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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 14:05
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS DU 27 SEPTEMBRE 2020
Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican - 27 septembre 2020
Angélus: pas d'authentique vie chrétienne sans engagement ni conversion

 

Avant la prière de l’Angélus, récitée depuis la fenêtre du Palais apostolique, le Saint-Père a commenté l’Évangile de ce 26e dimanche du temps ordinaire, la parabole dite “des deux fils” (Mt 21, 28-32). Jésus veut montrer que la religion n’est pas une «pratique extérieure», mais demande un engagement de toute la personne, qui est souvent le fruit d’une conversion, grâce à demander à Dieu.

 

Dans cet Évangile, Jésus invite une fois encore à dépasser les faux-semblants pour descendre dans les profondeurs de la personne humaine. Par cette parabole, a expliqué le Pape aux pèlerins rassemblés Place Saint-Pierre sous leurs parapluies, il veut «dépasser une religion entendue seulement comme une pratique extérieure et habituelle, qui n’a pas d’incidence sur la vie et sur les comportements des personnes», qui «n’interpelle pas la conscience» ni la «responsabilité face au bien et au mal».

 

Un Père patient

La réponse de chacun des fils puis leur décision montre que l’obéissance «ne consiste pas à dire “oui” ou “non”, mais à agir, […], à réaliser le Royaume de Dieu, à faire le bien», a ajouté le Saint-Père.

 

Mais il ne faut pas pour autant comprendre que le Seigneur présente comme «des modèles de vie» les publicains et les prostitués. Ils doivent être vus comme des «privilégiés de la Grâce». «La conversion est toujours une grâce», que «Dieu offre à quiconque s’ouvre et se convertit à Lui». En effet, à l’image du fils qui, après avoir refusé de travailler pour son père, se repend et s’engage, tous ceux qui se convertissent révèlent que «Dieu est patient avec nous», a souligné François. «Pensons à la patience de Dieu... c'est merveilleux!»: Il nous laisse «libres de nous éloigner de Lui», mais attend sans se lasser le jour où il nous accueillera à nouveau, nous comblant de sa «miséricorde sans limite».

 

Choisir et combattre, avec la grâce de Dieu

La foi en Dieu, a précisé le Pape, implique un choix quotidien: choix du «bien par rapport au mal», de la «vérité par rapport au mensonge», de «l’amour du prochain par rapport à l’égoïsme». Et c’est en ce choix que consiste la conversion qui nous ouvrira les portes du Royaume des cieux. La conversion, a continué le Saint-Père, est un «processus qui nous purifie des incrustations morales», un chemin «parfois douloureux».

 

«Il n’y a pas de chemin de sainteté sans quelques renoncements et sans combat spirituel», a déclaré le Pape. «Combattre pour le bien, combattre pour ne pas tomber dans la tentation», afin d'arriver peu à peu à la «joie des Béatitudes».

 

Ainsi, a résumé le Souverain Pontife, l’évangile de ce dimanche montre que la vie chrétienne n’est pas synonyme de «rêves et de belles aspirations», mais «d’engagements concrets, pour s’ouvrir toujours à la volonté de Dieu et à l’amour envers nos frères».

 

Mais tout progrès est impossible «sans la grâce». Et le Pape de conclure en invitant les fidèles à demander la grâce de la conversion, par cette prière: «Seigneur, donne-moi la grâce d'être meilleur. Donne-moi la grâce d'être un bon chrétien». 

 

 

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 13:15
Audience générale du Saint-Père dans la Cour Saint-Damase du Palais Apostolique, le mercredi 23 septembre 2020
Audience générale du Saint-Père dans la Cour Saint-Damase du Palais Apostolique, le mercredi 23 septembre 2020

Audience générale du Saint-Père dans la Cour Saint-Damase du Palais Apostolique, le mercredi 23 septembre 2020

Xavier Sartre – Cité du Vatican - Vatican Media

 

Dans le monde de l'après-pandémie,
réaffirmer le principe de subsidiarité

 

     Le Pape François a poursuivi sa série de catéchèses sur le monde après la pandémie au cours de l'audience générale. Le Souverain Pontife a invité à se pencher sur le principe de subsidiarité, depuis longtemps mis en avant par l'Église pour que personne ne soit laissé au bord du chemin.

 

     La subsidiarité est nécessaire à la solidarité pour sortir de la crise, car «il n'y a pas de vraie solidarité sans participation sociale, sans la contribution des corps intermédiaires: des familles, des associations, des coopératives, des petites entreprises, des expressions de la société civile.» «Cette participation aide à prévenir et à corriger certains aspects négatifs de la mondialisation et de l'action des États, comme cela se produit également dans le soin des personnes frappées par la pandémie. Ces contributions “d'en-bas” doivent être encouragées» exhorte François.

     «Chacun de nous est appelé à assumer sa part de responsabilité», surtout dans une crise comme celle que nous traversons. Le Pape François précise que nous devons le faire «non seulement en tant que personnes individuelles, mais également à partir de notre groupe d'appartenance, du rôle que nous avons dans la société, de nos principes et, si nous sommes croyants, de la foi en Dieu».

