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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 07:04

 

NOTRE-DAME BRÛLE

Le long métrage de Jean-Jacques Annaud reconstitue heure par heure l'invraisemblable réalité des évènements du 15 avril 2019 lorsque la cathédrale subissait le plus important sinistre de son histoire. Et comment des femmes et des hommes vont mettre leurs vies en péril dans un sauvetage rocambolesque et héroïque.

 

Une paroissienne nous a fait par de sa réflexion :

 

" NOTRE-DAME BRÛLE

 Sorti en salles le 16 mars dernier, presque 2 ans après le drame, le film de Jean-Jacques Annaud est le récit haletant de la soirée du 15 avril 2019 et le combat héroïque des pompiers pour sauver la cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

  Dès le début de la projection, on ressent des frissons, une angoisse et une tension majeures, ainsi qu'une émotion intense, allant crescendo.

 

  Les images, le son, la musique nous plongent au cœur de la tragédie, avec saisissement.

 

  Plus qu'on ne les regarde, on vit les évènements au plus près, avec les intervenants.

 

  Au-delà de l'histoire connue, on y est, on retient son souffle, mais pas les larmes...

 

  Les prières et les chants qui s'élèvent de la foule, nous transportent, au point de nous y associer.

 

  Ce film rend un vibrant hommage à la bravoure des pompiers qui vont mettre leurs vies en péril, (pour sauver la cathédrale menacée d'effondrement.

 

  Il est bouleversant de vérité, d'humanité, mais aussi d'espérance:

 

  Notre-Dame est sauvée, elle est toujours vivante !!

 

  À voir et à revoir sans hésitation. "

 

Marie-Do

 

 

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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 17:52
Pour la Paix en Ukraine (Plantu)
Pour la Paix en Ukraine (Plantu)
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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 20:18
Comment trouver les mots justes quand on visite un proche malade
 
HANDS HOSPITAL

P.RAZZO I CIRIC       Mathilde de Robien - publié le 09/02/22

 

   A la veille de la journée mondiale des malades et de la conférence en ligne organisée par Magnificat et Aleteia, le père Arnaud Toury, prêtre et infirmier, apporte un éclairage lumineux sur la place et le rôle, sans cesse à ajuster, de celui ou celle qui visite un proche malade.

 

     La souffrance d’un proche malade ou en fin de vie déstabilise, paralyse parfois. Elle fait naître un certain malaise qui empêche d’être soi-même. Trouver un sujet de conversation adéquat à la situation paraît insurmontable. On préfère alors se taire plutôt que d’être maladroit. Quelle attitude adopter ? Afficher une mine décomposée ou sur-jouer l’insouciance ? Quels gestes poser ? Prendre sa main dans la sienne n’est-il pas trop intrusif ? Mais se passer de gestes physiques ne serait-il pas perçu comme de la froideur ? Le père Arnaud Toury, prêtre du diocèse de Reims et infirmier, auteur de La visite au malade (Magnificat) abordera ce sujet délicat à l’occasion d’une conférence en ligne organisée le 11 février par la revue Magnificat en partenariat avec Aleteia. Il fournit d’ores et déjà quelques pistes pour visiter un malade et faire éclore le dialogue.

Se sentir démuni, c’est bon signe !

     Il arrive de demeurer totalement démuni lors d’une visite à une personne malade. Le père Arnaud Toury est rassurant : « C’est bon signe, de se sentir démuni ! Ce serait inquiétant de savoir exactement comment faire. » Il est normal de ne pas savoir quoi faire ou quoi dire dans la mesure où une partie de la personne malade est devenue inaccessible à ses proches. « La souffrance met la personne malade dans une situation d’incommunicabilité. Elle ne peut pas dire, pas traduire sa souffrance », souligne le prêtre. De ce fait, l’entourage est nécessairement maladroit car il ne sait pas ce que vit la personne malade. Et ce, même s’il a traversé une maladie similaire ! Une des phrases à bannir est : « Je sais ce que c’est » ou « Je sais ce que tu ressens. » Non ! Chaque personne est unique et vit la maladie différemment. Visiter un proche malade, c’est accepter le fait d’être démuni, c’est entrer dans une démarche d’humilité et d’écoute.

