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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 20:51
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°3 : NOTRE-DAME DE SENLIS
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°3 : NOTRE-DAME DE SENLIS

 

Consacrée le 16 juin 1191 et célèbre pour sa flèche et son portail de la Vierge, sur lequel figure la première représentation du Triomphe de la Vierge, la cathédrale Notre-Dame (XIIe-XVIe siècles) est marquée par quatre siècles d’évolution de l’art gothique, du primitif au rayonnant. Elle compte parmi les plus belles cathédrales de France.

 

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°3 : NOTRE-DAME DE SENLIS

La cathédrale se dresse près des ruines du château royal d’Hugues Capet où il a été élu roi en 987 et où ont séjourné les rois de France jusqu’à Henri IV. C’est une des plus petites cathédrales de France avec ses 70 m de long et ses 19 m de large.

 

La cathédrale appartient au premier art gothique mais, du fait des destructions et reconstructions, elle comporte aussi des éléments plus récents, notamment son transept de style renaissance. Son plan est en croix latine avec une nef très courte de cinq travées et des collatéraux asymétriques. Les voûtes sont irrégulières et assez basses pour être dépourvues d’arcs-boutants. La cathédrale Notre-Dame possède une abside et cinq chapelles axiales.

 

Les étapes de la construction

La construction de Notre-Dame de Senlis remonte à 1153 et elle est consacrée trente-sept ans plus tard en 1191 par Guillaume aux Blanches Mains, archevêque de Reims. Entre ces deux dates, le chœur est achevé en 1167, suivi des deux premiers niveaux de la façade occidentale trois ans plus tard. La nef est raccordée au chœur en 1175, puis voûtée en 1180. Entre 1230 et 1240, le transept et ses collatéraux sont ajoutés. L’innovation de la cathédrale de Senlis vient de sa flèche qui culmine à 78 mètres de hauteur et fait partie des plus élevées du pays.

 

En juin 1504, la cathédrale est frappée par la foudre. Toute la charpente est détruite, il faut reconstruire la nef au deux tiers et reprendre presque entièrement les transepts. Seule une travée de la nef subsiste de nos jours dans son état d’origine, En 1530, la reconstruction élève la nef de 5,50 mètres supplémentaires. Les murs sont percés de deux grandes roses flamboyantes, les baies sont reprises, ainsi que les toitures et les balustrades tandis qu’on dote les voûtes de clés pendantes. Ces travaux se terminent vers 1560.

 

En 1793, comme beaucoup d’autres bâtiments religieux, la cathédrale de Senlis est victime de destructions en particulier celle du portail central. Le portail est restauré entre 1845 et 1846. La flèche est restaurée à trois reprises en 1834-1835, en 1932-1934 et en 1989-1993.

 

Le Triomphe de la Vierge : premier portail gothique en France dédié à la Vierge

Chef-d’œuvre de la sculpture gothique du XIIe siècle, c’est la première la fois que le Triomphe de la Vierge est représenté en France. Cette sculpture du tympan du portail occidental a été réalisée vers 1185. En haut du tympan, la Vierge Marie est représentée à l’égal du Christ. Plus bas, la mort de la Vierge fait face à sa résurrection. Des anges viennent chercher son corps pour le porter au ciel. Ces scènes sont complétées par huit statues situées dans les embrassements, quatre placées à droite - David, Isaïe, Jérémie, Siméon - et quatre à gauche - Jean le Baptiste, Samuel, Moïse, Abraham. Abraham est représenté prêt à sacrifier Isaac, Samuel immole un agneau et Moïse tient le serpent d’airain ; ces trois personnages annoncent le sacrifice de la croix. Deux personnages font le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament, Jean-Baptiste et Siméon.
Le thème du Couronnement de la Vierge deviendra l’une des plus belles parures des façades des grandes cathédrales gothiques (Laon, Chartres, Paris, Bourges, Reims…)

La flèche

La flèche de la cathédrale est construite vers 1230 sur la tour sud datant du siècle précédent. Elle se compose d’un octogone de 15 mètres de haut, surmonté d’une pyramide de 26 mètres.

 

Admirée pour son architecture imposante et richement ornée, la tour sud de la cathédrale de Senlis constitue l’une des rares flèches monumentales du XIIIe siècle parvenue jusqu’à nous. L'ensemble se présente comme une grande flèche avec quatre petites flèches accolées dans les angles, et chacun de ces petits clochers des angles a lui aussi la forme d'une flèche principale avec quatre flèches encore plus petites accolées dans les angles.

 

Visible de loin grâce à sa flèche, la cathédrale de Senlis a inspiré des écrivains et particulièrement Gérard de Nerval qui la décrit ainsi dans Sylvie en 1853 : « Un rayon de soleil est venu découper nettement la merveilleuse architecture de la cathédrale. » Amoureux de la région, Gérard de Nerval écrit dans la Bohême galante en 1855 : « Je quitte à regret Senlis (...). Je me plaisais tant dans cette ville, où la Renaissance, le Moyen Âge et l'époque romaine se retrouvent çà et là, au détour d'une rue, dans une écurie, dans une cave. »

 

Écouter  :

« Vierge Marie, douce et piteuse », extrait de Rosarius, chanson religieuses en langue d'Oïl (XIIIe-XIVe), par l'ensemble Diabolus in Musica, Studio SM.