 

Un principe nécessaire

      Tous, cependant, ne peuvent pas le faire. Les uns parce qu'ils sont marginalisés, exclues ou ignorés, les autres parce qu'ils sont écrasés économiquement ou politiquement. Enfin, «dans certaines sociétés, de nombreuses personnes ne sont pas libres d'exprimer leur foi et leurs valeurs. Ailleurs, en particulier dans le monde occidental, beaucoup de gens auto-répriment leurs convictions éthiques ou religieuses. Mais ainsi on ne peut pas sortir de la crise, ou en tout cas on ne peut pas en sortir meilleurs» met en garde le Saint-Père.

     Dans ce contexte, le principe de subsidiarité, qui «a un double dynamisme: du haut vers le bas et du bas vers le haut», apparaît donc comme le meilleur moyen de reconstruire, comme Pie XI l'affirma au temps de la Grande Dépression des années 1930. L'État doit donc agir quand «les personnes individuelles, les familles, les petites associations ou les communautés locales ne sont pas en mesure d'atteindre les objectifs primaires». C'est pourquoi, dans le cadre, du confinement, «les institutions publiques cherchent à apporter leur aide à travers des interventions appropriées».

 

La subsidiarité bafouée

     Mais «la contribution des individus, des familles, des associations, des entreprises, de tous les corps intermédiaires et également des Églises est décisive» prévient François, car «avec leurs ressources culturelles, religieuses, économiques ou de participation civique, revitalisent et renforcent le corps social».

     Ce n'est pourtant pas le cas partout. Le Pape dénonce ainsi les lieux où la «sagesse» de ces groupes sociaux n'est pas prise en compte comme dans les régions d'extraction minières. «Les voix des peuples autochtones, leurs cultures et leurs visions du monde ne sont pas prises en considération», affirme-t-il. «Ce manque de respect du principe de subsidiarité s'est diffusé comme un virus» regrette-t-il, pointant du doigt les «grandes compagnies multinationales» que l'on écoute davantage que «les mouvements sociaux», «les grandes compagnies pharmaceutiques que les agents de santé, engagés en première ligne dans les hôpitaux ou dans les camps de réfugiés.» «Ce n'est pas bonne voie» s'exclame le Saint-Père.

 

Rêver en grand

     «Pour mieux sortir d'une crise, le principe de subsidiarité doit être appliqué, en respectant l'autonomie et la capacité d'initiative de tous, en particulier des derniers» explique alors le Pape, rappelant que «toutes les parties d'un corps sont nécessaires et, comme le dit saint Paul, ces parties qui pourrait sembler les plus faibles et les moins importantes, sont en réalité les plus nécessaires». Chacun assume un rôle et cette mise en œuvre donne «espérance» dans un avenir «plus sain et juste» que nous construisons ensemble «en aspirant aux choses plus grandes, en élargissant nos horizons.»

     Se souvenant d'un geste très diffusé dans plusieurs pays pendant le confinement, les applaudissements au corps médical, le Pape invite à l'étendre aux personnes âgées, aux enfants, aux porteurs de handicap, aux travailleurs mais à aller au-delà. «Encourageons-nous à rêver en grand, en cherchant les idéaux de justice et d'amour social qui naissent de l'espérance. N'essayons pas de reconstruire le passé, en particulier celui qui était injuste et déjà malade. Construisons un avenir où la dimension locale et celle mondiale s'enrichissent mutuellement, où la beauté et la richesse des groupes mineurs puisse fleurir, et où celui qui a davantage s'engage à servir et à donner plus à celui qui a moins».

 

 

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 13:23
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS DU 20 SEPTEMBRE 2020
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS DU 20 SEPTEMBRE 2020
20 septembre 2020
Angélus: Dieu récompense ses serviteurs par la grâce

 

       Lors de l’Angélus de ce dimanche 20 septembre, devant quelques centaines des fidèles présents sur la Place Saint-Pierre dans le respect des règles de distanciation physique, le Pape a commenté l’Évangile du jour, tiré du 20e chapitre de saint Matthieu, qui raconte la parabole des travailleurs appelés par le Maître de la Vigne.

 

      «À travers ce récit, Jésus nous montre la surprenante façon d’agir de Dieu, représentée par les deux attitudes du maître: l’appel et la récompense», a expliqué François. Le maître appelle ses ouvriers à cinq reprises. Ainsi il «représente Dieu qui appelle tous et appelle toujours, à n’importe quelle heure. Dieu agit aussi comme ça aujourd’hui: il continue à appeler quiconque, à n’importe quelle heure, pour inviter à travailler dans son Royaume».

     «Dieu est toujours en sortie», à notre recherche, a insisté François. Nos communautés doivent donc elles aussi se situer dans une dynamique de sortie, pour aller à la rencontre de ceux qui vivent dans les périphéries existentielles et ont besoin de rencontrer Jésus ou de le retrouver après s’en être éloigné. «Quand l’Église n’est pas en sortie, elle devient malade», a répété le Pape.

 

La récompense divine est une grâce

         «La deuxième attitude du maître est sa façon de récompenser les travailleurs.» Dans cette parabole de l’Évangile, il attribue à tous le même salaire, ce qui suscite l’indignation et la jalousie de ceux qui avaient commencé leur travail plus tôt dans la journée. On comprend donc ici que «Jésus n’est pas en train de parler du travail et du juste salaire, mais du Royaume de Dieu et de la bonté du Père céleste», qui «ne regarde pas le temps et les résultats, mais la disponibilité et la générosité avec laquelle nous nous mettons à son service». Sa logique est donc celle de la gratuité, de la grâce.

