information doit donc être un porteur d’espérance et de confiance en l’avenir. Car c'est seulement lorsque l'avenir est assumé en tant que réalité positive et possible que le présent devient aussi vivable», a affirmé le Pape, faisant ensuite allusion à son message pour la 54ème Journée des Communications Sociales, le 24 janvier 2020.

 

Dans le contexte particulier de la pandémie, le Successeur de Pierre a enfin estimé important que les moyens de communication sociale contribuent à faire en sorte que les personnes «ne demeurent pas enfermées dans leur solitude et puissent recevoir une parole de réconfort».

 

Le magazine catholique néerlandophone Tertio a vu le jour en 2000 dans un contexte flamand de progression des idées libertaires dans le débat public belge, avec une sous-représentation et perte de terrain connexe du catholicisme. Il doit effectivement son nom à la lettre du pape Jean-Paul II, «Tertio Millennio Adveniente». Il est tiré à environ 6 000 exemplaires, et diffusé en Flandres et à Bruxelles.

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