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 12:13
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°2 : NOTRE-DAME DE ROUEN
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°2 : NOTRE-DAME DE ROUEN

 

Les travaux de la cathédrale gothique Notre-Dame de l’Assomption de Rouen ont débuté en 1145. Aujourd’hui, c’est la seule cathédrale de France à bénéficier d’un palais archi-épiscopal attenant encore occupé par un archevêque.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°2 : NOTRE-DAME DE ROUEN

Située au cœur de la ville historique, la cathédrale est construite au XIIe siècle sur les fondations d'une basilique du IVe siècle et d'un ensemble roman du XIe. Détruite lors des invasions vikings en 841, puis, partiellement, en 1944, par les bombardements alliés, la cathédrale a également souffert de la tempête de décembre 1999. L'un des clochetons est tombé, perçant la toiture au niveau du chœur. Le toit a rapidement été réparé, mais le clocheton n’a pas été reconstruit.

 

Une construction longue

La première cathédrale est édifiée à l'époque carolingienne. Elle subsiste jusqu'en 1020. À cette date, l'archevêque Robert, fils d’un des ducs de Normandie, décide de bâtir une cathédrale romane. Sa construction s'achève en 1063. Moins d'un siècle plus tard, elle est transformée en édifice gothique. L'actuelle tour gothique Saint-Romain est bâtie en 1145. La nef romane est abattue en 1185 et les premières travées gothiques s'élèvent. En 1200, un incendie détruit le quartier et une bonne partie de l'édifice roman, ce qui accélère la transformation de la cathédrale. En 1204, la nef est achevée et Philippe Auguste vient y sceller le rattachement de la Normandie au Royaume de France. En 1488, on ajoute la tour de Beurre, à droite de la façade. Pour assurer une partie de son financement, les Rouennais auraient été autorisés à consommer du beurre pendant le carême en échange d'une contribution. Mais il se peut aussi que son nom provienne de la couleur de sa pierre. Alors que la cathédrale est bâtie avec une pierre locale de couleur blanche, la tour est construite avec une pierre plus jaune provenant des carrières de la vallée de l'Oise.

 

La façade occidentale est remaniée au début du XVIe siècle. En 1544, une nouvelle flèche vient remplacer celle qui a brûlé en 1514. La flèche actuelle, haute de 151 m, et ses quatre clochetons de cuivre datent de 1826.

 

La cathédrale abrite dans le déambulatoire les sépultures d’anciens ducs de Normandie, comme celle de Rollon, le fondateur du duché et celle de Richard Cœur de Lion, qui a fait déposer son cœur dans la crypte après sa mort.

Les cloches à l'origine d'expressions de la langue française

Les cloches de la cathédrale de Rouen seraient à l’origine d’un mot et d’une expression de la langue française.

 

Le nom de « clochard » viendrait des hommes que l’on recrutait dans la rue où ils vivaient pour sonner les cloches. Au fil des siècles, le « clochard » a défini les hommes qui vivent dans la rue.
« Boire à tire-larigot » : les cloches des cathédrales sont baptisées et portent toutes un nom. Une des cloches de Rouen portait le nom d’un de ses archevêques : Rigaud. Cette cloche était si lourde qu’il fallait plusieurs hommes pour la faire sonner. Pour leur donner du courage, on leur donnait à boire pour tirer la « Rigaud » !

 

Une cathédrale immortalisée par Claude Monet

Entre les années 1892 et 1893, Claude Monet peint une série de toiles représentant la cathédrale. Les premiers tableaux sont peints en février 1892 et la représentent vue de la cour d’Albane, située sur son flanc nord. Ces toiles sont les seules réalisées en plein air. Les autres sont peintes à partir du premier étage d’une maison située en face de la cathédrale. Claude Monet à Rouen peint jusqu’à 14 versions à la fois, en passant d’un tableau à l’autre selon les variations de la lumière en fonction des horaires de la journée.

Musique  : Ave Verum de Simone Plé, interprété par le Madrigal de Paris, extrait de Tu es Petrus, Studio SM. 

 

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 20:57
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°1 : SAINT DENIS EN FRANCE
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°1 : SAINT DENIS EN FRANCE

 

Saint-Denis, c’est l’abbaye des rois, qui y sont inhumés dès les Mérovingiens. En 1135, le visionnaire abbé Suger, qui rêve d’architecture et de lumière, commence à ériger la toute première cathédrale gothique. Les voûtes s’élèvent, les murs s’ouvrent, rien n’est trop beau pour Dieu.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°1 : SAINT DENIS EN FRANCE

On raconte que c’est à la demande de sainte Geneviève que fut érigée au Ve siècle une première église sur le mémorial plus ancien de la tombe de saint Denis, premier évêque de Paris, martyr victime des persécutions romaines vers 250. Après avoir été décapité sur le mont des Martyrs (Montmartre), Denis, selon la légende, aurait pris sa tête sous son bras et, guidé par un ange, aurait parcouru une dizaine de kilomètres vers le nord jusqu’au Vicus Catulliacus où il aurait été enterré.

 

On édifie très tôt un sanctuaire sur la tombe du saint. Les fouilles archéologiques ont retrouvé au XXe siècle quantité de sarcophages mérovingiens sur le site, certains remontant au IVe siècle. Dagobert Ier y est inhumé avec d’autres rois mérovingiens.