       «Tout est grâce», a insisté François, en expliquant que «celui qui raisonne avec la logique humaine, c’est-à-dire celle des mérites acquis avec sa propre bravoure, de premier, se retrouve dernier. Au contraire, celui qui se confie avec humilité à la miséricorde du Père, de dernier, se retrouve premier.» Le Pape a conclu en demandant à Marie de nous inspirer la joie d’être appelés par Jésus et d’avoir «comme unique récompense son amour, l’amitié de Jésus, qui est tout pour nous».

 

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 22:11
PAPE FRANÇOIS, AUDIENCE GÉNÉRALE DU 16 SEPTEMBRE 2020
PAPE FRANÇOIS, AUDIENCE GÉNÉRALE DU 16 SEPTEMBRE 2020
Audience générale: retrouver le sens de la contemplation pour soigner la création

 

Devant quelques centaines de fidèles réunis dans la cour Saint Damase pour l’audience générale hebdomadaire, le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèse sur « guérir le monde » après la pandémie. Pour le Saint-Père, le soin que nous portons à nos frères et sœurs humains doit s’appliquer aussi envers la création. Pour ce faire, il est important de retrouver un regard contemplatif sur elle.

     Pour sortir d’une pandémie, il faut «guérir et se soigner mutuellement». Ainsi, tous ceux qui prennent soin des personnes vulnérables doivent être soutenus dans leur service, a commencé le Pape, pour qui ce soin doit également s’étendre à la création. Celle-ci ne doit pas être appréhendée comme une «simple ressource», car les créatures ont «une valeur en elles-mêmes», en ce sens qu’elles «reflètent, chacune à sa façon, un rayon de la sagesse et bonté infinies de Dieu» (Catéchisme de l’Église catholique, n.339). En abuser est un «grave péché», prévient François, qui rappelle que la contemplation constitue le «meilleur antidote contre un usage impropre de notre maison commune».

Se sentir partie prenante de la création

     «Sans contemplation, il est facile de tomber dans un anthropocentrisme déséquilibré et orgueilleux» ; cette vision erronée positionne l’homme comme dominateur absolu sur toutes les autres créatures. Or, en prétendant occuper la place de Dieu, «nous devenons des prédateurs» qui exploitent la terre, au lieu de la travailler avec soin. «Nos frères les plus pauvres et notre mère la terre gémissent à cause des dommages et de l'injustice que nous avons provoqués» et réclament une conversion de notre part.

     Il est donc important de retrouver cette dimension contemplative, qui fait découvrir chez les autres et dans la nature «quelque chose de beaucoup plus grand que leur utilité», à savoir «la valeur intrinsèque que Dieu (leur) a conférée». La contemplation «se fait à partir de l’intérieur, en nous reconnaissant comme une partie de la création, en devenant des protagonistes», plus que de simples observateurs. «Si tu es incapable de contempler la nature, tu ne pourras pas contempler la beauté des personnes» a relevé le Pape, qui insiste : «ceux qui exploitent la nature finissent par exploiter les gens, c'est une loi universelle».

     Le «contemplatif en action» adopte une attitude de vigilance, devient protecteur de l’environnement, cherchant «à conjuguer les savoirs ancestraux de cultures millénaires avec les nouvelles connaissances techniques, afin que notre style de vie soit durable».

Quel patrimoine laisserons-nous aux générations futures?

     Contempler et prendre soin: ce sont deux attitudes «qui montrent la voie pour corriger et rééquilibrer notre relation d’êtres humains avec la création». La relation que l’homme entretient avec la nature s’assimile parfois à celle nourrie entre des ennemis, note le Pape. Or l’exploitation effrénée se paie très cher, met-il en garde en citant un dicton espagnol : «Dieu pardonne toujours ; nous pardonnons parfois ; la nature ne pardonne jamais». Ce rapport doit se muer en relation «fraternelle». «Le problème n'est pas de savoir comment toi tu t'en sors aujourd'hui, le problème est la vie des générations futures», a lancé François. «Pensons aux enfants, aux petits-enfants : qu’est-ce que nous leur laisserons, si nous exploitons la création ?»

     Ainsi, ceux qui choisissent la voie de la contemplation deviennent les «gardiens de la maison commune » et sauvegardent le patrimoine que Dieu nous a confié afin que les générations futures puissent en profiter». Et le Pape de rendre hommage aux peuples autochtones, «envers lesquels nous avons une dette de reconnaissance», mais également envers les associations et mouvements qui s’engagent à protéger leur territoire avec ses valeurs naturelles et culturelles, mais dont le travail n’est pas toujours apprécié, voire entravé. Ils participent tous à la «révolution du soin».

     «Chacun de nous peut et doit devenir un “gardien de la maison commune”, capable de louer Dieu pour ses créatures, de les contempler et de les protéger”», a conclu le Pape.

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 19:19
14 SEPTEMBRE, FÊTE DE LA CROIX GLORIEUSE : LA CROIX ATTIRE, CAR ELLE PROMET ET RÉALISE L'UNION AVEC DIEU - POURQUOI FÊTER LA CROIX GLORIEUSE ?

Article paru dans "Signes d'aujourd'hui"

 

Pourquoi fêter la Croix glorieuse ?

