Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 19:21
REGINA CAELI DU 13 AVRIL 2020

En direct de Rome.

L’antienne « Regina caeli » en latin, « Reine du Ciel » en français, la plus récente des Antiennes mariales (XIVe siècle) remplace la Prière de l’Angelus durant le Temps pascal car elle exprime la joie de la Résurrection du Christ. Cette antienne ne parle plus de "vallée de larmes" comme dans l’Antienne Salve Regina mais de résurrection et de ciel, dont Marie est la Reine auprès de son Fils.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 16:59
ANDREAS SOLARO / POOL / AFP

ANDREAS SOLARO / POOL / AFP

« Comme une nouvelle flamme, la Bonne Nouvelle s’est allumée dans la nuit : la nuit d’un monde déjà aux prises avec des défis du moment et maintenant opprimé par la pandémie [de covid-19], qui met à dure épreuve notre grande famille humaine », a déclaré avec force le pape François ce 12 avril dans son traditionnel message pascal depuis la basilique Saint-Pierre. Il a ensuite donné la bénédiction Urbi et Orbi, « à la ville et au Monde ».

 

À Pâques, « c’est une autre “contagion”, qui se transmet de cœur à cœur – parce que tout cœur humain attend cette Bonne nouvelle. C’est la contagion de l’espérance : “Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! ” », a rappelé le pape François dimanche 12 avril dans son message pascal précédant la bénédiction Urbi et Orbi. Un message plein d’espérance au cours duquel il a assuré de sa pensée « tous ceux qui ont été frappés directement par le coronavirus », les défunts, les malades, leurs familles mais aussi l’ensemble du corps médical et tous ceux qui restent chez eux et dont la vie « a changé à l’improviste » du jour au lendemain.

 

 

Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques!

 

Aujourd’hui retentit dans le monde entier l’annonce de l’Église: « Jésus Christ est ressuscité ! » – « Il est vraiment ressuscité! ».

 

Comme une nouvelle flamme, cette Bonne Nouvelle s’est allumée dans la nuit : la nuit d’un monde déjà aux prises avec des défis du moment et maintenant opprimé par la pandémie, qui met à dure épreuve notre grande famille humaine. En cette nuit la voix de l’Église a résonné : « Le Christ, mon espérance, est ressuscité! » (Séquence pascale).

 

C’est une autre “contagion”, qui se transmet de cœur à cœur – parce que tout cœur humain attend cette Bonne Nouvelle. C’est la contagion de l’espérance : « Le Christ, mon espérance, est ressuscité! » Il ne s’agit pas d’une formule magique, qui fait s’évanouir les problèmes. Non, la résurrection du Christ n’est pas cela. Elle est au contraire la victoire de l’amour sur la racine du mal, une victoire qui “ n’enjambe pas” la souffrance et la mort, mais les traverse en ouvrant une route dans l’abime, transformant le mal en bien: marque exclusive de la puissance de Dieu.

 

Le Ressuscité est le Crucifié, pas un autre. Dans son corps glorieux il porte, indélébiles, les plaies: blessures devenues fissures d’espérance. Nous tournons notre regard vers lui pour qu’il guérisse les blessures de l’humanité accablée.

 

 

Ceux qui ont été frappés directement par le coronavirus

 

Aujourd’hui ma pensée va surtout à tous ceux qui ont été frappés directement par le coronavirus : aux malades, à ceux qui sont morts et aux familles qui pleurent la disparition de leurs proches, auxquels parfois elles n’ont même pas pu dire un dernier au revoir. Que le Seigneur de la vie accueille avec lui dans son royaume les défunts et qu’il donne réconfort et espérance à ceux qui sont encore dans l’épreuve, spécialement aux personnes âgées et aux personnes seules. Que sa consolation ne manque pas, ni les aides nécessaires à ceux qui se trouvent dans des conditions de vulnérabilité particulière, comme ceux qui travaillent dans les maisons de santé, ou qui vivent dans les casernes et dans les prisons. Pour beaucoup, c’est une Pâques de solitude, vécue dans les deuils et les nombreuses difficultés que la pandémie provoque, des souffrances physiques aux problèmes économiques.