 

Un très grand pouvoir politique

Avec les rois carolingiens, capétiens, puis les Valois et les Bourbon, la tradition se perpétue et se consolide. Car être enterré à Saint-Denis, c’est légitimer son pouvoir en s’inscrivant pour l’éternité dans la ligné royale. Dès l’âge de 27 ans, Charles V le Sage, au XIVe siècle, passe commande de son gisant. À quelques exceptions près, tous les rois de France seront inhumés dans l’église du Ve siècle, puis dans l’abbatiale carolingienne, et enfin dans la première église gothique de l’histoire, élevée par l’abbé Suger et ses successeurs. Une tradition qui confère à l’abbaye, fondée au VIIe siècle sous le règne de Dagobert Ier, un grand pouvoir politique.

 

Car l’abbaye devient très vite une des plus riches et des plus puissantes d’Europe. Au début du second millénaire, c’est là que sont éduqués les futurs rois capétiens. Les abbés comptent parmi les principaux conseillers des rois, ils en sont aussi les ambassadeurs. Certains seront même régents du royaume. Quant au trésor de l’abbaye, il est d’une richesse incalculable.

 

L’abbé Suger (1080-1151) : rien n’est trop cher pour la gloire de Dieu

Issu d’une famille pauvre, Suger, dont l’histoire a oublié le prénom, perd sa mère à l’âge de 10 ans. Son père, qui n’a pas les moyens de nourrir ses trois fils, le fait entrer comme oblat à l’abbaye de Saint-Denis. À l’époque, c’est l’abbé Adam qui en est le directeur. Administrateur de ses biens, principal conseiller du roi Philippe Ier, il veille aussi à l’éducation des jeunes moines et repère vite Suger, dont l’intelligence est exceptionnelle. Pendant ces années d’études, Suger se lie d’amitié avec le jeune Louis, fils du roi, dont l’éducation a été confiée aux moines.

 

L’abbé Adam, impressionné par les talents de persuasion et de négociation de Suger, et voyant en lui son successeur, lui confie des missions diplomatiques de plus en plus importantes, en France et ailleurs en Europe, auprès des têtes couronnées. En 1122, quand l’abbé Adam décède, c’est tout naturellement Suger qui est élu à la tête de l’abbaye. Et devient à son tour le principal conseiller du roi Louis VI le Gros, son ami d’enfance.

 

Passionné par l’architecture, il rêve depuis longtemps de rénover l’abbatiale. Il la voudrait beaucoup plus haute, et surtout beaucoup plus lumineuse. Car la lumière est son obsession. Elle est selon lui le premier vecteur du message divin. Cependant, les techniques de l’époque sont encore incapables d’élever et d’ouvrir les murs sans que l’édifice ne s’écroule. C’est au cours d’un voyage diplomatique en Italie que Suger découvre une nouvelle technique, utilisée depuis peu pour bâtir les palais vénitiens : la croisée d’ogives. Avec ses maîtres d’œuvre, le voilà prêt à se lancer.

 

En 1135 commence la rénovation de l’abbatiale par la façade, qui comportera la toute première rosace de verre. En 1140, il démarre le chantier du chœur. Le chevet sera surélevé, pour accueillir et présenter à la vue de tous les reliques de saint Denis. Suger tient particulièrement à la qualité des vitraux. Il fait produire des verres aux couleurs très coûteuses, d’un bleu notamment qui portera son nom, mais que l’on appelle aujourd’hui le bleu de Chartres, dont la future Notre-Dame de Chartres usera sans compter. L’ensemble sera somptueux, et les vitraux seront entre trois et quatre fois plus onéreux que l’ouvrage de pierre. Rien n’est trop cher pour Dieu.

 

Mais même si le trésor de l’abbaye est immense, il n’est pas inépuisable. Certains voient dans ces dépenses somptuaires la marque de l’orgueil de Suger. Son détracteur le plus virulent est Bernard de Clairvaux, un abbé puissant lui aussi, qui est de surcroît un proche du pape. Pour ces deux-là, les plus grandes valeurs de la vie monastique sont la simplicité et l’austérité, y compris dans l’architecture. Bernard dénonce publiquement les projets coûteux et fastueux de Suger, voyant dans Saint-Denis « la synagogue du diable ». Pour désamorcer ses attaques, Suger impose aux moines de Saint-Denis la même austérité que les cisterciens. Le stratagème fonctionne, et l’abbé peut poursuivre son œuvre.

 

À sa mort, les travaux s’arrêtent. Ils seront repris 80 ans plus tard de la manière qu’il avait prévue, dictés par la nécessité d’agrandir la nécropole royale. Ils dureront cinquante ans pour élever la nef à 30 m de haut et parachever le rêve de ce visionnaire audacieux et infatigable que fut l’abbé Suger.

 

Vidéo  : la cathédrale en images

Musique  : « In splendoribus sanctorum », extrait de Méditations médiévales par l'ensemble Obsidienne (Bayard Musique)

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 14:43
CAPTURE D'ÉCRAN KTO

CAPTURE D'ÉCRAN KTO

e-pelerinage en direct de lourdes le 16 juillet 2020

 

Sur le plateau de Lourdes United, le tout premier e-pèlerinage lancé par le sanctuaire de Lourdes ce jeudi 16 juillet 2020, le chanteur Grégoire, à l’origine de la comédie musicale Bernadette de Lourdes, a remis au gout du jour « mondial » le tube qui l’a fait connaitre, « toi+moi ».

