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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 21:05
Exhortation apostolique : Gaudete et Exsultate : L’appel à la Sainteté

 

Le pape publie Gaudete Et Exsultate, une exhortation apostolique sur l’appel à la sainteté. « Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12)

Mon humble objectif, c’est de faire résonner une fois de plus l’appel à la sainteté, en essayant de l’insérer dans le contexte actuel, avec ses risques, ses défis et ses opportunités. En effet, le Seigneur a élu chacun d’entre nous pour que nous soyons « saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1, 4).

Le Seigneur veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance.

J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. C’est cela, souvent, la sainteté ‘‘de la porte d’à côté’’, de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression, ‘‘la classe moyenne de la sainteté’’.[4]

Nous sommes appelés à vivre la contemplation également au sein de l’action, et nous nous sanctifions dans l’exercice responsable et généreux de notre propre mission.

Pape François

 

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 19:22
1 avril 2018
Pâques : « Voulons-nous participer à cette annonce de vie ou resterons-nous muets devant les événements ? »

Homélie du pape François pour la veillée pascale (Texte intégral)

Veillée pascale à Saint-Pierre © Vatican Media

Veillée Pascale À Saint-Pierre © Vatican Media

« Voulons-nous participer à cette annonce de vie ou resterons-nous muets devant les événements ? » C’est l’invitation qu’a lancée le pape François à la veillée pascale qu’il a célébrée le 31 mars 2018, en la basilique Saint-Pierre : une invitation « à rompre avec les habitudes répétitives, à renouveler notre vie, nos choix et notre existence ».

Évoquant dans son homélie « le poids du silence devant la mort du Seigneur », le pape a ajouté : « C’est la nuit du silence du disciple qui se trouve transi et paralysé… le disciple d’aujourd’hui, sans voix devant une réalité qui s’impose à lui, lui faisant sentir et, ce qui est pire, croire qu’on ne peut rien faire pour vaincre tant d’injustices que nombre de nos frères vivent dans leur chair. C’est le disciple étourdi parce qu’immergé dans une routine accablante qui le prive de la mémoire, qui fait taire l’espérance et l’habitue au “on a toujours fait ainsi”. »

« Le tombeau vide, a souligné le pape François, veut défier, secouer, interroger, mais surtout il veut nous encourager à croire et à avoir confiance que Dieu “vient” dans toute situation, dans toute personne, et que sa lumière peut arriver dans les coins les plus imprévisibles et les plus fermés de l’existence… Il est ressuscité et avec Lui ressuscite notre espérance créative pour affronter les problèmes actuels, parce que nous savons que nous ne sommes pas seuls. »

« Célébrer Pâques, a-t-il poursuivi, signifie croire de nouveau que Dieu fait irruption et ne cesse de faire irruption dans nos histoires, défiant nos déterminismes uniformisants et paralysants. Célébrer Pâques signifie faire en sorte que Jésus soit vainqueur de cette attitude lâche qui tant de fois, nous assiège et cherche à ensevelir tout type d’espérance. »

Voici le texte de l’homélie prononcée par le pape durant la célébration.

                                                                              AK

Homélie du pape François

Nous avons commencé cette célébration à l’extérieur, immergés dans l’obscurité de la nuit et dans le froid qui l’accompagne. Nous sentons le poids du silence devant la mort du Seigneur, un  silence dans lequel chacun de nous peut se reconnaître et qui descend profondément dans les replis du cœur du disciple qui, devant la croix, reste sans parole.

Ce sont les heures du disciple, sans voix devant la douleur engendrée par la mort de Jésus : que dire devant une telle réalité ? Le disciple qui reste sans voix prenant conscience de ses propres réactions durant les heures cruciales de la vie du Seigneur : devant l’injustice qui a condamné le Maître, les disciples ont fait silence ; devant les calomnies et le faux témoignage subi par le Maître, les disciples se sont tus. Durant les heures difficiles et douloureuses de la Passion, les disciples ont fait l’expérience de manière dramatique de leur incapacité à prendre un risque et à parler en faveur du Maître ; de plus, ils l’ont renié, ils se sont cachés, ils ont fui, ils sont restés muets (cf. Jn 18, 25-27).

C’est la nuit du silence du disciple qui se trouve transi et paralysé, sans savoir où aller face à tant de situations douloureuses qui l’oppriment et l’entourent. C’est le disciple d’aujourd’hui, sans voix devant une réalité qui s’impose à lui, lui faisant sentir et, ce qui est pire, croire qu’on ne peut rien faire pour vaincre tant d’injustices que nombre de nos frères vivent dans leur chair.

C’est le disciple étourdi parce qu’immergé dans une routine accablante qui le prive de la mémoire, qui fait taire l’espérance et l’habitue au “on a toujours fait ainsi”. C’est le disciple sans voix et enténébré qui finit par s’habituer et par considérer normale l’expression de Caïphe : « Vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 50)

Et au milieu de nos silences, quand nous nous taisons de manière si accablante, alors les pierres commencent à crier (cf. Lc 19, 40)[1] et à laisser la place à la plus grande annonce que l’histoire ait jamais pu contenir dans son sein : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité » (Mt 28, 6). La pierre du tombeau a crié et par son cri, elle a annoncé à tous un nouveau chemin. Ce fut la création la première à se faire l’écho du triomphe de la Vie sur toutes les réalités qui chercheront à faire taire et à museler la joie de l’Evangile. Ce fut la pierre du tombeau la première à sauter et, à sa manière, à entonner un chant de louange et d’enthousiasme, de joie et d’espérance auquel nous sommes tous invités à prendre part.

Et si hier, avec les femmes, nous avons contemplé « celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19, 37 ; cf. Za 12, 10), aujourd’hui avec elles nous sommes appelés à contempler la tombe vide et à écouter les paroles de l’ange : « Vous, soyez sans crainte ! […] Il est ressuscité » (Mt 28, 5-6). Paroles qui veulent atteindre nos convictions et nos certitudes les plus profondes, nos manières de juger et d’affronter les événements quotidiens ; spécialement notre manière d’entrer en relation avec les autres. Le tombeau vide veut défier, secouer, interroger, mais surtout il veut nous encourager à croire et à avoir confiance que Dieu “vient” dans toute situation, dans toute personne, et que sa lumière peut arriver dans les coins les plus imprévisibles et les plus fermés de l’existence. Il est ressuscité de la mort, il est ressuscité du lieu dont personne n’attendait rien et il nous attend – comme il attendait les femmes – pour nous rendre participants de son œuvre de salut.

