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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 07:56
Avec sainte Jeanne prions pour les vocations
 

         Connaissez-vous l’histoire de la vocation de sœur Françoise de Mouhet, une des premières filles de Jeanne de France qui sera Ancelle du monastère de Bourges? Installez-vous confortablement et lisez.

« Il faut noter que Madame avait avec elle une jeune fille, qui était de ses demoiselles, âgée de quatorze ans. Madame l’aimait particulièrement. Elle se nommait Françoise de Mouhet et était d’une fort bonne maison. Madame l’avait toujours avec elle. Quand elle allait en quelque lieu, elle la prenait dans sa litière et lui apprenait ses petites dévotions. Mais elle n’en comprenait pas grand chose car elle avait son cœur aux choses de ce monde. La sainte Dame avait un très grand désir qu’elle ait son cœur à Dieu et qu’elle veuille être de son ordre. Elle priait le père Gabriel-Maria de bien vouloir lui parler et de l’exhorter, de connaître sa volonté.  […] Cela ne lui faisait pas plaisir car son cœur était aux choses de ce monde. Madame en était très navrée. Elle disait souvent à son père : « Mon père, que ferons-nous pour gagner Françoise à la Vierge Marie ? » Alors, il lui répondait : « Madame, il faut prier le Saint Esprit pour qu’il veuille l’éclairer, car nous aurions beau lui parler, si Dieu ne lui touche pas le cœur, nous travaillons en vain à son endroit. Je lui ai fait toutes les remarques que j’ai pu et je ne cesse de l’exhorter quand je la rencontre, mais elle ne veut rien entendre. » […] Alors, Madame s’étonnait, ainsi que le révérend père, qu’il y ait tant de difficultés à la convertir, vu qu’elle était une fille si douce et bonne que Madame et tous ses gens ne l’appelaient que la « petite brebis ».

         Après plusieurs prières et oraisons faites à Notre Seigneur et à la glorieuse Vierge Marie par Madame et le bon père, pour sa conversion, le bon père la prit à part une fois, l’exhortant de nouveau à laisser le monde et à se donner au service de Dieu et de sa très digne Mère. Elle lui répondit d’une manière assez fâchée : « Mon père, je vous prie, ne m’en parlez plus, car vous ne me faites pas plaisir de tant m’exhorter, vu que je n’ai nulle envie d’être religieuse. Je servirai Dieu et sa très digne Mère le mieux que je pourrai, aussi bien dans monde qu’en religion. » Or, le bon père voyant qu’elle avait tranché, lui dit : « Ma fille Françoise, j’appelle Dieu et sa bénie Mère à témoin, que Madame et moi avons fait tout ce qui a été possible pour vous amener à Dieu et à son service [..] Voulez- vous que je n’aie plus à vous en parler ?» La pauvre fille, entendant ces mots, se trouva soudainement remuée en elle-même, comme elle l’a dit depuis. Il lui semblait que tout ce qui était en elle, depuis la tête jusqu’aux pieds, était bouleversé, et que, si elle lui avait répondu qu’il n’avait plus à lui en parler, l’enfer lui était ouvert, mais que si elle acquiesçait à ce qu’il lui disait, le Paradis lui était ouvert. Elle sentit en ce même instant tout son cœur et sa volonté changés. C’est pourquoi, elle lui répondit : « Mon père, je ferai tout ce qu’il plaira à Madame et à vous-même. Et, s’il lui plaît de me prendre parmi les filles de son ordre, elle me fera un grand honneur. » Alors, le révérend père, levant les yeux au ciel, lui répondit : «Ma fille, que Notre Seigneur et sa bénie Mère soient loués ! En peu de temps le Saint Esprit a fait de grandes choses en votre âme. Je le prie qu’il lui plaise de parfaire en vous ce qu’il a commencé

       Comme il est étrange ce récit pour un lecteur moderne ! La première impression qu’on pourrait avoir c’est que sainte Jeanne et le bienheureux père Gabriel-Maria insistent trop – une vraie bataille pour gagner la pauvre Françoise à la vie religieuse. À  notre époque, qui veut mettre la religion dans le domaine de la vie privée, proposer à quelqu’un la voie de la vie consacrée, cela ne se fait pas !

        Regardons les choses de plus près. Cette insistance qui nous gêne n’entrave pas la liberté de la fille, le respect de la personne est toujours gardé. La Duchesse de Berry n’est pas de celles qui veulent remplir le monastère à tout prix. Elle qui a mis à l’épreuve les premières de ces filles pour voir si elles avaient vraiment désir d’être des annonciades, ne saurait contraindre personne. Qu’est-ce qui l’anime alors ? Elle souhaite partager avec Françoise son plus grand trésor – la vie d’intimité avec Jésus et Sa Mère. Cela n’est-il pas possible quand on vit dans le monde ? – pourrait-on répliquer. Bien sûr que si. Ce que le texte ne dit pas clairement mais qu’il nous permet de penser, c’est que Jeanne a dû discerner, dans cette fille qu’elle connaissait bien, des signes de vocation religieuse. Dieu ne donne pas la vocation monastique à Françoise parce que Jeanne le demande. C’est plutôt Jeanne qui pressent la volonté de Dieu envers Françoise et demande humblement qu’elle se fasse. Cette sorte de bataille à laquelle on assiste n’est pas contre Françoise elle-même mais contre son attachement « aux choses de ce monde », contre tout ce qui la sépare de Dieu. Enfin, une chose à souligner, que cet épisode met en lumière : la place toute particulière laissé à l’Esprit Saint.

Bas relief, 19è s., Ste Jeanne et Bx Gabriel-Maria, monastère des Annonciades, Westmalle (B)

Profession privée de sainte Jeanne entre les mains du Bx père Gabriel-Maria

 

        La lecture de ce récit nous invite à prier. D’abord pour tous ceux qui sont appelés à la vie consacrée ou sacerdotale, parce que chaque vocation est un rude combat. Mais aussi nous pouvons prier pour tous ceux qui accompagnent les jeunes, qu’ils sachent reconnaître quand Dieu appelle quelqu’un, qu’ils n’aient pas peur d’en parler, de proposer, d’encourager.

 

Une proposition concrète

Prier neuf jours par l’intercession de Sainte Jeanne de France à ces deux intentions : pour les appelés et pour ceux qui les accompagnent.

 

Prières à sainte Jeanne de France

 

  • d’après un hymne ancien

Sainte Jeanne, tu as médité les choses d’En-Haut. Riche du Christ, tu as rejeté ce qui  est vain. En aimant pauvres et malades, grands et petits tu as montré à tous l’ardeur de ta charité. Toi qui, pour plaire à Dieu, es devenue messagère de la Vierge en imitant ses vertus, intercède pour nous auprès de Dieu, notre Père, afin qu’il nous accorde la grâce que nous implorons : …..

 

  • antienne chantée à la fin des vêpres, au monastère de Thiais

Sainte Jeanne de France, forte et fidèle dans la foi, servante au milieu de ton peuple, de toi rayonnent les vertus. Toi, qui as su durant ta vie, plaire à ton époux Jésus Christ, en prenant pour seul modèle, la Vierge Marie, sa Mère : Obtiens-nous par ta prière et selon ton seul désir d’être, comme toi, fidèles à  vivre selon leur plaisir.

 

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 08:47

Ste Cécile

Fête le 22 novembre

 

      Tout ce que l’on sait de cette sainte, c’est qu’elle est honorée à Rome depuis le Vème siècle comme vierge et martyre et que les Coecilii constituaient une très illustre famille romaine. Quand au récit légendaire de la Passion de Sainte Cécile, il est très postérieur. Selon cette légende, Cécile, vierge romaine, prévient son mari Valérien, la nuit de ses noces, qu’un ange veille sur sa virginité et qu’il ne pourra voir cet ange avant de se faire baptiser. Valérien, ayant reçu le baptême, est arrêté et supplicié en même temps que le frère de Cécile, Tiburce. Cécile, de son côté, refusant de sacrifier aux dieux, est condamnée à être brûlée dans son installation de bain. Elle échappe d’abord à la mort, puis, blessée, finit par expirer.

