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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 21:02

 

 

EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE

Source : Aleteia

 

 

       Comptant environ 10 000 orgues sur son territoire, la France peut s’enorgueillir de posséder un florilège d’instruments parmi les plus beaux du monde. Notre sélection.

 

     La France possède un patrimoine organistique conséquent recouvrant plus de cinq siècles de facture d’orgue. Possédant chacun leurs caractéristiques, ces orgues sont le reflet de leur temps. Petits ou monumentaux, conservés, transformés ou même modernisés, ils ont tous été conçus dans un même but : soutenir la liturgie et élever les âmes vers Dieu et le Ciel.

 

 

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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 08:53

Source : Aleteia

 

 

     Découvrons les plus belles bibliothèques monastiques au monde. De la Prusse, à l’Autriche en passant par Prague, Madrid ou Paris, découvrons ces trésors à couper le souffle. Cachées derrière de lourdes portes, parcourues de forêts d’escaliers en colimaçon et de couloirs tapissés d’étagères, elles sont un des joyaux de la culture européenne.

   Véritables chefs-d’œuvre d’architecture, ces bibliothèques monastiques détiennent notamment les plus belles éditions de la Bible. Elles préservent aussi de multiples ouvrages merveilleusement calligraphiés et rehaussées d’or, d’innombrables livres liturgiques qui dégagent un parfum d’encens. Les évangéliaires les plus beaux sont tracés en lettres d’argent sur des parchemins pourpres.

 

 

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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE

 

 

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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE

 

 

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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE

 

 

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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE

 

À suivre n°7 à 12/12

 

 

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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 07:38
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°27 : SAINTE-MARIE D'OLORON
 

 

      Commencée en 1102, c’est le fleuron de cette petite ville béarnaise, riche de deux mille ans d’histoire et capitale du béret basque !

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°27 : SAINTE-MARIE D'OLORON
Au confluent de deux gaves

     Située au cœur du Béarn, point de départ idéal pour s’aventurer dans les grandes vallées des Pyrénées Atlantiques, les vallées d'Ossau, d'Aspe et de Barétous, Oloron est riche de deux mille ans d’histoire. Son patrimoine est riche et varié. Maisons élégantes en bords de gave, ruelles charmantes, remparts, vieux immeubles du XVIIe siècle, tout indique un passé riche et industrieux. Oloron est la capitale du béret basque !

     Mais c’est la cathédrale Sainte-Marie qui est le fleuron de cette petite ville qui a la particularité d’être au confluent de deux gaves : le gave d’Aspe et le gave d’Ossau, réunis ici pour former le gave d’Oloron.

 

Le portail de Sainte-Marie d’Oloron

     La construction de la cathédrale commence en 1102. Elle est décidée par le vicomte de Béarn Gaston IV le Croisé, et dédiée à la Vierge. Témoignage de l’important passé épiscopal de la ville, l’énorme édifice est surtout connu pour une de ses parties les plus anciennes, un portail roman sculpté au XIIe siècle par deux grands artistes. Il constitue un véritable livre ouvert sur la foi de l’époque ravivée par les croisades et les guerres de Reconquête en Espagne.
     On doit au premier artiste la Descente de Croix du tympan, émouvante dans sa simplicité. La sculpture s’affirme mais, imitée de l’orfèvrerie et des ivoires, peine encore à se détacher du fond. On attribue aussi à cet artiste le groupe des hommes de l’Ancien Testament, lourdement enchaînés comme des atlantes au bas du trumeau.
Le « Maître de Sainte-Marie » qui lui succède est d’un plus grand talent encore : la voussure d’en haut évoque le ciel avec ses 24 vieillards de l’Apocalypse. De chaque côté, un groupe sculpté : à gauche, un monstre dévore un damné ; à droite, un cavalier piétine l’ennemi épouvanté et vaincu. Ces œuvres, traditionnelles par le thème, sont originales par la variété des attitudes et la vigueur des expressions. L’autre voussure représente les préparatifs d’un festin et inclut des scènes de la vie quotidienne locale : ainsi, la chasse aux sangliers, la pêche au saumon, le découpage des boules de pain et de fromage sont autant de témoignages de la vie béarnaise au XIIe siècle.
     Le portail sculpté de la cathédrale Sainte-Marie est une œuvre de qualité montrant la finesse, l’inspiration et le savoir-faire des sculpteurs de l’époque : on remarquera l'insertion des billes de verre pour rendre plus vivants les yeux des personnages.

     Le plan de l’édifice comporte un clocher porche qui précède une nef à collatéraux doublés de chapelles au nord et au sud, précédant un transept, puis un chevet à chapelles rayonnantes.

 

Un intérieur sans cesse remodelé

     À l’intérieur, le bénitier des Cagots représente une scène de chasse. Il s’agit vraisemblablement d’un chapiteau provenant de l’édifice roman ou du cloître, creusé pour devenir bénitier.

    Certains chapiteaux de la nef et du déambulatoire illustrent des thèmes évangéliques (Daniel dans la fosse aux lions) ou décoratifs (oiseaux antithétiques, visages humains aux expressions variées, têtes de monstres…)

      Victime de deux incendies au XIIIe puis au début du XIVe siècle, pillée et ravagée à la fin du XVIe pendant les guerres de religions, la cathédrale a été remodelée au fil des siècles jusqu’au milieu du XVIIIe, avant d’être restaurée le siècle suivant. La cathédrale a cessé d’héberger un évêque au début du XIXe et relève aujourd’hui du diocèse de Bayonne.