Voilà le fondement et la force que nous avons comme chrétiens pour répandre notre vie et notre énergie, notre intelligence, nos affections et notre volonté dans la recherche et spécialement dans le fait de produire des chemins de dignité. Il n’est pas ici… Il est ressuscité ! C’est l’annonce qui soutient notre espérance et la transforme en gestes concrets de charité. Comme nous avons besoin de faire en sorte que notre fragilité soit marquée de cette expérience ! Comme nous avons besoin que notre foi soit renouvelée, que nos horizons myopes soient remis en question et renouvelés par cette annonce !

Il est ressuscité et avec Lui ressuscite notre espérance créative pour affronter les problèmes actuels, parce que nous savons que nous ne sommes pas seuls.

Célébrer Pâques signifie croire de nouveau que Dieu fait irruption et ne cesse de faire irruption dans nos histoires, défiant nos déterminismes uniformisants et paralysants. Célébrer Pâques signifie faire en sorte que Jésus soit vainqueur de cette attitude lâche qui tant de fois, nous assiège et cherche à ensevelir tout type d’espérance.

La pierre du tombeau a fait sa part, les femmes ont fait leur part, maintenant l’invitation est adressée encore une fois à vous et à moi : invitation à rompre avec les habitudes répétitives, à renouveler notre vie, nos choix et notre existence. Une invitation qui nous est adressée là où nous nous trouvons, dans ce que nous faisons et ce que nous sommes ; avec la “part de pouvoir” que nous avons. Voulons-nous participer à cette annonce de vie ou resterons-nous muets devant les événements ?

Il n’est pas ici, il est ressuscité ! Et il t’attend en Galilée, il t’invite à retourner au temps et au lieu du premier amour pour te dire : “ N’aies pas peur, suis-moi”.
_________________________
[1] «Je vous le dis: si eux se taisent, les pierres crieront»

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31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 21:51

Chemin de Croix au Colisée 2018 © Vatican Media

Chemin De Croix Au Colisée 2018 © Vatican 

Prière du pape François

Seigneur Jésus, notre regard se tourne vers toi, plein de honte, de repentance et d’espérance.

Devant ton amour suprême, nous sommes envahis par la honte de t’avoir laissé souffrir seul pour nos péchés:

honte d’avoir fui devant l’épreuve, alors que nous t’avions dit mille fois: « même si tous t’abandonnent, je ne t’abandonnerai jamais »;

honte d’avoir choisi Barabbas et pas toi, le pouvoir et pas toi, l’apparence et pas toi, le dieu de l’argent et pas toi, la mondanité et pas l’éternité;

honte de t’avoir tenté par nos lèvres et par notre cœur, à chaque fois que nous nous sommes retrouvés devant une épreuve, et que nous t’avons dit: « si tu es le messie, sauve-toi et nous croirons! »;

honte parce que tant de gens, et même certains de tes ministres, se sont laissés tromper par l’ambition et la vaine gloire, perdant leur dignité et leur premier amour;

honte parce que nos générations laissent aux jeunes un monde fracturé par les divisions et par les guerres; un monde dévoré par l’égoïsme où les jeunes, les petits, les malades, les personnes âgées sont marginalisés;

honte d’avoir perdu la honte;

Seigneur Jésus, donne-nous toujours la grâce de la sainte honte!

Notre regard est également plein d’une repentance qui, avant ton éloquent silence, supplie ta miséricorde:

repentance qui jaillit de la certitude que toi seul peux nous guérir du mal, toi seul peux nous guérir de notre lèpre de haine, d’égoïsme, d’orgueil, d’avidité, de vengeance, de cupidité, d’idolâtrie, toi seul peux nous embrasser à nouveau en nous restituant notre dignité filiale et te réjouir de notre retour à la maison, à la vie;

repentance qui jaillit du sentiment de notre petitesse, de notre néant, de notre vanité et qui se laisse caresser par ta douce et puissante invitation à la conversion;

repentance de David qui, depuis l’abîme de sa misère, trouve sa seule force toi;

repentance qui naît de notre honte, qui naît de la certitude que notre cœur restera toujours inquiet jusqu’à ce qu’il te trouve, et, en toi, sa seule source de plénitude et de repos;

repentance de Pierre qui, en rencontrant ton regard, a pleuré amèrement de t’avoir renié devant les hommes.

Seigneur Jésus, donne-nous toujours la grâce de la sainte repentance!

Devant ta majesté suprême, dans notre désespoir ténébreux, l’étincelle de l’espérance s’allume, parce que nous savons que ta mesure pour nous aimer est seulement de nous aimer sans mesure;

espérance, parce que ton message continue à inspirer, aujourd’hui encore, tant de personnes et de peuples pour qui seul le bien peut vaincre le mal et la méchanceté, seul le pardon peut détruire la rancœur et la vengeance, pour qui c’est seulement en s’embrassant fraternellement que l’on peut faire disparaître l’hostilité et la peur de l’autre;

espérance parce que ton sacrifice continue, aujourd’hui encore, à exhaler le parfum de l’amour divin comme une caresse sur le cœur de nombreux jeunes qui continuent à te consacrer leur vie et deviennent des exemples vivants de charité et de gratuité dans notre monde dévoré par la logique du profit et du gain facile;

espérance parce que tant de missionnaires, hommes et femmes, continuent, aujourd’hui encore, à défier la conscience endormie de l’humanité, en risquant leur vie pour te servir dans les pauvres, dans les mis au rebut, dans les immigrés, dans les invisibles, dans les exploités, dans les affamés et dans les détenus;

espérance parce que ton Église, sainte et composée de pécheurs, continue, aujourd’hui encore, malgré toutes les tentatives pour la discréditer, d’être une lumière qui éclaire, encourage, élève et témoigne de ton amour sans limites, pour l’humanité, modèle d’altruisme, arche de salut et source de certitude et vérité;

espérance parce que de ta croix, fruit de la cupidité et de la lâcheté de tant de docteurs de la Loi et d’hypocrites, a jailli la résurrection, transformant les ténèbres du tombeau en éclair de l’aube du dimanche sans couchant, nous enseignant que ton amour est notre espérance.