 

     Se sentir démuni est bon signe aussi car cela engendre une forme de communion entre la personne visitée et le visiteur. « Les deux personnes sont finalement dans une situation d’incommunicabilité, l’une parce qu’elle ne peut pas dire sa souffrance, l’autre parce qu’elle ne sait pas quoi dire. Dans cette incommunicabilité se trouve une forme de communion », constate le père Arnaud Toury.

2   Offrir sa simple présence

      L’enjeu, lors d’une visite à une personne malade, est de lui faire savoir que quelqu’un est là pour elle, et qu’elle peut faire appel à lui quand elle le souhaitera. Visiter chaque jour et de longues heures une personne malade qui ne parle pas beaucoup pourrait paraître inutile voire absurde. Mais une simple présence a un prix inestimable. « La personne malade a besoin de savoir que quelqu’un est présent », précise le prêtre infirmier. « Elle peut désirer être seule dans sa chambre, mais elle sait que si elle le souhaite, quelqu’un est là ». Paul Claudel écrivait : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence. » Celui qui visite une personne malade est appelé à la même vocation. Il peut dire par exemple : « Je n’imagine pas ce que tu vis, je n’ai pas les mots, je serais maladroit et je t’en demande pardon, mais si tu as besoin de moi, je suis là ».

 
Laisser le malade être le sujet de sa vie

      A l’instar de Jésus face à l’aveugle Bartimée, le proche d’une personne malade est invité à ne pas s’imposer et la laisser à la manœuvre. Si le visiteur se met à son écoute, s’il fait de la place en lui pour recevoir les paroles confiées, les petits signes donnés, alors il peut réellement se mettre à son service. Dans l’Évangile, Jésus demande à Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Mc 10, 51) Tout le monde sait ce qu’aimerait l’aveugle ! Mais Jésus n’impose pas son point de vue. « Jésus ne procède pas comme cela. Il le laisse être le sujet de sa vie », engage le père Arnaud Toury, tout en donnant un exemple concret : « Si je prends la main d’une personne malade, je ne la serre pas, je reçois sa main, et lui laisse la possibilité, si elle le souhaite, de se cramponner ».

 

     L’objectif ? Créer un espace où le dialogue puisse émerger, au lieu d’entamer un monologue qui ne laisse que peu de place à l’autre. « La priorité doit être donnée à la parole du malade », souligne le prêtre. Ce qui n’exclut pas des temps de silence, qui, comme dans la liturgie, permettent de faire résonner la parole.

Vous pouvez vous inscrire dès maintenant à la rencontre en ligne avec le père Arnaud Toury en cliquant ici

MAGNIFICAT-ALETEIA.jpg
 
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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 13:15

              La quatrième vidéo de la série #IamChurch (merci de cliquer sur la photo)

 

     La quatrième vidéo de la série #IamChurch est une réflexion du prêtre jésuite australien Justin Glyn, S.I., qui - partant de sa condition d’handicapé - aborde la question de la limitation, qui appartient à tout être humain.
Glyn - qui a traité le même sujet dans un numéro de La Civiltà Cattolica (en italien) et dans de nombreux autres essais - réfute l'idée encore trop répandue que le handicap est une faute et affirme :
« Nos limitations ne sont pas des malheurs ou des punitions, mais font partie du secret de notre condition d'êtres humains qui, à leur manière, partagent l'image de Dieu et construisent ensemble le Corps du Christ ». C'est dans cette perspective que, lorsqu'on parle du handicap dans la vie de l'Église, il est possible de dire - enfin « Nous » et non « Ils ».


     Les propos de Glyn montrent combien la réflexion des chrétiens qui vivent eux-mêmes cette condition est importante pour ouvrir une approche différente du handicap, tant au niveau théologique que pastoral. Ils nous aident également à ne pas considérer ceux qui vivent un handicap uniquement comme des destinataires passifs de l'attention de l'Église, mais à découvrir une vocation commune à tout fidèle baptisé. « Nous ne sommes pas appelés à la perfection en tant qu'individus. Non ! Nous sommes tous appelés à partager la nature limitée et vulnérable que nous croyons que le Christ est venu partager avec nous ».


     #IamChurch est une initiative du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, dans le cadre de l'Année « Famille Amoris Laetitia ». Il s'agit d'un voyage à travers cinq vidéos, à la découverte de personnes trop souvent victimes de la culture du déchet, qui témoignent d'une humanité souriante et pas du tout victimaire : un visage séduisant de l'Église. Des femmes et des hommes, laïcs et consacrés, théologiens ou simples fidèles, qui montrent la complexité et la richesse du monde du handicap.