     Au XVème siècle, on fait d’elle la patronne des musiciens en tirant argument d’un passage de sa Passion : «Pendant que retentissent les instruments de musique de ses noces, elle chantait en son coeur pour le Seigneur.»

     Quand à la basilique Sainte-Cécile au Transtévère, longtemps supposée bâtie à l’emplacement de la maison de Valérien, elle a pour fondatrice une Coecilia étrangère à la sainte.

 

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 10:53

Evêque basilien et martyr à Vitebak (✝ 1623)

 

JOSAPHAT-KUNTSEVYCH

Mykola Swarnyk / CC BY-NC 2.0

 

      Jean Kuntsevych, né en Volhynie, en 1580. Il est encore adolescent à l’époque de l’Union de Brest (1596) où une partie de l’Église d’Ukraine se rattache à Rome et constitue l’Église gréco-catholique ou Église ruthène. A vingt ans, il entre au monastère de la Sainte Trinité à Vilnius, alors dans le royaume polono-lituanien, dans un monastère de l’ordre basilien et prend le nom de Josaphat. A trente ans, il en devient l’un des supérieurs. Déchiré en lui-même par cette séparation entre catholiques romains et orthodoxes, il se dévoue à la cause de l’unité, polémique avec les orthodoxes tout en gardant une grande douceur. Nommé évêque de Polock en 1617, il se trouve dans une région où les antagonismes sont exacerbés plus encore par des considérations politiques et culturelles que par des points de vue religieux. Au cours d’une émeute provoquée par des intégristes orthodoxes, alors qu’il accomplissait une visite pastorale à Vitebsk, il est lynché et jeté dans le fleuve, martyr pour son attachement à l’Église romaine.

      Béatifié par le pape Urbain VIII le 16 mai 1643 et canonisé par le bienheureux Pie IX le 29 juin 1867, il est le premier saint des Églises uniates à être canonisé à Rome.
Ses reliques se trouvent sous l’autel saint Basile dans la basilique Saint Pierre du Vatican.

 

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 16:14
 
 
Saint Martin de Tours

Evêque (✝ 397)

 

 

MARTIN

Public Domaine

       Les Églises d’Orient l’appellent aussi « saint Martin le Miséricordieux ». Il est né en Pannonie, l’actuelle Hongrie, sur les frontières de l’empire romain où son père était en garnison. A 15 ans, il est soldat car la loi romaine obligeait les fils de soldats à s’enrôler dans l’armée. Il est muté en Gaule et c’est là, qu’à Amiens, il rencontre le pauvre grelottant à qui il donne son manteau et dont il apprend durant la nuit que c’est le Christ qui lui a fait cette demande. Il hésitait à devenir chrétien, il s’y décide enfin. Il quitte l’armée pour rejoindre saint Hilaire à Poitiers. Avec lui, il fonde le premier monastère des Gaules, à Ligugé, en Poitou. C’est là qu’il sera enlevé par les habitants de Tours qui en font leur évêque. Mais l’ancien soldat devenu chrétien ne s’enfermera pas dans sa cité. Il évangélisera parcourant les campagnes jusqu’à sa mort, à Candes, sur les bords de Loire, disant: « Seigneur, s’il le faut, garde-moi en vie, car je ne refuse pas le labeur. »

 

méditation du jour

 

Soyez reconnaissants

       Les plus grands saints aux yeux de Dieu sont les plus petits à leurs propres yeux ; et plus leur vocation est sublime, plus ils sont humbles dans leur cœur. Pleins de la vérité et de la gloire céleste, ils ne sont pas avides d’une gloire vaine. Fondés et affermis en Dieu, ils ne sauraient s’élever en eux-mêmes. Rapportant à Dieu tout ce qu’ils ont reçu de bien, ils ne recherchent point la gloire que donnent les hommes, et ne veulent que celle qui vient de Dieu seul ; leur unique but, leur désir unique, est qu’il soit glorifié en lui-même et dans tous les saints, par-dessus toutes choses. Soyez donc reconnaissants des moindres grâces, et vous mériterez d’en recevoir de plus grandes. Que le plus léger don, la plus petite faveur, aient pour vous autant de prix que le don le plus excellent et la faveur la plus singulière. Si vous considérez la grandeur de celui qui donne, rien de ce qu’il donne ne vous paraîtra petit ni méprisable ; car peut-il être quelque chose de tel dans ce qui vient d’un Dieu infini ?

 

Thomas a Kempis

       Thomas a Kempis († 1471) était un mystique allemand, il est généralement considéré comme l’auteur de l’Imitation de Jésus Christ. / L’imitation de notre Seigneur Jésus Christ, trad. de Félicité de Lamennais, Paris, Ed. Arts et Métiers graphiques, 1946, p. 71-72.

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 20:59
 
Reconfinement, attentats...
Charles de Foucauld, un saint pour aujourd'hui

 

CHARLES de FOUCAULD

CHARLES de FOUCAULD

 Marzena Devoud - Publié le 02/11/20 - Aleteia
 
 
 
     Bientôt canonisé, Charles de Foucauld, qui a vécu parmi les musulmans, incarne un message puissant de fraternité universelle. Voici les clés de la spiritualité du dialogue du missionnaire du désert à méditer en ce temps de peur suscitée par des attaques terroristes.
 

      Prochainement canonisé, Charles de Foucauld a témoigné toute sa vie d’une grande cohérence de son apostolat de prière, de silence et d’amitié au milieu de ses frères musulmans. Sa manière d’évangéliser et de porter Jésus est reconnue comme un modèle, les « pauvres » étant pour ce mystique du désert ceux qui n’avaient jamais entendu parler du Christ. Si  Charles de Foucauld  est un saint pour notre temps, c’est parce qu’il est le saint du pardon, de la  miséricarde et du véritable dialogue.

Être un Évangile vivant

     La méthode de Charles de Foucauld, c’est l’apostolat de la bonté du « frère universel ». Ce mystique du désert a souhaité montrer par toute sa vie ce que c’est que d’être un Évangile vivant. « Qu’est-ce que vous êtes prêt à faire pour ces gens ? », lui avait demandé son supérieur religieux local au Sahara, Mgr Charles Guérin. Le missionnaire lui avait alors répondu qu’il était prêt à aller au bout du monde et jusqu’à la fin des temps.

Être un frère universel

     Pour le frère Jean-François Berjonneau, de la Fraternité sacerdotale Jesus Caritas, auteur d’un essai Spiritualité du dialogue de Charles de Foucauld, on peut considérer ce dernier comme un pionnier du dialogue. Le missionnaire a institué avec les touaregs de Tamanrasset « ce dialogue de la vie présenté par le Concile et en particulier par l’encyclique Ecclesiam Suam de Paul VI comme la base fondamentale de tout dialogue », précise-t-il.

       Il a consacré toute son énergie et une grande partie de son temps à apprendre la langue du peuple avec lequel il vivait, en entamant des conversations toutes simples, enracinées dans les choses de la vie quotidienne, en s’ouvrant à la poésie de ce peuple. C’est ainsi qu’il a ouvert un dialogue entre lui et ses hôtes dans un climat de confiance au point qu’il est devenu pour eux un ami.

Être un ami

     Charles de Foucauld a passé un long temps à se familiariser avec la poésie touarègue. Il a compris que la poésie est une manière, pour un peuple, d’exprimer avec son génie propre les sentiments qui l’habitent : joies, émerveillements, émotions, ravissements mais aussi peines et peurs qui peuvent surgir dans sa relation à l’autre, à la nature, au divin…

 
 
DES NOUVELLES DU BLOG !