 

Instrument de torture infamant, la croix est devenue le signe glorieux de la résurrection.

 

Croix au levant

     Dans la symbolique chrétienne, la croix présente un double visage. Dans le contexte de la passion et de la mort violente de Jésus, les évangiles évoquent la croix en tant qu'instrument de torture et gibet d'infamie. A cet égard, la croix ne mérite évidemment pas de devenir un objet de vénération. 

      Très tôt, les chrétiens ont vu dans la croix, plutôt qu'un accessoire meurtrier, l'image du sacrifice par lequel Jésus nous affranchit du péché et de la mort. L'apôtre Paul, déjà, écrit en conclusion de son épître aux Galates : «Pour moi, il n'y a pas d'autre titre de gloire que la croix de notre Seigneur Jésus Christ» (6.14). Dans l'hymne au Christ qui ouvre l'épître aux Colossiens, on peut lire : «II a plu à Dieu de faire habiter (en son Fils) toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, ayant établi la paix par le sang de sa croix» (1,20; cf. 2,13-15). En ce sens, la croix du Christ peut être dite «glorieuse» : telle est la signification de la fête d'aujourd'hui.

       L'évangile de la fête joue sur le double sens du verbe «élever» : élever sur la croix et élever dans la gloire. La référence à Moïse et au serpent d'airain sert ici de parabole prophétique. Dans un autre passage du quatrième évangile, Jésus déclare ; «Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes», et l'évangéliste d'ajouter : «Par ces paroles, il indiquait de quelle mort il allait mourir» (12,32-33). En même temps qu'elle donne la mort. la crucifixion symbolise la victoire sur la mort. 

La «Croix glorieuse»

      Lorsque Jésus en fut chargé pour monter au calvaire, sa croix n'avait rien de glorieux, c'était l'instrument de supplice le plus avilissant. Paul, comme citoyen romain (Ac 22,25}, avait eu droit à la forme la plus élégante de mise à mort, l'épée. Mais Jésus n'était qu'un vulgaire condamné, livré a l'occupant romain. Ce fut la grande prouesse de Dieu, que de transformer cet odieux instrument de supplice en croix glorieuse, par la résurrection. Même la croix du bon larron devint glorieuse, car elle fut, elle aussi, porte d'entrée du paradis (Lc 23,43).

      Les croix des premières églises étaient glorieuses, comme celle que l'empereur Constantin aperçut dans sa vision. C'était une croix de lumière, signe de résurrection. Plus tard, lorsqu'on représenta le Christ en croix, c'était d'abord comme ressuscité, ou dans l'habit du grand prêtre (He 4,14-15).

      Au Moyen-Age, les misères des populations incitèrent à exprimer la solidarité de Jésus avec les souffrances humaines. De symbolique, l'image devint réaliste. Mais le temps est venu de représenter à nouveau le Christ ressuscité et glorieux sur les croix de nos églises.

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 16:50
LA MESSE "VIRTUELLE" NE REMPLACE PAS LA PARTICIPATION PERSONNELLE À L'ÉGLISE
LA MESSE "VIRTUELLE" NE REMPLACE PAS LA PARTICIPATION PERSONNELLE À L'ÉGLISE
La messe “virtuelle” ne remplace pas la participation personnelle à l'église

 

     Dans une lettre adressée aux présidents des conférences épiscopales, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, affirme la nécessité de revenir à la normalité de la vie chrétienne, là où la situation sanitaire liée au coronavirus le permet: assister à la messe par le biais des médias n'est pas comparable à la participation physique à l'église, souligne-t-il.

 

     Il est urgent de revenir à la normalité de la vie chrétienne avec la présence physique à la messe, lorsque les circonstances le permettent: aucune retransmission n'est comparable à une participation personnelle ou ne peut la remplacer, explique en substance le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, dans une Lettre sur la célébration de la liturgie pendant et après la pandémie de Covid-19, intitulée “Revenons avec joie à l'Eucharistie !” Le texte, adressé aux présidents des conférences épiscopales de l'Église catholique, a été signé le 15 août dernier et approuvé par le Pape François le 3 septembre.

 

La dimension communautaire de la vie chrétienne

      «La pandémie due au nouveau coronavirus, écrit le cardinal Sarah, a provoqué des bouleversements non seulement dans les dynamiques sociales, familiales (…) mais aussi dans la vie de la communauté chrétienne, y compris dans la dimension liturgique». Le prélat rappelle que «la dimension communautaire a une signification théologique: Dieu est la relation des Personnes dans la Très Sainte Trinité» et «il se met en relation avec l'homme et la femme et les appelle à son tour à une relation avec Lui». Ainsi, «tandis que les païens construisaient des temples dédiés à la seule divinité, auxquels les gens n'avaient pas accès, les chrétiens, dès qu'ils jouirent de la liberté de culte, construisirent immédiatement des lieux qui seraient domus Dei et domus ecclesiæ, où les fidèles pourraient se reconnaître comme communauté de Dieu». C'est pourquoi «la maison du Seigneur suppose la présence de la famille des enfants de Dieu».