 

Tag(s) : #Eglise Universelle
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18 janvier 2022 2 18 /01 /janvier /2022 20:48

 

Passez 52 minutes de respiration avec les moines de l'abbaye de Hauterive

alors que notre chère abbaye cistercienne de Ste Marie du désert (près de Toulouse) ainsi que celle de Notre Dame des Neiges (où St Charles de Foucauld a appris la vie monastique) en Ardèche viennent de fermer.

 

Tout y est, beauté des lieux, odes à la nature, à la vie, à la tendresse pour ce cheval blessé, à l'amour, à Dieu, à la création divine dont nous sommes tous.

 

L'abbaye d'Hauterive, est une abbaye cistercienne fondée en 1138 par Guillaume, seigneur de Glâne, à Hauterive, aujourd'hui en Suisse dans le district de la Sarine du canton de Fribourg (Chemin de l'Abbaye 19, 1725 Posieux, Suisse). C'est la plus ancienne abbaye cistercienne de Suisse romande qui soit encore vivante.

 

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 07:52
 

 

 

Le père Gaëtan de Bodard, aumônier des sapeurs-pompiers de Paris, commente l’évangile du 2e dimanche de l’Avent à travers le sens chrétien du sapin de Noël. Dressé vers le Ciel, le sapin est le symbole de l’arbre de la Genèse revêtu de la lumière du Christ sauveur.
 

Frères et sœurs bien aimés, pouvons-nous parler ce dimanche du sapin de Noël qu’en principe vous avez commencé à installer dans vos maisons, à l’occasion de notre entrée en Avent ? Peut-être êtes-vous en train de protester intérieurement : « Quoi, le sapin ! Il est gonflé ! Qu’il parle plutôt de la crèche : ça c’est du catho pur jus, 100% garanti ! Mais pas le sapin ! Ou alors la Parole de Dieu ! Il ferait mieux d’en parler et de s’appuyer sur les textes de ce dimanche ! » Eh bien, justement, c’est parce que je me fonde sur les lectures du jour (Ba 5, 1-9 ; Ps 125 ; Ph 1, 4-6.8-11 ; Lc 3, 1-6) que je voudrais évoquer avec vous cet aspect « folklorique » de l’Avent et de la préparation à la fête de la Nativité qu’est le sapin, et de voir en quoi celui-ci peut nous aider à tourner davantage nos âmes vers Dieu.

Le Christ en gloire

Le sapin est entré, ou va entrer dans ces prochains jours, dans un grand nombre de nos maisons. Catholiques ou pas, croyants ou pas, beaucoup de nos concitoyens ont conservé la tradition de l’arbre de Noël et le décorent avec soin : les guirlandes brillantes, scintillantes, clignotantes, les boules multicolores et une belle étoile dorée au sommet de la ramure. J’espère seulement, mes frères, que ce n’est pas seulement du tape-à-œil, du clinquant, voire un cache-misère pour dissimuler, le temps des fêtes, notre inquiétude, nos soucis. Un petit coup de booster au moral… pour replonger plus bas quand le sapin ira rejoindre la poubelle en janvier et ces décorations un carton planqué en haut d’un placard jusqu’en décembre prochain !

Nous, catholiques, à travers cet arbre symbolique revêtu d’une parure chatoyante, nous pouvons voir le Christ en gloire…

Nous, catholiques, à travers cet arbre symbolique revêtu d’une parure chatoyante, nous pouvons voir le Christ en gloire : le sapin est un arbre tout simple mais qui peut se révéler si grand en développant si haut sa frondaison vers le Ciel. Comment ne pas voir à travers lui ce tout petit bébé de la crèche, né comme un pauvre, adoré par des pauvres, qui est pourtant Celui que nous avons fêté il y a peu comme le Christ-Roi de l’univers ? À la fois tout petit et si grand !

L’arbre de la Genèse 

Et puis, certains voient en cet arbre une représentation de l’arbre de la Genèse : les boules rouges symbolisent le fruit interdit, la guirlande le serpent tentateur mais l’étoile à son sommet — l’étoile du berger — nous rappelle que Dieu est venu en ce monde pour racheter tous les hommes. C’est ce que nous fêterons lors de la fête de l’Épiphanie. Dès lors, nous pouvons entendre d’une autre oreille l’exhortation du prophète Baruc : « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel » (Ba 5, 1).  Nous sommes sauvés, sauvés par Jésus Lui-Même qui est Dieu qui S’est fait homme. Elle est là notre espérance et notre joie. 