     Pas d’amitié profonde possible alors sans communier à sa manière de se situer dans le monde et dans la nature. Ce mystique du désert  bientôt canonisé a ainsi montré que la mission de l’Église, comme l’explique le frère Jean-François Berjonneau, a ouvert une spiritualité du dialogue avec ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne… mais aussi avec ceux qui la partagent. Voici quelques clés pratiquées par le mystique du Sahara :

 

  • Accepter le dépaysement en sortant de « chez soi » et en allant sur le terrain de l’autre
  • Respecter la liberté de l’autre
  • Gagner la confiance et devenir un ami
  • S’ajuster au regard de Dieu sur soi et sur ceux qui ne partagent la même foi
  • Se retrouver ensemble sur les terrains communs d’humanité
  • Susciter le dialogue spirituel chaque fois que c’est possible
  • Savoir que la rencontre de l’autre est toujours liée au Mystère pascal.
  •  

     Une méthode de celui dont la sainteté a rayonné déjà tout au long du XXe siècle, qui semble si inspirante encore aujourd’hui.

 

Une rare des rares photos de Charles de Foucauld au désert :
DES NOUVELLES DU BLOG !

 

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 09:25

Bienheureuse Bienvenue

Vierge

Fête 30 octobre

 

       Tertiaire dominicaine originaire de Vénétie, elle est la dernière de sept filles et ses parents l’appelèrent pour cette raison Bienvenue.  Elle passe sa vie au service de sa famille, se souciant du bien-étre de ses parents avec une infinie patience. Son culte est confirmé en 1765.

 

 

 

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 08:08
Shutterstock | dreii

Shutterstock | dreii

Mathilde de Robien -  Aleteia

 

La fête de saint Luc, saint patron des médecins, est l'occasion de confier au Seigneur tous les soignants qui s'apprêtent une nouvelle fois à se mettre intensément au service des malades.

 

Avec l’augmentation du nombre de malades atteints par l’épidémie de Covid-19, médecins, infirmières, aides-soignants, sont à nouveau très sollicités. En cette période de doute et d’appréhension, les chrétiens sont invités à porter par la prière le personnel soignant, afin que le Seigneur les soutienne et les guide dans leur vocation à se mettre au service des plus faibles.

 

« Seigneur, nous te rendons grâce pour tous ces hommes et ces femmes qui avec courage et abnégation se mettent au service de leur prochain et de la société au mépris de leur propre santé. Ils sont le signe vivant de ton amour pour nous.
Nous te prions, Seigneur, pour les personnels soignants, en ville ou en hospitalisation, parfois débordés par le travail et qui se dévouent auprès de ceux qui souffrent : que ton Esprit les aide à accueillir, soulager, prendre soin de chaque malade. Nous te prions, Seigneur, pour les chercheurs qui consacrent leur temps, leur énergie à la recherche d’un traitement : que ton Esprit les éclaire. Nous te prions, Seigneur, pour tous ceux qui à travers leur métier ou par le bénévolat, s’engagent pour nous apporter ce dont nous avons besoin en cette période d’épidémie : que ton Esprit les renforce. Guide-les et protège-les dans leurs missions ! Amen »
 
 
 
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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 12:42
 
 
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA " 15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA " 15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
Père Denis Marie Ghesquières - Publié le 14/10/20

 

Les sept étapes de la vie mystique
selon Thérèse d’Ávila

 

     Par sa présence, Dieu veut révéler notre vrai désir d’aimer. Thérèse d’Ávila nous montre comment Il conduit notre vie spirituelle à travers l’expérience de sept traversées successives. Progressivement, nous sommes rendus plus libres pour aimer et communier à son désir de sauver tous les hommes.

 

      Au terme de son parcours spirituel, Thérèse d’Ávila compare notre âme — où Dieu demeure — à un château. Dans son livre Le Livre des Demeures ou Le Château intérieur, elle écrit en 1577 l’expérience du « mariage spirituel » vécu en 1572. Ses demeures correspondent à quatre citations bibliques. Elle y décrit avec précision chacune des étapes de la croissance de la vie spirituelle en détaillant davantage les dernières étapes qui correspondent à des réalités moins claires pour ses lectrices (ses propres sœurs carmélites). Elle écrit tout cela après être arrivée à sa pleine maturité spirituelle et avoir reçu la grâce de traverser toutes les « demeures ».

 

Du chemin vers Dieu à la vie de Dieu en nous

      Les premières demeures vont permettre approfondir la vie spirituelle comprise comme un chemin vers Dieu, puis, à partir des cinquièmes demeures il y aura comme un renversement qui se fait où nous percevons notre vie comme la vie de Dieu en nous. Dieu fait alors vivre l’expérience que saint Paul décrit en ces termes : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2, 20). Une conscience nouvelle de la relation à Dieu nous habite. Sur ce chemin spirituel, les premières demeures sont le lieu de transformation de nos relations : dans la deuxième demeure, la relation au monde ; dans la troisième, la relation à soi-même ; dans la quatrième, la relation à Dieu. Nous allons ainsi de ce qui est le plus extérieur, le monde, à ce qui est le plus intérieur en nous : Dieu.

      Précision importante : passer d’une demeure à l’autre est toujours une aventure, un cheminement, mais ce n’est pas nous qui choisissons le passage d’une demeure à l’autre d’une manière stable sur notre agenda spirituel. C’est Dieu qui nous découvre une profondeur plus grande, quand il veut, comme il le veut. Deuxième précision importante, avant d’entrer dans la description des thématiques des demeures : nous pouvons recevoir des effets spirituels des demeures plus profondes en vivant de manière stable dans une demeure moins profonde. Il est tout à fait possible d’avoir des avant-goûts de ce qui nous habite déjà, car, dès le départ, les sept demeures sont en nous, puisque Dieu est en nous. Dieu peut donc nous donner des goûts, des expériences des quatrièmes et des cinquièmes demeures, alors que nous sommes toujours dans les deuxièmes ou troisièmes. Mais ce n’est pas la même chose d’expérimenter ces avant-goûts et de vivre de manière stable dans une demeure. Le passage d’une demeure à l’autre est toujours un moment essentiel qu’il nous est donné de discerner plus ou moins rapidement.

 

1/ LES PREMIÈRES DEMEURES : LE PORCHE DE LA VIE SPIRITUELLE

 

     Les premières demeures sont le porche de la vie spirituelle et le fondement de tout ce qui va suivre. Ce sont les fondations : les premières demeures jalonnent un parcours où s’approfondit cette conscience quotidienne de ce que nous sommes, de notre dignité, de notre gloire qui est d’être la demeure d’un autre : la demeure de Dieu. Le porche d’entrée de la vie spirituelle c’est donc de commencer à s’accueillir soi-même comme l’œuvre de Dieu, comme la demeure de Dieu et elle fonde tout l’itinéraire spirituel dont elle va parler sur quatre citations bibliques.

     Thérèse utilise tout d’abord cette citation biblique assez connue : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures » (Jn 14, 2). Nous pourrions comprendre que nous allons vers les nombreuses demeures du ciel, mais pour Thérèse ces nombreuses demeures sont en chacun. Les demeures de la maison du Père sont en chaque personne. La deuxième citation biblique est : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23). Elle résume d’une certaine manière l’itinéraire spirituel que nous allons décrire, qui commence par une décision, une progression et une action de Dieu qui se manifeste et s’unit à l’âme.

     Les deux autres citations viennent de l’Ancien Testament. Celle du Livre des Proverbes (8, 31) : « Dieu trouve ses délices parmi les enfants des hommes » dit que le paradis de Dieu, c’est l’homme et que c’est la personne humaine. Nous n’allons pas au paradis : nous sommes le paradis de Dieu. C’est une inversion totale. Nous n’allons pas au paradis : c’est Dieu qui fait de notre personne, de la relation avec nous, son paradis. Donc le paradis pour Dieu, c’est une relation vivante. Thérèse voit enfin que si Dieu nous créa « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1, 26), c’est justement pour que nous trouvions notre joie à l’accueillir en nous. Thérèse s’émerveille devant cette affirmation : voilà le signe que nous sommes faits pour l’amour et pour un amour aussi grand que celui de Dieu.

