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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 08:37
 
 
 
PAPE FRANÇOIS, AUDIENCE GÉNÉRALE DU 12 AOÛT 2020
PAPE FRANÇOIS, AUDIENCE GÉNÉRALE DU 12 AOÛT 2020
 
Vatican News, 12 août 2020
 
Audience générale: porter un regard d'amour sur son frère et sa dignité inaliénable

 

En ce mercredi 12 août, jour d’audience générale, le Pape François a poursuivi le cycle de catéchèse qu’il a initié la semaine dernière sur les conséquences de la pandémie de coronavirus et la manière dont les chrétiens sont appelés à réagir. À rebours d’une culture individualiste qui considère la personne comme un objet de consommation, le croyant est invité à porter un regard d’amour sur son prochain, à avoir une conscience renouvelée de sa «dignité inaliénable», fondement de toute vie sociale.

 

«La pandémie a mis en évidence combien nous sommes tous vulnérables et interconnectés. Si nous ne prenons pas soin les uns des autres, à partir des derniers, de ceux qui sont le plus frappés, y compris la création, nous ne pouvons pas guérir le monde», a affirmé le Pape en guise de préambule.

 

Si cette crise sanitaire a donné lieu à d’édifiants exemples de dévouement et d’abnégation, elle a aussi mis en lumière «de plus amples pathologies sociales», dont l’une est une «vision déformée de la personne, un regard qui ignore sa dignité et son caractère relationnel», observe le Pape. C’est précisément ce «type de regard aveugle» qui entretient une «culture du rebut individualiste et agressive», laquelle perçoit l’être humain comme «un bien de consommation».

 

Harmonie et communion

Or la foi nous enseigne que Dieu nous a créés à son image, nous conférant une dignité unique, et nous invitant à vivre en communion et en harmonie avec lui et avec nos frères, dans le respect de la création (1 Gn 27).

Ainsi donc le chrétien, à la suite du Christ, doit porter sur son prochain, non un regard individualiste, mais un regard d’amour et d’attention. «En tant que disciples de Jésus, nous ne voulons pas être indifférents, ni individualistes ». En effet, « l’harmonie créée par Dieu nous demande de regarder les autres, leurs besoins, leurs problèmes ». «Nous voulons reconnaître en chaque personne, quelles que soient sa race, sa langue ou sa condition, la dignité humaine».

 

Cette dignité inaliénable, puisque créée à l’image même de Dieu, est «le fondement de toute vie sociale et en détermine tous les principes d’action». La référence moderne la plus proche de ce principe est la Déclaration universelle des Droits de l’Homme « que saint Jean-Paul II a définie comme une “pierre milliaire placée sur le chemin long et difficile du genre humain” (Discours à l’assemblée générale des Nations unies, 2 octobre 1979, n. 7)», rappelle François pour qui conscience renouvelée de la dignité de tout être humain a de sérieuses implications sociales, économiques et politiques.

 

S’engager contre l’indifférence

Considérer le prochain comme un don reçu de l’amour du Père, comme un frère et non plus comme un étranger, nous porte à «la compassion et à l’empathie, et non au mépris et à l’inimitié». Contempler le monde à la lumière de la foi nous engage à chercher, «avec enthousiasme et moyennant la grâce, à résoudre les drames de l’histoire, en mettant les dons que Dieu nous a faits au service de l’humanité et de la création».

 

«Alors que nous travaillons au traitement d’un virus qui frappe tout le monde de façon indistincte, ajoute le Saint-Père, la foi nous exhorte à nous engager sérieusement et activement pour lutter contre l’indifférence face aux violations de la dignité humaine ; la foi exige toujours de nous laisser guérir et convertir de notre individualisme, tant personnel que collectif».

 

Et de conclure en priant le Seigneur de «nous rendre la vue» pour redécouvrir ce que signifie être membres de la famille humaine. «Puisse ce regard se traduire en actions concrètes de compassion et de respect pour chaque personne et de soin et de sauvegarde pour notre maison commune».

 

 

 

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 22:04
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS : LE ROYAUME DES CIEUX EST UN TRÉSOR QUI RENOUVELLE LA VIE CHAQUE JOUR
PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS : LE ROYAUME DES CIEUX EST UN TRÉSOR QUI RENOUVELLE LA VIE CHAQUE JOUR

Vatican News, 26 juillet 2020

 

Au cours de la prière de l'Angélus le Pape François s'est attardé ce dimanche sur la construction du Royaume à laquelle Jésus invite. Une construction qui requiert la grâce de Dieu mais aussi la disponibilité active de l'homme.

 

Devant les pèlerins réunis sur la place Saint-Pierre pour la prière de l'Angélus, le Pape François a repris ce dimanche l’Évangile de Saint Matthieu où Jésus s'adressant aux foules leur explique ce qu'est le Royaume des Cieux. Pour cela, Jésus esquisse trois paraboles: celle du trésor caché dans le champ, celle de la perle précieuse et celle du filet jeté à la mer. Le Saint-Père a choisi de s'attarder sur les deux dernières, pour en expliquer le sens, soulignant que «la réaction de celui qui trouve la perle ou le trésor est pratiquement la même : l'homme et le marchand vendent tout pour acheter ce qui leur est maintenant le plus cher». 