     Monument historique, la cathédrale est inscrite au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

 

Trésor de la cathédrale

Vandalisée en novembre 2019, la cathédrale est victime d'une attaque à la voiture-bélier. C’est au Trésor que les malfrats s’en prennent. Parmi les vols, de l’orfèvrerie (calices, croix, ostensoirs), qui se trouvaient derrière une vitrine, et une cape donnée par le roi François Ier, pièce maîtresse de ce Trésor.

 

Vidéo  : la merveilleuse statuaire de Sainte-Marie

Découvrez les merveilles de la cathédrale Sainte-Marie d’Oloron. Photos de Michel Boisset. Musique : «Virgine bella, che di sol vestita», extrait de Les Anges musiciens, par l'ensemble Obsidienne (Bayard Musique).   

La légende de saint Grat, évêque d’Oloron du VIe siècle et patron de la ville

     Grat d'Oloron est né au Ve siècle à Lichos, près d’Oloron. Son nom de baptême, Gratus, signifie en latin « agréable, charmant » et aussi « reconnaissant ».

      Sa jeunesse a été marquée par les persécutions des catholiques par le roi wisigoth Euric (466-485), dont le successeur, Alaric II (485-507), fut tolérant envers les catholiques, permettant la création du diocèse d'Oloron. Gratus en est le premier évêque. Il participe à la tenue du concile d'Agde en 506, qui réunit 34 évêques catholiques du royaume wisigothique, sous la présidence de saint Césaire, évêque d'Arles. En 507, les Wisigoths sont battus par Clovis à Poitiers. Mais à la mort de Clovis en 511, les Wisigoths sont encore très présents au sud de la Garonne (Aquitaine). C'est pendant cette période que saint Grat serait mort à Jaca, d'où son corps aurait été amené à Oloron pour y reposer définitivement. Il est le patron de la ville.

 

En savoir plus sur Saint Grat, cliquez ici

Sophie de Villeneuve

 

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 07:07
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°26 : NOTRE-DAME DU PUY-EN-VELAY
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°26 : NOTRE-DAME DU PUY-EN-VELAY
 

 

       Point de départ de la route la plus ancienne vers Saint-Jacques de Compostelle, cette cathédrale romane, érigée à partir du Xe siècle, abrite une vierge noire vénérée comme une mère depuis des siècles.

 

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°26 : NOTRE-DAME DU PUY-EN-VELAY
 

     Inscrite dans le cadre naturel exceptionnel de la terre volcanique d’Auvergne, Notre-Dame du Puy-en-Velay séduit par son allure originale. Située au début de la via Podiensis, la route la plus ancienne empruntée pour aller à Saint-Jacques de Compostelle, cette cathédrale romane aux influences italienne, byzantine et mozarabe est chaque année le point de départ d’environ 15 000 pèlerins, sans compter les visiteurs de passage.

 

Une dalle miraculeuse

     Plusieurs légendes entourent sa fondation. L’une d’elle est liée à la « pierre des fièvres » ou « pierre de l’apparition », une grande dalle rectangulaire qui recouvrait probablement une sépulture à incinération dans l’antiquité. Selon un récit très ancien, vers 420, une noble chrétienne gravement malade reçoit en songe l’ordre de se faire porter sur le mont Anis — Anicium est alors le nom du Puy. Sur la pierre, la Vierge Marie lui apparaît entourée d’anges et de saints. Miraculeusement guérie, la femme court transmettre à l’évêque son message : faire construire à cet emplacement une chapelle dédiée à la Mère de Dieu. Achevée peu avant 430, la première cathédrale du Puy-en-Velay est ainsi contemporaine de la basilique romaine Sainte-Marie-Majeure et du concile d’Éphèse qui proclame en 431 la double nature humaine et divine du Christ, et par là la maternité divine de Marie. Dans les siècles qui suivent, d’autres guérisons miraculeuses sont obtenues par l’intercession de la Vierge. Des pèlerins commencent à affluer. Encore aujourd’hui, dans la chapelle nord du chevet, certains d’entre eux s’allongent sur cette pierre pour confier leurs souffrances.

 

Un haut lieu de pèlerinage

      En 950, le premier évêque du Velay, Godescalc, entreprend un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Il est le premier pèlerin connu à se rendre ainsi avec un groupe sur le tombeau de l’apôtre en Espagne. À son retour, il entame d’importants chantiers avec la construction en 962 d’une chapelle dédiée à saint Michel au sommet du rocher d’Aiguilhe. Ces travaux se poursuivent par l’édification d’une nouvelle cathédrale à l’architecture inspirée du passé local et de l’Antiquité tardive italienne et romaine. Le Puy connaît alors un rayonnement considérable. La cathédrale devient, à l’instar de Chartres, l’un des plus importants sanctuaires mariaux de la chrétienté occidentale, à tel point qu’il faut l’agrandir. À la fin du XIIe siècle, sa construction est achevée par l’ajout de deux travées au dessus du vide ! Seule la partie la plus ancienne — chevet, transept, et les deux premières travées — repose sur le rocher.