 

L’entrée dans la vie spirituelle

      L’entrée dans la vie spirituelle est un choix, une décision. C’est très positif, mais ce n’est pas forcément facile à vivre. Il faut décider d’entrer dans une perception renouvelée de nous-mêmes et croire que nous sommes la demeure de Dieu. L’entrée dans ces premières demeures est essentielle, car il y a évidemment le risque inverse. Si nous nous opposons et que nous refusons de nous engager, de croire à cette gloire de l’homme, à cette grandeur de l’homme, à cette beauté que nous avons, à cette présence de Dieu en nous, alors nous nous trouvons dans une misère terrible. L’homme oublie alors ce qu’il est et vit à l’extérieur de ce qu’il est en réalité, à l’extérieur de cette présence d’un Dieu qui veut nous ouvrir au don qu’il veut nous faire.

" La pire des misères chez sainte Thérèse d’Ávila, c’est de vivre sans Dieu ou d’imaginer que nous faisons le bien sans Dieu "

     La pire des misères chez sainte Thérèse d’Ávila, c’est de vivre sans Dieu ou d’imaginer que nous faisons le bien sans Dieu. Faire le bien sans Dieu, comme elle dit, c’est faire plaisir au démon. Paradoxalement le péché le plus grave pour elle, ce n’est pas tellement d’avoir des faiblesses, des limites. Elle ne les encourage pas bien sûr, elle nous invite aussi à nous engager pour combattre les faiblesses de la vie quotidienne et nous corriger avec la grâce de Dieu, mais le pire pour elle c’est de ne pas reconnaître le bien, le bon et le beau en nous et chez les autres comme une réalité qui a sa source en Dieu. Nous pourrions dire, bien qu’elle ne le dise pas explicitement — mais à bien la lire c’est ce que l’on comprend — que le péché mortel, c’est de vivre sans Dieu, de faire le bien sans Dieu.

Les quatre fruits des premières demeures

      Les quatre fruits des premières demeures vont mûrir tout au long de notre chemin spirituel. Les fruits de cette entrée dans le Château, de cette mise en relation avec Dieu en sa présence dans notre vie quotidienne, nous les trouvons décrits au deuxième chapitre des premières demeures. Il y en a quatre. Thérèse les décrit dès le départ : ces fruits vont mûrir tout au long du chemin à travers les sept demeures du château.

     La liberté. L’exercice le plus haut de notre liberté, c’est justement d’accueillir cette présence de Dieu, de reconnaître ce que nous sommes, c’est-à-dire créés « à son image ». La prière sous toutes ses formes est un engagement de la liberté, puisque pour Thérèse la prière consiste à se tourner vers Dieu, à cultiver notre relation avec Dieu. Il faut la vivre évidemment dans différents lieux et de différentes manières dans notre quotidien. Thérèse insiste évidemment beaucoup sur la prière silencieuse dont un des fruits consiste à recevoir notre vie comme le lieu concret où nous devons vivre notre relation à Dieu.

     L’humilité, ce n’est pas l’humiliation : c’est la reconnaissance que nous sommes les bénéficiaires du don de Dieu en permanence et pour tout et pas seulement ce qui concerne le spirituel. Nous sommes créés, nous recevons énormément de choses tout au long de notre journée, aussi bien l’alimentation que les relations avec les autres, ce que l’on a pu apprendre, nos compétences, les réalités naturelles, culturelles, spirituelles, etc. L’humilité c’est avant tout la reconnaissance de fond que notre existence est un don de Dieu. L’image, le modèle de la personne profondément humble, c’est évidemment Jésus qui accueille toute sa vie comme un don de son Père.

     Le détachement ne veut pas dire que nous vivons sans rien. Cela veut dire que nous modifions notre relation aux choses et aux personnes qui peuvent souvent être d’une certaine manière parfois captatrices ou dominatrices. Le détachement fait passer à une plus grande liberté dans la relation aux choses et aux autres mais aussi à tous les biens intellectuels, spirituels et même aux vertus morales. Le détachement est lié à l’humilité : nous nous situons moins comme un propriétaire et nous avons beaucoup moins besoin d’un rapport possessif aux réalités. Tout cela va s’approfondir durant tout le parcours.

    La charité est à la fois le but final et le chemin essentiel. Il s’agit de laisser Dieu nous apprendre à aimer. Et l’amour a deux directions qui sont unies : l’amour de Dieu et l’amour des autres.

2/ LES DEUXIÈMES DEMEURES : LA PURIFICATION

      Dans les deuxièmes demeures, nous nous engageons sur ce chemin de la vie spirituelle qui va forcément révéler en nous plein d’attachements, plein de compromis, plein de faiblesses. Nous nous attendions à recevoir plein de consolations et nous nous rendons compte que nous sommes un champ de bataille. Nous pourrions faire un parallèle entre le livre des demeures et le livre de l’Exode : les Hébreux sortent d’Égypte et ils s’attendent à entrer en Terre sainte tout de suite. Ils se retrouvent dans un désert. Ils se retrouvent confrontés à leurs difficultés et doivent choisir de faire confiance à Dieu. C’est bien ce qui se passe dans ces deuxièmes demeures. Comme les Hébreux conduits par Moïse, nous pouvons regretter parfois notre ancien esclavage sans pouvoir ni vouloir vraiment y revenir, car maintenant nous sommes conscients de l’esclavage passé. Avant, nous étions un esclave inconscient mais maintenant nous sommes devenus un esclave conscient. Il reste que nous sommes tiraillés : nous sommes comme entre deux chaises. Un combat nous habite.

L’arme libératrice

      Ce qui va pouvoir nous aider à avancer, c’est le Christ qui dans son humanité a assumé tout cela. Il a assumé toute la réalité humaine et donc l’arme à utiliser, c’est de croire à la force, à la puissance du mystère pascal du Christ, de sa croix. La croix du Christ nous rend libre. « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés », dit saint Paul dans l’épître aux Galates (Gal 5,1). Même si nous avons des des épreuves, même si ce n’est pas forcément facile, il faut consentir dans la prière à la sécheresse, à des difficultés. Moïse qui s’adresse aux Hébreux dans cette situation leur dit : « Tenez ferme, le Seigneur combattra pour vous, vous, vous n’aurez qu’à rester tranquilles », alors qu’en fait nous avons envie de tout sauf de rester tranquille ! Le combat, c’est croire que nous ne combattons pas seuls et que c’est surtout le combat du Christ en nous et qu’il faut se confier à lui, parce que lui seul peut être vainqueur de ce combat. Ce qui dépend de nous, c’est de nous orienter vers lui le plus souvent possible et de choisir de lui faire confiance.

3/ LES TROISIÈMES DEMEURES : LA CLARIFICATION

      Nous avons souvent une image de nous-même et surtout un rapport à ce que nous faisons qui ne sont pas justes. Le Seigneur nous a fait entrer dans les troisièmes demeures. Il y a donc déjà des premiers fruits positifs : nous avons commencé à mettre notre foi en Dieu, nous l’avons fait de manière persévérante, tout en expérimentant nos fragilités et cela a déjà produit des fruits dans notre existence, même si évidemment tout est loin d’être accompli. Nous risquons de se comporter comme le jeune homme riche : nous commençons à bien faire, nous faisons des efforts, mais nous risquons de ne pas supporter de ne pas se voir reconnu, aussi bien extérieurement qu’intérieurement notamment dans la prière (nous avons du mal à accepter les sécheresses, les tentations, les distractions).

      Nous courons le risque d’être comme ce jeune homme riche qui a bien commencé, mais qui s’en va finalement tout triste. De la même manière, nous attendions que les fruits que le Christ a portés en nous avec notre active collaboration nous permettent de recevoir des récompenses de Dieu au niveau spirituel, nous voudrions que Dieu nous distribue des consolations, mais les choses se passent différemment et le problème c’est que nous en venons à nous plaindre. Nous nous plaignons de nous-mêmes, parce que l’on voudrait être saint en quinze jours, nous ressentons comme des injustices les difficultés et nous imaginons que c’est vraiment par nos mérites que nous servons le Seigneur, que nous prions. C’est subtil, parce que si nous nous attribuons à nous-mêmes les premiers résultats, nous nous étonnons que cela ne se continue pas toujours ainsi.