 

Cette maladie ne nous a pas privé seulement des affections, mais aussi de la possibilité d’avoir recours en personne à la consolation qui jaillit des Sacrements, spécialement de l’Eucharistie et de la Réconciliation. Dans de nombreux pays il n’a pas été possible de s’approcher d’eux, mais le Seigneur ne nous a pas laissés seuls! Restant unis dans la prière, nous sommes certains qu’il a mis sa main sur nous (cf. Ps 138, 5), nous répétant avec force: ne crains pas, « je suis ressuscité et je suis toujours avec toi » (cf. Missel romain) !

 

« Que Jésus, notre Pâque, donne force et espérance aux médecins et aux infirmiers, qui partout offrent au prochain un témoignage d’attention et d’amour jusqu’à l’extrême de leurs forces. »

 

Que Jésus, notre Pâque, donne force et espérance aux médecins et aux infirmiers, qui partout offrent au prochain un témoignage d’attention et d’amour jusqu’à l’extrême de leurs forces et souvent au sacrifice de leur propre santé. À eux, comme aussi à ceux qui travaillent assidument pour garantir les services essentiels nécessaires à la cohabitation civile, aux forces de l’ordre et aux militaires qui en de nombreux pays ont contribué à alléger les difficultés et les souffrances de la population, va notre pensée affectueuse, avec notre gratitude.

 

Au cours de ces semaines, la vie de millions de personnes a changé à l’improviste. Pour beaucoup, rester à la maison a été une occasion pour réfléchir, pour arrêter les rythmes frénétiques de la vie, pour être avec ses proches et jouir de leur compagnie. Pour beaucoup cependant c’est aussi un temps de préoccupation pour l’avenir qui se présente incertain, pour le travail que l’on risque de perdre et pour les autres conséquences que la crise actuelle porte avec elle. J’encourage tous ceux qui ont des responsabilités politiques à s’employer activement en faveur du bien commun des citoyens, fournissant les moyens et les instruments nécessaires pour permettre à tous de mener une vie digne et pour favoriser, quand les circonstances le permettront, la reprise des activités quotidiennes habituelles.

 

 

Ce temps n’est pas celui de l’indifférence et des égoïsmes…

 

Ce temps n’est pas le temps de l’indifférence, parce que tout le monde souffre et tous doivent se retrouver unis pour affronter la pandémie. Jésus ressuscité donne espérance à tous les pauvres, à tous ceux qui vivent dans les périphéries, aux réfugiés et aux sans-abri. Que ces frères et sœurs plus faibles, qui peuplent les villes et les périphéries de toutes les parties du monde, ne soient pas laissés seuls. Ne les laissons pas manquer des biens de première nécessité, plus difficiles à trouver maintenant alors que beaucoup d’activités sont arrêtées, ainsi que les médicaments et, surtout, la possibilité d’une assistance sanitaire convenable. En considération des circonstances, que soient relâchées aussi les sanctions internationales qui empêchent aux pays qui en sont l’objet de fournir un soutien convenable à leurs citoyens, et que tous les États se mettent en condition de faire front aux nécessités majeures du moment, en réduisant, si non carrément en remettant, la dette qui pèse sur les budgets des plus pauvres.

 

Ce temps n’est pas le temps des égoïsmes, parce que le défi que nous affrontons nous unit tous et ne fait pas de différence entre les personnes. Parmi les nombreuses régions du monde frappées par le coronavirus, j’adresse une pensée spéciale à l’Europe. Après la deuxième guerre mondiale, ce continent bien-aimé a pu renaître grâce à un esprit concret de solidarité qui lui a permis de dépasser les rivalités du passé. Il est plus que jamais urgent, surtout dans les circonstances actuelles, que ces rivalités ne reprennent pas vigueur, mais que tous se reconnaissent membres d’une unique famille et se soutiennent réciproquement. Aujourd’hui, l’Union Européenne fait face au défi du moment dont dépendra, non seulement son avenir, mais celui du monde entier. Que ne se soit pas perdue l’occasion de donner une nouvelle preuve de solidarité, même en recourant à des solutions innovatrices. L’alternative est seulement l’égoïsme des intérêts particuliers et la tentation d’un retour au passé, avec le risque de mettre à dure épreuve la cohabitation pacifique et le développement des prochaines générations.