 

Collaboration de l'Église avec les autorités civiles

     «La communauté chrétienne, lit-on dans la lettre, n'a jamais recherché l'isolement et n'a jamais fait de l'église une ville à huis clos. Formés dans la valeur de la vie communautaire et dans la recherche du bien commun, les chrétiens ont toujours cherché l'insertion dans la société». «Et même dans l'urgence pandémique, un grand sens des responsabilités a émergé: à l'écoute et en collaboration avec les autorités civiles et avec les experts, les évêques et leurs conférences territoriales ont été prompts à prendre des décisions difficiles et douloureuses, jusqu'à la suspension prolongée de la participation des fidèles à la célébration de l’Eucharistie», tient à rappeler le préfet de la Congrégation pour le Culte divin.

 

Une urgence: revenir à la normalité de la vie chrétienne

     «Cependant, dès que les circonstances le permettent, souligne le cardinal Sarah, il est nécessaire et urgent de revenir à la normalité de la vie chrétienne, qui a le bâtiment de l'église pour foyer et la célébration de la liturgie, en particulier l'Eucharistie, comme “le sommet vers lequel tend l'action de l'Église et en même temps la source d'où émane toute sa force” (Sacrosanctum Concilium, 10). Conscients du fait que Dieu n'abandonne jamais l'humanité qu'il a créée, et que même les épreuves les plus dures peuvent porter des fruits de grâce, nous avons accepté l’éloignement de l'autel du Seigneur comme un temps de jeûne eucharistique, utile pour nous en faire redécouvrir l’importance vitale, la beauté et la préciosité incommensurable. Le plus tôt possible» avec «avec un désir accru de rencontrer le Seigneur, de demeurer avec lui, de le recevoir pour l'amener à nos frères avec le témoignage d'une vie pleine de foi, d’amour et d’espoir», assure le prélat.

 

Nécessité d'une participation personnelle à la messe

     Comme l’explique ensuite le cardinal Sarah, «bien que les médias rendent un service apprécié aux malades et à ceux qui ne peuvent pas aller à l'église, et ont fourni un grand service dans la transmission de la Sainte Messe au moment où il n'y avait aucune possibilité de célébrer d’une manière communautaire, aucune transmission équivaut à une participation personnelle ou peut la remplacer. En effet, ces transmissions, à elles seules, risquent de nous éloigner d'une rencontre personnelle et intime avec le Dieu incarné qui s'est donné à nous non pas de manière virtuelle, mais réellement, en disant: "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui" (Jn 6, 56). Ce contact physique avec le Seigneur est vital, indispensable, irremplaçable. Une fois que les mesures concrètement réalisables ont été identifiées et adoptées pour minimiser la contagion du virus, il faut que tous reprennent leur place dans l'assemblée des frères», en encourageant ceux qui sont «découragés, effrayés, et depuis trop longtemps absents ou distraits».

 

Suggestions pour un retour à la célébration de l'Eucharistie

     La lettre suggère également «suggérer quelques lignes d'action pour promouvoir un retour rapide et sûr à la célébration de l'Eucharistie. Une attention particulière aux normes d'hygiène et de sécurité ne peut pas conduire à la stérilisation des gestes et des rites», met-on en garde. Par ailleurs, la Congrégation compte sur «l'action prudente mais ferme des évêques pour que la participation des fidèles à la célébration de l'Eucharistie ne soit pas déclassifiée par les autorités civiles comme un “rassemblement”, et ne soit pas considérée comme comparable ou même subordonnée à formes d'agrégation récréative. Les normes liturgiques ne sont pas une matière sur laquelle les autorités civiles peuvent légiférer, seules peuvent le faire les autorités ecclésiastiques compétentes (cf. Sacrosanctum Concilium, 22)».   

 

Respect des normes liturgiques

     Le cardinal Sarah exhorte à «faciliter la participation des fidèles aux célébrations», «mais sans expériences rituelles improvisées et dans le plein respect des normes contenues dans les livres liturgiques qui régissent leur déroulement», et en reconnaissant «aux fidèles le droit de recevoir le Corps du Christ et d'adorer le Seigneur présent dans l'Eucharistie de la manière prévue, sans limitations allant même au-delà de ce qui est prévu par les règles d'hygiène édictées par les autorités publiques ou par les évêques».

 

Un principe sûr: l'obéissance aux évêques

     Sur ce point, le cardinal donne une indication précise: «L'obéissance est un principe sûr pour ne pas commettre d'erreur. Obéissance aux normes de l'Église, obéissance aux évêques. En période de difficulté (par exemple on pense aux guerres, aux pandémies), les évêques et les conférences épiscopales peuvent donner des règlements provisoires auxquels il faut se conformer. L'obéissance sauvegarde le trésor confié à l'Église. Ces mesures dictées par les évêques et les conférences épiscopales expirent lorsque la situation revient à la normalité». [Note du Blog : se conformer aux consignes OBLIGATOIRES, toujours en vigueur, édictées par l'évêque d'Agen et rappelées par le prêtre lors des célébrations. (cf. Affiche et Consignes ci-dessous)]

 

Santé publique et salut éternel

     L'Église, conclut le préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, protège la personne humaine «dans sa totalité», et «à la préoccupation nécessaire pour la santé publique », elle «unit l'annonce et l'accompagnement des âmes vers le salut éternel des âmes».

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 20:49

(1) et par extension, à tous les soignants.