En s'adressant aux foules Jésus propose de nous impliquer dans la construction du Royaume des Cieux, «en présentant une caractéristique essentielle de celui-ci : ceux qui sont prêts à tout jouer pour eux-mêmes adhèrent pleinement au Royaume» a relevé le Pape. L'homme qui trouve le trésor comme le marchand de perles fines vendent tout ce qu'ils ont, abandonnent leur sécurité matérielle.

«On peut en déduire que la construction du Royaume requiert non seulement la grâce de Dieu mais aussi la disponibilité active de l'homme» a précisé François.

 

Le Royaume des Cieux est le contraire des choses superflues

 

Nous sommes ainsi appelés à prendre l'attitude de ces deux personnages évangéliques a poursuivi le Saint-Père, en abandonnant «le lourd fardeau de nos certitudes mondaines qui nous empêchent de chercher et de construire le Royaume : la soif de possession, la soif de profit et de pouvoir, en ne pensant qu'à nous-mêmes.» 

Le Royaume des Cieux n'est en rien bâti sur l'illusoire, «il est le contraire des choses superflues que le monde offre, il est le contraire d'une vie banale : c'est un trésor qui renouvelle la vie chaque jour et l'élargit vers des horizons plus vastes» a encore relevé le Pape. Ceux qui ont trouvé ce trésor ont «un cœur créatif et chercheur, qui trace et suit de nouveaux chemins, qui nous amènent à aimer Dieu, à aimer les autres, à nous aimer vraiment nous-mêmes.»

Jésus, qui est le trésor caché et la perle de grande valeur, a conclu François, «ne peut qu'éveiller la joie, toute la joie du monde : la joie de découvrir un sens à sa vie, la joie de se sentir engagé dans l'aventure de la sainteté.»

 

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 15:06
POURQUOI LES CHEMINS DU CHRISTIANISME MÈNENT-ILS À ROME ?
POURQUOI LES CHEMINS DU CHRISTIANISME MÈNENT-ILS À ROME ?

Cyprien Viet – Cité du Vatican

 

La ville de Rome vit une année difficile, en raison de l’effondrement du tourisme et des pèlerinages pour cause de pandémie. Mais au fil des siècles, après les guerres et les épidémies, Rome est toujours redevenu un épicentre des pèlerinages chrétiens en tant que lieu des martyres et des sépultures de saint Pierre et saint Paul.

Malgré le retour de certains touristes et pèlerins européens en ce mois de juillet, l’année 2020 restera probablement marquée par un effondrement global du nombre de visiteurs à Rome. Cette chute, qui bouleverse l’économie locale, intervient après des décennies d’expansion parfois spectaculaire, voire surdimensionnée, de la capitale italienne, qui, à la suite de Florence et Venise, a parfois semblé exiger de ses habitants qu’ils adaptent leur vie en fonction des exigences du tourisme, plutôt que l’inverse…

Mais pour les chrétiens, le voyage à Rome, ou plus précisément le pèlerinage à Rome, n’est pas une simple occasion de divertissement. Elle s’enracine au contraire dans une histoire dramatique qui a structuré le développement du christianisme dès le premier siècle de notre ère.

C’est en effet le martyre de saint Pierre, et sa sépulture dans la nécropole du Vatican, qui a été le point de départ de l’inscription de la Papauté dans ce lieu à l’origine peu attractif. «Pour les anciens Romains, c’est un marais dans un méandre du Tibre, un lieu malfamé», rappelle le journaliste Nicolas Senèze, correspondant permanent du journal La Croix à Rome de 2016 à 2020 et auteur du Guide étonné du Vatican, paru en 2019 aux éditions Salvator. Pourtant, cette colline, devenue un lieu de villégiature de certaines riches familles romaines, se transformera en un lieu chrétien au fur et à mesure des siècles, en raison de la présence de la tombe de Pierre.

 

Les premiers pèlerinages dès l’Antiquité

Des traces de passage de pèlerins apparaissent dès l’époque antique, et la basilique souhaitée par Constantin sera l’un des symboles de la nouvelle visibilité du christianisme au IVe siècle. Dès la fin de l’Antiquité, des hôtelleries sont construites, notamment à destination des pèlerins venus du monde germanique. Le quartier du Borgo trouve son origine dans ces installations.

Quelques siècles plus tard, l’organisation des Jubilés, dont la première édition connue avec certitude remonte à l’an 1300, permettra de donner un nouveau rythme aux pèlerinages sur les tombes de Pierre et Paul, alors qu’au milieu du Moyen-Âge, Rome avait perdu de son lustre par rapport à Saint-Jacques-de-Compostelle et surtout Jérusalem, une destination mythifiée par les Croisades.

 

Un nouvel élan à la fin du XXe siècle

Une nouvelle phase difficile toutefois se produira à l’époque contemporaine, lorsque le conflit entre le Pape et le nouvel État italien, puis la Seconde Guerre mondiale, provoquent un confinement du Pape et du Vatican. Ce n’est qu’à partir de l’Année Sainte 1950, convoquée par Pie XII, que le pèlerinage à Rome deviendra une expérience accessible pour un nombre de plus en plus important de chrétiens.