 

 

…Ni celui des divisions et de l’oubli

 

Ce temps n’est pas le temps des divisions. Que le Christ notre paix éclaire tous ceux qui ont des responsabilités dans les conflits, pour qu’ils aient le courage d’adhérer à l’appel pour un cessez le feu mondial et immédiat dans toutes les régions du monde. Ce n’est pas le temps de continuer à fabriquer et à trafiquer des armes, dépensant des capitaux énormes qui devraient être utilisés pour soigner les personnes et sauver des vies. Que ce soit au contraire le temps de mettre finalement un terme à la longue guerre qui a ensanglanté la Syrie, au conflit au Yémen et aux tensions en Irak, comme aussi au Liban. Que ce temps soit le temps où Israéliens et Palestiniens reprennent le dialogue, pour trouver une solution stable et durable qui permette à tous deux de vivre en paix. Que cessent les souffrances de la population qui vit dans les régions orientales de l’Ukraine. Que soit mis fin aux attaques terroristes perpétrées contre tant de personnes innocentes en divers pays de l’Afrique.

Ce temps n’est pas le temps de l’oubli. Que la crise que nous affrontons ne nous fasse pas oublier tant d’autres urgences qui portent avec elles les souffrances de nombreuses personnes. Que le Seigneur de la vie se montre proche des populations en Asie et en Afrique qui traversent de graves crises humanitaires, comme dans la région de Cabo Delgado, au nord du Mozambique. Qu’il réchauffe le cœur des nombreuses personnes réfugiées et déplacées, à cause de guerres, de sécheresse et de famine. Qu’il donne protection aux nombreux migrants et réfugiés, beaucoup d’entre eux sont des enfants, qui vivent dans des conditions insupportables, spécialement en Libye et aux frontières entre la Grèce et la Turquie. Qu’il permette au Venezuela d’arriver à des solutions concrètes et immédiates pour accorder l’aide internationale à la population qui souffre à cause de la grave conjoncture politique, socio-économique et sanitaire.

 

 

Chers frères et sœurs,

 

indifférence, égoïsme, division, oubli ne sont pas vraiment les paroles que nous voulons entendre en ce temps. Nous voulons les bannir en tout temps! Elles semblent prévaloir quand la peur et la mort sont victorieuses en nous, c’est-à-dire lorsque nous ne laissons pas le Seigneur Jésus vaincre dans notre cœur et dans notre vie. Lui, qui a déjà détruit la mort nous ouvrant le chemin du salut éternel, qu’il disperse les ténèbres de notre pauvre humanité et nous introduise dans son jour glorieux qui ne connaît pas de déclin.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 16:47
 
Journaliste au Figaro, Rédacteur en chef, chargé des religions

 

Le pape réclame un cessez le feu mondial et propose d'annuler la dette des pays les plus pauvres.

 

Cette année, François a respecté le strict confinement ordonné en Italie, en restant dans la basilique Saint-Pierre pour sa bénédiction Urbi et Orbi.

 

Le pape François célébrant la messe de Pâques, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome. ANDREAS SOLARO / AFP

Le pape François célébrant la messe de Pâques, dimanche 12 avril en la basilique Saint-Pierre de Rome. ANDREAS SOLARO / AFP

Abolition de la dette pour les pays les plus pauvres et « courage » d'un « cessez le feu mondial » avec arrêt de la fabrication des armes sont les deux demandes majeures du pape dans son traditionnel message de Pâques, prononcé le dimanche 12 avril 2020 pour un monde « opprimé par la pandémie, qui met à rude épreuve notre grande famille humaine » où il a également demandé « tout spécialement » à l'Europe de ne pas succomber au démon des divisions du passé. François a d'ailleurs poussé ce cri : « indifférence, égoïsme, division, oubli ne sont pas vraiment les paroles que nous voulons entendre en ce temps. Nous voulons les bannir en tout temps ! »

 

Le chef de l’Église catholique a délivré ce message Urbi et Orbi, à la ville et au monde, non depuis la place Saint-Pierre devant la foule habituelle mais de l'intérieur de la basilique fermée au public. Lieu où se sont déroulées la plupart des grandes liturgies depuis jeudi saint.