LE PAPE RAPPELLE À DES MÉDECINS (1) L'IMPORTANCE DE LA RELATION HUMAINE DANS LES SOINS
LE PAPE RAPPELLE À DES MÉDECINS (1) L'IMPORTANCE DE LA RELATION HUMAINE DANS LES SOINS

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican - 11 septembre 2020

 

      Dans la vaste salle Paul VI, le Saint-Père a rencontré ce matin pour une audience environ 300 participants au congrès annuel de la "International Gynecologic Cancer Society". À ces personnes, principalement des gynécologues-oncologues, le Pape a rappelé l’importance d’offrir un «soin intégral» aux patientes, et de lutter contre une approche purement économique du monde de la santé.

      Ne pas négliger la relation humaine avec les malades, c’est en substance la demande formulée par le Saint-Père aux membres de la “Société Internationale de Gynécologie oncologique” venus au Vatican ce 11 septembre. «Il est indispensable de prendre soin, avec grande sensibilité et respect, de la condition – psychologique, relationnelle, spirituelle – de chaque patiente», leur a-t-il rappelé au début de son discours.

Ce «soin intégral» est essentiel, «y compris dans les cas où le traitement est essentiellement palliatif». «C’est vraiment la proximité de l’amour qui ouvre les portes à l’espérance. Et aussi à la guérison», a ajouté le Pape.

Mettre l’économie à sa juste place

     «La personne malade est toujours plus – beaucoup plus ! - qu’un protocole à l’intérieur duquel on la place d’un point de vue clinique», a estimé François, et en ce sens «la relation, la rencontre avec le personnel soignant, fait partie des soins». Le Souverain Pontife a regretté que cette dimension humaine du suivi des patients soit souvent laissée «à la “bonne volonté” du seul médecin, au lieu de la considérer comme une partie intégrante du soin offert par les structures sanitaires».

     Puis cette mise en garde du Pape vis-à-vis de la place toujours plus prépondérante de l’économie dans le monde de la santé «au point d’en pénaliser des aspects essentiels, tels que la relation avec les malades». Il s’agit de trouver un équilibre entre de nécessaires exigences économiques et d’autres facteurs, en mettant toutefois «à la première place» les personnes, malades et soignants, afin que ces derniers puissent «travailler dans des conditions adéquates» et «prendre un temps de repos» pour refaire leur forces.  

Confiance et proximité

     Les malades, a poursuivi le Saint-Père, «nous rappellent des aspects de la vie que nous oublions parfois, comme la précarité de notre existence, le besoin l’un de l'autre, l'absurdité d'une vie centrée uniquement sur nous-mêmes, la réalité de la mort comme faisant partie de la vie elle-même». «La condition de la maladie rappelle cette attitude décisive pour l'être humain qu’est le fait de se confier: se confier à l'autre frère et sœur, et à l'Autre avec une majuscule qui est notre Père céleste», a-t-il ajouté. «Elle rappelle également la valeur de la proximité, du fait de devenir proche, comme nous l'enseigne Jésus dans la parabole du bon samaritain. Combien, combien une caresse guérit-elle dans le moment opportun !»

 

Le Pape a conclu en invoquant sur ses hôtes la bénédiction de Dieu, «source d’espérance, de force et de paix intérieure». 

 

 

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 20:39
" TOUS FRÈRES " : LE PAPE FRANÇOIS SIGNERA SA NOUVELLE ENCYCLIQUE À ASSISE
" TOUS FRÈRES " : LE PAPE FRANÇOIS SIGNERA SA NOUVELLE ENCYCLIQUE À ASSISE
" TOUS FRÈRES " : LE PAPE FRANÇOIS SIGNERA SA NOUVELLE ENCYCLIQUE À ASSISE
 
 
"Tous frères": le Pape François signera sa nouvelle encyclique à Assise

 

 

Le directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège l'a annoncé ce samedi : le 3 octobre prochain, le Pape se rendra à Assise, afin de prier sur la tombe de saint François, dont ce sera la fête le lendemain. Il y signera également sa nouvelle encyclique consacrée au thème de la fraternité.
 
 

Fratelli tutti«Tous frères»: c’est le nom de cette nouvelle encyclique du Pape François, la 3e de son pontificat après Lumen Fidei en 2013 et Laudato Si' en 2015. Ce titre se réfère aux Admonitions de saint François (6, 1: FF 155) : «Considérons, tous frères, le bon Pasteur: pour sauver ses brebis, il a souffert la Passion et la Croix».

 

Le Saint-Père choisit donc un lieu très solennel, très significatif pour parapher ce texte: Assise, la ville du Poverello dont il a pris le nom comme Pape, et qui prêchait cette fraternité «cosmique», universelle, unissant toutes les créatures de Dieu, unique père de tous.

 

Jeudi 3 octobre donc, l’évêque de Rome se rendra sur la tombe de saint François, de manière privée et sans participation de fidèles, en raison de la situation sanitaire. Il y célébrera la messe, au terme de laquelle il signera le texte qu’il a rédigé ces derniers mois, avant de rentrer au Vatican, a précisé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

 

Le thème de la fraternité, une ligne directrice du pontificat

De ce texte, on connait uniquement le thème: la fraternité humaine et l'amitié sociale. Thème qui lui est cher, qu’il développe et décline sans cesse dans son magistère et qui est d'ailleurs au cœur du Document signé en 2019 à Abou Dhabi avec le Grand Imam d’Al-Azhar.