L'Année Sainte de 1975 relance l'attachement de nombreux catholiques au Siège de Pierre et à saint Paul VI, après les crises post-conciliaires qui en avaient amené certains à s'éloigner de Rome, physiquement, symboliquement et spirituellement. L'effort physique de venir à Rome pour voir le Pape et se recueillir sur la tombe de Pierre sera pour certains catholiques désorientés l'occasion de retisser un lien avec la foi, en se référant aux origines du christianisme et non plus seulement à des idées ou à des idéaux.

Saint Jean-Paul II verra lui son pontificat culminer avec le grand Jubilé de l’an 2000, qui donne lieu à de vastes efforts de mise en valeur de la ville de Rome et du Vatican, où de nombreuses cérémonies sont retransmises en mondovision. Le Jubilé de la Miséricorde proposé par François en 2016 a offert un nouveau modèle, moins massif et plus décentralisé, mais il a tout de même attiré des millions de pèlerins à Rome.

 

Après cette année 2020 difficile pour tous ceux qui auraient voulu vivre un pèlerinage et ceux qui œuvrent dans ce secteur, les années à venir devraient permettre une redécouverte du pèlerinage romain physique, et non seulement virtuel. D’ores et déjà confirmée par le Pape François, l’organisation d’un Jubilé de 2025 (avant peut-être 2033, pour célébrer le bimillénaire de la Passion et de la Résurrection du Christ) sera une occasion de «rappeler ce que veut dire le pèlerinage sur la tombe de Pierre», espère Nicolas Senèze.

 

Entretien avec Nicolas Senèze :

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:22
AVEC LE PAPE FRANÇOIS : ANGÉLUS DU 5 JUILLET 2020

Angélus du 5 juillet 2020

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

 

L’extrait évangélique de ce dimanche (cf. Mt 11,25-30) est articulé en trois parties : d’abord Jésus élève un hymne de bénédiction et de remerciement au Père, parce qu’il a révélé aux pauvres et aux simples le mystère du Royaume des cieux ; puis il dévoile la relation intime et singulière existant entre Lui et son Père ; et enfin il invite à aller à Lui et à le suivre pour trouver du réconfort.

 

En premier lieu, Jésus loue le père parce qu’il a gardé cachés les secrets de son Royaume, de sa vérité, aux « sages et aux savants » (v. 25). Il les appelle ainsi avec une touche d’ironie, car ils croient être sages, savants, et ils ont donc si souvent le cœur fermé. La véritable sagesse vient aussi du cœur, ce n’est pas seulement comprendre des idées : la vraie sagesse entre aussi dans le cœur. Et si tu connais beaucoup de choses mais que tu as le cœur fermé, tu n’es pas un sage. Les mystères de son père, Jésus les révèle aux ‘petits’, à ceux qui s’ouvrent avec confiance à sa Parole de sagesse, qui ouvrent leur cœur à sa Parole de sagesse, qui sentent qu’ils ont besoin de Lui et qui attendent tout de Lui. Le cœur ouvert et confiant envers le Seigneur.

 

Ensuite, Jésus explique explique qu’il a tout reçu du Père. Il l’appelle « mon Père », pour affirmer l’unicité de sa relation avec Lui. En effet, c’est seulement entre le Fils et le Père qu’il y a une totale réciprocité : l’un connaît l’autre, l’un vit en l’autre. Mais cette communion unique est comme une fleur qui éclot, pour révéler gratuitement sa beauté et sa bonté. Et telle est l’invitation de Jésus : «Venez à moi…» (v. 28). Il veut donner ce qu’il puise dans le Père. Il veut nous donner la vérité, et la vérité de Jésus est toujours gratuite : elle est un don, elle est l’Esprit Saint, la Vérité.

 

Comme le Père a une préférence pour les « petits », Jésus s’adresse aussi à ceux qui peinent « sous le poids du fardeau ». Ou plutôt, il se compte parmi eux, car Il est « doux et humble de cœur » (v. 29), comme il le dit. Comme dans la première et dans la troisième béatitude, celle des humbles et des pauvres en esprit ; et celle des doux (cf. Mt 5,3.5) : la douceur de Jésus. Ainsi Jésus, « doux et humble », n’est pas un modèle pour les résignés ni simplement une victime, mais il est l’Homme qui vit « du fond du cœur » cette condition en pleine transparence à l’amour du Père, c’est-à-dire à l’Esprit Saint. Il est le modèle des « pauvres en esprit » et de tous les autres “bienheureux” de l’Évangile, qui accomplissent la volonté de Dieu et témoignent de son Royaume.