Se reconnaître comme « serviteur quelconque »

     Il faut reconnaître ici que nous sommes « des serviteurs quelconques » (Lc 17,7-10) et que tout ce que le Seigneur a déjà fait en nous est une grande grâce qu’il nous a faite. Ce n’est sûrement pas un mérite de notre part pour lequel nous pourrions être payés de retour. Sans parler, bien sûr, du risque de comparaison avec les autres, que l’on risque de regarder de haut en leur disant ce qu’ils devraient faire. Bref, nous risquons de nous ériger comme juges insatisfaits. Ces troisièmes demeures, qui mettent en lumière des travers assez classiques chez les chrétiens, voire même aussi chez les religieux, c’est de sortir de l’orgueil spirituel et d’un rapport mal situé à soi-même et aux autres, le contraire du serviteur humble et quelconque qui reconnaît recevoir tout de Dieu et qui vit pour lui rendre grâce. Il s’agit notamment de recevoir ce qu’il nous donne de faire à son service comme un don. Car ce que nous faisons à son service, c’est lui qui nous donne de le faire. Et, bien souvent, le Seigneur récompense ses bons serviteurs en leur donnant de servir davantage ou plus profondément, qualitativement.

 

4/ LES QUATRIÈMES DEMEURES :  L’APPROFONDISSEMENT

      Les quatrièmes demeures s’appuient sur les beaux fruits que nous récoltons dans des troisièmes demeures, c’est-à-dire le fait que nous nous considérons bien davantage comme un serviteur de l’amour. Aimer pour aimer, voilà la seule vraie récompense. Nous acceptons désormais les aridités dans la prière, nous considérons que nos vertus ne sont pas les nôtres, que nous sommes peut-être vertueux en effet, réellement vertueux, mais que c’est vraiment Dieu qui est la source de nos vertus et donc nous sommes devenus beaucoup plus libres par rapport à nous-mêmes et par rapport aux grâces de prière reçues dans la vie de prière. Le fruit en est une plus grande dilatation du cœur. Nous sommes en eaux plus profondes, mis au large.

Une grande paix

      Une grande paix s’instaure progressivement dans les profondeurs de l’âme. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de vagues au-dessus, mais s’établit de manière assez constante une paix profonde en présence de Dieu. Nous sommes vraiment certains que ce ne sont pas nos propres efforts qui apportent cette paix, il n’y a pas de techniques de prière ou de concentration qui ferait que l’on arriverait à obtenir ces grâces. S’approfondit une attitude de pauvreté spirituelle, nous reconnaissons que Dieu donne tout et notre regard vers lui est bien établi, bien profond. Cela instaure un état assez permanent de reconnaissance et l’état de grâce envers Dieu à partir de tout. Notre esprit et nos pensées peuvent parfois s’évader, mais assez vite nous retournons à cette attitude reconnaissante et humble.

     La confiance, l’humilité et la reconnaissance sont des réalités qui sont vécues de plus en plus profondément. Nous avons fait l’expérience de la bonté libératrice de Dieu, là s’approfondit l’accueil reconnaissant, dans la louange et l’action de grâce, de cette bonté de Dieu. Car ce qu’il approfondit, de demeures en demeures, c’est la conscience concrète que Dieu est bon. Ce n’est pas simplement une chose que nous affirmons, mais nous en faisons l’expérience.

 

5/ LES CINQUIÈMES DEMEURES : LE BASCULEMENT

     L’entrée dans les cinquièmes demeures marque un basculement : nous ne passons pas des quatrièmes au cinquièmes demeures comme nous passons des secondes aux suivantes. Dans les premières demeures, nous expérimentons son chemin en le percevant surtout comme une avancée vers Dieu mais désormais nous allons expérimenter la vie de Dieu en nous. C’est une vie nouvelle qui commence. Nous sommes toujours sur la terre, nous n’avons peut-être pas changé de travail, nous pouvons être marié, avoir des enfants, posséder plein de choses et ce n’est pas forcément extérieurement qu’il y a des choses qui bougent même si parfois cela peut se passer dans ces domaines-là. Dieu a toujours été vivant en nous depuis le début de notre vie, mais maintenant une nouvelle réalité s’installe.

     « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2, 20) : quand cette parole de Dieu s’accomplit et devient une réalité profonde en nous, nous sommes tout d’un coup beaucoup plus libres à l’égard du monde, de nous-mêmes et dans nos relations à Dieu, car désormais le Seigneur a beaucoup plus de liberté d’action en nous. Il peut nous donner plus profondément, car dire que Dieu est vivant en nous, cela veut dire que nous nous donnons. Dieu est don de lui-même. Et qu’est-ce qu’il va nous donner de plus en plus ? Il va nous donner de nous donner.

Le don gratuit de l’amour certain

      Dieu nous donne de pouvoir nous donner de plus en plus. Jusqu’à présent notre confiance en Dieu était perçue comme un combat. Pour le dire négativement, je choisissais de ne pas douter de Dieu et de son amour. Cela est un combat qui parfois n’a rien d’évident de ne pas douter. Dans les cinquièmes demeures, Dieu donne gratuitement la certitude profonde de son amour.

     Il devient de plus en plus impossible de douter de Dieu et de son amour : cette conviction de fond qui unifie notre être nous est donnée. Ce n’est pas le résultat de nos efforts. Nous recevons de Dieu une qualité de certitude complètement nouvelle. Cela change la vie de manière radicale. Cette réelle conviction intérieure est une conviction d’amour et n’a rien à voir avec de la violence ou du fanatisme. Donc nous avons traversé tout un chemin qui nous a beaucoup libérés de nous-mêmes et qui a surtout développé en nous la confiance en Dieu. Notre confiance en Dieu voit ici son fruit le plus mûr et Dieu nous donne de percevoir son amour et d’en vivre plus pleinement, si bien qu’il n’est plus possible de douter de cet amour de Dieu.

Un désir d’aimer sans sécurité

      L’entrée dans les cinquièmes demeures opère la transformation profonde de notre mode d’existence qui libère en nous un désir d’aimer bien plus profond. Thérèse d’Ávila compare cette transformation à celle d’un ver à soie transformé en papillon blanc après être passé par l’étape du cocon. Le ver à soie voit son univers changer profondément : il mangeait des feuilles de mûriers et il faisait du fil dans un univers très réduit et tout d’un coup il va devenir un petit papillon, mais dans un contexte totalement différent puisqu’il vole dans l’air. C’est beaucoup plus large mais beaucoup moins sécurisant : plus l’Esprit agit en nous, plus nous nous sentons par nous-mêmes pauvres et ne pouvant pas nous appuyer sur nos anciens appuis. C’est l’amour qui nous fait vivre, l’amour de Dieu est en nous, il nous fait voler, mais comme entre ciel et terre. Nous percevons alors la vie, les autres de manière radicalement différente.

 

" Le combat de l’amour n’étant pas le nôtre, il faut le remettre sans cesse à Dieu "

 

     L’amour de Dieu, l’amour des autres : parfois nous nous demandons vers où il faut aller. La vie est complètement nouvelle : nous sommes libérés de nous-mêmes, nous ne nous portons plus nous-mêmes. Le combat de l’amour n’étant pas le nôtre, il faut le remettre sans cesse à Dieu. Intérieurement, nous ne sommes plus comme dans les premières demeures, avec encore bien des attaches qui permettent de se tenir, de se sécuriser, de contrôler. Nous découvrons dans tout le parcours combien nous tenions à de nombreuses sécurités. Là, nous sommes quasiment mis à nu. L’amour nous décentre et nous révèle aussi notre fragilité, notre vulnérabilité, ce qui permet à cet amour de passer.

 

6/ LES SIXIÈMES DEMEURES : LES « FIANÇAILLES SPIRITUELLES »

     Suit une partie du livre de sainte Thérèse d’Ávila assez déconcertante pour un esprit moderne. C’est en plus la partie la plus longue du livre. En résumé, les cinquièmes demeures ont libéré en nous ce que nous sommes vraiment, notre vrai désir, qui est le vrai désir de l’homme : aimer et être aimé. La confiance en Dieu et le désir d’aimer nous animent profondément. Comme pour des fiançailles humaines, il s’agit que s’opère l’apprentissage du véritable amour : c’est le Christ qui est notre maître d’amour. Tout est au service ici de cet apprentissage de l’amour. Cela est bien présent dans les demeures précédentes mais ici tout est vécu comme une occasion de laisser le Christ nous apprendre à aimer, pour aller plus loin et plus profondément dans l’expérience de ce qu’est véritablement aimer. Nous sommes ici bien plus conscients qu’auparavant que la vocation humaine est d’être « serviteur ou servante de l’amour ».