 

Quatre langues et 25 nationalités filmées, c’est le nouveau clip que le chanteur Grégoire a diffusé ce jeudi 16 juillet à l’occasion du tout premier e-pèlerinage de « Lourdes United« . Le tube a déjà douze ans, mais ses paroles et son rythme ont largement dépassé les frontières avec plus de 43 millions de vues. Un nombre qui risque d’augmenter encore aujourd’hui avec sa nouvelle diffusion, en quatre langues cette fois, sur la chaine YouTube du sanctuaire de Lourdes aux millions d’abonnés.

 

Le chanteur Grégoire s’est confié à nos confrères du Parisien. « Le sanctuaire de Lourdes a demandé il y a quinze jours à la troupe de Bernadette de Lourdes et à moi de participer à une émission de télé de soutien diffusée auprès des chrétiens du monde entier. C’était le moment d’en faire une nouvelle version internationale, pour que l’on puisse comprendre son message ». « You And Me », « Io Con Te » et « Tu Y Yo » … Si Grégoire chante la partie française, il laisse Eyma, la chanteuse de la comédie musicale Bernadette, faire la partie anglaise. Francisco, qui fait aussi partie de la troupe, assure la version espagnole et des amis italiens de Grégoire, Fatima et Fabi, assurent la quatrième langue.

« Pour le clip, j’ai lancé un appel sur une story Instagram Faites une vidéo de 20 secondes sur laquelle vous dansez et à ma grande surprise, j’ai reçu des réponses de 25 pays différents. Je savais que c’était la chanson la plus apprise dans les écoles françaises à l’étranger, mais je ne m’attendais pas à cela », raconte encore Grégoire au Parisien. Du Gabon à Panama, en passant par Moscou ou Buenos Aires, c’est sûr, cet hymne à la solidarité a traversé les frontières, pas étonnant qu’il trouve toute sa place à Lourdes !

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:14
SAINTE CLOTILDE - CHAPITRE 1 - CHEMINER AVEC LES SAINTS EN TERRE DE FRANCE
 

SAINTE CLOTILDE (474 ou 475 - 545)

 

Source : Hosana

 

Son nom, Clotilde, semble prédestiné. Il vient du germanique hlod qui signifie « gloire » et hild, « combat ». Et sa vie sera bien un combat pour la Gloire de Dieu.

 

Avec sa sœur, Sédéleube (appelée aussi Crona ou Croma) Clotilde connaît une enfance heureuse à la cour de Chilpéric II. Toutes deux sont très proches de leur mère, Carétène. Avec une ombre à leur bonheur : Chilpéric II, comme l'ensemble des Burgondes et la plupart des peuples germaniques, est arien. Rappelons que l'arianisme, une doctrine professée par Arius et ses disciples, est une hérésie née au début du IVe siècle. Les ariens niaient la nature divine du Christ ce qui touchait l'essence même de la foi chrétienne. Cette croyance se répandit dans tout l'occident et, après sa condamnation par le Concile de Nicée en 325, la plupart des grands saints de cette époque, à commencer par Saint Hilaire et, du temps de Clotilde, Saint Avitus, luttèrent avec acharnement pour rétablir la foi catholique.

 

Si Chilpéric est arien, Carétène ne partage pas les convictions de son époux. Elle est catholique et, très pieuse, communique sa foi à ses filles, une foi brûlante qu'elle veut transmettre au plus grand nombre. Toutes trois souffrent de voir la ville de Lyon convertie à l'arianisme, cette ville où vécurent ses deux célèbres évêques, Saint Pothin, premier évêque de Lyon et de Gaule, et Saint Irénée qui avait lui-même combattu les hérésies de son temps. Sédéleube et Clotilde veulent lutter contre l'arianisme, contre le paganisme. Aussi envisagent-elles toutes deux la vie monastique.

 

À l'âge de onze ans, Clotilde a la douleur de perdre son père et sa vie va changer de façon radicale. L'histoire raconte que Chilpéric serait mort de la main de son frère Gondebaud par suite d'un complot qu'il aurait fomenté avec un autre de ses frères, Gondemar, et qui aurait échoué.

 

Toujours est-il qu'au décès de Chilpéric II, ses deux frères encore vivants, Gondebaud et Godégisel se partagent le royaume burgonde. On ne sait si Carétène et ses filles allèrent habiter à Genève chez Godégisel, resté neutre pendant cet affrontement, ou chez Gondebaud qui s'installe à Lyon. Le plus probable est qu'elles firent le choix de Genève, compte tenu de la neutralité de Godégisel dans le conflit. Le soutien qu'apporta par la suite Clovis à Godégisel semble confirmer cette thèse.

 

Une légende affirme que Carétène fut précipitée dans un puits par Gondebaud, une pierre au cou. Pourtant nous est parvenue une inscription d'une pierre tombale indiquant un décès en 506 ce qui porte à croire qu'elle a bien survécu à l'assassinat de son mari Chilpéric.

 

Carétène et ses filles se retirent sans doute à Genève où Sédéleube les quitte bientôt pour entrer dans un monastère. Pour sa part, Godégisel entretient des relations cordiales avec ses voisins francs. Il n'hésite pas à les recevoir et à les inviter à sa table. Un soir, Clotilde et sa mère, présentes lors d'un banquet, ignorent que leurs hôtes ont remarqué la beauté et la grâce de la jeune fille. Aussi sont-elles très étonnées lorsque, l'année suivante, Gondebaud leur fait part d'une stupéfiante nouvelle : Clovis, le Roi des Francs, demande Clotilde en mariage. Il aurait été charmé par la description de la jeune fille, belle, sage et pure, que lui avaient faite ses officiers. Il n'était sans doute pas non plus hostile à une alliance avec ses voisins burgondes…

 

La vie paisible de Clotilde vole en éclats. Elle est d'abord affolée. Ces Francs sont des barbares, aux manières rustres. Surtout, ils sont païens, à commencer par leur chef Clovis.