 

Dans le ventre de la Vierge

     Cette physionomie atypique n’échappe pas au pèlerin qui observe de loin la façade occidentale, toute en géométrie. Au centre, l’agneau pascal sur une pierre en saillie marque l’entrée. Il s’agit de suivre le fils de Dieu dans son incarnation et de se laisser enfanter par Marie, mère de Dieu et de l’Église. Après avoir gravi les nombreuses marches qui mènent au sanctuaire, on arrive ainsi devant une enfilade de porches. Le premier est celui de la Parole avec des sculptures représentant les quatre évangélistes. On y est accueilli par Saint-Jacques de Compostelle, la main droite levée en signe de bénédiction, une sculpture en bois réalisé par Dominique Kaeppelin, un artiste du Puy mort en 2019. Le second porche est celui « de l’Église » et le troisième celui « du Christ », en raison des peintures murales d’influence byzantine qui les décorent, en particulier une Vierge à l’Enfant en majesté, « trône de la Sagesse ». Cette enfilade de porches conduit en s’amenuisant vers un petit escalier : « l’escalier du ventre » qui mène à l’intérieur du sanctuaire devant l’autel. Au Moyen Âge, des sermons associent en effet le Saint-Sépulcre à l’utérus de la Vierge, établissant ainsi un lien entre l’Incarnation et la Résurrection. Comme Nicodème (Jean 3, 1-9), chacun est ainsi invité à « naître d’en haut ».

 

Une vierge noire particulièrement vénérée

      À l’intérieur, détaché du chœur liturgique, au fond de l’abside, se trouve le chœur marial où les pèlerins viennent prier la vierge noire. L’origine de cette statue, sa couleur qui évoque la femme du Cantique des Cantiques — « Je suis noire mais belle » —, sont entourées de mystère. A-t-elle été rapportée d’une croisade par saint Louis, fervent pèlerin du Puy-en-Velay ? A-t-elle été recouverte de peinture au XVIIIe siècle ? Une chose est sûre : la statue initiale a été brûlée sur la place du Martouret le 8 juin 1794 par les révolutionnaires. Faite de bois de cèdre, de facture « éthiopienne », elle ressemblait à une vierge romane auvergnate en majesté, assise et portant l’enfant Jésus sur ses genoux. La statue actuelle provient du monastère de la Visitation. Placée dans la cathédrale à la demande des fidèles en 1844, elle a été couronnée sur la place du Breuil le 8 juin 1856, soixante-deux ans après les outrages de la Révolution. Vêtue d’un manteau laissant apparaître la tête de l’enfant Jésus, elle dispose d’une importante garde-robe — vingt-cinq manteaux — qui varie en fonction du temps liturgique et des fêtes de l’année ! Elle est particulièrement vénérée à l’occasion de la fête de l’Assomption le 15 août. Des milliers de personnes l’accompagnent alors en procession dans les rues de la ville.

 
Vidéo  : visite de Notre-Dame du Puy par le recteur en 2017 :
Agnès de Langeac, la protectrice des jeunes mères

     Née le 17 novembre 1602 au Puy-en-Velay, Agnès de Langeac est baptisée le lendemain au baptistère Saint-Jean, près de la cathédrale. Profondément chrétien, son père, Pierre Galand, est coutelier, sa mère, dentellière. Agnès est la troisième de leurs sept enfants. Vers sept ans, tandis qu’elle monte à la cathédrale, la fillette pense à un homme supplicié dont la vue l’a bouleversée. Elle a prié pour lui toute la nuit. Au cours de la messe, elle entend au fond de son cœur une parole qui l’invite à se donner tout entière à la Vierge Marie qui la protégera. À huit ans, Agnès fait sa première communion, ce qui est exceptionnel à cette époque. Elle veut aimer davantage le Seigneur. « Passe de longs moments en silence dans ta chambre et pense à Jésus », lui conseille son premier confesseur. La jeune fille s’y emploie avec ferveur : « Allons mon âme, il faut se tenir un petit quart d’heure devant Dieu et être bien attentive à lui », se dit-elle. Et chemin faisant le quart d’heure s’allonge en demi heure, puis en heure…

     Au Puy-en-Velay, la maison familiale est proche de l’église du couvent dominicain. Agnès y participe souvent aux offices et y rencontre un frère qui devient son père spirituel. En avril 1621, elle est ainsi admise dans le Tiers Ordre dominicain, puis en 1623, à 21 ans, elle quitte Le Puy pour mener une vie contemplative à Langeac et participer à la fondation du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne dont elle devient prieure dès 1627. Par sa prière et ses conseils, elle va guider Jean-Jacques Olier vers la fondation des premiers séminaires de Saint-Sulpice. Elle meurt le 19 octobre 1634, laissant à ses moniales la vocation de prier pour les prêtres et la vie en ses débuts. Attentive aux plus pauvres, Agnès aimait en effet entourer les jeunes mamans au moment de la naissance de leur enfant. C’est pourquoi elle est souvent invoquée par les femmes ayant une grossesse difficile ou les couples en désir d’enfant. Elle a été béatifiée à Rome en 1994 grâce à une naissance miraculeuse obtenue par son intercession en 1952 à Langeac.

 

Écouter  :

« Magnificat » par la Maîtrise de la cathédrale du Puy-en-Velay, dir. Emmanuel Magat, extrait de Petits chanteurs, vol.2, Bayard Musique.  

Vidéo : Jubilé de Notre-Dame du Puy en 2016 :

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 09:23
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°25 : SAINT-TROPHIME D'ARLES
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°25 : SAINT-TROPHIME D'ARLES
 

 

   Bâtie sur des vestiges de l’Antiquité tardive, le chantier de la cathédrale d’Arles commence en 1100. Elle obtiendra un temps le rang de primatiale des Gaules, et demeurera siège d’un archevêché jusqu’à la Révolution. C’est l’un des plus importants édifices du domaine roman provençal. Aujourd’hui, Saint-Trophime est église paroissiale.