Seigneur Jésus, donne-nous toujours la grâce de la sainte espérance!

Aide-nous, Fils de l’homme, à nous dépouiller de l’arrogance du larron qui est à ta gauche et des myopes et des corrompus, qui n’ont vu en toi qu’une occasion à exploiter, un condamné à critiquer, un vaincu dont se moquer, une autre occasion de faire endosser leur fautes aux autres, y compris à Dieu.

Nous te demandons au contraire, Fils de Dieu, de nous identifier avec le bon larron qui t’a regardé de ses yeux pleins de honte, de repentance et d’espérance; lui qui, par les yeux de la foi, a vu dans ta défaite apparente la victoire divine et qui s’est ainsi agenouillé devant ta miséricorde et, par son honnêteté, a volé le paradis! Amen!

Traduction de ZENIT , Anita Bourdin

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 08:56

Publié le par Paroisse de Colomiers

Au cours de ses deux premières catéchèses sur l’Eucharistie, le pape François nous a rappelé quatre attitudes fondamentales à respecter pendant la messe.
En ce mois de novembre 2017, le pape François a entamé un nouveau cycle de catéchèses sur l’Eucharistie, rappelant à deux reprises que la messe est la « prière par excellence », c’est-à-dire à la fois la plus haute et la plus concrète des prières. À ce titre, il estime qu’on ne va pas à la messe comme si on allait voir un spectacle ou visiter un musée.
Il faut, a-t-il souligné, que la Parole de Dieu puisse résonner dans les cœurs, et le croyant entrer ainsi dans une relation parfaite d’amour avec Lui. Et pour préserver cette « intériorité », le Saint-Père a décliné les quatre bonnes dispositions à avoir dès l’entrée : le silence, la confiance, l’émerveillement, et une capacité à dire « Père » à Dieu.
1. Le silence
Attitude essentielle du fidèle pour se préparer à accueillir la Parole de Dieu et la laisser agir dans les cœurs. La Parole jaillit du « silence mystérieux » de Dieu. Parole et silence agissent ensemble, nourrissent la participation active du fidèle.
2. Appeler Dieu, « Père »
Pour faciliter notre relation de confiance avec Dieu, François nous recommande de l’appeler « Père » comme Jésus y encourageait ses disciples. Le Pape insiste sur cette nécessité : « Faisons attention à cela : si on n’est pas capable d’appeler Dieu “Père”, on n’est pas capable de prier. Nous devons apprendre à dire “Père”, c’est-à-dire à se mettre en sa présence avec une confiance filiale. Mais pour pouvoir apprendre, il faut reconnaître avec humilité que nous avons besoin d’être instruits, et dire avec simplicité : Seigneur, apprends-moi à prier ».
3. La confiance
La prière, qui est « échange », doit être dite de manière humble et confiante, comme un petit enfant a confiance en son père et sa mère. « Dieu se souvient de toi, prend soin de toi, de toi, de moi, de tous », a rappelé le Pape. On se remet donc à Dieu avec confiance, sans se préoccuper de l’avenir, pour ressortir de la messe plus fort et plus courageux face aux adversités de la vie.
4. L’émerveillement
Un enfant « s’émerveille devant la moindre petite chose parce que tout est nouveau pour lui » nous dit le pape François. De la même façon, dans la prière, un fidèle entre en relation avec le « Dieu des surprises ». Prier, ce n’est pas parler avec Dieu comme le font les « perroquets », mais s’émerveiller « d’un Dieu vivant, qui habite en nous, qui bouge notre cœur, qui est dans l’Église et qui marche avec nous ; et sur ce chemin, il nous surprend toujours », expliquait le Saint-Père dans une de ses méditations matinales il y a quelques mois.
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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 19:54
Cinq ans de pontificat : joie, miséricorde

     Le pontificat du pape François, élu il y a cinq ans jour pour jour, le 13 mars 2013, est caractérisé par la joie, la miséricorde et la mission. Dans un entretien à Vatican News en italien, le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin souligne les traits les plus saillants du magistère du pape argentin et confie son point de vue sur les critiques adressées au pape.

    A l’occasion de cet anniversaire, le « numéro 2 » du Vatican fait observer que « tous les documents ou au moins ceux de plus grande importance … se réfèrent toujours à la joie : Evangelii gaudium, Amoris laetitia, Laudato si’, la louange qui naît de la joie d’une âme pleine d’allégresse ». Ainsi, « la caractéristique fondamentale de ce pontificat est précisément la joie, une joie qui ne naît pas évidemment de l’insouciance, mais du fait de se savoir aimés par le Seigneur ».

     Le cardinal Parolin évoque une autre ligne directrice du pontificat : « la miséricorde, c’est-à-dire un amour personnel et total que Dieu a pour chacune de ses créatures ». Ce qui amène à un troisième élément : l’évangélisation, « la joie de communiquer aux autres cette bonne nouvelle de l’Évangile ». C’est « l’Église en sortie qui doit apporter l’Évangile à toutes les créatures ».

      Cette dimension « d’une Église en sortie, une Église en mouvement », insiste le secrétaire d’Etat, est une des caractéristiques principales du pontificat : « d’où l’invitation pressante que le pape a lancée dès le début, celle de ne pas rester sans bouger, celle de ne pas faire appel au principe du ‘on a toujours fait comme cela’ … pour ne faire aucun pas en avant ».

Face aux critiques

    Mais, ajoute-t-il, « ce dynamisme que le pape a imprimé et veut imprimer à l’Église, peut être la cause de jugements divers, contrastés et même parfois opposés ». Pour le cardinal Parolin, il est « normal… que tous les pontificats aient été soumis à des critiques ». Il distingue cependant entre les critiques « destructrices, agressives, vraiment méchantes » et les critiques « constructives ».