 

Pour Pâques, le pape a pensé «aux malades», aux «morts» et aux «familles». POOL / REUTERS

Pour Pâques, le pape a pensé «aux malades», aux «morts» et aux «familles». POOL / REUTERS

« Ce temps n'est pas le temps des égoïsmes, a aussi lancé François parce que le défi que nous affrontons nous unit tous et ne fait pas de différence entre les personnes. »

 

D'où sa première demande concernant la dette : « en considération des circonstances, que soient relâchées aussi les sanctions internationales qui empêchent aux pays qui en sont l'objet de fournir un soutien convenable à leurs citoyens, et que tous les États se mettent en condition de faire front aux nécessités majeures du moment, en réduisant, si non carrément en remettant, la dette qui pèse sur les budgets des plus pauvres ».

 

Et cette seconde requête, pour un arrêt des conflits armés que François avait déjà formulée récemment car « ce n'est pas le temps des divisions » : « Que le Christ notre paix éclaire tous ceux qui ont des responsabilités dans les conflits, pour qu'ils aient le courage d'adhérer à l'appel pour un cessez le feu mondial et immédiat dans toutes les régions du monde. Ce n'est pas le temps de continuer à fabriquer et à trafiquer des armes, dépensant des capitaux énormes qui devraient être utilisés pour soigner les personnes et sauver des vies. » Il a alors mentionné, la Syrie, le Yémen, l'Irak, le Liban, Israël et Palestine, l'Ukraine et les « attaques terroristes » en « divers pays d'Afrique ».

 

Message à l'Europe

Mais il a aussi adressé - nouveauté de ce message 2020 - « une pensée spéciale à l'Europe » : « Il est plus que jamais urgent, surtout dans les circonstances actuelles, que ces rivalités ne reprennent pas vigueur, mais que tous se reconnaissent membres d'une unique famille et se soutiennent réciproquement ». L'avenir de l'Europe en dépend, a-t il prévenu, mais aussi « le monde entier ». Oui, à la « solidarité » européenne a insisté François, non « à l'égoïsme » et à « la tentation d'un retour au passé ».

 

Évoquant ensuite les crises humanitaires, le pape a cité la région de Cabo Delgado au Mozambique et le Vénézuela. Citant la question des « migrants et réfugiés », il a évoqué « les conditions insupportables » qui sont notamment vécues par les « enfants » en Libye et aux frontières entre la Turquie et la Grèce.

 

François a aussi attiré l'attention dans les pays touchés par la pandémie sur le sort des « pauvres », de « tous ceux qui vivent dans les périphéries », sur les « réfugiés » et les « sans-abri ». Qu'ils ne soient pas « laissés seuls » et « sans médicament » a-t-il demandé car « ce n'est pas le temps de l'indifférence ».

 

Contagion

 

Évoquant, au début de son message, une autre « contagion », celle qui se transmet « de cœur à cœur », c'est-à-dire, « la contagion de l'Espérance », François a tonné pour dire que ce n'est « pas une formule magique » mais « la victoire de l'amour sur la racine du mal » par « la résurrection du Christ ». Elle « n'enjambe pas la souffrance » mais « la traverse ». Dans cet esprit, le pape s'est alors dit particulièrement proche « des malades », de ceux qui « sont morts » et des « familles qui les pleurent » sans avoir pu souvent leur dire « un dernier au revoir ». Il a aussi dit sa gratitude aux « médecins et infirmiers » et les « forces de l'ordre et les militaires » qui œuvres « à la cohabitation civile » ainsi qu'aux « responsables politiques ».