 

Le sacrifice qui lui est demandé - quitter pour toujours sa mère, sa sœur, son peuple – lui paraît tout d'abord au-dessus de ses forces. Elle prie, consulte, cherche avant tout la volonté du Seigneur sur elle. A cet effet, elle rencontre le saint évêque Avitus, venu tout spécialement de Vienne pour la voir. Avitus ne cesse de déployer toute son énergie au service du Seigneur. Il lutte avec vigueur contre l'arianisme et voit en Clotilde l'instrument de Dieu pour propager le catholicisme en Gaule. Il l'aide donc à discerner la mission à laquelle elle est appelée. Ce chef des Francs à qui, paraît-il, est promis un grand avenir, elle doit le convertir. Déjà, il n'a fait qu'une bouchée de Syagrius, ultime représentant de Rome et a pris le contrôle de son territoire, parvenant ainsi jusqu'à la Loire. S'il vient à annexer de nouvelles terres, que ce soit pour les gagner au catholicisme ! Clotilde se rend aux raisons de l'évêque. Elle va accepter la demande de Clovis, non pour les raisons politiques propres à satisfaire sa famille, mais uniquement pour se soumettre à la Volonté divine.

 

De plus, à mesure qu'elle réfléchit, elle voit son avenir bien limité en Burgondie. Malgré l'appréhension qui la saisit face à l'incertitude de l'avenir, elle sait qu'elle a peu à espérer si elle choisit de rester. Gondebaud est de fait le nouveau roi burgonde, il a assassiné son père, il l'a tenue jusqu'à présent dans une prison dorée et elle n'a rien à attendre de lui, voire tout à craindre.

 

De Clovis, elle ne sait pas grand chose, sinon qu'il est un chef de guerre animé d'une grande ambition et qu'il semble réussir dans toutes ses entreprises. Il a seulement dix ans de plus qu'elle. C'est donc un homme jeune qui l'a choisie, elle, princesse mise à l'écart. Et ce choix réveille en elle un goût d'aventure. Elle est prête au départ.

 

Clovis ou Chlodowig (de « hlod » gloire, illustre et wig « bataille ») est né vers 466 à Tournai. Il est issu des Francs saliens, un peuple germanique qui vivait à l'embouchure du Rhin. C'est Clodion le Chevelu qui conduisit ce peuple dans la partie occidentale de l'actuelle Belgique et y fonda son royaume. Son fils Mérovée apparaît comme un personnage mythologique qui serait fils de la mer, autrement dit un dieu ou un demi-dieu. Il sera vénéré comme tel par son petit-fils Clovis et l'ensemble des Francs saliens. Il est le fondateur de la dynastie des Mérovingiens. Le fils de Mérovée, Childéric Ier, épouse une princesse de Thuringe, la reine Basine qui lui donne un fils, Clovis, et trois filles, Alboflède, Lantilde et Audoflède. Clovis mariera plus tard cette dernière au roi Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths d'Italie.

 

On ne sait si Clovis apprit jamais à lire et à écrire. Mais il est certain que, très jeune, il reçut une instruction basée sur la guerre, les activités sportives, l'équitation et la chasse. Il parle le francique et, parce que le royaume des Francs saliens est fédéré à Rome, il apprend le latin.

 

L'Empire romain avait en effet coutume de fédérer les peuples qu'il n'avait pas conquis mais qu'il protégeait moyennant leur engagement de prendre les armes en cas d'invasion.

 

Or Clovis est né à une époque charnière où le déclin de l'Empire romain facilite les ambitions d'un chef de guerre tel que lui. Il voit le pouvoir à sa portée et n'hésite pas à rompre son contrat d'Etat fédéré en reprenant un statut de royaume indépendant. Cela dit, son éducation dans un pays sous dépendance romaine va le servir, le familiarisant avec l'héritage romain et facilitant ses conquêtes.

 

A la mort de son père, il a quinze ans et prend les armes. Il va assurer l'expansion de son royaume d'abord vers l'est, par des alliances avec les Francs rhénans. Puis il se tourne vers le sud où son savoir-faire acquis tant au service de l'Empire romain que contre les barbares lui assure une série de victoires. Il s'empare du royaume gallo-romain de Syagrius, qu'il fait égorger, et de sa ville principale, Soissons. Il forme une armée permanente qui lui permet d'étendre son royaume au sud jusqu'à la Loire et, à l'ouest, jusqu'à la Bretagne.

 

Son ambition ? Conquérir Paris. Il veut soumettre la ville sans la détruire. Il en fait donc le siège, mais Paris tient bon. Dans ses murs, une grande sainte, Geneviève, lui tient tête. Mais elle a une arrière-pensée car elle sait bien que Paris ne tiendra pas indéfiniment face aux assauts de ce chef de guerre à qui rien ne résiste : elle veut convertir ce païen à la vraie foi et son armée avec lui. Paris contre sa conversion…

 

Entretemps, Clovis a contracté mariage avec une princesse franque rhénane qui lui a donné un fils, Thierry. C'est une épouse de second rang qui n'a pas droit au titre de reine mais dont le fils pourra prétendre à l'héritage de son père. Les rois francs pratiquaient en effet l'endogamie, soit un ou plusieurs mariages avec des épouses dites de second rang et un seul avec celle qui sera la reine.