 

Alors oui, nous sommes bousculés et bien secoués en ce moment et les nouvelles consignes sanitaires viennent en rajouter une couche, nous replongeant dans cette période compliquée que nous espérions bien derrière nous… Mais nous sommes invités, résolument, à entretenir cette vertu d’espérance en nous. C’est le cri du cœur de saint Paul : « J’en suis persuadé, Celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus » (Ph 1, 6). Le Seigneur ne nous abandonne pas à notre triste sort. Au contraire, Il nous sauve, Il nous relève, Il nous rachète en permanence, à chaque instant. C’est ce qu’annonce le prophète avec enthousiasme, cité par l’évangéliste saint Luc : « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis » (Lc 3, 5). Il n’y a pas de crevasses, de ravins trop profonds ou inaccessibles à la grâce divine ! Nos montagnes d’orgueil, de suffisance de certitudes fondront comme cire devant la toute-puissance de Dieu et même ce qui est tordu, abîmé ou bancal dans nos vies peut être rétabli, affermi, guéri par le Seigneur.

Revêtu de lumière

À travers le sapin de l’Avent, cet arbre du péché du livre de la Genèse est à présent revêtu de lumière car le Seigneur est venu habiter notre monde si obscur, endosser notre vie humaine et lui donner une incomparable noblesse. C’est ce que nous disons dans le Credo : Jésus, qui est « consubstantiel au Père », « S’est fait homme » « pour notre Salut ».

Devant votre beau sapin scintillant, gardez à l’esprit que celui-ci nous dit un peu de cette splendeur de la Rédemption — Dieu qui rachète Lui-Même nos péchés — et, qu’à sa façon, il nous dévoile la beauté de cette lumière qui nous attend au Ciel. Et ceux qui sont mis devant les portes des magasins ou dans les vitrines, voyons-les comme un écho de la « voix de celui qui crie dans le désert » (Lc 3, 4). Beaucoup de nos contemporains qui se ruent dans les magasins pour dépenser, faisant de la Nativité une simple fête commerciale, ne les voient même plus, tellement ils font partie du packaging commercial de Noël. Mais nous, nous savons qu’ils peuvent tourner nos âmes vers le Ciel et qu’ils nous invitent à rendre grâce à Dieu pour le don de tout Lui-Même en Jésus. Avec le psalmiste, redisons « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! » (Ps 125) Et que cette fête perdure en nous et porte du fruit !

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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 20:53

 

    

        Aide à l'Eglise en Détresse AED 

 

« En deux secondes, nous avons tout perdu. » L’hôpital des Sœurs de Notre-Dame-du-Rosaire a été en grande partie détruit par les explosions à Beyrouth, en août 2020. « Aidez-nous à reconstruire ce couvent, pour que nous puissions maintenir notre présence auprès de ceux qui en ont besoin. »

 

👉 Aidons le Liban à se reconstruire : https://don.aed-france.org/liban-reco...

Comment aider les Libanais

avec Franck Ferrand, Natasha St Pier et Grégory Turpin

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 06:21

 

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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 15:43

 

Père Michel Martin-Prével, cb - Publié le 02/06/21

 

Prononcer « je t’aime », « pardon », « merci » et témoigner du service et de la tendresse. Autant de manières d’entretenir l’amour dans le couple.

 

       Combien de fois avons-nous entendu des personnes nous dire « je suis croyant, mais pas pratiquant », pour s’en faire presque un titre de gloire, comme s’il suffisait de croire et comme si pratiquer faisait un peu dépassé. De même dans la vie à deux, on se dédouane facilement d’avoir à pratiquer l’amour quand on est sûr d’aimer l’autre et quand cela doit suffire à le contenter. « Tu sais bien que je t’ai dit « je t’aime » quand on s’est marié, et que c’est toujours valable ! » Seulement voilà, celui qui se sait aimé, apprécie encore plus de se l’entendre dire, montrer, prouver par des gestes, des paroles, des attitudes. Le feu dans l’âtre n’a-t-il pas besoin d’être alimenté régulièrement en bûches et d’être secoué souvent pour ranimer la flamme. L’amour serait devenu une telle émotion incontrôlable que sa disparition ou son éclipse se perçoit comme un manque de chance et non comme un déficit de preuve à fournir dans l’action.