     Que faire des critiques agressives et destructrices ? « Il n’y a qu’à les accepter comme une croix et les considérer comme faisant partie de cette couronne d’épines que nous devons tous porter… Il n’y a donc rien à faire. Je pense qu’elles ne s’épuiseront pas, elles existeront toujours ».

     Quant aux critiques constructives, « il faut en tenir compte parce qu’elles peuvent aider, être une aide pour une amélioration, un perfectionnement aussi du service de chacun » : « les critiques constructives, précise le secrétaire d’Etat, sont ces critiques qui naissent d’une attitude fondamentale d’amour et qui visent la construction de la communion dans l’Église ».

      Il formule enfin un vœu pour le pape François : « que le Seigneur lui donne vie, santé, force et courage pour continuer de guider l’Église… « Deus conservet eum et vivificet eum » – « Que Dieu le garde et lui donne toujours force et vigueur »… Ad multos annos, Saint-Père ! »

Avec une traduction d’Hélène Ginabat 

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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 16:18

 

   Le Carême commence le Mercredi des Cendres, mercredi 14 février 2018, et s’achève le Jeudi Saint, avant la célébration de la Cène du Seigneur. La Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux 25 mars 2018, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi Saint au soir et le dimanche de Pâques, le 1er avril 2018, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.

Un temps de conversion

   Au désert, le Christ a mené un combat spirituel dont il est sorti victorieux. À sa suite, il ne s’agit pas de faire des efforts par nos propres forces humaines mais de laisser le Christ nous habiter pour faire sa volonté et nous laisser guider par l’Esprit.

  Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu.

Pour toute information supplémentaire: Cliquez Ici

 

Pourquoi jeûner pendant le Carême ?

   Jeûner c’est se priver momentanément de quelque chose qui nous est nécessaire ou très agréable pour se donner le temps de retrouver l’essentiel. Dans l’exemple du jeûne alimentaire, l’homme a besoin de nourriture sous peine de mourir de faim. Mais il peut choisir de ne pas se nourrir tout de suite.

    Qu’est-ce que le jeûne ?

   Le jeûne nous permet de mieux connaître ce qui nous habite. Quels sont nos désirs les plus profonds ? Le jeûne a pour but de donner soif et faim de Dieu et de sa parole. Il n’est pas seulement un geste de pénitence, mais aussi un geste de solidarité avec les pauvres et une invitation au partage et à l’aumône. C’est une privation volontaire de ce qui nous rassasie : un peu de nourriture peut-être, mais aussi de ces redoutables pièges à désir que sont le tabac, l’alcool, la télévision, l’ordinateur… Tout ce qui met notre vie sous la tyrannie de l’habitude et du besoin.

   Le Carême n’est pas un temps de tristesse, bien au contraire ! Il s’agit de préparer la fête de Pâques c’est à dire de la Résurrection du Christ d’entre les morts, de la victoire de la vie sur la mort. Le renouveau de la prière, l’insistance sur le partage et l’entraînement à la maîtrise de soi, tout spécialement recommandés pour le temps du Carême, nous invitent à la joie. Toutes les démarches du Carême chrétien sont vécues dans une atmosphère de simplicité et de joyeuse espérance, afin de nous ouvrir au Seigneur Ressuscité qui apporte la lumière et le salut.

   Pourquoi jeûner pendant le Carême ?

   Avant que le manque de nourriture ne devienne une trop grande gêne, il a le temps de se rappeler que le repas nourrit son corps, comble son ventre, mais qu’il a d’autres besoins à combler. Jésus pendant ses 40 jours de jeûne au désert dit :

Il est écrit que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu.

  • Prendre Jésus au mot et imaginer des Paroles qui peuvent nourrir le coeur avant que la nourriture ne remplisse le ventre.
  • Prendre conscience de la chance que l’on a de pouvoir se nourrir quand d’autres dans le monde ont faim et prendre le temps d’un remerciement (c’est le sens de la prière du Benedicite, prière que l’on dit avant de se mettre à table).
  • Attendre celui avec qui l’on doit partager le repas et préparer son coeur à l’accueillir.
  • Penser à celui que la misère privera de repas et préparer une forme de partage.
  • Méditer sur ce qui nous manque autant que le pain : quel soin prend-on de ceux que l’on aime, savent-ils qu’ils comptent pour nous ?
  • Écouter la Parole de Dieu qui peut nourrir notre coeur.
  • Prendre le temps de prier et de confier à Dieu ce dont notre coeur a faim.

pour toute information supplémentaire: Cliquez ici

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 20:28

Chers Frères et Sœurs,

 

    La Pâque du Seigneur vient une fois encore jusqu’à nous ! Chaque année, pour nous y préparer, la Providence de Dieu nous offre le temps du Carême. Il est le « signe sacramentel de notre conversion » [1], qui annonce et nous offre la possibilité de revenir au Seigneur de tout notre cœur et par toute notre vie.

        Cette année encore, à travers ce message, je souhaite inviter l’Église entière à vivre ce temps de grâce dans la joie et en vérité ; et je le fais en me laissant inspirer par une expression de Jésus dans l’Évangile de Matthieu : « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (24, 12). Cette phrase fait partie du discours sur la fin des temps prononcé à Jérusalem, au Mont des Oliviers, précisément là où commencera la Passion du Seigneur. Jésus, dans sa réponse à l’un de ses disciples, annonce une grande tribulation et il décrit la situation dans laquelle la communauté des croyants pourrait se retrouver : face à des événements douloureux, certains faux prophètes tromperont beaucoup de personnes, presque au point d’éteindre dans les cœurs la charité qui est le centre de tout l’Évangile.

Les faux prophètes

   Mettons-nous à l’écoute de ce passage et demandons-nous : sous quels traits ces faux prophètes se présentent-ils ? Ils sont comme des « charmeurs de serpents », c’est-à-dire qu’ils utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les mener à leur gré. Que d’enfants de Dieu se laissent séduire par l’attraction des plaisirs fugaces confondus avec le bonheur ! Combien d’hommes et de femmes vivent comme charmés par l’illusion de l’argent, qui en réalité les rend esclaves du profit ou d’intérêts mesquins ! Que de personnes vivent en pensant se suffire à elles-mêmes et tombent en proie à la solitude !