Comment grandit l’amour

      Pour approfondir notre relation avec le Christ, Dieu va en bon pédagogue intensifier notre désir de lui. Cela se caractérise par l’alternance de grandes disettes, d’impressions de pauvreté, de vide et d’abandon, alternant avec au contraire des périodes marquées par un désir enflammé d’amour. Sainte Thérèse propose apparemment tout un catalogue de grâces mystiques : rapts dans l’esprit, visions imaginaires, visions intellectuelles, etc. Elles sont classées par ordre croissant d’intensité, autrement dit selon l’intensité des fruits qu’elles portent.  Il y a alternance entre les souffrances d’une l’absence ressentie, qui attisent le désir de Dieu. Si nous n’avions pas le désir de Dieu la souffrance de son absence serait nulle, mais plus nous avançons plus l’absence ressentie de Dieu ressemble à un enfer. Le Seigneur permet que nous expérimentions la souffrance de son absence pour élargir encore plus notre désir de recevoir son amour et de l’aimer.

 

Dans l’épreuve revenir à l’humanité du Christ

      Ce temps de fiançailles spirituelles s’apparente dans les évangiles aux temps d’apparitions et de disparitions du Ressuscité avant l’Ascension. Le Ressuscité est toujours présent mais les disciples perçoivent cette présence bien différemment. Il y a des moments où c’est la joie de la rencontre, puis vient la souffrance de son absence : c’est Jésus qui décide d’apparaître comme il le veut, à qui il veut comme il veut, tout cela pour éveiller et faire grandir la confiance et l’amour de ses disciples, quoi qu’il arrive.

      Dans le chapitre central des sixièmes demeures, Thérèse est tentée de vouloir dépasser l’humanité du Christ, mais elle nous dit combien c’est une erreur et qu’il faut au contraire y revenir très souvent, car nous recevons vraiment tout dans le Christ incarné. Il faut donc bien au contraire s’attacher fermement à l’humanité du Christ.

 

7/ LES SEPTIÈMES DEMEURES : LE « MARIAGE SPIRITUEL »

     Nous entrons dans les septièmes demeures : il n’y a que quatre chapitres dans cette partie du livre, mais ils évoquent le but de tout ce que nous avons déjà vécu par étapes pour arriver à l’union à Dieu. C’est le terme du chemin pour tous et il faut insister sur un point : Dieu n’a pas créé les hommes pour qu’ils s’arrêtent aux troisièmes, quatrièmes, cinquièmes ou aux sixièmes demeures. Seuls quelques élus atteindraient les septièmes. Tout le chemin est pour tout le monde. Tout le monde peut lire le Livre des demeures et pourquoi ne pas lire ces quatre chapitres dès le début ? Ils éclaircissent en effet le but vers lequel Dieu veut nous conduire. Le ciel, c’est-à-dire la vie avec Dieu, n’est pas et ne sera jamais une réalité statique ; elle est toujours dynamique, comme l’exprime si bien Grégoire de Nysse : elle va « de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin ». Dans la relation à Dieu, nous continuerons d’aller sans cesse de crescendo en crescendo et d’expérimenter une union à Dieu toujours plus unitive.

 

 " L’amour est concret, universel, il est divin. Dieu aime tout le monde. La bonne nouvelle : Dieu aime les pécheurs "

 

      Ce mariage spirituel, qui fut accordé à Thérèse le 18 novembre 1572, est l’alliance avec Dieu autant qu’il est possible de le vivre dans une vie terrestre. Thérèse utilisait l’image du mariage qui reste une image limitée, mais qui exprime quelque chose de la profondeur de la communion et aussi de l’aspect définitif de cette union. Pour elle, cela s’est passé 18 novembre 1572 : ce jour-là, elle reçoit une vision du Christ qui lui tend un clou de sa Passion, en lui disant que désormais son honneur était celui de Thérèse et que celui de Thérèse était sien. Qu’est-ce que c’est, l’honneur de Jésus ? C’est le salut du monde ! Jésus a été crucifié, est ressuscité et glorifié dans le but de sauver tous les hommes. « L’honneur de Jésus » ce n’est pas seulement d’être le Fils du Père, c’est de sauver, de mettre en œuvre le salut pour chacun. Thérèse y est associée.

Participer au désir de Dieu de sauver tous les hommes

       Quand nous vivons aux septièmes demeures, nous ne nous préoccupons plus de savoir si l’on est sauvé. Notre propre Salut ne nous préoccupe plus : ce qui nous occupe, c’est comme Jésus de donner notre vie pour le salut des autres. L’union à Dieu c’est cela : une participation profonde au désir de Dieu de sauver tous les hommes. Paradoxalement les phénomènes mystiques sont plus rares. Quand nous sommes pleinement unis à Dieu, nous vivons en permanence avec ce souci, cet horizon du Salut des autres. C’est un engagement très concret dans l’amour fraternel. C’est aussi convivial, c’est aussi familial, c’est pour tout le monde : personne n’est exclu. L’amour est concret, universel, il est divin. Dieu aime tout le monde. La bonne nouvelle : Dieu aime les pécheurs. Le principal travail des pécheurs que nous sommes : y croire quoi qu’il arrive.

Un nouveau désir de vivre

      Lorsque nous sommes ainsi conduits à la fin du voyage, nous pourrions penser que nous aspirons alors à quitter la vie terrestre le plus vite possible. Il n’en est rien. Dans les sixièmes demeures, Thérèse disait « je meurs de ne pas mourir ! » mais aux septièmes, elle reçoit un nouveau désir de vivre et cela la surprend. Elle expérimente une réconciliation profonde entre son engagement envers Dieu et ses tâches terrestres. Le Ciel et la Terre sont comme unis à travers tout. Toutes les réalités de la vie sont transformées et tout est perçu en Dieu : soi-même, les autres, les tâches concrètes, etc. Rien n’est négligé. S’accomplit alors la fameuse dernière invocation de la première partie du Notre-Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Or la volonté du Père, c’est le salut de toute l’humanité. Et le salut l’humanité, c’est la foi, la charité, la communion. Là s’opère la volonté du Père. La seule volonté du Père c’est que nous vivions de son amour.

     Tout cela ne veut pas dire que nous n’avons plus de problèmes dans la vie concrète. Thérèse continue à vivre une vie humaine : elle a des problèmes de santé, et d’autres dans bien des domaines. Quand nous considérons la vie de Thérèse de 1572 à 1582, c’est tout sauf une partie de plaisir ou du repos. Elle a traversé de nombreuses réalités concrètes liées à la fondation de monastères, des problèmes relationnels… Mais une force lui a été donnée pour les assumer : rien ne peut la freiner, rien ne peut lui faire peur, car elle expérimente en tout que « Dieu seul suffit ».