 

Il a aussi encouragé tous ceux qui « sont restés à la maison » de « manière improviste » coupant « les rythmes frénétiques » mais pouvant « être proches » de leur famille et « jouir de sa compagnie » même s'ils sont « préoccupés par le travail que l'on risque de perdre ».

 

Le jour de Pâques les chrétiens fête la résurrection du Christ après sa mort sur la croix, relatée par tous les Évangiles. Une occasion, pour le pape - comme à chaque Noël - de délivrer une bénédiction spéciale adressée à la terre entière après lecture d'un « message Urbi et Orbi » toujours adaptée au circonstances du temps et souvent à dimension géopolitique.

Partager cet article
Repost0
8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 21:42

Audience générale du Mercredi Saint, 8 avril 2020 © Vatican Media

 

Les leçons de la pandémie et la conversion
à réaliser, par le pape François

Entretien avec la presse anglophone (2)

 

Le pape François pointe du doigt les leçons sociales de la pandémie du Coronavirus Covid-19 et la conversion à réaliser, dans un entretien au journaliste britannique Austen Ivereigh publié sur The Tablet (Londres) et Commonweal (New York) ce 8 avril 2020.

 

A la faveur de cette crise sanitaire, estime le pape, « nous sommes en train de réaliser que toute notre pensée, que cela nous plaise ou non, est structurée autour de l’économie. On dirait que dans le monde financier il est normal de sacrifier. C’est une politique de la culture du rejet ».

 

Il dénonce en ce sens la sélection prénatale : « Aujourd’hui il est très difficile de rencontrer des personnes porteuses du syndrome de Down. Quand on les voit à l’échographie, on les retourne à l’expéditeur ». De même l’euthanasie est répandue, qu’elle soit « légale ou occulte ». Dans son encyclique Humanae vitae, Paul VI avait donné « un avertissement » sur la « vague de néomalthusianisme que nous voyons aujourd’hui dans la sélection des personnes selon leur capacité à produire, à être utiles ».

 

Quant à l’environnement, « nous n’avons pas écouté les catastrophes », signale le pape en énumérant les incendies en Australie, la fonte de la banquise : « Je ne sais pas s’il s’agit de la vengeance de la nature, mais c’est sa réponse. »

 

Soit nous sommes cohérents, soit nous perdons tout

 

« Cette crise nous touche tous : riches et pauvres », constate le pape François qui y voit « un appel à faire attention à l’hypocrisie » : « Je suis préoccupé par l’hypocrisie de certains personnages politiques qui disent qu’ils veulent affronter la crise, qui parlent de la faim dans le monde, et qui fabriquent des armes pendant qu’ils parlent. C’est le moment de nous convertir de cette hypocrisie à l’œuvre. Car c’est un temps de cohérence. Soit nous sommes cohérents, soit nous perdons tout. »

 

« Chaque crise est une menace, mais aussi une opportunité, poursuit-il… aujourd’hui je crois que nous devons ralentir un rythme de consommation et de production déterminé et apprendre à comprendre et à contempler la nature. Et à nous reconnecter à notre environnement réel. C’est une opportunité de conversion. »

 

Le pape remarque « des débuts de signes de conversion à une économie moins liquide, plus humaine ». Mais « nous ne devrons pas perdre la mémoire une fois passée la situation actuelle, nous ne devrons pas la classer aux archives et revenir à la situation précédente. C’est le moment de faire le pas. De passer de l’utilisation et de l’exploitation de la nature à la contemplation. Nous les hommes avons perdu la dimension de la contemplation; le moment est venu de la retrouver. »

 

C’est aussi le moment « de voir le pauvre… de découvrir les nombreuses personnes marginalisées… elles sont là, nous passons à côté d’elles, mais nous ne les voyons pas. Elles font partie du paysage, ce sont des choses ». Voir les pauvres signifie « leur rendre leur humanité ».

 

Mentionnant Les Carnets de la maison morte de Dostoïevski, où des gardes maltraitent le corps d’un détenu tout juste mort, le pape cite un prisonnier prenant sa défense : « Ça suffit ! Lui aussi avait une mère ». Tout pauvre « a eu une mère », mais « nous dépossédons les pauvres, nous leur refusons le droit à rêver de leur mère ». Il s’agit donc de passer « de la société hyper-virtualisée, désincarnée, à la chair souffrante du pauvre » : « si nous ne commençons pas là, la conversion n’a pas d’avenir ».