   D’autres faux prophètes sont ces « charlatans » qui offrent des solutions simples et immédiates aux souffrances, des remèdes qui se révèlent cependant totalement inefficaces : à combien de jeunes a-t-on proposé le faux remède de la drogue, des relations « use et jette », des gains faciles mais malhonnêtes ! Combien d’autres encore se sont immergés dans une vie complètement virtuelle où les relations semblent plus faciles et plus rapides pour se révéler ensuite tragiquement privées de sens ! Ces escrocs, qui offrent des choses sans valeur, privent par contre de ce qui est le plus précieux : la dignité, la liberté et la capacité d’aimer. C’est la duperie de la vanité, qui nous conduit à faire le paon…. pour finir dans le ridicule ; et du ridicule, on ne se relève pas. Ce n’est pas étonnant : depuis toujours le démon, qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44), présente le mal comme bien, et le faux comme vrai, afin de troubler le coeur de l’homme. C’est pourquoi chacun de nous est appelé à discerner en son cœur et à examiner s’il est menacé par les mensonges de ces faux prophètes. Il faut apprendre à ne pas en rester à l’immédiat, à la superficialité, mais à reconnaître ce qui laisse en nous une trace bonne et plus durable, parce que venant de Dieu et servant vraiment à notre bien.

Un cœur froid

    Dans sa description de l’enfer, Dante Alighieri imagine le diable assis sur un trône de glace [2] ; il habite dans la froidure de l’amour étouffé. Demandons-nous donc : comment la charité se refroidit-elle en nous ? Quels sont les signes qui nous avertissent que l’amour risque de s’éteindre en nous ?
Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent, « la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10) ; elle est suivie du refus de Dieu, et donc du refus de trouver en lui notre consolation, préférant notre désolation au réconfort de sa Parole et de ses Sacrements. [3] Tout cela se transforme en violence à l’encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres « certitudes » : l’enfant à naître, la personne âgée malade, l’hôte de passage, l’étranger, mais aussi le prochain qui ne correspond pas à nos attentes.
La création, elle aussi, devient un témoin silencieux de ce refroidissement de la charité : la terre est empoisonnée par les déchets jetés par négligence et par intérêt ; les mers, elles aussi polluées, doivent malheureusement engloutir les restes de nombreux naufragés des migrations forcées ; les cieux – qui dans le dessein de Dieu chantent sa gloire – sont sillonnés par des machines qui font pleuvoir des instruments de mort.

  L’amour se refroidit également dans nos communautés. Dans l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, j’ai tenté de donner une description des signes les plus évidents de ce manque d’amour. Les voici : l’acédie égoïste, le pessimisme stérile, la tentation de l’isolement et de l’engagement dans des guerres fratricides sans fin, la mentalité mondaine qui conduit à ne rechercher que les apparences, réduisant ainsi l’ardeur missionnaire. [4]

Que faire?

   Si nous constatons en nous-mêmes ou autour de nous les signes que nous venons de décrire, c’est que l’Église, notre mère et notre éducatrice, nous offre pendant ce temps du Carême, avec le remède parfois amer de la vérité, le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne.

   En consacrant plus de temps à la prière, nous permettons à notre cœur de découvrir les mensonges secrets par lesquels nous nous trompons nous-mêmes[5], afin de rechercher enfin la consolation en Dieu. Il est notre Père et il veut nous donner la vie.

   La pratique de l’aumône libère de l’avidité et aide à découvrir que l’autre est mon frère : ce que je possède n’est jamais seulement mien. Comme je voudrais que l’aumône puisse devenir pour tous un style de vie authentique ! Comme je voudrais que nous suivions comme chrétiens l’exemple des Apôtres, et reconnaissions dans la possibilité du partage de nos biens avec les autres un témoignage concret de la communion que nous vivons dans l’Église. A cet égard, je fais mienne l’exhortation de Saint Paul quand il s’adressait aux Corinthiens pour la collecte en faveur de la communauté de Jérusalem : « C’est ce qui vous est utile, à vous » (2 Co 8, 10). Ceci vaut spécialement pour le temps de carême, au cours duquel de nombreux organismes font des collectes en faveur des Églises et des populations en difficulté. Mais comme j’aimerais que dans nos relations quotidiennes aussi, devant tout frère qui nous demande une aide, nous découvrions qu’il y a là un appel de la Providence divine: chaque aumône est une occasion pour collaborer avec la Providence de Dieu envers ses enfants ; s’il se sert de moi aujourd’hui pour venir en aide à un frère, comment demain ne pourvoirait-il pas également à mes nécessités, lui qui ne se laisse pas vaincre en générosité ? [6]

   Le jeûne enfin réduit la force de notre violence, il nous désarme et devient une grande occasion de croissance. D’une part, il nous permet d’expérimenter ce qu’éprouvent tous ceux qui manquent même du strict nécessaire et connaissent les affres quotidiennes de la faim ; d’autre part, il représente la condition de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu. Le jeûne nous réveille, nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain, il réveille la volonté d’obéir à Dieu, qui seul rassasie notre faim.

  Je voudrais que ma voix parvienne au-delà des confins de L’Église catholique, et vous rejoigne tous, hommes et femmes de bonne volonté, ouverts à l’écoute de Dieu. Si vous êtes, comme nous, affligés par la propagation de l’iniquité dans le monde, si vous êtes préoccupés par le froid qui paralyse les cœurs et les actions, si vous constatez la diminution du sens d’humanité commune, unissez-vous à nous pour qu’ensemble nous invoquions Dieu, pour qu’ensemble nous jeûnions et qu’avec nous vous donniez ce que vous pouvez pour aider nos frères !

Le feu de Pâques

   J’invite tout particulièrement les membres de l’Église à entreprendre avec zèle ce chemin du carême, soutenus par l’aumône, le jeûne et la prière. S’il nous semble parfois que la charité s’éteint dans de nombreux cœurs, cela ne peut arriver dans le cœur de Dieu ! Il nous offre toujours de nouvelles occasions pour que nous puissions recommencer à aimer.