 

15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
Sainte Thérèse d’Ávila (1515 – 1582)

 

Teresa de Cepeda y Alumada (1515 – 1582), fille d’un gentilhomme d’Ávila, entre à 20 ans au Carmel de sa ville.
La règle y est alors pratiquée de façon mitigée. Longtemps, elle s’en satisfait. Mais en 1555, en contemplant le Christ en croix et en lisant les Confessions de Saint Augustin, elle décide de vivre pleinement sa vocation carmélite.
A partir de 1557, elle approfondit son chemin mystique qui lui fait contempler l’humanité du Christ. Aidée par ses directeurs spirituels, elle devient familière de l’oraison. La nécessité d’un retour du Carmel à sa règle primitive s’impose alors à elle. Aussi, Thérèse décide de fonder, à Ávila même, un nouveau monastère de stricte observance. Le désir de dépouillement des religieuses y est symbolisé par la suppression des chaussures.
En 1567, elle persuade un jeune Carme, le futur Saint Jean de la Croix, lui aussi déçu par son ordre, d’engager une même réforme. Les couvents de Carmes et Carmélites Déchaux (sans chaussures) se multiplient. Malgré des oppositions, la réforme rencontre un grand succès. Cette intense activité de fondations va de pair avec la vie spirituelle la plus intériorisée. On en trouve l’expression dans ses œuvres écrites, conçues comme une pédagogie de la prière et de la vie chrétienne, et figurant parmi des chefs d’œuvres de la langue castillane. Les plus connues sont Le Livre de ma vie (autobiographie), Le chemin de la perfection, et surtout Le Château intérieur. Elle est la première femme à recevoir le titre de Docteur de l’Église en 1970.
Source : Dictionnaire Théo, p. 117

 

Le Mont-Carmel, près de Haïffa (Israël), a donné son nom à la famille religieuse des Carmes et des Carmélites. Au XII° siècle, saint Berthold et d’autres pèlerins venus en Terre sainte, s’installent en ermites dans des grottes du Mont-Carmel, comme l’avait fait le prophète Élie.
En 1209, la règle primitive prescrit la pauvreté la plus grande, la solitude et le régime végétarien. La conquête musulmane chasse ces ermites de Terre sainte vers l’Europe au XIII° siècle. En pleine Réforme catholique, Thérèse d’Ávila et Jean de la Croix entreprennent de faire revenir l’ordre à la pauvreté et à une stricte vie contemplative.

 

Solitude Contemplation Feu :
3 maîtres-mots de la spiritualité carmélitaine.
La prière à l’école de Thérèse d’Ávila est celle d’un pauvre devant la richesse de Dieu. « L’oraison ne consiste pas à beaucoup prier mais à beaucoup aimer. » (Jean de la Croix). Tout se passe dans une expérience d’union intime avec le Christ qui conduit au Père. Pour qu’elle soit possible, il faut accepter de partir comme Élie au Carmel, de passer par le désert, d’entrer dans le silence : là le priant se rend disponible à « Dieu seul »… et peut se laisser envahir par lui.

 

Thérèse fut béatifiée en 1614 par Paul V, et canonisée par Grégoire XV le 12 mars 1622

 

Elle a fait partie des saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.

 

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 08:19
LES ARCHANGES, BIEN PLUS QUE DES MESSAGERS DE DIEU - TROIS FAÇONS EFFICACES DE PRIER L'ARCHANGE SAINT MICHEL

Jacques Gauthier - Aleteia

 

Saint Raphaël, saint Michel et saint Gabriel…

En cette fin de septembre, l’Église nous invite à fêter des saints pas comme les autres.

 

Le 29 septembre, l’Église fête les archanges Michel, Gabriel et Raphaël. Des super-anges, en plus légers. Comme tout ange, ils sont des envoyés de Dieu auprès des hommes : « Messagers du Seigneur, bénissez le Seigneur, vous, les invincibles porteurs de ses ordres, prompts à exécuter sa Parole » (antienne d’ouverture).

 

Les archanges arrivent les premiers parmi ces créatures spirituelles qui proclament l’inouï de Dieu. Ils sont souvent mandatés pour des missions impossibles. Ces agents très spéciaux ne cessent de se tenir devant la face de Dieu, Le servant jour et nuit. Lorsqu’ils sortent de l’anonymat, ils portent un nom d’homme, et avec ce nom une fonction.

Le combattant, le diplomate et le compatissant

Il y a d’abord le chef Michel (1) , « Qui est comme Dieu », combattant du Dragon. C’est le plus grand des esprits angéliques. C’est le lutteur par excellence contre les forces du Mal. Lorsque Dieu a besoin d’un ange fort et rapide, Il envoie Michel.

 

Voici le diplomate Gabriel, nom qui signifie « homme de Dieu ». Le livre de Daniel présente Gabriel comme un ange-interprète. On le connaît surtout dans le Nouveau Testament pour ses apparitions à Zacharie et à Marie. Lorsque Dieu veut faire une grande annonciation, Il envoie Gabriel.

 

Enfin, il y a le compatissant Raphaël, qui veut dire « Dieu guérit ». Cet ange débonnaire accompagne le jeune Tobie pour qu’il fasse un beau voyage. Avis aux pèlerins et voyageurs, il délivre aussi des esprits mauvais. Il se présente lui-même comme l’un des sept anges qui sont devant Dieu, Lui offrant nos supplications gratuitement. Lorsque Dieu veut faire avancer quelqu’un sur le chemin de la vie, Il envoie Raphaël.

 

Quand les archanges nous envoient de discrets signes 

Ces archanges de la lumière nous disent combien Dieu est beau. Avec d’autres anges anonymes, ils nous font signe discrètement, sans forcer aucune porte : c’est une intuition à faire le bien, une chute évitée de justesse, une aide à devenir soi-même, une voix que l’on discerne, un geste au bon moment, une joie à vivre le moment présent…

 

En fêtant les archanges, l’Église nous dit que nous ne sommes pas seuls sur Terre. Ils combattent avec nous contre les puissances des Ténèbres. Ils nous invitent surtout à louer Dieu, et à faire avec eux des haltes d’adoration. C’est alors qu’on les entend parfois passer, avec ou sans ailes, dans le silence amoureux de la prière.

 

 

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(1) Trois façons efficaces de prier l’archange saint Michel
Dervish Candela

Dervish Candela

Alors que nous sommes le 29 septembre, fête de l’archange, voici trois propositions de prière pour obtenir son intercession.

 

Étymologiquement, Michel (Mikaël en hébreu) signifie « Qui est comme Dieu ». Autant dire que la puissance du chef des légions célestes est immense et que son aide pour combattre le mal est plus qu’indispensable. Ne le représente t-on pas terrassant le dragon, autrement dit Satan ? Pour l’invoquer au quotidien, la prière, les litanies ou la consécration, sont autant de moyens de solliciter son appui. Pourquoi ne pas les réciter à l’approche du 29 septembre, fête des archanges Michel, Raphaël et Gabriel ?

 

 

1 – Le Petit Exorcisme de Léon III ou prière à saint Michel

Elle aurait été rédigée par le pape Léon XIII à la suite d’une extase. Les laïcs sont encouragés à la réciter pour obtenir la protection personnelle de l’archange, en revanche, seul l’exorciste peut la réciter face à des cas de possession.

 

Saint Michel Archange,
défendez-nous dans le combat
et soyez notre protecteur contre la méchanceté et les embûches du démon.
Que Dieu lui commande, nous vous en supplions;
et vous, Prince de la Milice Céleste,
par le pouvoir divin qui vous a été confié,
précipitez au fond des enfers Satan
et les autres esprits mauvais qui
parcourent le monde pour la perte des âmes. Amen

 

 
2 – Les litanies de saint Michel

Seigneur, ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous, Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous, Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous, Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, Reine des Anges, priez pour nous.
Saint Michel Archange, priez pour nous.
Saint Michel, princes très glorieux, priez pour nous.
Saint Michel, fort dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, vainqueur de Satan, priez pour nous.
Saint Michel, terreur des démons, priez pour nous.
Saint Michel, prince de la milice céleste, priez pour nous.
Saint Michel, héraut de la gloire divine, priez pour nous.
Saint Michel, joie des Anges, priez pour nous.
Saint Michel, honoré des Élus, priez pour nous.
Saint Michel, qui présentez au Très-Haut nos prières, priez pour nous.
Saint Michel, défenseur des âmes justes, priez pour nous.
Saint Michel, messager de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, dont la prière conduit aux cieux, priez pour nous.
Saint Michel, soutien du peuple de Dieu, priez pour nous.
Saint Michel, gardien et patron de l’Église, priez pour nous.
Saint Michel, bienfaiteur des peuples qui vous honorent, priez pour nous.
Saint Michel, porte-étendard du salut, priez pour nous.
Saint Michel, notre défenseur dans le combat, priez pour nous.
Saint Michel, ange de la paix, priez pour nous.
Saint Michel, introducteur des âmes dans la lumière sainte, priez pour nous.
Saint Michel, prévôt du Paradis, priez pour nous.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V. Priez pour nous, saint Michel Archange.
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ
Prions : Dieu tout puissant et éternel, qui avez établi Saint Michel gardien de l’Église et prévôt du Paradis, accordez par son intercession, à l’Église la prospérité et la paix, à nous la grâce en cette vie et la gloire dans l’éternité. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

3 – Acte de consécration personnelle à saint Michel archange :

Par cette prière, rédigée par Mgr Pietro Maffi (1858-1931), le fidèle s’engage personnellement et dans la durée auprès de l’archange dont il sollicite la protection et le secours.