 

« Faites votre devoir sacerdotal »

 

Comment l’Église doit-elle sortir de cette crise ? « Moins accrochée aux schémas », répond le pape, ce qui ne signifie pas une Église « désinstitutionnalisée » : « L’Église est une institution », sinon c’est une Église « gnostique ».

 

Et le pape de donner un exemple : « Il y a quelques semaines, un évêque italien m’a appelé. Peiné, il me disait qu’il allait d’un hôpital à l’autre pour donner l’absolution à tous ceux qui étaient à l’intérieur, en se mettant dans le hall. Mais des canonistes lui avaient dit que l’absolution était permise seulement en contact direct. ‘Qu’en dites-vous père’ m’a demandé l’évêque. Je lui ai dit : ‘Monseigneur, faites votre devoir sacerdotal’. Et l’évêque me dit : ‘Merci, j’ai compris’. »

 

« En d’autres mots, l’Eglise c’est la liberté de l’Esprit en ce moment devant une crise, et non pas une Eglise renfermée dans les institutions. Cela ne veut pas dire que le droit canonique est inutile… mais le dernier canon dit que tout le sens du droit canonique est le salut des âmes, et c’est là que la porte s’ouvre pour pouvoir sortir apporter la consolation de Dieu dans les moments de difficulté. »

Partager cet article
Repost0
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 08:38
JÉRUSALEM - Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur du patriarcat latin de Jérusalem

JÉRUSALEM - Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur du patriarcat latin de Jérusalem

 

 

Mgr Pierbattista Pizzaballa, administrateur du patriarcat latin de Jérusalem, a célébré pour le dimanche des Rameaux une liturgie depuis le Dominus Flevit sur le Mont des Oliviers, avant de bénir la ville et le monde avec une relique de la Sainte Croix :

 

 

 

Chers amis,

 

Dimanche, nous n’avons pas célébré l’entrée solennelle et magnifique de Jésus dans la ville de Jérusalem comme nous le faisons chaque année, avec des fidèles de toutes les paroisses du diocèse et des pèlerins du monde entier.

 

Nous n’avons pas levé nos palmes et nos rameaux d’oliviers pour crier « Hosanna » à notre Roi, Jésus-Christ. Les rues qui, en ce jour, seraient pleines de monde et de chants, d’hymnes et de cornemuses sont vides et silencieuses.

 

Que nous dit le Seigneur ? Pourquoi tout cela ? Que pouvons-nous faire dans ces moments dramatiques pour la vie du monde et pour la nôtre ?

 

Les habitants de Jérusalem ont accueilli Jésus avec enthousiasme, le reconnaissant comme Roi, comme le Messie attendu, comme celui qui allait enfin recevoir leurs prières.

 

Mais Jésus sait et l’Évangile nous dit que rien n’est si simple. Nous savons qu’il est venu à Jérusalem, non pas pour être intronisé comme David, mais pour être tué. Le sens que Jésus donne à son « entrée triomphale » est différent de celui que les habitants de Jérusalem y ont vu. C’est peut-être la leçon que Jésus veut nous donner aujourd’hui. Nous nous tournons vers Dieu quand quelque chose nous fait mal. Lorsque nous sommes en difficulté, nous voulons soudain tous poser les grandes questions difficiles.

 

En d’autres termes, nous voulons que Jésus devienne le genre de roi et de messie qui résout nos problèmes : la paix, le travail, la vie de nos enfants ou de nos parents, une aide, en bref, les situations difficiles que nous traversons. Nous voulons qu’il nous sauve du Corona Virus, que tout redevienne comme avant…

 

Bien sûr, nous savons que Jésus répond à nos prières et n’exige pas que nos motivations soient pures. Il est venu chercher et sauver les pêcheurs. Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.

 

Mais en même temps, Jésus répond à sa manière. Précisément parce que Jésus dit « oui » à nos désirs les plus profonds, il devra dire « non » à nos désirs immédiats.