 

Puis, Jésus dit que si nous allons à Lui nous trouverons le repos : le «repos» que le Christ offre aux personnes fatiguées et opprimées n’est pas seulement un soulagement psychologique et une aumône, mais la joie des pauvres d’être évangélisés et constructeurs de la nouvelle humanité. C’est le soulagement : la joie, la joie que nous donne Jésus. Elle est unique, c’est sa propre joie. C’est un message pour tous les hommes de bonne volonté, que Jésus adresse encore aujourd’hui à un monde qui exalte celui qui devient riche et puissant. Si souvent nous disons : “Ah, je voudrais être comme lui, comme elle, qui est riche, qui a tant de pouvoir, il ne lui manque rien !”. Le monde exalte celui qui devient riche et puissant, quels que soient les moyens employés, et parfois piétine la personne humaine et sa dignité. Et cela nous le voyons tous les jours, les pauvres piétinés. Et c’est un message pour l’Église, appelée à vivre les œuvres de miséricorde et à évangéliser les pauvres, à être douce, humble. Le Seigneur veut que son Église, c’est-à-dire nous, soit ainsi.

 

Que Marie, la plus humble et la plus haute entre les créatures, implore de Dieu pour nous la sagesse du cœur, afin que nous sachions discerner ses signes dans notre vie et participer à ces mystères qui, cachés aux superbes, sont révélés aux humbles.

 

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 06:32

Pape François

Messe du 29 juin 2020, saints Pierre et Paul © Vatican Media

​ « Tu veux une Église prophétique ? Commence à servir, et tais-toi »

« Des vies qui manifestent le miracle de l’amour de Dieu »
 « Tu veux une Église prophétique ? Commence à servir, et tais-toi », a invité le pape François en célébrant la messe ce 29 juin 2020, pour les saints Pierre et Paul.
Depuis la basilique Saint-Pierre, le pape a béni les palliums – étole de laine ornée de croix – qui seront remis aux archevêques métropolitains nommés dans l’année, en présence de quelques dizaines de personnes placées à distance de sécurité.
« Aujourd’hui nous avons besoin de prophétie, mais de vraie prophétie, a insisté le pape dans son homélie : non de beaux parleurs qui promettent l’impossible, mais de témoignages que l’Évangile est possible. Il n’est point besoin de manifestations miraculeuses. »
Et le pape de confier : « Ça me fait mal lorsque j’entends proclamer : “Nous voulons une Eglise prophétique”. Bien. Que fais-tu, pour que l’Église soit prophétique ? Il faut des vies qui manifestent le miracle de l’amour de Dieu. Non de puissance, mais de cohérence. Non de paroles, mais de prière. Non de proclamations, mais de service… Non de théories, mais de témoignage. »
« Nous n’avons pas besoin d’être riches, mais d’aimer les pauvres, a-t-il poursuivi ; non de gagner pour nous-mêmes, mais de nous dépenser pour les autres ; non du consentement du monde, se sentir bien avec tout le monde – chez nous on dit : “se sentir bien avec Dieu et avec le diable”, se sentir bien avec tout le monde – ; non, ce n’est pas une prophétie. »
« Nous avons besoin, a-t-il encore ajouté, de la joie pour le monde à venir ; non de ces projets pastoraux qui semblent avoir en soi leur efficacité, comme si c’étaient des sacrements, des projets pastoraux efficaces, non, mais nous avons besoin de pasteurs qui offrent leur vie : des amoureux de Dieu. »

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 12:10

 

 

“Mater Misericordiae”, “Mater Spei” et “Solacium migrantium”, telles sont les trois nouvelles invocations incluses dans la liste des litanies de Lorette, conformément à la volonté du Pape François. Mgr Roche, de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, y voit une prière liée à l'actualité de la vie.

 

Alessandro De Carolis - Cité du Vatican

 

 

 

Un soleil dont on découvre de temps en temps de nouveaux rayons. C’est ce à quoi font penser les litanies de Lorette, ces invocations séculaires à la Vierge qui concluent traditionnellement la récitation du Rosaire. À ceux déjà connus, le Pape François a décidé d'ajouter trois nouveaux vocables: “Mater Misericordiae”, “Mater Spei” et “Solacium migrantium”, soit “Mère de Miséricorde”, “Mère de l’Espérance” et “Réconfort (ou aide) des migrants”.

 

 

Place des nouvelles invocations

 

La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements a communiqué cette décision du Saint-Père dans une lettre adressée aux présidents des Conférences épiscopales. «Les titres et les invocations que la piété chrétienne, au cours des siècles, a réservés à la Vierge Marie, voie privilégiée et sûre de la rencontre avec le Christ, sont innombrables», écrivent dans la lettre le cardinal Robert Sarah et Mgr Arthur Roche, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation. Ils précisent que désormais, «la première invocation sera placée après Mater Ecclesiae, la deuxième après Mater divinae gratiae, la troisième après Refugium peccatorum».