 

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°25 : SAINT-TROPHIME D'ARLES
 
Une histoire très ancienne

      La communauté chrétienne d’Arles est l’une des premières de la Gaule, avec la présence d’un évêque attestée dès 254. Initialement située à proximité du rempart antique de l’Hauture, la cathédrale fut déplacée vers le Ve siècle à proximité de l’ancien forum romain.
     Elle fut élevée en plusieurs phases et l’essentiel du monument que nous voyons aujourd’hui date du XIIe siècle, époque à laquelle sa façade, initialement sobre, fut rehaussée de sa magnifique statuaire historiée. À cette époque, Arles connaît un essor important qui nourrit les ambitions de renouer avec un passé glorieux. Avec la construction de l’église, l’ancien vocable de Saint-Étienne est remplacé par celui de Saint-Trophime, en hommage au premier évêque légendaire de la cité. Le chantier commença vers 1100, la translation des reliques de saint Trophime dans la nouvelle cathédrale eut lieu en 1152.

 

Un joyau provençal

     Le monument possède le plan caractéristique des édifices de Provence : une haute nef de cinq travées, voûtées en berceau brisé et flanquée d’étroits collatéraux ; un transept très court dont la croisée est surmontée d'une coupole et supporte le clocher. Outre d’innombrables trésors architecturaux, le portail possède une statuaire – consacrée au Jugement Dernier – tout simplement admirable de finesse.

      Autre joyau, le cloître. Sa construction est venue achever une réédification du complexe cathédral qui avait débuté vers la toute fin du XIe siècle. À partir du XIIe siècle, l'espace au sud de la cathédrale est occupé par deux grands ensembles : le palais de l'évêque, et le claustrum, un espace réservé à la communauté des chanoines. Les deux galeries romanes (au nord et à l'est) ornées de sculptures sont d'une qualité exceptionnelle. Les deux dernières galeries (au sud et à l'ouest), voûtées sur croisées d'ogives, sont de style gothique et n'ont été réalisées que vers 1370-1380.

     À la fin du XVIIe siècle, Monseigneur de Grignan entreprit une vaste modernisation de l’église, ajoutant notamment des balcons à balustres aux extrémités du transept ainsi que de grandes verrières. Deux nouvelles portes à fronton sont ajoutées sur la façade.
Lors de la Révolution, l’église fut transformée en temple de la Raison, et son mobilier d’origine en grande partie détruit.

Une restauration exemplaire

      À la fin du XIXe siècle, l’architecte en chef des Monuments historiques Henri Révoil entreprend de remettre l’édifice dans le goût médiéval et de supprimer des adjonctions modernes. Ainsi, il procède à la suppression d’un clocheton en haut de la façade, ouvre des fenêtres bouchées et remplace la porte du XVIIIe siècle. En 1873, l’intérieur de l’église subit de grands travaux portant notamment sur la nef, les collatéraux et les tribunes.
Par ailleurs, de nombreuses pièces de mobilier sont ajoutées, tels trois sarcophages paléochrétiens.

     Dans les années 1970, plusieurs interventions ont lieu sur les toitures et le clocher.
En 1980 est lancée l’opération de restauration du portail et de sa statuaire. Partant d’un constat préoccupant (l’importance des dégradations) et inspiré par une approche scientifique, le chantier se révéla comme une opération pilote, drainant des compétences multiples.
Durant sept années (1988-1995), le portail est le point de rencontre de spécialistes venus du monde entier, réunis par une action commune et un même enthousiasme.
Outre la consolidation de la pierre, la technique retenue pour la débarrasser de sa gangue noire fut celle de la micro-abrasion, conduite avec un outillage aussi fin que celui d’un dentiste.

Saint-Trophime est par ailleurs une église à reliques sur la route de Compostelle.

 

Écouter  :

« PaxÆterna », extrait de Lux lucis, par l'ensemble Beatus, Bayard Musique.  

Sophie de Villeneuve

 

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 07:13

 

NOTRE-DAME DE LA TREILLE À LILLE

 

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°24 : NOTRE-DAME DE LA TREILLE À LILLE
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°24 : NOTRE-DAME DE LA TREILLE À LILLE
 

 

        Notre-Dame de la Treille, à Lille, est née dans la seconde moitié du XIXe siècle de la volonté de la bourgeoisie catholique issue de l’industrialisation. Elle souhaitait ériger une église pour abriter la statue de Notre-Dame de la Treille. En 1854, une première pierre symbolique est posée et un concours international d’architecture lancé.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°24 : NOTRE-DAME DE LA TREILLE À LILLE

     Le règlement du concours d’architecture stipulait « que l’on bâtisse une église de style ogival de la première moitié du XIIIe siècle ». Les lauréats proposent un édifice de 110 mètres de long avec une crypte de 2 500 m2 et deux tours surmontées de flèches en façade.

 

Un chantier de longue haleine

     La construction démarre en 1856, mais les moyens financiers ne sont pas à la hauteur du projet qui s’étale dans le temps. En 1935, le béton armé et les structures métalliques remplacent la pierre ; la voûte est surbaissée et les tours de façade abandonnées pour faire place à une façade provisoire de briques. La dernière pierre est posée en 1999. Entre temps, l’église devient basilique mineure en 1904, puis cathédrale en 1913. Mais le sort s’acharne : la statue miraculeuse est volée en 1959.