 

Les habitants de Jérusalem voulaient un prophète, mais ce prophète leur a dit que leur ville était sous le jugement imminent de Dieu. Ils voulaient un Messie, mais celui-ci va être intronisé sur une croix païenne. Ils voulaient être sauvés du mal et de l’oppression, mais Jésus va les sauver du mal dans toute sa profondeur, et pas seulement du mal de l’occupation romaine et de l’exploitation par les riches.

 

L’histoire de la grande entrée à Jérusalem, en somme, est une leçon sur l’écart entre nos attentes et la réponse de Dieu.

 

La foule sera déçue, car Jésus ne répondra pas à ses attentes de salut immédiat. Mais au fond, il ne va pas en être ainsi : l’entrée de Jésus à Jérusalem est vraiment le moment où le salut naît. Les « Hosanna » étaient justifiées, mais pas pour les raisons que les habitants de Jérusalem avaient supposées. Apprendre cette leçon, c’est faire un grand pas vers la vraie foi chrétienne.

 

Peut-être sommes-nous nous aussi déçus, car nos prières ne sont pas entendues, nos attentes restent sans réponse apparente. Il semble que Dieu ne nous écoute pas. Reconnaissons-le : nous sommes encore loin de cette foi simple et pure, la foi des pauvres. Nous voudrions, nous voulons que notre vie change, ici et maintenant, et non pas dans un avenir vague ou dans l’au-delà. Nous voulons un Dieu tout-puissant et fort, nous voulons avoir foi en un Dieu qui nous donne certitude et sécurité. Puisse-t-il nous calmer dans cette mer de craintes et d’incertitudes dans laquelle nous nous trouvons maintenant.

 

L’Évangile nous dit cependant que la foi chrétienne est fondée sur l’espoir et l’amour, et non sur la certitude. Elle ne résoudra pas tous nos problèmes, elle ne nous donnera pas toutes les certitudes dont notre nature humaine a besoin, mais elle ne nous laissera pas seuls. Nous savons qu’Il nous aime.

 

À son passage, les gens de la foule étendirent leur manteau aux pieds de Jésus et l’accueillirent avec des branches d’olivier et les palmes coupées çà et là. Alors, malgré notre difficulté à comprendre, déposons, nous aussi, devant notre Messie le peu que nous avons, nos prières, nos besoins, notre besoin d’aide, nos pleurs, notre soif de Lui et de Sa parole de consolation. Nous savons qu’il nous faut purifier nos intentions, demandons-Lui aussi cette grâce, de comprendre ce dont nous avons vraiment besoin. Et ici, aujourd’hui, malgré tout, aux portes de Sa et de notre ville, redisons notre désir de vraiment l’accueillir comme notre Roi et notre Messie, et de le suivre sur son chemin vers son trône, la croix. Mais nous lui demandons aussi de nous donner la force de la porter comme lui, avec son amour fécond.

                                                                                                         +Pierbattista

Partager cet article
Repost0
27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 23:34
" La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes ! "
" La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes ! "
" La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes ! "
 
 

Le Pape François a présidé ce vendredi soir, depuis le parvis puis l’atrium de la basilique Saint-Pierre, un temps de prière marqué par l’écoute de la Parole de Dieu, suivi d’une homélie, d'une adoration du Saint-Sacrement et d'une bénédiction Urbi et Orbi à destination des personnes affectées par la pandémie actuelle de coronavirus.

 

Retrouvez ci dessous la vidéo de la célébration, ainsi qu'un article paru sur le site "Vaticannews"

Partager cet article
Repost0
26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 23:26

 

Bénédiction "Urbi et Orbi" exceptionnelle ce vendredi

   

     Le Pape a annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet. « Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l'indulgence plénière.» Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.

       «À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. Proximité à tous », a lancé le Pape, sortant de son texte.

Partager cet article
Repost0
29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 22:31

"Revenez à moi de tout votre cœur
car je suis un Dieu de tendresse"
(cf. Jl 2,12-13)


(♫ Écouter le chant Revenez à moi - Sylvanès ♫)

Les Moines et Moniales de saint Joseph
vous souhaitent une sainte entrée en Carême
et vous assurent de leur intercession.