L’amour qui vient d’ailleurs certes et que l’on reçoit comme un don, surtout au début, demande ensuite à se pratiquer, comme on doit muscler un corps si on ne veut pas qu’il s’atrophie, comme toute vertu qui doit s’exercer et se perfectionner pour prétendre faire son effet bénéfique. On apprécie bien volontiers les gestes de l’autre qui nous disent son amour, et nous oublions que nous avons à lui prodiguer les nôtres en retour. Comme la foi vient aussi en pratiquant, si nous commencions par la pratique avant la foi, l’exercice de l’amour avant d’aimer. Car l’amour vient en aimant, il se fortifie en s’exerçant. Voici cinq points d’attention quotidienne : dire « je t’aime », « pardon », « merci » et témoigner du service et de la tendresse.

1 dire Je t’aime

     Cela doit arracher la bouche à certains d’avoir à prononcer ce mot magique dès le matin ou en se retrouvant le soir, tellement il se fait rare au long des années ! Les fiancés se le disent cinq fois par jour, les jeunes mariés cinq fois par semaine, les couples plus mûrs cinq fois par mois et je connais de vieux couples qui ne se sont pas dit : « Je t’aime » depuis plusieurs années. La dignité de l’homme réside dans sa capacité à parler pour communiquer dans diverses situations, mais surtout de façon excellente pour se redire souvent l’essentiel de son engagement. Le « oui » initial se renouvelle dans ces « je t’aime » réguliers. On ne mesure pas toujours la puissance de ces trois mots qui commencent par « je », pour nous inciter à nous mettre en action, puis par « toi », qui est le destinataire de l’amour et qui nous détourne de nous-mêmes et enfin par le résultat, « aime », qui est un verbe d’action ! Les espagnols disent Te quiero et les italiens Te voglio bene en mettant en premier l’autre et en oubliant le « je » ! Des variantes nombreuses existent : « Tu es mon amour, ma biche, mon trésor… », aux effets tout aussi délicieux.

2 dire Pardon

     Ce petit mot magique est difficile à prononcer parce qu’il demande de l’humilité, de la gratuité scandaleuse, de l’abandon d’être payé de retour pour une offense reçue. Pourtant cet effort apporte tant de paix et de réconciliation que l’on est étonné que beaucoup ne le pratiquent pas, soit par manque d’éducation à cette bonne habitude, soit par difficulté intérieure à vivre ce processus étrange, parce que divin, mais accessible et simple. Là aussi en forgeant, on devient forgeron. On vit le pardon dans les petites choses pour les vivre ensuite dans les grandes offenses. Chacun faisant sa part à son rythme : « je te pardonne » pour l’un et « je te demande pardon » pour l’autre. Pardonner est un synonyme d’aimer. Essayer le pardon, c’est l’adopter !

3 dire Merci

     Notre monde redécouvre la gratitude, vertu connue des anciens, surtout quand elle est aimantée par l’Auteur de la grâce. Dans le couple, il s’agit de remarquer plus souvent les bonnes choses chez l’autre que ses défauts, de faire taire les reproches pour penser à encourager plus souvent, pour se réjouir de ce qui fait du bien avant de corriger ce qui va mal. Gary Chapman parle des paroles valorisantes comme d’un langage spécifique de l’amour, bon sésame pour nourrir la communion. Un « merci » donné du fond du cœur refait un cœur attristé par la fatigue, un conjoint fermé par une dispute, un esprit affligé par la lassitude. Un merci enflamme l’œil d’un sourire retrouvé.

4 Rendre service

     Comme le vent ne se voit pas en tant que tel, sinon dans ses effets, fumée qui s’incline, feuilles qui s’agitent, l’amour ne doit pas rester théorique mais se prouver par le désir d’aider l’autre, de lui rendre service. La main prolonge le cœur, c’est bien connu. Et la main fait des merveilles pour prendre sa part de travaux domestiques, pour réaliser sa part dans l’éducation des enfants et les multiples services qui font du bien à l’autre conjoint. Autre langage de l’amour qui ne doit être réservé à personne, mais nous concerne tous.