 

 

Mgr Roche : une prière née des "défis" de la vie

 

Bien qu'anciennes, ces litanies – dites «de Lorette», du nom du sanctuaire italien de la Sainte Maison de Lorette qui les a rendues célèbres - ont un lien fort avec les moments de la vie de l'Église et de l'humanité. C'est ce que soulignent les responsables de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, soulignant que «même à l'époque actuelle, marquée par des raisons d'incertitude et de désarroi», le recours «plein d'affection et de confiance» à la Vierge «est particulièrement suivi par le peuple de Dieu». Mgr Arthur Roche rappelle à Vatican News ce lien entre la spiritualité et l’aspect concret de la vie quotidienne. «Plusieurs Papes ont décidé d'inclure des invocations dans les litanies, par exemple Jean-Paul II a ajouté l'invocation à la "Mère de la famille". Elles répondent au moment réel, un moment qui représente un défi pour le peuple», explique-t-il. «Le Rosaire, comme nous le savons, est une prière dotée d'un grand pouvoir, donc en ce moment les invocations à la Vierge sont très importantes pour ceux qui souffrent de la Covid-19 et, parmi eux, les migrants qui ont aussi quitté leur terre», ajoute Mgr Roche.

 

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 19:24
PAPE FRANÇOIS, ON REJOINT DIEU EN SE CONNAISSANT SOI-MÊME ET EN VIVANT POUR LES AUTRES
PAPE FRANÇOIS, ON REJOINT DIEU EN SE CONNAISSANT SOI-MÊME ET EN VIVANT POUR LES AUTRES

Dans le livre "Cambiamo !" (Changeons !) publié ce 18 juin, le Pape François, alors provincial des Jésuites d’Argentine lors de la rédaction du texte, s’exprime sur l'expérience de la foi chrétienne, qui conduit à écouter Dieu lorsque l’on est sans faux-semblants et que les désirs de son cœur sont dépouillés de toute sécurité humaine.

 

Alessandro De Carolis et Gabriella Ceraso - Cité du Vatican -  18 juin 2020

 

 

Remontons le temps jusqu'à l'époque où le Pape François était Jorge Mario Bergoglio, provincial des Jésuites d’Argentine, et puisons à la source d'une "volonté de changement" qui à l'époque, comme aujourd'hui, marquait sa pensée. Nous voici à la racine du livre "Cambiamo !"  qui paraît ce 18 juin aux éditions Solferino, préfacé par le directeur de La Civiltà Cattolica, le prêtre jésuite Antonio Spadaro. Celui-ci le présente comme un ouvrage qui nous aide à comprendre «l'expérience religieuse et les critères d'action du premier Pape jésuite de l'histoire de l'Église», «le Pontife et sa conviction que l'utopie est importante, non pas comme une abstraction, mais comme une force vitale et une ouverture sur l'avenir à partir du réel, de ce que l'on est».

 

«Pour comprendre un homme, en effet, lit-on dans la préface, il faut aller aux racines de sa formation, mais aussi enquêter sur les “turning points”, les moments de crise et les tournants. C'est pourquoi ce livre est important pour la compréhension du Pape François: il est l'expression d'un temps de passage, dans lequel il a mûri la capacité de discernement et de choix».

 

 

Le désir, source de vie et clé de discernement

De quelle manière s'articule la réflexion ? D’abord autour du thème du désir, qui est discuté dans la première et la deuxième partie du volume. «Toute vie se décide sur la capacité à se donner. C'est là qu'elle se transcende, qu'elle devient féconde», lit-on dans le préambule signé par Jorge Bergoglio le jour de Noël 1987. «Au contraire, poursuit-il, la vie et la mort pour soi-même signifient la fermeture, l'incapacité d'être fructueux. Ne pas vivre pour soi-même et ne pas mourir pour soi-même est donc la condition de toute possibilité de se transcender. Ce n'est que de cette manière que la vie est la vraie vie et la mort la vraie mort. Sinon, il n'y a qu'une caricature, une chaîne d'égoïsme ennuyeuse - et en même temps épuisante - qui nous étouffe dans l'apathie spirituelle». Des réflexions qui, selon le père Spadaro, montrent le dépassement de «tout vitalisme vide» et se concentrent sur ce qui «s'ouvre» de l'intérieur, c'est-à-dire le désir, une «force intérieure qui s'ouvre au sens de la vie». Dans la première des six parties qui composent le volume ressort le fait que le futur Pape assimile la vision de saint Ignace de Loyola telle qu'elle est exprimée dans ses Exercices spirituels. Il affirme que dans «les désirs élargissent le cœur», et en eux, «on peut discerner la voix de Dieu» dans l'histoire d'aujourd'hui.

 

«Comme on le comprend, le désir est la source qui ouvre notre existence et qui est modulée au "milieu" de chaque vie. Bergoglio, souligne le père Spadaro, en suivant les points principaux du livre, ne parle jamais d'un désir héroïque et sublime, loin du quotidien. Il est fondé sur la simple reconnaissance de notre être de créature, qui est le "principe et le fondement" de la vie spirituelle. Ainsi s’ouvre le chemin de la recherche de notre vérité aux yeux de Dieu. Mais aussi le chemin dans lequel nous cherchons la vérité de Dieu à notre sujet. Bergoglio prend soin de rappeler que le chemin spirituel n'est jamais un voyage "ailleurs" et n'a rien à voir avec un chemin pseudo-mystique qui "promeut des fables inventées par nos cœurs anxieux et non purifiés". Le véritable voyage intérieur implique la "prise en charge" de notre âge, de notre pauvreté, de l'histoire qui nous appartient».