 

C'est bien ce statut de reine qui est offert à Clotilde.

 

A Genève, Clotilde se prépare donc à partir. À la hâte, on lui confectionne un riche trousseau qui vient remplir d'énormes coffres. Elle veut, avant de tout quitter, dire un dernier adieu à sa sœur, Sédéleube qu'elle va voir à l'abbaye de Saint-Victor. Séparation déchirante car elles savent l'une et l'autre qu'elles ne se reverront jamais. Déterminée, le cœur serré et contenant ses larmes, elle s'en va le printemps venu, accompagnée d'une suite nombreuse.

 

Clotilde est soumise à la Volonté du Seigneur, la préférant à la sienne. A dix-sept ans, elle s'en va bravement sur les routes, abandonnant tout ceux qu'elle aime, tout ce qui a fait sa vie. Elle est investie d'une mission. Elle veut s'en montrer digne. Sa mère Carétène, l'évêque Avitius l'ont aidée à découvrir le plan de Dieu sur elle.

 

Lors des décisions importantes de nos vies, les conseils de nos proches sont les bienvenus. Le Seigneur ne nous laisse pas seuls. Les présences amies favorisent le discernement. Mais, à l'exemple de sainte Clotilde, la décision finale nous revient à nous et à nous seuls. La sainte s'est soumise à la volonté de Dieu, dans la prière, choisissant la voie du renoncement. Avec l'aide de la Vierge Marie.

 

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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 15:43

 

Sources : article : Aleteia - photos : Ocus - Fondation du patrimoine 

 

Les 18 monuments sélectionnés pour la troisième édition du Loto du Patrimoine, qui sera lancé fin août, ont été dévoilés ce mardi 30 juin par le ministre de la Culture, Franck Riester, et Stéphane Bern. Parmi ces sites emblématiques, neuf font partie du patrimoine religieux.

 

Cathédrales, églises, séchoir à tabac, phare… Dix huit sites situés en métropole et en outre-mer ont été sélectionnés afin de pouvoir bénéficier d’un soutien financier grâce à la troisième édition du Loto du Patrimoine lancé par la Française des Jeux. Ces sites ont été présentés ce mardi 30 juin, par le ministre de la Culture, Franck Riester, ainsi que par Stéphane Bern, à la tête de la mission de sauvegarde du patrimoine en péril. Ainsi, à partir du 31 août prochain, un ticket de jeu à gratter, Illiko Mission patrimoine, sera vendu à 15 euros.

 

Une attention particulière pour le restauration n° 4 :

N° 4  - Le couvent des Filles de Marie sur L'Île-Rousse (Corse)

où nous retrouvons la Bienheureuse Adèle de Batz de Trenquelléon  avec la création de ce couvent qui abritait la Congrégation d'Agen des Filles de Marie.

 

1 - L'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse (Occitanie)

 

MISSION BERN : LE PATRIMOINE RELIGIEUX MIS À L'HONNEUR
 

Fondée en 779 par Charlemagne, l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse est l’un des monuments religieux les plus prestigieux d’Occitanie, dans le département de l’Aude. Elle témoigne de plus 1.200 ans d’histoire. Elle offre un véritable catalogue d’architectures du Xe au XVIIIe siècle et porte les traces d’un rayonnement politique et spirituel éminent. L’abbaye héberge la communauté des Chanoines de la Mère de Dieu. Dans le grand projet de relèvement de l’église qui occupe les chanoines, le clocher est une partie qui reste préoccupante et nécessite une restauration. Il se situe dans le prolongement du transept Sud aujourd’hui ouvert aux intempéries. Le transept Nord est actuellement en état d’urgence sanitaire et son arc a du être étayé. L’abbaye a rouvert au public, tous les jours depuis l’Ascension, les messes ont repris et des activités sont prévues. Mais seuls l’église, le cloître et la cour d’honneur sont ouverts à la visite.

 

 

2 - La cathédrale Notre-Dame-du-Réal à Embrun (Provence-Alpes-Côte d’Azur)

 

MISSION BERN : LE PATRIMOINE RELIGIEUX MIS À L'HONNEUR
 

Cette cathédrale de la fin du XIIe siècle est située sur l’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Son clocher roman à flèche octogonale domine la vallée de la Durance. L’intérieur de l’édifice magnifie le mariage du roman et du gothique. Accrochées à un pilier, les orgues en encorbellement de la fin du XVe siècle, don de Louis XI, comptent parmi les plus anciennes de France. La restauration consistera à remplacer les pierres en œuvre trop dégradées pour être conservées, et à consolider les autres, ainsi que la restauration des polychromies du tympan et du linteau du portail. Pour les curieux ou les fidèles, les offices religieux ont repris et les visites guidées recommencent à compter du 9 juillet, tous les jeudis.