   L’initiative des « 24 heures pour le Seigneur », qui nous invite à célébrer le sacrement de Réconciliation pendant l’adoration eucharistique, sera également cette année encore une occasion propice. En 2018, elle se déroulera les vendredi 9 et samedi 10 mars, s’inspirant des paroles du Psaume 130 : « Près de toi se trouve le pardon » (Ps 130, 4). Dans tous les diocèses, il y aura au moins une église ouverte pendant 24 heures qui offrira la possibilité de l’adoration eucharistique et de la confession sacramentelle.

   Au cours de la nuit de Pâques, nous vivrons à nouveau le rite suggestif du cierge pascal : irradiant du « feu nouveau », la lumière chassera peu à peu les ténèbres et illuminera l’assemblée liturgique. « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit » [7] afin que tous nous puissions revivre l’expérience des disciples d’Emmaüs : écouter la parole du Seigneur et nous nourrir du Pain eucharistique permettra à notre cœur de redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité.

   Je vous bénis de tout cœur et je prie pour vous. N’oubliez pas de prier pour moi.

Du Vatican, le 1er novembre 2017 Solennité de la Toussaint
FRANÇOIS

[1] Texte original en italien: “segno sacramentale della nostra conversione”, in: Messale Romano, Oraison Collecte du 1er dimanche de carême. N.B. Cette phrase n’a pas encore été traduite dans la révision (3ème), qui est en cours, du Missel romain en français.

[2] « C’est là que l’empereur du douloureux royaume/de la moitié du corps se dresse hors des glaces » (Enfer XXXIV,28-29)

[3] « C’est curieux, mais souvent nous avons peur de la consolation, d’être consolés. Au contraire, nous nous sentons plus en sécurité dans la tristesse et dans la désolation. Vous savez pourquoi ? Parce que dans la tristesse nous nous sentons presque protagonistes. Mais en revanche, dans la consolation, c’est l’Esprit Saint le protagoniste ! » (Angelus, 7 décembre 2014)

[4] Nn. 76-109

[5] Cf Benoît XVI , Lett. Enc. Spe Salvi, n. 33

[6] Cf Pie XII, Lett. Enc. Fidei donum, III

[7] Missel romain, Veillée pascale, Lucernaire

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 20:09

Ste Françoise-Xavière Cabrini - Missionnaire italienne aux USA

 

 

       Françoise-Xavière Cabrini était la treizième enfant d’une famille aisée de la banlieue

milanaise. Elle rêvait, comme beaucoup à l’époque, de la Chine. Elle voulait y être missionnaire. Mais en attendant, il lui fallait gagner sa vie. Elle se fit ­institutrice, mais elle n’oubliait pas l’Extrême-Orient.

     Elle se présenta dans plusieurs congrégations ­religieuses féminines qui toutes lui répondent: « Postulante de ­santé trop fragile. » Alors, elle passe outre et fonde une ­congrégation: « Les Sœurs missionnaires du Sacré-Cœur ». La Chine, pense-t-elle, se profile à l’horizon. Les voies de Dieu sont autres. Le Pape Léon XIII lui ­demande ­d’accompagner les émigrants italiens qui traversent l’Atlantique, misérables, déracinés, ­abandonnés, pauvres. Elle part avec eux. Pour eux, elle fonde des écoles et des ­hôpitaux. La Providence aplanit les difficultés. « La mère des émigrants » meurt d’épuisement à 67 ans.

     Elle a été béatifiée le 13 novembre 1938 par Pie XI et canonisée (première sainte des

États Unis) le 7 juillet 1946 à Rome par Pie XII qui l’a déclarée sainte patronne des émigrés.

 

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 20:45

N’aimons pas en paroles, mais par des actes

  

1. « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Ces paroles de l’apôtre Jean expriment un impératif dont aucun chrétien ne peut faire abstraction. La gravité avec laquelle le ‘‘disciple bien-aimé’’ transmet, jusqu’à nos jours, le commandement de Jésus s’accentue encore davantage par l’opposition qu’elle révèle entre les paroles vides qui sont souvent sur nos lèvres et les actes concrets auxquels nous sommes au contraire appelés à nous mesurer. L’amour n’admet pas d’alibi : celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple ; surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. La façon d’aimer du Fils de Dieu, par ailleurs, est bien connue, et Jean le rappelle clairement. Elle se fonde sur deux pierres angulaires : Dieu a aimé le premier (cf. 1 Jn 4, 10.19) ; et il a aimé en se donnant tout entier, y compris sa propre vie (cf. 1 Jn 3, 16).

   Un tel amour ne peut rester sans réponse. Même donné de manière unilatérale, c’est-à-dire sans rien demander en échange, il enflamme cependant tellement le cœur que n'importe qui se sent porté à y répondre malgré ses propres limites et péchés. Et cela est possible si la grâce de Dieu, sa charité miséricordieuse sont accueillies, autant que possible, dans notre cœur, de façon à stimuler notre volonté ainsi que nos affections à l’amour envers Dieu lui-même et envers le prochain. De cette façon, la miséricorde qui jaillit, pour ainsi dire, du cœur de la Trinité peut arriver à mettre en mouvement notre vie et créer de la compassion et des œuvres de miséricorde en faveur des frères et des sœurs qui sont dans le besoin.

   2. « Un pauvre crie ; le Seigneur l’entend » (Ps 33, 7). Depuis toujours, l’Église a compris l’importance de ce cri. Nous avons un grand témoignage dès les premières pages des Actes des Apôtres, où Pierre demande de choisir sept hommes « remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (6, 3), afin qu’ils assument le service de l’assistance aux pauvres. C’est certainement l’un des premiers signes par lesquels la communauté chrétienne s’est présentée sur la scène du monde : le service des plus pauvres. Tout cela lui était possible parce qu’elle avait compris que la vie des disciples de Jésus devait s’exprimer dans une fraternité et une solidarité telles qu’elles doivent correspondre à l’enseignement principal du Maître qui avait proclamé heureux et héritiers du Royaume des cieux les pauvres (cf. Mt 5, 3).

   « Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 45). Cette expression montre clairement la vive préoccupation des premiers chrétiens. L’évangéliste Luc, l’auteur sacré qui, plus que tout autre, a réservé une large place à la miséricorde, ne fait pas de rhétorique lorsqu’il décrit la pratique de partage de la première communauté. Au contraire, en la recommandant, il entend s’adresser aux croyants de toute génération, et donc à nous aussi, pour nous soutenir dans le témoignage et susciter notre action en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. Le même enseignement est donné avec autant de conviction par l’apôtre Jacques, qui, dans sa Lettre, utilise des expressions fortes et incisives : « Écoutez, donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Or n’est-ce pas les riches qui vous oppriment, et vous traînent devant les tribunaux ? […] Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : ‘‘Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !’’ sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (2, 5-6.14-17).

   3. Il y a eu, cependant, des moments où les chrétiens n’ont pas écouté jusqu’au bout cet appel, en se laissant contaminer par la mentalité mondaine. Mais l’Esprit Saint n’a pas manqué de leur rappeler de maintenir le regard fixé sur l’essentiel. Il a fait surgir, en effet, des hommes et des femmes qui, de diverses manières, ont offert leur vie au service des pauvres. Que de pages d’histoire, en ces deux mille ans, ont été écrites par des chrétiens qui en toute simplicité et humilité, et par la généreuse imagination de la charité, ont servi leurs frères plus pauvres !

   Parmi ceux-ci, se détache l’exemple de François d’Assise, qui a été suivi par de nombreux hommes et femmes saints au cours des siècles. Il ne s’est pas contenté d’embrasser et de faire l’aumône aux lépreux, mais il a décidé d’aller à Gubbio pour rester avec eux. Lui-même a vu dans cette rencontre le tournant de sa conversion : « Comme j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’esprit et du corps » (Test. 1-3 : SF 308). Ce témoignage manifeste la force transformante de la charité et le style de vie des chrétiens.

   Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêque Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58).

   Nous sommes appelés, par conséquent, à tendre la main aux pauvres, à les rencontrer, à les regarder dans les yeux, à les embrasser, pour leur faire sentir la chaleur de l’amour qui rompt le cercle de la solitude. Leur main tendue vers nous est aussi une invitation à sortir de nos certitudes et de notre confort, et à reconnaître la valeur que constitue en soi la pauvreté.

   4. N’oublions pas que pour les disciples du Christ, la pauvreté est avant tout une vocation à suivre Jésus pauvre. C’est un chemin derrière lui et avec lui, un chemin qui conduit à la béatitude du Royaume des cieux (cf. Mt 5, 3 ; Lc 6, 20). Pauvreté signifie un cœur humble qui sait accueillir sa propre condition de créature limitée et pécheresse pour surmonter la tentation de toute-puissance, qui fait croire qu’on est immortel. La pauvreté est une attitude du cœur qui empêche de penser à l’argent, à la carrière, au luxe comme objectif de vie et condition pour le bonheur. C’est la pauvreté, plutôt, qui crée les conditions pour assumer librement les responsabilités personnelles et sociales, malgré les limites de chacun, comptant sur la proximité de Dieu et soutenu par sa grâce. La pauvreté, ainsi entendue, est la mesure qui permet de juger de l’utilisation correcte des biens matériels, et également de vivre de manière non égoïste et possessive les liens et affections (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 25-45).

   Faisons nôtre, par conséquent, l’exemple de saint François, témoin de l’authentique pauvreté. Précisément parce qu’il avait les yeux fixés sur le Christ, il a su le reconnaître et le servir dans les pauvres. Si, par conséquent, nous voulons offrir une contribution efficace pour le changement de l’histoire, en promouvant un vrai développement, il est nécessaire d’écouter le cri des pauvres et de nous engager à les faire sortir de leur condition de marginalisation. En même temps, je rappelle aux pauvres qui vivent dans nos villes et dans nos communautés de ne pas perdre le sens de la pauvreté évangélique qu’ils portent imprimé dans leur vie.

   5. Nous savons la grande difficulté qui émerge dans le monde contemporain de pouvoir identifier clairement la pauvreté. Cependant, elle nous interpelle chaque jour par ses mille visages marqués par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme, par l’urgence sanitaire et par le manque de travail, par les traites et par les esclavages, par l’exil et par la misère, par la migration forcée. La pauvreté a le visage de femmes, d’hommes et d’enfants exploités pour de vils intérêts, piétinés par des logiques perverses du pouvoir et de l’argent. Quelle liste impitoyable et jamais complète se trouve-t-on obligé d’établir face à la pauvreté fruit de l’injustice sociale, de la misère morale, de l’avidité d’une minorité et de l’indifférence généralisée !

   De nos jours, malheureusement, tandis qu’émerge toujours davantage la richesse insolente qui s’accumule dans les mains de quelques privilégiés et souvent est accompagnée de l’inégalité et de l’exploitation offensant la dignité humaine, l’expansion de la pauvreté à de grands secteurs de la société dans le monde entier fait scandale. Face à cette situation, on ne peut demeurer inerte et encore moins résigné. À la pauvreté qui inhibe l’esprit d’initiative de nombreux jeunes, en les empêchant de trouver un travail ; à la pauvreté qui anesthésie le sens de responsabilité conduisant à préférer la procuration et la recherche de favoritismes ; à la pauvreté qui empoisonne les puits de la participation et restreint les espaces du professionnalisme en humiliant ainsi le mérite de celui qui travaille et produit ; à tout cela, il faut répondre par une nouvelle vision de la vie et de la société.

   Tous ces pauvres – comme aimait le dire le Pape Paul VI – appartiennent à l’Église par « droit évangélique » (Discours d’ouverture de la 2ème session du Concile Œcuménique Vatican II, 29 septembre 1963) et exigent l’option fondamentale pour eux. Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’: ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu.