 

 

S’abandonner à Dieu pour faire alliance avec Lui

D'où cet itinéraire spirituel en présence de Dieu et de soi-même, que le volume aborde en particulier dans la troisième partie. En parlant de l'aspect de la connaissance de soi - en l'occurrence par une série d’indications et de lignes directrices utiles pour accompagner la formation des novices - l'auteur nous invite à rechercher l'authenticité dans ce chemin de croissance, qui peut être valable pour tous les chemins de foi. «L'homme qui va vers Dieu, observe Bergoglio, doit apprendre à se connaître, il doit se connaître dans ses aspirations les plus intimes. Il doit chercher Dieu avec sa réalité précise, et non avec un masque. Il doit grandir à l'intérieur, avec son propre squelette, et ne pas demander la force d'une cuirasse».

 

«Le lecteur, commente le père Spadaro, se trouvera ici tout d'abord confronté au mystère de lui-même par rapport à son Seigneur. Aucune lecture détachée et objective ne pourra ouvrir l’écrin de ces pages. La seule façon de les lire, de les comprendre, est l'implication personnelle». Pour Bergoglio, le mysticisme n'est jamais abstrait, mais lié au caractère concret de l'histoire, voire de sa propre histoire. C'est pourquoi la connaissance de Dieu et la connaissance de soi vont de pair. La suite du Christ consiste essentiellement en un abandon radical «entre les mains du Père et à donner sa propre disponibilité à être abandonné par le Père». En bref, «être prêt à "perdre" Dieu pour être vraiment avec Lui. C'est sur cet abandon que se fonde la mission et la nature même de la mission de l'Église».

 

 

Vidé de soi, et au service de Dieu

Au début de la quatrième partie, Bergoglio explique avec concision: «Les chrétiens sont divisés en deux catégories : ceux qui restent fermes et ceux qui ne restent pas fermes. Ces derniers sont séduits». Dans cette section, intitulée “Paroles sur Noël”, l'auteur s'attarde sur le silence, la communauté, l'amour et la force d'âme, le «désir d'être bon», et expose aussi la valeur de la «persévérance dans la vocation». «Résister, endurer, patienter, tolérer, c'est être ferme face aux "mouvements" qui tentent de nous faire échouer», écrit-il. La cinquième partie, “Quelques aspects de la vie religieuse”, sonde les faiblesses et indique le point d'arrivée idéal, avec des paragraphes allant de "La séduction du bien-être" ou "Infidélité et incertitude" à "Paix et identité", "Courage apostolique et constance", avec cette dialectique que Bergoglio identifie entre "la croix et le sens guerrier de la vie".

 

Toute la méditation de Jorge Mario Bergoglio, lit-on dans la préface, vient de la contemplation du cœur de Dieu qui, par amour, s'est «vidé». Ce processus de “vidage”, expliquait le Pape François le 3 janvier 2014 aux jésuites réunis dans l'église du Gesù à Rome, provoque «l’inquiétude de notre abîme», qui nous ouvre au Deus semper maior, au Dieu qui nous surprend sans cesse en dépassant nos idéaux et nos désirs. Cette clé permet aussi de comprendre ce que signifiait pour le futur Pape le fait d'être membre de la Compagnie de Jésus: ce sujet trouve une large place dans la sixième et dernière partie du volume, intitulée "Les Jésuites", articulée entre l'histoire de la présence jésuite en Argentine et les critères de la vie apostolique, avec un espace particulier sur le rôle des laïcs et du peuple.

 

Le livre se termine par une méditation intitulée "Le Seigneur du miracle de Salta", dans laquelle trouve place le thème de la grâce, entrelacé avec la prière, la patience, la pénitence et la croix. Bergoglio écrit:

 

«C'est la gratitude qui enracine une grâce en nous. Si un cœur ne se nourrit pas de gratitude, l'espérance change de signe: non plus le sentiment de gratitude de ceux qui ont reçu, et dont la main est encore tendue pour recevoir, mais la hâte ingrate qui rejette tout parce que tout lui semble peu»

 

 

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 13:05

       Ce vendredi 19 juin, l'Église célèbre le Sacré-Cœur de Jésus. Le Sacré-Cœur de Jésus est le symbole de l'amour dont le Christ, Fils du Père, a fait preuve en donnant sa vie pour sauver le monde. Vivez en direct la messe en cette solennité : 

 

 

Le sens de cette fête
Le mois de juin est consacré au Sacré-Cœur de Jésus. Le vendredi après la célébration du Saint-Sacrement, l'Église célèbre le Sacré-Cœur de Jésus. Il s'agit d'une dévotion à l'amour que le Christ a pour les hommes en donnant sa vie pour les sauver.

En contemplant le Sacré-Cœur du Sauveur de l'humanité, l'Église se laisse guider jusqu'au plus profond mystère de l'amour entre l'homme et Dieu. 