À l’origine, une statue

     On ne connaît pas exactement l’origine de la statue de Notre-Dame de la Treille. Au début du XIIIe siècle, elle est exposée dans la collégiale Saint-Pierre à Lille. On la mentionne une première fois le 2 juin 1254 à l’occasion d’un miracle. En 1269, une procession annuelle en son honneur est organisée ; elle aura lieu jusqu’à la Révolution. Notre-Dame de la Treille délivre des possessions et guérit les hernies, la cécité, la paralysie ou la peste. Au XVIIe siècle, l'église reconnaît officiellement 54 miracles. La collégiale Saint-Pierre est endommagée lors du siège de la ville par les Autrichiens en 1792. Le sacristain cache la statue chez lui. En 1801, la statue est déposée dans l'église Sainte-Catherine où on l'oublie. Le curé de la paroisse la redécouvre et restaure son culte en 1846. En 1872, la statue est transférée dans la nouvelle cathédrale en construction où une chapelle située dans l’axe du chœur l’abrite. Cette chapelle est construite à la manière de la Sainte-Chapelle.

 

Une façade contemporaine translucide

      En 1983, la ville de Lille décide de restructurer le quartier de la cathédrale. À cette occasion, le diocèse décide de terminer la cathédrale. C’est l’architecte Pierre-Louis Carlier qui achève la façade. Il construit les trois arches gothiques de la façade. L’arche centrale située dans l'axe de la nef est en marbre translucide. En son sommet, un grand vitrail du peintre Ladislas Kijno figure la rosace centrale, tandis que le portail de verre et de bronze est un hommage à la Vierge du sculpteur Georges Jeanclos. L’édifice a été classé au titre des Monuments historiques en 2002.

 

Écouter  :

Ave Maria, de César Frank, par l’ensemble Basilica et Olivier Penin, extrait de Hommage à César. 

Geneviève Pasquier

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 06:37
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°21 : SAINT-JOSEPH DE NOUMÉA
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°21 : SAINT-JOSEPH DE NOUMÉA
 

 

      L’histoire religieuse de la Nouvelle-Calédonie est liée à la congrégation des Maristes qui assura l’évangélisation catholique de cet archipel d’Océanie. Après 8 mois de navigation, les premiers missionnaires arrivent en 1843. En une petite cinquantaine d’années, le diocèse est fondé et la cathédrale Saint-Joseph est consacrée en 1890.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°21 : SAINT-JOSEPH DE NOUMÉA
La cathédrale française du bout du monde

 

      La région où se situe Nouméa est habitée depuis le premier millénaire. Ce coin de terre, au large de l’Australie, n’intéresse pas les Européens qui le découvrent au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, Napoléon III fait de la Nouvelle-Calédonie une colonie pénitentiaire. Il érige un bagne sur l’île de Nou en rade de Nouméa. L’île accueille les grands criminels et des personnes que l’empereur des Français voulait éloigner (opposants politiques…) La ville de Nouméa devient le chef-lieu de la région qui se peuple essentiellement de militaires. La cité se développe rapidement grâce aux bagnards, une main-d’œuvre à disposition et corvéable sans beaucoup de ménagement. Les « chapeaux de paille » réalisent l’essentiel des infrastructures de la colonie : routes, système d’approvisionnement en eau, remblai des marécages, bâtiments officiels, etc.

      La cathédrale Saint-Joseph est édifiée dans le cadre de ce plan d’urbanisation. Le terrain est choisi en 1874. Il est situé dans le centre de Nouméa. Les travaux de terrassement commencent en 1876. Un concours public d’architectes est organisé pour établir les plans de l’église. C’est le projet d’un certain Labulle, un ancien bagnard, qui est sélectionné. Les travaux débutent en 1887. La cathédrale est construite à la mode de la fin du XIXe siècle, en style néogothique. Elle est consacrée en 1890. Une soixantaine de forçats a conduit l’ensemble du chantier. La bâtisse est réalisée à partir des matières premières disponibles sur place. Les pierres ont été extraites des carrières voisines. La charpente est en bois de niaouli, le plafond en kaori, les piliers du chœur ont été sculptés à partir de troncs de magnifiques tamanu. Du bois d’acacia et du précieux cohu ont servi aux décors. Des bénitiers faits de coquilles de tridacnes géants accueillent les visiteurs. Le lustre du chœur est une copie de celui de l’église de la Madeleine à Paris. Il a été réalisé avec l’une des toutes premières feuilles de nickel découvertes et extraites de Nouvelle-Calédonie.

 

Les premiers missionnaires

      Le 21 décembre 1843, les premiers maristes arrivent de France à Balade. Il s’agit de Mgr Douarre, des pères Rougeyron et Viard et des frères Marmoiton et Taragnat. La première communauté s’installe à Nouméa le 27 septembre 1873, dans le quartier de la cathédrale qu’ils desservent. Ils fondent dans ce quartier des écoles, un pensionnat, un orphelinat et proposent des cours pour les adultes. Ces missionnaires fondent plusieurs communautés dans toute la région et assurent encore aujourd’hui la pastorale de cette collectivité française du bout du monde.

 

Visite en vidéo
Prière d’un bagnard

      Je n’en finis plus, Seigneur, d’essayer de m’en sortir. Un malheur n’attend pas l’autre. Je n’arrête pas de me décourager; je suis comme un nageur qui prend sans cesse des tourbillons (…) Ah! Si tu déchirais ma nuit, Seigneur, si tu brisais mes chaînes, si tu me faisais sauter le mur… Tu sais, je ne vois plus de lumière au bout de mon tunnel. J’ai toujours ce boulet accablant à ma cheville. (…) J’ai du mal à vivre! Je suis si petit, si faible, et je ne vois pas le jour où tout cela va finir. Je suis malheureux, je n’en peux plus! Ah Seigneur! Desserre mes liens, rafraîchis mon front. Prends ma main, renforce mon pas, je n’ai plus que toi ; ne me déçois pas ; tu es ma dernière chance, mon dernier Feu, ma dernière Main. Ne me laisse pas tomber, j’ai tant besoin de Toi.