 

Partager cet article
Repost0
23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 08:30
Chers amis,

Il y a encore quelques années, le mot « martyr » était à peine utilisé. Mais hélas, ce terme est redevenu d’actualité à cause de la vague mondiale d’attentats-suicides. Pire encore, la terreur djihadiste a chargé le terme d’un sens falsifié et effrayant. La signification chrétienne du « martyre » fait en revanche référence à un message très différent.

Les hommes, les femmes et même les enfants que nous vénérons en tant que martyrs ne cherchaient nullement la mort. Au contraire, ils ont aimé la vie jusqu’au dernier moment. Mais ils ont également démontré quelle liberté intérieure donne la foi en Jésus-Christ. Avec la certitude que l’amour de Dieu est plus fort que la mort, ils n’avaient pas peur de la haine, du mal ou des puissances séculières, désireuses de les priver de Dieu. Ils ont accepté la mort en croyant fermement que sacrifier leur vie à la vérité servait au salut du monde.
 
L’Église a été et sera toujours une Église de martyrs, même au 21e siècle. Nous avons besoin, surtout à notre époque, de gens courageux et héroïques qui s’opposent à la haine et à la vengeance.

Chers amis, cette année, notre campagne de Carême est consacrée à ces héros de la foi. La plupart d’entre eux vivent complètement cachés, en témoins silencieux de la grande cause de Dieu. Mais ils nous font l’offrande de leur courage et de leurs bénédictions. Montrons-leur nous aussi notre amour, afin qu’ils sachent qu’ils ne sont pas abandonnés dans leur combat.

                       Je vous bénis avec gratitude.
           Père Martin Barta
                                              Assistant ecclésiastique international de l'AED
 
 
 
PS : inscrivez-vous au Carême 2020 (cliquez ci-dessous), et recevez chaque jour un portrait de témoin de la foi ou de martyr d'aujourd'hui.
 
 
 
Dans cette vidéo, la meilleur amie de Sarah, tuée le 28 octobre 2012 dans un attentat-suicide de Boko Haram au Nigeria pendant la messe, témoigne. Son visage a été abîmé par les attentats, mais sa foi est intacte.

Voir les commentaires

Partager cet article
Repost0
13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 19:49

1 million d’enfants prient le chapelet pour la Mission

 

          L’AED appelle les enfants à participer à l’initiative de prière « Un million d’enfants prient le chapelet ». En ce mois missionnaire extraordinaire, ils sont invités à prier pour les missionnaires et les nouvelles vocations missionnaires.

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mat 28, 19)

 
       Ce 18 octobre 2019, le chapelet sera prié par des milliers de groupes d’enfants. Chaque année, l’AED reçoit des témoignages de cette journée de prière de l’Église universelle, qui ne touche pas que les cœurs des enfants. C’est pourquoi nous invitons enseignants, catéchistes, éducateurs, parents, grands-parents, etc., à participer le 18 octobre en union de prière avec des milliers d’enfants à travers le monde.

       L’idée du chapelet des enfants est née en 2005 à Caracas au Venezuela. Alors que plusieurs enfants priaient le chapelet dans un oratoire dédié à la Vierge Marie, quelques unes des femmes sur place ont fortement ressenti la présence de la Sainte Vierge. Le Padre Pio disait : « Si un million d’enfants prient le chapelet, le monde changera » : ayons confiance dans la force de la prière des enfants. Nous pouvons redynamiser le cœur de l’Église par la prière des enfants et le remplir d’amour missionnaire.

Concrètement : certains groupes prient un chapelet entier, d’autres une dizaine, il est aussi possible d’y joindre une catéchèse sur le chapelet, de brèves lectures et des cantiques adaptés aux enfants. Après la prière, les enfants peuvent être invités à dessiner les mystères du chapelet. Nous aussi, en France, participons nombreux à cette belle action de prière !

 
 
 

 

Partager cet article
Repost0