 

Ô grand Prince du ciel, gardien très fidèle de l’Église, saint Michel Archange, moi, [XXX], quoique très indigne de paraître devant vous, confiant néanmoins dans votre spéciale bonté, touché de l’excellence de vos admirables prières et de la multitude de vos bienfaits, je me présente à vous, accompagné de mon Ange gardien ; et en présence de tous les Anges du ciel que je prends à témoin de ma dévotion envers vous, je vous choisis aujourd’hui pour mon protecteur et mon avocat particulier, et je me propose fermement de vous honorer toujours et de vous faire honorer de tout mon pouvoir. Assistez-moi pendant toute ma vie, afin que jamais je n’offense les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles, ni en pensées. Défendez-moi contre toutes les tentations du démon, spécialement pour la foi et la pureté, et, à l’heure de la mort, donnez la paix à mon âme et introduisez-la dans l’éternelle patrie.

 

 

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15 septembre 2020 2 15 /09 /septembre /2020 11:51
© Fr Lawrence Lew, O.P.-CC

© Fr Lawrence Lew, O.P.-CC

Source "Aleteia"

 

En septembre, dix façons d’alléger ses peines grâce à Notre-Dame des Douleurs

 

Dans les moments difficiles, s’en remettre à la dévotion de la Sainte Vierge peut être d’un grand secours. Elle-même a traversé de nombreuses épreuves douloureuses avec grâce.

 

Traditionnellement, le mois de septembre est consacré à Notre-Dame des Douleurs. Cette année, dans ce contexte de pandémie qui vient perturber les vies personnelles et professionnelles de chacun, ainsi que la rentrée à l’école, puiser de la force dans cette dévotion semble particulièrement à propos. En cette période difficile, la Vierge apporte la meilleure consolation possible. 

 

 

 " Tournez vos yeux incessamment vers la Vierge Marie, elle qui est Mère de douleurs mais aussi Mère de consolation. "

 

 

Entre le mois d’août, marqué par la dévotion au Cœur Immaculé et le mois d’octobre, consacré à Notre-Dame du Rosaire, septembre est le moment idéal pour renforcer sa relation à Marie. Et communier à ses douleurs est un bon moyen pour y parvenir. 

« Tournez vos yeux incessamment vers la Vierge Marie, elle qui est Mère de douleurs mais aussi Mère de consolation. Elle peut vous comprendre pleinement et vous aider. En regardant vers elle, en la priant, votre torpeur deviendra sérénité, votre angoisse se transformera en espérance, votre deuil en amour », disait saint Jean Paul II.

En ce mois de septembre, il est recommandé d’unir ses peines à celles de Marie. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela peut remplir le cœur de joie. Voici dix façons de le faire : 

1/ Donner du sens à sa souffrance

Prenez les souffrances que vous endurez et offrez-les pour la réparation du Cœur Immaculé de Marie. Faire quelque chose de sa peine permet de ne pas conserver un cœur tiède, mais au contraire de se laisser enflammer par la dévotion et l’amour, en contemplant les douleurs de Marie et en offrant des sacrifices et des actes de réparation tels que la dévotion du premier samedi du mois. Donner du sens à sa souffrance à travers ces actes est une démarche qui guérit à la fois l’esprit et le cœur. 

 

2/ Cultiver la joie

En ce mois des douleurs de Marie, essayez de moins vous attarder sur vos problèmes mais au contraire de cultiver la joie en pensant à la merveilleuse bienheureuse mère que nous avons au ciel. Vous n’avez pas le moral ? Dites tout de suite un Je vous salue Marie. Vous pouvez aussi noter vos peines dans un carnet et écrire une prière pour demander à la Vierge de vous aider à les soulager. 

 

3/ Soulager la peine de quelqu’un d’autre

Aidez quelqu’un d’autre à porter sa croix un moment, à l’image de Simon de Cyrène. Il existe de nombreuses manières de le faire : en envoyant une carte, en prêtant une oreille attentive à quelqu’un qui a besoin de confier un souci, une souffrance, un deuil ; en dégageant du temps et en tenant compagnie à une personne qui se sent seule. On peut aussi envoyer un bouquet à une personne qui traverse une période difficile, avec des roses ou des lis pour rappeler la Vierge ! Cuisiner un bon plat pour quelqu’un qui souffre est une autre manière d’apporter du réconfort et de rendre service. 

 

4/ Prier le chapelet ou la dévotion des sept douleurs

La dévotion des sept douleurs consiste à dire sept Je vous salue Marie, en méditant à chaque fois sur l’une des douleurs de la Vierge, à savoir : 

La prophétie de Siméon

La fuite en Égypte

La disparition de l’enfant Jésus au temple pendant trois jours

La rencontre entre Jésus et Marie sur le chemin de croix

La crucifixion et la mort de Jésus

La descente du corps de Jésus de la croix et la remise à sa Mère

La mise au tombeau

Le chapelet des sept douleurs, quant à lui, consiste à méditer chaque douleur comme on le ferait pour un mystère, en disant sept Je vous salue Marie au lieu de dix. Commencer à chaque fois par un Notre Père.  

 

5/ Prier le Rosaire, particulièrement les mystères douloureux

Alors que vous contemplez l’agonie de Jésus, la flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix et la crucifixion, imaginez-vous marchant aux côtés de Marie, lui offrant votre présence aimante et votre soutien, refusant de la quitter alors qu’elle assiste aux souffrances de son Fils bien-aimé. 

 

6/ Faire un don, même modeste

Donnez ce que vous pouvez à une association qui en a besoin. 

 

7/ Prier en communion avec quelqu'un

Priez quotidiennement pour une personne qui en a besoin, et dites-lui que vous vous associez à elle dans la prière afin qu’elle se sente moins seule. Ce mois-ci, vous pouvez dire cette prière écrite pour la fête de Notre-Dame des Douleurs le 15 septembre : Ô Dieu, dont la Passion perça d’un glaive de douleur la si précieuse âme de la glorieuse Vierge Marie, comme l’avait prédit Siméon, permets que nous qui commémorons pieusement ses douleurs, recevions les grâces issues de Ta Passion. Toi qui vis et règnes dans l’unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles, Amen. 

 

8/ Créer un petit autel à Notre-Dame des Douleurs dans son coin prière

Choisissez une carte, une statue ou une œuvre d’art représentant la Vierge et accompagnez-la d’un bouquet de fleurs que vous entretiendrez tous les jours en signe de tendresse. Vous pouvez aussi agrémenter le coin de bougies à allumer pendant le temps de prière. Enfin, mettez une petite boîte et demandez à chaque membre de la famille d’écrire un acte de charité ou de miséricorde qu’il/elle s’engagera à effectuer au cours du mois de septembre pour la consolation des douleurs de la Vierge. Cela peut aussi être une intention pour laquelle ils souhaitent prier. Demandez à la Vierge de vous faire la grâce d’un peu de sa foi et de son courage ! Cette petite boîte est une bonne idée de projet à faire avec les enfants. 

 

9/ Contempler une représentation de Notre-Dame des Douleurs

Admirez sa beauté poignante et nourrissez-en votre prière. Prêtez une attention particulière aux larmes qui coulent sur ses joues. Elles ressemblent à des perles et nous rappellent que, de même que les huîtres transforment le sable en perles, nos peines peuvent être transformées par l’intermédiaire de  Jésus et de Marie. 

 

10/ Écouter des chants à la Vierge

Écouter un Ave Maria ou tout autre chant consacré à la Vierge est une autre façon d’entrer en communion avec elle et de nous confier plus spécialement à son intercession pendant ce mois de septembre. 

 

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