   6. Au terme du Jubilé de la Miséricorde, j’ai voulu offrir à l’Église la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. Aux autres Journées mondiales instituées par mes Prédécesseurs, qui sont désormais une tradition dans la vie de nos communautés, je voudrais que s’ajoute celle-ci, qui apporte à leur ensemble un complément typiquement évangélique, c’est-à-dire la prédilection de Jésus pour les pauvres.

   J’invite l’Église tout entière ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté à avoir le regard fixé, en cette journée, sur tous ceux qui tendent les mains en criant au secours et en sollicitant notre solidarité. Ce sont nos frères et sœurs, créés et aimés par l’unique Père céleste. Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. Dieu a créé le ciel et la terre pour tous ; ce sont les hommes, malheureusement, qui ont créé les frontières, les murs et les clôtures, en trahissant le don originel destiné à l’humanité sans aucune exclusion.

   7. Je souhaite que les communautés chrétiennes, au cours de la semaine qui précède la Journée Mondiale des Pauvres, qui cette année sera le 19 novembre, 33ème dimanche du Temps Ordinaire, œuvrent pour créer de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète. Ils pourront, ensuite, inviter les pauvres et les volontaires à participer ensemble à l’Eucharistie de ce dimanche, en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique, le dimanche suivant. La royauté du Christ, en effet, émerge dans toute sa signification précisément sur le Golgotha, lorsque l’Innocent cloué sur la croix, pauvre, nu et privé de tout, incarne et révèle la plénitude de l’amour de Dieu. Son abandon complet au Père, tandis qu’il exprime sa pauvreté totale, rend évident la puissance de cet Amour, qui le ressuscite à une vie nouvelle le jour de Pâques.

   En ce dimanche, si dans notre quartier vivent des pauvres qui cherchent protection et aide, approchons-nous d’eux : ce sera un moment propice pour rencontrer le Dieu que nous cherchons. Selon l’enseignement des Écritures (cf. Gn 18, 3-5 ; He 13, 2), accueillons-les comme des hôtes privilégiés à notre table ; ils pourront être des maîtres qui nous aident à vivre la foi de manière plus cohérente. Par leur confiance et leur disponibilité à accepter de l’aide, ils nous montrent de manière sobre, et souvent joyeuse, combien il est important de vivre de l’essentiel et de nous abandonner à la providence du Père.

   8. À la base des nombreuses initiatives qui peuvent se réaliser lors de cette Journée, qu’il y ait toujours la prière. N’oublions pas que le Notre Père est la prière des pauvres. La demande du pain, en effet, exprime la confiance en Dieu pour les besoins primaires de notre vie. Ce que Jésus nous a enseigné par cette prière exprime et recueille le cri de celui qui souffre de la précarité de l’existence et du manque du nécessaire. Aux disciples qui demandaient à Jésus de leur apprendre à prier, il a répondu par les paroles des pauvres qui s’adressent au Père unique dans lequel tous se reconnaissent comme frères. Le Notre Père est une prière qui s’exprime au pluriel : le pain demandé est ‘‘notre’’, et cela comporte partage, participation et responsabilité commune. Dans cette prière, nous reconnaissons tous l’exigence de surmonter toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque.

   9. Je demande aux confrères évêques, aux prêtres, aux diacres – qui par vocation ont la mission du soutien aux pauvres -, aux personnes consacrées, aux associations, aux mouvements et au vaste monde du volontariat d’œuvrer afin que par cette Journée Mondiale des Pauvres s’instaure une tradition qui soit une contribution concrète à l’évangélisation dans le monde contemporain.

   Que cette nouvelle Journée Mondiale, par conséquent, devienne un appel fort à notre conscience de croyants pour que nous soyons plus convaincus que partager avec les pauvres nous permet de comprendre l’Évangile dans sa vérité la plus profonde. Les pauvres ne sont un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile.

Du Vatican, le 13 juin 2017

Mémoire de saint Antoine de Padoue

Franciscus

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 16:22

     Voilà la nouvelle formule du « Notre Père » qu’il faudra retenir à partir du début de l’Avent (Dimanche 3 Décembre) à la place de « et ne nous soumets pas à la tentation ». Il est vrai que cette formule  n’était pas très satisfaisante. Nous savons bien que Dieu auquel nous croyons est un Père qui nous aide à lutter contre la tentation et ne nous y conduit pas pour nous mettre à l’épreuve. Il sait que nous avons déjà d’autres épreuves sans en rajouter. Les tentations sont bien là, et Jésus les a lui-même affrontées au désert où l’évangile en identifie trois : celles autour de l’avoir, du pouvoir et du paraître. Les tentations nous guettent chacun, nous savons là où nous sommes les plus faibles et nous nous efforçons, avec l’aide du Christ, de leur résister. L’actualité nous rappelle qu’il y a des tentations redoutables qui font beaucoup de dégâts.  Celle de la convoitise : Vouloir posséder l’autre, le plus souvent la femme concernant le harcèlement sexuel, la considérer comme un objet à posséder, l’humilier. Il y a la tentation séparatiste ou dominatrice en Catalogne et en Espagne qui nous renvoie à nos égoïsmes, enfermements ou manques de dialogue. Il y a la tentation djihadiste qui est celle de la violence mais aussi du désespoir.
    « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Il y a donc un seuil à ne pas franchir, un peu comme au jardin d’Eden où il ne fallait pas manger d’un certain fruit. En-deçà de ce seuil il y a à vivre ce que les premières paroles du « Notre Père » nous rappellent : « Que ton Règne vienne ». Un règne d’amour et la prière dite quotidiennement du « Notre Père » nous aide à y prendre notre part.  Dans cette belle prière, il y est aussi question de pain et de pardon. En n’entrant pas en tentation, nous participons à plus de partage et de fraternité. Continuons à réciter filialement cette prière qui nous unit, à l’apprendre aux plus petits, enfants de l’éveil à la foi, du catéchisme et de nos familles.
      Faisons l’effort d’apprendre cette nouvelle formule qui a été décidée par l’Eglise Catholique universelle mais aussi par nos frères et sœurs d’autres confessions chrétiennes. C’est un petit déplacement de foi à faire, ne soyons pas tentés de l’omettre ! Bonne fête de la Toussaint à chacun(e) !

                                                               J-Christophe Cabanis,

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