 

Chantons Joseph

 

Sébastien Antoni

 

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 06:42
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°22 : LA CATHÉDRALE D'ÉVRY
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°22 : LA CATHÉDRALE D'ÉVRY
 

 

Pour donner un cœur et une identité à une ville nouvelle de la banlieue parisienne, les pouvoirs publics et les autorités catholiques décident de construire une cathédrale. Le chantier démarre en 1991, à une période où l’Église s’interroge sur sa visibilité...

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°22 : LA CATHÉDRALE D'ÉVRY

     Dans les années 1960, pour réguler l’urbanisation anarchique de l’agglomération parisienne, l’administration française décrète la construction de villes nouvelles autour de Paris. On élève alors en pleins champs des villes-champignons qui regrouperont des populations jeunes, socialement peu homogènes, déracinées, au sein d’un urbanisme rationnel et froid. Vingt ans plus tard, le constat est sévère : de l’aveu même des urbanistes, ce sont des villes sans mémoire et sans âme. Comment donner à ces cités-dortoirs une véritable identité ?

 

Donner une âme à la ville

     À Évry, dans l’Essonne, alors que l’Église est en perte de vitesse et que la culture chrétienne est en train de s’effacer des mémoires, c’est paradoxalement l’idée d’une cathédrale qui émerge. Autour de ce projet se rassemblent pouvoirs publics et responsables catholiques. Car ces derniers s’interrogent eux aussi, après des décennies de discrétion des catholiques, de disparition du sacré et d’enfouissement dans la société. Ils aimeraient retrouver une pastorale de la visibilité. La construction de la cathédrale aura donc un double enjeu, être un lieu de culte et de visibilité de l’Église, et donner à la ville le cœur qui lui manquait. Un projet religieux, mais aussi culturel et patrimonial. C’est d’ailleurs le ministère de la culture, et non l’archevêché de Paris, qui rendra public le lancement du projet et en financera une partie. Le cahier des charges s’annonce compliqué pour l’architecte.

 

Une cathédrale surprenante

     C’est Mario Botta, un architecte suisse qui a déjà réalisé les aménagements du centre-ville d’Évry, qui est chargé de la tâche. Il propose immédiatement un édifice cylindrique. De 34 m de haut en son point le plus élevé, coiffé d’un biseau de verre transparent et couronné de vingt-quatre tilleuls argentés, il sera habillé de brique rouge, à l’extérieur comme à l’intérieur. Les premières pierres sont posées à Pâques en 1991, le chantier débute un an plus tard et dès 1995, le jour de Pâques, la première messe dominicale est célébrée dans la toute nouvelle cathédrale de la Résurrection.

     Circulaire, et non en forme de croix, l’édifice bouscule l’image traditionnelle de la cathédrale. De nombreuses controverses ont d’ailleurs contesté le choix de Mario Botta, qui est agnostique, et que certains soupçonnent même d’avoir caché dans son œuvre des symboles franc-maçons. Néanmoins, quand on entre dans la cathédrale pour la première fois, on est saisi par la lumière, par la pureté des lignes, par la beauté et la simplicité des matières, briques, bois, verre. Tout ici invite au rassemblement et à la prière.

 

Un beau choix d’œuvres d’art

    Quand on entre par le portail principal et que l’on se dirige vers le grand baptistère de marbre blanc, on est accompagné par les douze apôtres, un ensemble de vitraux abstraits très colorés, dessinés par le P. Kim En Joong. Le vitrail du chœur, lui, a été dessiné par l’architecte. Noir et blanc, semi-circulaire, il figure un arbre, symbole de résurrection.

    Une statue de la Vierge en bois du XVIe siècle surmonte le baptistère. Au-dessus de l’autel, un Christ en bois de Tanzanie du XIXe siècle rappelle l’universalité de l’Église. À droite du siège de l’évêque, se dresse une statue contemporaine du saint patron de la cathédrale, Corbinien de Freising.

    Enfin, dans la petite chapelle octogonale de Jour, sous l’entrée principale, trois œuvres de Gérard Garouste en fer forgé invitent au recueillement : une vierge à l’enfant, un christ et un tabernacle.

 

Visiter la cathédrale en vidéo :
Saint Corbinien de Freising
patron de la cathédrale

 

    La cathédrale d’Évry est dédiée bien sûr à la Résurrection du Christ, mais l’évêque Guy Herbulot a souhaité la dédier également à un saint du VIIe-VIIIe siècle originaire de la région, Corbinien de Freising.

    Corbinien naît à Châtres (l’ancien nom d’Arpajon, dans l’Essonne) en 670. Très pieux, il s’installe dans un ermitage, tout près d’une église en ruines qu’il s’attache à reconstruire, à Saint-Germain-de-Châtres (Saint-Germain-les-Arpajon). Sa réputation de sainteté attire à lui des disciples et il fonde avec eux un petit monastère. Il se rend alors à Rome pour demander au pape de bénir cette fondation. Impressionné par sa sagesse et sa piété, le pape l’y renvoie en mission d’évangélisation après l’avoir ordonné prêtre et évêque.