 

3 - Le Sacré-Cœur de Balata à Fort-de-France (Martinique)

 

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Sa position centrale et dominante face à la Baie de Fort-de-France, fait de l’église du Sacré-Cœur de Balata un arrêt touristique incontournable en Martinique. Chaque année, plus de 200.000 personnes viennent la visiter. L’église, appelée plus communément « le Montmartre Martiniquais », a été construite entre 1923 et 1925 sur les hauteurs de Fort-de-France. Elle est l’œuvre de deux architectes parisiens, Charles Wulffleff et Aloïs Verrey, qui ont choisi de mêler le béton armé à l’andésite locale. Inspiré du Sacré-Cœur parisien, cet édifice propose une interprétation tropicalisée de son style romano-byzantin, tout en en conservant certains aspects comme la grande coupole. Aujourd’hui, l’église est dans un état de péril avancé, sa construction n’est pas adaptée au climat local et l’édifice subit de graves infiltrations d’eau. Affectée au culte, elle a été rouverte au public suite au déconfinement mais sa capacité est actuellement limitée à 70 personnes.

 

4 - Le couvent des Filles de Marie sur L'Île-Rousse (Corse)

 

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Ce bâtiment a été édifié en 1849 à l’initiative de François Piccioni, oncle du maire de l’Île Rousse, Sébastien Piccioni. Il avait alors pour but d’abriter la congrégation d’Agen des Filles de Marie, dévouée à l’instruction des jeunes filles. En 1906, l’institut fut laïcisé et prit le nom d’Institution Jeanne d’Arc.En 1970 une partie du bâtiment deviendra une école maternelle, doublée d’un local de catéchisme. Cet édifice du XIXe siècle constitue un élément important de l’identité de la place Paoli. Il est l’un des trois monuments qui forment un ternaire d’édifices publics autour de la place : église de la Conception, marché couvert et Institut des Filles de Marie. Aujourd’hui l’édifice est dégradé et en péril. La charpente est particulièrement délabrée et les planchers sont partiellement effondrés. Par mesure de sécurité, toutes les ouvertures du rez-de-chaussée ont été murées.

 

5 - L'église Saint-Etienne-de-Mélas (Auvergne-Rhône-Alpes)

 

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L’église est située sur l’ancienne voie romaine reliant Nîmes à Lyon. Sa date de fondation n’est pas connue, mais celle d’un monastère de femmes par Frédégonde vers 550 apparaît dans le premier cartulaire de la cathédrale de Viviers. L’église réunit trois édifices distincts, juxtaposés au XIXe siècle par la construction du bas-côté Sud : une nef centrale à cinq travées du XIIe, une nef unique dans le bas-côté Nord qui pourrait dater du XIe et une étonnante chapelle octogonale au Nord, creusée de hautes niches semi-circulaires,  qui remonterait également au XIe et pourrait avoir été une chapelle funéraire. Au milieu du XIXe, les archéologues et historiens, dont Prosper Mérimée, sensibilisent l’opinion publique à la sauvegarde de ce monument qui venait d’être remis en lumière grâce au percement de la Nationale 102. Si l’église n’est plus affectée au culte, propriété de la commune, elle accueillait des festivals musicaux jusqu’au 11 novembre 2019, où un séisme de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter a entraîné de graves dommages. Le sol s’est affaissé, une partie de l’édifice s’est écroulée et le clocher menaçait de s’effondrer. Depuis, elle est fermée au public. L’objectif de sa restauration est de permettre sa réouverture en 2022.

 

6 - Le temple Saint-Martin, à Montbéliard (Bourgogne-Franche-Comté)

 

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Il s’agit du plus ancien lieu de culte protestant existant en France. Au XVIe siècle, Montbéliard, ville luthérienne en forte croissance démographique, est gouvernée par la famille des Württemberg. Le temple Saint-Martin est édifié entre 1601 et 1607, dans le cadre d’une politique d’urbanisme d’envergure. Il allie morphologie des premières églises luthériennes allemandes et inspiration italienne. Son aspect intérieur a été modifié au cours des siècles : les boiseries latérales, chaire et stalles ont notamment été ajoutées au XIXe siècle. Plusieurs éléments classés monuments historiques (orgue de tribune, autel, etc.) s’y trouvent. En 2019, suite à l’intervention d’un atelier de restauration et conservation d’objets d’art sur une travée test, des décors peints d’origine ont été découverts.Toujours affecté au culte, la restauration des maçonneries et menuiseries est devenue urgente, ainsi que celle des décors peints.

 

7 - La cathédrale Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon)

 

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La cathédrale de Saint-Pierre a fait l’objet de plusieurs transformations au cours de son histoire. Édifiée en bois en 1846 sur le lieu de la première église de Saint-Pierre, établie en 1690, elle est endommagée dès 1846 suite à une explosion puis détruite lors d’un incendie en 1902. Reconstruite entre 1905 et 1907, son architecture intérieure est caractéristique des églises basques avec un étage de tribunes supérieures équipées de gradins en bois. Plusieurs autres éléments la distinguent comme le volume de sa nef et ses vitraux signés du peintre-verrier Louis Balmet. Le clocher de la cathédrale, construit en béton en 1907 et devenu dangereux, fut reconstruit en 1975 avec des pierres d’Alsace et de la rhyolite de la « montagne » de Saint-Pierre, selon un projet de l’architecte alsacien Joseph Muller. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture du 12 juin 2019 avait proposé son classement au titre des monuments historiques, qui a pris effet le 8 février 2020. La cathédrale n’est plus le siège de l’évêché depuis 2018 car le vicariat apostolique de Saint-Pierre-et-Miquelon a été supprimé et l’archipel rattaché au diocèse de La Rochelle et Saintes en métropole. L’édifice reste cependant ouvert au culte. Il est ouvert au public tous les jours. Les infiltrations portent aujourd’hui sérieusement atteinte à la conservation du monument, les couvertures vont pouvoir être restaurées.