 

Un thème qu’il a abordé de façon récurrente aussi lors des messes à Sainte Marthe ces derniers mois, en plein pic de la pandémie, appelant tous les hommes de bonne volonté, de toutes les traditions religieuses à prier ensemble pour la fin de la crise sanitaire : frères et sœurs en humanité, unis aussi par l’épreuve et par l’espérance.

 

Il s'agira de la 4e visite du Pape à Assise, après celles du 4 octobre 2013 et de 2016 (4 août et le 20 septembre). Un retour que l'évêque de la ville, Mgr Domenico Sorrentino, attend avec «émotion et gratitude", comme on peut le lire dans une déclaration. «Alors que le monde souffre d'une pandémie qui met tant de peuples en difficulté et nous fait nous sentir frères dans la douleur, nous ne pouvons que ressentir le besoin de devenir avant tout des frères dans l'amour», écrit Mgr Sorrentino. «Ce geste du pape François, conclut l'évêque d'Assise, nous donne un nouveau courage et une nouvelle force pour "redémarrer" au nom de la fraternité qui nous unit tous».

 

 

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1 septembre 2020 2 01 /09 /septembre /2020 07:00
DU 1er SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2020 : SAISON DE LA CRÉATION
DU 1er SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2020 : SAISON DE LA CRÉATION

 

     Instituée par le Pape François en 2015, la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création, devenue en 2019 la Saison de la Création du 1er septembre au 4 octobre, est célébrée dans le monde entier par les communautés chrétiennes.

 

 

« La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offrira à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons », a écrit le Saint-Père.

 

 

Pourquoi une saison de la Création ?

 

     En 2015, le Pape François a retenu la date du 1er septembre pour instituer dans l’Église catholique, une « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». L’initiative rejoignait celle des Églises orthodoxes qui à l’occasion du 3ème rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie de 2007, ont proposé un « temps de la création », du 1er septembre au 4 octobre. En effet, le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour les Églises orthodoxes, ce jour rappelle en particulier l’œuvre de Dieu dans la création du monde. Le 4 octobre est la fête de St François d’Assise.

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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 14:40

LES ENSEIGNEMENTS DE CLAIRE D'ASSISE EN CES TEMPS DE PANDÉMIE

Entretien réalisé par Tiziana Campisi - Cité du Vatican

 

 

Les enseignements de Claire d’Assise en ces temps de pandémie

 

       Ce mardi 11 août, l’Église a fêté sainte Claire qui vécut au XIIIe siècle une pauvreté radicale à la suite de saint François et fut canonisée seulement deux ans après sa mort. En sa solennité, le Ministre général des Frères mineurs a écrit aux Clarisses afin que les religieuses cloîtrées «en solidarité avec l’humanité souffrante» aident les fidèles dans la prière. Témoignage d’une religieuse du couvent de la Città delle Pieve en Ombrie.

 

       Née en 1193, Claire quitte sa riche famille membre de l’aristocratie italienne afin de suivre l’exemple de François d’Assise. Elle se surnomme elle-même «la petite plante de saint François» et formule le vœu de suivre les enseignements de l'Évangile dans l'obéissance, la pauvreté et la chasteté. Son souhait se réalise au couvent de Saint-Damien où elle s’établit avec ses sœurs, et dont elle rédige la règle, la première écrite par une femme.

       À l’époque, saint François leur adressait «de nombreuses exhortations» pour les stimuler ; ce que fait à son tour aujourd’hui le Ministre général des Frères mineurs. Il a envoyé ce mardi un message intitulé «Le Seigneur ne nous sauve pas de l'histoire mais dans l'histoire» aux filles de sainte Claire, les Clarisses.

        Dans cette lettre, le frère Michael Perry évoque l’exemplarité de celle qui fut la première à faire siens les choix de saint François. Il invite les sœurs cloîtrées à regarder avec espérance le monde d’aujourd’hui en proie à une crise sanitaire.

       «La vie cloîtrée est un petit champ de bataille au cœur de la planète, où vous ne nous enseignez pas la fuga mundi» mais «à vivre dans les profondeurs de l'espace, à entrer dans la couleur des différentes heures du jour et dans le Kairos de Dieu, en alternant paroles et silence pour construire des relations de communion avec l'aide de l'Esprit Saint», écrit le Ministre général des Frères mineurs qui souligne que Dieu «ne nous sauve pas de la Covid-19, mais face à la Covid-19 ; il ne nous sauve pas de la solitude, mais dans la solitude ; il ne nous sauve pas de la peur, mais de nos peurs».

 

La pandémie dans les monastères

 

        Le frère Michael Perry sait comment les communautés monastiques ont traversé les mois les plus difficiles de la pandémie : des religieux qui se sont sentis consolés en «suivant avec de petites radios les liturgies présidées par le Pape François», en écoutant «ses homélies qui sont devenues la base d'une forme de vie réduite à ses éléments essentiels».

Il rappelle comment sainte Claire encourageait elle-même celles qui l'avaient suivie : «Mes sœurs et mes filles, ne craignez rien, si Dieu est avec nous, les ennemis ne pourront nous offenser. Faites confiance à notre Seigneur Jésus-Christ, parce qu'il nous délivrera». Des mots que sainte Claire semble répéter encore aujourd'hui.