 

L'histoire de cette solennité

Cette fête catholique nait au XVIIe siècle, à la suite de révélations accordées à une religieuse bourguignonne : sainte Marguerite-Marie.  En 1675, à Paray-le-Monial, le Christ apparaît plusieurs fois à cette religieuse, et lui fait découvrir la dévotion à son Sacré-Cœur. Cette dévotion est reconnue par le pape Clément XIII en 1765, et instaure la solennité en 1765. Elle est étendue à l’église universelle, et inscrite au calendrier liturgique par le pape Pie IX en 1856. 

À cette occasion, il bénit aussi le projet d'édification de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre en France, qui fut édifiée en signe de consécration de la France au Sacré-Cœur.

Depuis 2002, cette fête est cumulée avec la prière pour la sanctification des prêtres, car les prêtres témoignent par leur vie donnée de l'amour de Dieu pour les hommes. Ils sont "l'amour du Cœur de Jésus", disait le saint Curé d'Ars.

 

Prière au Sacré-Cœur de Jésus

Ô Cœur de Jésus, broyé à cause de nos péchés,
Cœur de Jésus attristé et martyrisé par tant de crimes et de fautes,
Cœur de Jésus, victime de toutes les iniquités,
Je Vous aime de toute mon âme et par-dessus toutes choses,
Je Vous aime pour ceux qui Vous méprisent et Vous délaissent,
Je Vous aime pour ceux qui Vous outragent et Vous empêchent de régner,
Je Vous aime pour ceux qui Vous abandonnent seul dans la Sainte Eucharistie,
Je Vous aime pour les âmes ingrates qui osent profaner votre Sacrement d’Amour par leurs insultes et leurs sacrilèges,
Cœur de Jésus, pardonnez aux pêcheurs, ils ne savent pas ce qu’ils font !
Cœur de Jésus, soutenez ceux qui propagent votre Saint Nom !
Cœur de Jésus, soutenez tous ceux qui souffrent et qui luttent !
Cœur de Jésus, faites que la société s’inspire en tout de votre Saint Évangile, seule sauvegarde de la Justice et de la Paix !
Cœur de Jésus, que les familles et les nations proclament vos droits !
Cœur de Jésus, régnez sur ma patrie !
Cœur de Jésus, que votre Règne arrive par le Cœur Immaculé de Marie !
Ainsi soit-il.

 

 

Prière de sainte Marguerite Marie

Père éternel,
je vous offre le Cœur de Jésus-Christ,
votre Fils bien-aimé,
comme il s’est offert lui-même
en sacrifice pour moi.
Recevez cette offrande que je vous fais,
comme aussi tous les désirs,
tous les sentiments,
toutes les affections,
tous les mouvements,
tous les actes de ce Sacré-Cœur.
Ils sont miens,
puisqu’il s’est immolé lui-même pour moi,
et je veux à l’avenir ne désirer que lui seul.
Recevez-les en satisfaction pour mes péchés,
et en action de grâce pour vos bienfaits.
Recevez-les
et accordez-moi par ses mérites,
toutes les grâces qui me sont nécessaires,
et surtout la grâce de la persévérance finale.
Recevez-les comme autant d’actes d’amour,
d’adoration, de louanges
que j’offre à votre divine majesté,
puisque c’est par le Cœur de Jésus
que vous pouvez être dignement honoré et glorifié.

Sainte Marguerite-Marie

 

 

La prière des évêques de France

Seigneur Jésus,

notre lumière, notre force, notre paix, notre joie,après ces mois d’épreuve sanitaire,

en communion avec tous nos frères et sœurs dans la foi,nous nous confions à toi.

Nous te confions ceux qui sont morts et ceux qu’ils laissent dans le chagrin.

Nous venons aussi te rendre grâce et te confier notre pays.

Sois béni d’avoir été à nos côtés alors que nous traversions l’épreuve de la pandémie, comme tu nous as protégés en bien d’autres circonstances de notre histoire.

Sois béni pour la prière que ton Esprit a maintenue vivante alors que ceux qui croient en toi ne pouvaient se rassembler pour te célébrer.

Sois béni pour les multiples gestes fraternels à l’égard des plus démunis et pour le dévouement des soignant set de tous ceux qui, dans la discrétion, ont permis notre vie quotidienne.

Sois béni pour l’accompagnement des malades et le soutien aux familles éprouvées.

Sois béni pour l’engagement de ceux qui doivent veiller sur toutes les composantes de notre communauté nationale.

Nous t’en prions,accorde maintenant à tous la grâce du discernement et de la détermination pour mettre en œuvre les conversions nécessaires et faire face aux difficultés économiques, aux défis et aux opportunités de la période à venir.

À chacun des membres de ton Église,accorde d’être attentif à tous et d’annoncer ton Évangile.

Seigneur Jésus,remplis-nous de l’amour qui jaillit de ton Cœur transpercé, libère-nous de toute peur, fais de nous des témoins de l’espérance dont tu nous rends capables,jusqu’au jour où tu nous accueilleras dans la Cité céleste.

 

AMEN.