    Mais la charge d’évêque pèse à Corbinien. Il retourne à Rome, espérant en être relevé, passant par l’Allemagne et la Bavière où il rencontre le duc Theobald et ses fils, qui cherchent à le retenir. Mais il repart pour Rome, et l’on raconte qu’au cours de ce voyage, un ours féroce dévore sa monture. Après avoir sermonné et « converti » la bête sauvage, c’est sur son dos qu’il finira sa route.

    Contre son désir, le pape le confirme dans sa charge d’évêque, et l’envoie cette fois en Bavière. Il s’installe à Freising, y construit une église qui deviendra la cathédrale du diocèse de Freising-Munich, et évangélise la région. Il meurt le 8 septembre 730. Ses restes reposent toujours dans la crypte de la cathédrale.

    En 1711, le curé de l’église de Saint-Germain-les-Arpajon demande au diocèse de Freising-Munich une relique de Corbinien. Sa demande est acceptée, et les deux diocèses sont depuis restés en contact. Dans l’autel de la cathédrale d’Evry a été enchassé un morceau de la relique conservée à St-Germain. Et aujourd’hui encore, chaque année le 8 septembre, une délégation bavaroise vient fêter saint Corbinien avec les catholiques du diocèse d’Évry.

 

Écouter  :

Christel Juquois

 

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 12:07
 
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°19 : SAINT-DENIS DE LA RÉUNION
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°19 : SAINT-DENIS DE LA RÉUNION
 

 

« Ile de l’Ouest », « L’île Mascarin », « L’île Bourbon », ce coin de terre de l’Océan Indien a changé plusieurs fois de nom depuis sa découverte au XVe siècle. La Réunion s’enrichit grâce au commerce d’épices, de café et d’esclaves. En 1850, le pape Pie IX érige le diocèse de Saint-Denis de La Réunion.

 

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°19 : SAINT-DENIS DE LA RÉUNION
Une Église et un peuple composites

       La petite bourgade de Saint-Denis de La Réunion se développe au milieu du XVIIIe siècle. Elle s’organise selon les plans de l’ingénieur Paradis qui veut en faire une grande cité. En 1733, celui-ci prévoit de placer une cathédrale dans « sa » ville, avant même que l’ile ne soit érigée en diocèse. Une première église consacrée au Saint-Sauveur est inaugurée en 1746 à l’emplacement choisi. Au bout d’une centaine d’années elle est détruite et reconstruite. Devenue cathédrale en 1850, avec la création du diocèse, elle est agrandie et consacrée par le second évêque de l’île : Monseigneur Armand-René Maupoint, le 28 septembre 1860. Le bâtiment mesure 45 m de long, 22 m de large, et 20 m de haut. On lui ajoute un haut-vent dans le style néoclassique toscan. Le fronton est décoré d'un haut-relief en terre cuite représentant le martyre de saint Denis. Une dizaine d’années plus tard un plafond à caissons avec nervures dorées de style Renaissance est installé. Ensuite, des fenêtres sont percées pour rendre la cathédrale plus lumineuse. En 1905, un grand décor peint pour le chœur par l’abbé Moirod est envoyé de métropole. Cette peinture sur toile évoque l’histoire de saint Denis et l’histoire religieuse de France. En 1962, le cyclone Jenny détruit le clocher et abîme la toiture. On reconstruit le campanile à côté de la cathédrale pour des raisons de sécurité, en cette région du monde où les cyclones sont réguliers et dévastateurs. En 1998, des travaux de rénovation du bâtiment sont entrepris ainsi que la restauration des toiles du chœur en 2018. La cathédrale est aujourd’hui resplendissante de jeunesse et de ferveur populaire.

 

Contre l’esclavage

       Alexandre Monnet est ordonné prêtre pour le diocèse de Cambrai en 1837. Attiré par la mission, il entre au séminaire colonial pour se préparer à l’évangélisation lointaine.
Il est envoyé à La Réunion en 1840 et est nommé vicaire à Saint-Denis. Farouchement opposé à l’esclavage, il est guidé dans sa pastorale missionnaire par une conviction : « La moralisation, dit-il, n’a aucune chance de réussir sans émancipation. Les esclaves ne seront jamais religieux tant qu’ils vivront sous la dépendance des colons. » Furieux, les riches propriétaires de l’île obtiennent son expulsion en 1846. Le P. Monnet trouve refuge à Madagascar. En 1848, il devient supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit et est en contact direct avec Victor Schœlcher et le gouvernement en métropole. L’abbé Monnet est nommé vicaire apostolique de Madagascar en octobre 1848. Il garde des liens avec l’île de La Réunion toute proche et ses anciens paroissiens, sans toutefois pouvoir s’y rendre. L’esclavage est aboli à La Réunion le 20 décembre 1848. Un an plus tard, le 1er décembre, Mgr Monnet meurt à l’hôpital de Mayotte. En mémoire de son action pour l’abolition de l’esclave, son buste a été installé sur la place devant son ancienne église, devenue la cathédrale Saint-Denis.

Une prière

 

Sous la protection de saint Denis, le diocèse et la cathédrale de La Réunion, organisent des réunions de prière. Il est de coutume de prier les litanies à saint Denis. (extraits)

 

Saint Denis, successeur des apôtres,

Saint Denis, prêtre et évêque,

Saint Denis, champion intrépide de l’Évangile auprès des païens,

Saint Denis, sans peur ni crainte devant la menace des persécuteurs,

Saint Denis, fidèle jusqu'au martyre,

Saint Denis, guérissez ceux qui souffrent de la tête,

Saint Denis, exaucez tous ceux qui ont confiance en vous...