L’angoisse du lendemain est parvenue jusque dans les monastères, et pourtant au moins l’un d’entre eux en dépit des difficultés financières dues au confinement «a généreusement répondu aux appels des pauvres à leur porte» rapporte le frère Perry qui se félicite également de contributions versées par des bienfaiteurs.

 

Source de renouvellement

 

         «Plus que jamais, nous sommes invités à nous confier à la Providence», a exhorté le Ministre général des Frères mineurs, «jusqu'à présent le Seigneur ne nous a pas abandonnés et Il ne nous abandonnera pas».

Le frère Perry invite les religieuses à «vivre dans la simplicité, en évitant tout gaspillage ; vivre dans la solidarité et faire de notre mieux pour faire le bien que nous pouvons faire». Pour le frère Perry, ce qui se passe peut aussi être «une opportunité de construire un nouveau monde basé non plus sur le paradigme de la mondialisation, au niveau commercial ou culturel, mais sur un retour au local, à la famille, au régional». Il attend des Clarisses qu’elles aident chacun «à oser être nouveaux après cette crise», leurs couvents sont «des réserves de paix, de sérénité, d'espoir et de compassion pour ceux qui sont au premier rang de la bataille».

 

Un parfum de compassion

 

        Enfin, le Ministre général des Frères mineurs exhorte les Clarisses à garder «leur regard fixé sur le Pauvre Crucifié». Il espère «que la compassion, que vous pouvez manifester comme du cœur d'une mère, devienne un parfum capable de consoler tant de personnes affligées et malades, de soutenir un personnel soignant aussi généreux et dévoué, d'encourager les familles et d'enflammer le cœur des jeunes que le Seigneur appelle à le suivre».

Frère Perry conclut sa lettre en considérant que le coronavirus «nous a appris que nous sommes tous dans le même bateau» puisque que le virus attaque «indistinctement les riches et les pauvres, les puissants et les petits, les justes et les pécheurs». Il demande aux religieuses «en solidarité avec l'humanité souffrante», d’aider les baptisés «à persévérer dans la prière pour espérer contre toute espérance».

 

Témoignage de Sœur Clare Ester Mattio

 

      Aujourd'hui, depuis leur cloître, les Clarisses continuent à diffuser la spiritualité de sainte Claire que l’Église fête ce mardi. Elles s’efforcent d’offrir une lecture du présent à la lumière de sa pensée. Sœur Clare Ester Mattio vit dans le monastère ombrien de Santa Lucia, à Città della Pieve, où est publié un magazine bimensuel "Forma Sororum" qui se veut aussi un instrument de formation et de spiritualité chrétienne et clarienne pour tous . Elle explique à Vatican News comment vivre la période actuelle selon les enseignements sainte Claire.

       «Le regard de Claire est un regard qui est centré sur le Seigneur et donc un regard évangélique, un regard qui voit la réalité en profondeur. Il est contemplatif ce qui ne signifie pas abstrait ou distrait, il voit au plus profond du cœur de l'homme. L'expérience de Claire est avant tout une expérience profondément humaine, dans laquelle s'est insérée l'expérience du Seigneur. Par conséquent, en regardant la réalité d'aujourd'hui - notre monde qui a été si profondément touché par l'expérience de la fragilité, de la douleur, de la souffrance, l'expérience de Claire peut certainement en dire long, car elle a passé la majeure partie de sa vie monastique à l'infirmerie, éprouvée par la maladie. Cela ne l'a pas empêchée cependant d'être profondément présente et lui a en même temps donné la conscience de ce que nous sommes : des créatures fragiles. C'est un peu comme l'expérience que nous avons eue avec la pandémie, une fragilité qui nous est tombée dessus et dont nous n'étions peut-être pas pleinement conscients. Claire a vécu la même chose d'une manière différente, en se remettant entièrement dans les bras du Père, ses derniers mots ont été : «Béni sois-tu Seigneur qui m'a créée».

      Donc, c’est le regard d’une fille qui regarde vers le Père et accueille tout ce que le Père envoie. Peut-être que l'expérience que nous avons vécue dans cette période qui nous a un peu isolés, nous a aussi fait comprendre que nous avons besoin les uns des autres. La solidarité, le partage, sont des valeurs qui, je pense, ont manqué à tout le monde ou ont été redécouvertes.

      L'autre aspect, lorsque l’on vit avec Dieu -partie essentielle de notre charisme-, est précisément celui de la fraternité, une vie fraternelle où nous sommes toutes sœurs, des égales: nous nous aidons les unes les autres, nous partageons les efforts, les joies d'une vie quotidienne très, très simple. Et Claire, et bien, elle se sentait profondément comme une fille du Père et elle a découvert qu’elle pouvait tout partager avec ses sœurs, même les fardeaux de la vie et la souffrance. Elle avait besoin des sœurs, et cela s'est ensuite répandu dans le monde extérieur, à toutes les personnes qui se sont tournées vers elle et pour lesquelles elle a prié, intercédé. Aujourd'hui, elle continue à le faire depuis le Ciel et nous, qui sommes ses filles, nous le faisons. Nous offrons des espaces d'écoute, d'accueil, et c’est ce que nous avons fait ces jours-ci. Parfois, il ne s'agit pas simplement de répondre à des besoins matériels, qui sont là, mais il y a un besoin profond, une question de sens, de beauté, un désir d'être écouté, d'être regardé en profondeur en tant que personne».

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