5 Témoigner de la tendresse

     L’amour a trois marqueurs essentiels qui l’incarnent bien profondément au cœur de la vie conjugale : le pardon, le service et la tendresse. En l’absence de l’un ou deux d’entre eux, il n’est pas étonnant que l’amour s’étiole. La tendresse n’est pas dans le tout ou rien, mais, entre grands ébats sexuels et superbe et froide juxtaposition, elle loge dans le quotidien des gestes, des paroles, des sourires, et une bienveillance affectueuse. Embrassades chastes, caresses délicates, mots tendres et regards appuyés nourrissent les instants fugaces mais réconfortants des époux attentifs l’un à l’autre. Pas besoin d’un calme plat dans les rapports pour s’y sentir poussé, mais inversement s’adonner à ces exercices de tendresse pour retrouver le cœur de l’autre. Cela s’appelait faire la cour au temps des amours courtois qui auraient été oubliés dans la tornade de la révolution sexuelle. La tendresse englobe la sexualité et lui donne ses quartiers de noblesse.

 
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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 09:31
Marie, Marthe et Lazare : la famille, ou « la grandeur de ce qui est petit »
 

Marcelo Figueiroa, capture @ TV2000

Marie, Marthe et Lazare : la famille, ou « la grandeur de ce qui est petit »

L’Osservatore Romano consacre 2 pages aux « saints de Béthanie »

 

      Rédacteur en chef de l’édition argentine de L’Osservatore Romano, lancée en 2017, Marcelo Figueroa est un presbytérien argentin, bibliste, ami du pape François.

 

     En cette période de pandémie planétaire, l’auteur invite à accepter la tension entre la « fraternité » mondiale et la « famille », les « proches » qui représentent « ce qui est tangible, quotidien et familier » ; entre le « regard universel », et celui, « incontournable », qui se concentre « sur ce qui se passe dans mon village, ma famille, ma communauté ».

     Rappelons que, depuis le 2 février dernier, Marthe, Marie et Lazare, qui ont accueilli Jésus chez eux à Béthanie, sont désormais inscrits au Calendrier romain général, pour être célébrés dans toute l’Eglise le 29 juillet.

     Dans un décret publié le 2 février 2021, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Robert Sarah, explique que « dans la maison de Béthanie, le Seigneur Jésus a fait l’expérience de l’esprit de famille et de l’amitié » : « Marthe lui offrit généreusement l’hospitalité, Marie écouta attentivement ses paroles et Lazare sortit rapidement du tombeau sur l’ordre de Celui qui a humilié la mort. »

Voici notre traduction de l’article de Marcelo Figueroa.

HG

 

La grandeur de ce qui est petit

 

     Voir l’universel sans perdre de vue le familier. Éprouver de la compassion pour le monde sans négliger la miséricorde pour vos proches. Équilibrer la tension entre la fraternité en tant que prochain et la famille parce qu’elle est proche. Traverser ce temps de pandémie tenus par la main par un Christ incarné, symbole d’une humanité complète, comprenant son kairos d’amour infini pour la faiblesse individuelle. Avoir la capacité d’examiner l’histoire actuelle à la lumière des événements dramatiques vécus, sans perdre la grandeur de s’arrêter sur ce qui est petit, comme un instant infini. Une goutte d’éternité dans une espace petit et proche au milieu d’une mer fouettée par une tempête inattendue et planétaire.

 

      Le 26 janvier dernier, en la mémoire liturgique des saints évêques Timothée et Tite, le cardinal Robert Sarah et l’archevêque Arthur Roche, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, ont signé un décret de modification dans le Calendrier romain général concernant la date du 29 juillet, qui célèbrera à partir de cette année les saints Marthe, Marie et Lazare. Le décret rappelle que « dans la maison de Béthanie, le Seigneur Jésus a fait l’expérience de l’esprit de famille et de l’amitié de Marthe, Marie et Lazare ; c’est pour cette raison que l’évangile de Jean affirme qu’il les aimait ». Puis il ajoute : « Marthe lui offrit généreusement l’hospitalité, Marie écouta docilement ses paroles et Lazare sortit promptement du tombeau sur l’ordre de celui qui a humilié la mort ». Et il conclut : En accueillant la proposition de ce Dicastère, le souverain pontife François a établi que figure dans le Calendrier romain la mémoire des saints Marthe, Marie et Lazare le 29 juillet ».