 

Un chant

Jean-Marie Vincent a trouvé en l’île de La Réunion sa terre de prédilection. Terre de sueurs, de larmes mais aussi de joie, de rythmes, d'Espérance. Diversité des visages et des timbres de la voix humaine ! L'inspiration vient avec le souffle de la vie, au rythme des pas, dans le bleu des montagnes, le vert des vallées ou le turquoise de l'océan.

 

Sébastien Antoni

 

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 07:09

 

SAINTE-CÉCILE D'ALBI

 

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°17 : SAINTE-CÉCILE D'ALBI
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°17 : SAINTE-CÉCILE D'ALBI
 

 

 

Construite en un siècle, entre 1282 et 1383, la cathédrale Sainte-Cécile est le joyau de la cité épiscopale d’Albi. Réponse au catharisme, réaffirmation du dogme catholique et de l’identité languedocienne, elle est appelée la « cathédrale rouge ».

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°17 : SAINTE-CÉCILE D'ALBI
Une merveille de l’architecture sacrée

     Sainte-Cécile est classée au patrimoine mondial de l’humanité depuis 2010. Une reconnaissance évidente au vu de ses qualités artistiques exceptionnelles. Plus grande cathédrale de briques du monde, son allure majestueuse, presque sévère, son gigantisme et son décor unique, font d’elle une des merveilles de l’architecture sacrée.

C’est sous l’impulsion de Bernard de Castanet, évêque du lieu, que commence la construction de cet édifice conçu pour défendre la foi chrétienne contre l’hérésie cathare répandue dans le Midi de la France depuis le début du XIe siècle.

 

Un choc esthétique

       Quand il pénètre par le grand porche de pierres blanches du XVIe siècle à l’ornementation exubérante, c’est un véritable choc esthétique qui surprend le visiteur. Alors que l’extérieur tient de la forteresse militaire, l’intérieur est d’une profusion colorée admirable, entièrement conçu pour offrir une véritable catéchèse de la foi catholique.

Avec ses 20 000 m2 de peintures qui en couvrent tout l’intérieur, son chœur des Chanoines, ou encore l’orgue le plus grand de France, la cathédrale d’Albi offre un ensemble exceptionnel. Mais c’est l’impressionnante fresque du jugement dernier, peinte à l’intérieur de la nef, qui attire les regards émerveillés.

 

Sainte-Cécile, visite guidée par son curé, le P. Paul de Cassagnac :
Le Jugement dernier

      Cette fresque admirable a été réalisée sous l’impulsion de l’évêque Louis Ier d’Amboise entre 1495 et 1500. Elle illustre les fins dernières et exhorte les fidèles à se préparer à la mort en évitant les péchés et en pratiquant la charité. Recouvrant une surface de presque 300 mètres carrés, l’ensemble frappe par son format : avec ses 15 m de haut et ses 18 m de large, il s’agit du plus vaste ensemble peint réalisé en France à la fin du Moyen Âge.

Dans la partie supérieure figure la vision du ciel avec les anges musiciens accompagnés de la cour céleste. En dessous, tandis que deux grands anges font sonner la trompette de la Résurrection et du Jugement, les morts surgissent de leurs tombeaux et comparaissent nus devant le Christ. Dans la partie sud, les élus ont un visage serein alors que les damnés, agglutinés dans la partie nord, supplient et hurlent, effrayés par l’Enfer qui s’ouvre sous leurs pieds. Dans le registre inférieur, les pécheurs, déjà condamnés aux supplices de l’Enfer, se débattent dans des scènes terribles. D’un réalisme incroyable, ces images, destinées à effrayer les fidèles, insistaient sur l’importance de se préparer à la mort tout au long de sa vie terrestre afin d’éviter les effroyables châtiments de l’Enfer.

Le chœur des chanoines

       Ce chœur fermé demeure certainement l’élément le plus impressionnant de la cathédrale. C’est à cet endroit que se réunissaient les clercs pour chanter et célébrer le service divin. Miraculeusement préservé, le jubé est l’un des rares à avoir survécu dans la région Midi-Pyrénées. Beaucoup ont aujourd’hui disparu en France, victimes des destructions révolutionnaires ou des aménagements liturgiques du XVIIIe et XIXe siècles. Réalisée sous l’impulsion de l’évêque Louis Ier d’Amboise à la fin du XVe siècle, cette dentelle de pierre forme le plus grand ensemble gothique de la fin du Moyen Âge.

      À l’origine, 293 statues venaient orner la clôture, mais une grande partie a été détruite sous le régime de la Terreur. Autour du chœur, on aperçoit 33 personnages de l’Ancien Testament, tandis que les empereurs Constantin et Charlemagne viennent défendre les portes latérales de leur épée. À l’intérieur de la clôture, 72 anges entourent sainte Cécile, patronne des musiciens. D’une très grande variété, les personnages ont tous des attitudes différentes : pas un visage ni un costume ne sont semblables, ce qui donne une impression de vie extraordinaire. Le réalisme, le souci extrême du détail et la virtuosité technique montrent toute l’inventivité et le savoir-faire déployés par les artistes pour offrir une galerie digne de la grandeur divine.

 

Écouter  :

« Ave Maria » de Guillaume Bouzignac, extrait de Les plus beaux Ave Maria, Bayard Musique.  

Sophie de Villeneuve

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