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 12:13
 

Audience générale du Saint-Père

depuis la Bibliothèque du palais apostolique

 

 

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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 16:11
CORPUS DOMINI : L'EUCHARISTIE EST LE «MÉMORIAL QUI GUÉRIT NOTRE MÉMOIRE»

C’est en la Basilique Saint-Pierre que le Pape François a célébré ce dimanche 14 juin la messe de la Fête-Dieu, devant une cinquantaine de fidèles. «L’Eucharistie n’est pas un simple souvenir, a souligné le Saint-Père, c’est un fait». Un fait par lequel Jésus-Christ vient guérir les mémoires et nous appelle à servir à notre tour.

 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

 

 

En raison des mesures liées à la pandémie de coronavirus, l’évêque de Rome ne s’est pas déplacé ce dimanche dans une paroisse de son diocèse pour célébrer la messe du Corpus Domini, comme ce fut le cas les années précédentes. La cérémonie s’est déroulée cette fois en la Basilique Saint-Pierre, à l’autel de la Chaire, devant un parterre de fidèles espacés les uns des autres.   

 

Sur l’autel, la mort et de la résurrection du Christ

L’homélie de cette solennité du Corps et du Sang du Christ a permis au Pape François de revenir sur la signification de l’Eucharistie, «mémorial» laissé par Dieu pour venir au secours de notre «fragile» mémoire. La mémoire, a-t-il expliqué, est «la vie qui nous unit à Dieu et aux autres», mais elle peut défaillir. Or ce mémorial ne consiste pas seulement en des paroles ou des signes, pouvant eux aussi être sujets à l’oubli, mais en une «Nourriture» dont on perçoit la saveur, «un Pain dans lequel Il est là, vivant et vrai, avec toute la saveur de son amour».

 

«Faites cela en mémoire de moi» (1 Co 11, 24), entend-on lors de chaque messe. «Faites: l’Eucharistie n’est pas un simple souvenir, c’est un fait: c’est la Pâques du Seigneur qui revit pour nous», a souligné le Saint-Père. «Nous ne pouvons pas nous en passer, c’est le mémorial de Dieu. Et il guérit notre mémoire blessée». Que signifie une «mémoire blessée» et guérie? Le Pape l’a précisé en trois points.

 

Aimés donc relevés

Il y a d’abord la «mémoire orpheline», marquée «par le manque d’affection et par les déceptions brûlantes». L’Eucharistie apporte alors un amour plus grand, aux dimensions de la Trinité: «l’amour fidèle du Père, qui guérit notre état d’orphelins»; l’amour du Christ, crucifié et ressuscité pour chacun de nous; l’amour de l’Esprit Saint consolateur.

 

L’Eucharistie guérit aussi «la mémoire négative», emplie d’une mauvaise image de soi-même. Si nous pensons que «nous ne sommes bons à rien», Jésus vient au contraire «nous dire que ce n’est pas le cas», a expliqué le Souverain Pontife. «Il nous rappelle que nous sommes précieux», «attendus», parce qu’il est «vraiment amoureux de nous».

 

«Le Seigneur sait que le mal et les péchés ne sont pas notre identité; ce sont des maladies, des infections. Et il vient pour les soigner avec l’Eucharistie, qui contient les anticorps pour notre mémoire malade de négativité. Avec Jésus nous pouvons nous immuniser contre la tristesse», a poursuivi François.

 

Les soucis ne disparaissent pas pour autant, mais ils se font moins oppressants. «Voici la force de l’Eucharistie, qui nous transforme en porteurs de Dieu: porteurs de joie et non de négativité», une joie qui «change la vie» si nous savons l’accueillir et en témoigner.

 

Servir son prochain et adorer le Seigneur

Enfin, le Seigneur guérit «notre mémoire fermée», chargée de blessures qui nous rendent «à la longue cynique et indifférents», avides de contrôle pour surmonter nos peurs. Mais «seul l’amour guérit à la racine la peur et libère des fermetures qui emprisonnent», a déclaré le Pape. Jésus agit ainsi «dans la fragilité désarmante de l’Hostie». Il devient «Pain rompu pour briser les coques de nos égoïsmes», pour nous libérer «des blocages intérieurs, des paralysies du cœur». L’Eucharistie permet aussi de se détacher de «mille choses inutiles».

 

Cette guérison opérée par Jésus Hostie nous relève et «allume le désir de servir». Comme l’a souligné François, «nous ne sommes pas seulement des bouches à nourrir, mais aussi ses mains pour nourrir le prochain». D’où cet appel à «de vraies chaînes de solidarité», manifestant à nos frères et sœurs la proximité expérimentée dans l’Eucharistie.

 

Le Saint-Père a conclu en qualifiant la Messe de «Mémorial qui guérit notre mémoire», de «trésor à mettre à la première place dans l’Église et dans la vie». Il a aussi invité à redécouvrir «l’adoration, qui poursuit en nous l’œuvre de la Messe». L’adoration nous «guérit à l’intérieur»: «surtout maintenant, nous en avons vraiment besoin», a-t-il insisté.

 

La célébration s’est justement terminée par un temps d’adoration du Saint-Sacrement et la bénédiction eucharistique donnée par le Successeur de Pierre.  L'antienne mariale Sub Tuum Praesidium a enfin été entonnée devant un tableau figurant la Vierge Marie, et placé à proximité de l'autel.

 

 

 

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