 

      Dans cette histoire évangélique johannique, on perçoit comme rarement ailleurs, la tension entre les opposés dans les temps qui précèdent le chemin de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus. Le Seigneur se dirigeait vers Béthanie, tout en sachant qu’il s’exposait ainsi à une accélération du processus final déjà orchestré par le Sanhédrin, qui cherchait seulement une opportunité pour le mettre en œuvre. Dans une certaine mesure, percevant cette dangereuse tension, certains de ses disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » (Jean, 11, 8). Il apparaît clairement, dans la réponse énigmatique de Jésus, que sa vision des temps et des événements ne coïncidaient pas avec la leur : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui ». Il s’exprima ainsi, puis il leur dit : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil » (ibid. 11, 9-11). De la même façon, on en déduit que, pour Jésus, le voyage pédagogique qui devait conduire à la résurrection de son ami Lazare était nécessaire pour témoigner de son pouvoir sur la mort et sur ses temps, mais également pour accélérer définitivement sa fin : « A partir de ce jour-là, ils décidèrent [le Sanhédrin] de le tuer » (ibid., 11, 53). Sa victoire sur la tension entre la vie, la mort et ses temps chronologiques et infinis était l’élan qui dépassait la tension des opposés. « Je suis la résurrection et la vie ; qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (ibid., 11, 25).

 

      Dans son récent message pour la XXVème Journée mondiale de la vie consacrée, le pape François a affirmé : « J’aime évoquer Romano Guardini qui disait : la patience est une façon dont Dieu répond à notre faiblesse, pour nous donner le temps de changer ». Avec ce voyage inattendu, dangereux et apparemment inopportun et inutile, Jésus désirait donner également une leçon de patience, en raison de leur faiblesse, à ses disciples, pour qui cette tension était insupportable. C’est la même impatience qu’ont éprouvé auparavant Marthe, puis Marie lorsqu’elles accueillirent Jésus après la mort de son ami : « si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! » (Jean, 11, 21 et 32). Jésus aussi désirait passer un temps de guérison, dans la proximité de la vie quotidienne avec cette famille qu’il aimait tant. La maison de Marie, Marthe et Lazare était pour le Seigneur un lieu accueillant, avec le parfum des villages et la saveur de l’amitié paysanne. Jésus, qui allait se lancer dans un univers infini, après son passage dans la majestueuse Jérusalem, ne se priva pas, même en cette circonstance du temps nécessaire pour visiter ces périphéries paysannes qui faisaient partie de lui et qu’il aimait.

 

      Suivant l’œuvre et la pensée de Guardini, Der Gegensatz développe la signification profonde de l’importance de la tension des opposés. Opposés qui, loin d’être un problème, représentent une solution qui va au-delà de tout raidissement d’une vision binaire et hégémonique de la réalité théologique, sociale et anthropologique. Parce que cette vision statique et unipolaire paralyse, obnubile la pensée et ne laisse pas de place à l’action rénovatrice de Dieu. Guardini soutenait ceci : « Nous ne pouvons pas accepter que se consolide une société duelle ». En ce sens, nous pourrions dire que s’applique également la devise de l’Hypérion de Hölderlin : « Ne pas mettre de limite à ce qui est grand, mais se concentrer sur ce qui est petit ».

 

     Il convient de regarder la pandémie mondiale avec un regard universel. Et de constater l’inégalité de l’accès aux services sanitaires pour les pays et continents pauvres et maintenant la scandaleuse asymétrie dans la disponibilité des vaccins sur la base des possibilités économiques de chaque Etat singulier. Mais il faut également « tendre l’arc » des opposés pour se rapporter à ce qui est petit et qui, précisément, représentant ce qui est tangible, quotidien et familier, assume une dimension de cicatrisation de la situation dans une optique chrétienne. C’est pourquoi se concentrer sur ce qui se passe dans mon village, ma famille, ma communauté, représente un regard incontournable que, comme pour certains disciples de Jésus, beaucoup ne comprendront pas. Nous avons besoin de patience pour regarder le quotidien, ce qui est proche et familier, la patience qui peut transformer notre être faible en conversion spirituelle pour Jésus, Seigneur du temps et de l’histoire. Naturellement, nous ne devons pas oublier qu’en harmonie avec notre catholicité spirituelle, la limite est l’humanité tout entière et la justice intégrale, à la lumière de l’herméneutique du royaume de Dieu et de sa justice. Mais en ce moment, il est aussi important de retrouver la grandeur de ce qui est petit, comme le fit Jésus qui ne négligea pas, sur son chemin vers le salut universel, d’être proche d’une famille aimée et petite comme celle de Marie, Marthe et Lazare.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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