 

8 - L'église Saint-Pierre de Dompierre-sur-Authie (Hauts-de-France)

 

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Construite au début du XVIe siècle, l’église Saint-Pierre s’élève au centre du petit bourg de Dompierre-sur-Authie dans le département de la Somme. L’édifice représente dans la région un bel exemple d’église paroissiale soutenue par un puissant lignage, la famille de Rambures. La famille fit construire cette église sur des fondations anciennes, versb1513. L’église est organisée selon un plan en croix latine. Sa nef de trois travées, traversée par un transept saillant, se termine par un chœur à trois pans. Si l’église est toujours affectée au culte, elle présente un état sanitaire inquiétant. Les dégradations touchent les maçonneries, charpentes et couvertures ainsi que les vitraux. Des travaux sont en cours, et en dépit de la crise sanitaire, la fin du chantier est toujours prévue pour mars-avril 2021.

 

9 - L'église Saint-Joseph d'Iracoubo (Guyane)

 

MISSION BERN : LE PATRIMOINE RELIGIEUX MIS À L'HONNEUR
 

La construction de l’église Saint-Joseph résulte d’un long travail qu’a su mener à bien le Père Raffray avec l’ensemble des habitants d’Iracoubo. Jusqu’en 1888, les offices religieux sont célébrés dans un ancien hangar à coton prêté par la veuve d’un colon du nom de Jacquet. Ce local est fort incommode : trop chaud, mal ventilé et pas équipé. A son arrivée, en 1886, le Père Raffray entreprend la construction d’une nouvelle église : les travaux débutent en 1887 et durent 6 ans. Les fonds alloués par la clergé se révélant insuffisants, les habitants se mobilisent en offrant des dons de toutes sortes : matériaux, main d’œuvre et argent. Une fois l’édifice réalisé, le Père Raffray a voulu faire de cette église un joyau unique en y apportant une décoration intérieure de qualité. Il fit recouvrir la totalité de la surface intérieure par un décor peint réalisé par le bagnard Pierre Huguet, entre 1892 et 1898, dont le style se rattache à l’art naïf. Les travaux concerneront l’extérieur et la conservation intérieure des décors et menuiseries.

 

Voici, ci-dessous, en vidéo l’intégralité des sites sélectionnés cette année :

 
 
 
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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 21:31
 

Aleteia - Michael Rennier

 

Être père est parfois un vrai défi. Ces histoires de pères devenus saints sont là pour vous rappeler que vous faites du bon travail !

 

Quand vous, qui êtes père, vous sentez en manque de reconnaissance ou avez l’impression de ne plus savoir vous y prendre avec vos enfants, sachez que vous n’êtes pas seul.

 

Des études montrent que les pères ont une influence essentielle dans l’éducation des enfants. Beaucoup d’hommes ont réalisé que la dimension sacrificielle de la paternité était précisément ce qui les aidait à devenir des saints.

 

Ces hommes sont de bons exemples, et ils prieront pour vous :

 

 

- Saint Augustin :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Simon de Cyrène :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Louis :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Joseph :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Martin de Tours :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Thomas More :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Jean-Paul II :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Étienne de Hongrie :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Philip Howard :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE

 

- Saint Franz Jägerstätter :

21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
21 juin 2020 - PÈRE - DIX HOMMES DEVENUS SAINTS PAR LEUR STATUT DE PÈRE
 
 
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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 20:14
Daniel Jolivet I CC BY 2.0

Daniel Jolivet I CC BY 2.0

Source : Aleteia

 

Les chants de la messe de la Sainte Trinité ne font pas mémoire d’un événement de l’histoire du salut, ils se contentent de répéter indéfiniment la louange de l’Église à Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.

 

En ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Église célèbre la fête de la Sainte Trinité, Dieu unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint Esprit. Pour la première fois depuis le début de l’année liturgique, nous trouvons une fête qui n’a pas pour but de commémorer un événement de l’histoire du salut, mais de nous remettre en mémoire et graver en notre esprit un des dogmes fondamentaux de la foi catholique. C’est seulement à la fin du Moyen Âge que l’Église en a éprouvé le besoin en raison du refroidissement des convictions et de la prolifération des théories hétérodoxes. Cette fête était célébrée en certains lieux dès le Xe siècle, à la suite de révélations privées, mais ce n’est qu’au XIVe siècle qu’elle a été instituée officiellement pour l’Église universelle et fixée au premier dimanche après la Pentecôte.

 

Exprimer l’inexprimable

 

L’office de la Sainte Trinité est donc un office composé, et non l’expression spontanée de la prière de l’Église comme pour les messes plus anciennes. Les textes de la messe de la fête de la Sainte Trinité ne constituent pas un exposé théologique du dogme, comme ce sera le cas dimanche suivant pour la fête du Saint Sacrement. Comment exprimer l’inexprimable ? Ils se contentent de répéter indéfiniment notre louange à Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. En particulier les chants de la messe disent tous à peu près la même chose et on remarquera que les cinq pièces du propre : Introït, Graduel, Alléluia, Offertoire et Communion commencent toutes par le verbe bénir, benedicere c’est-à-dire : « dire du bien ».

 

Proclamons sa louange

 

Voici le texte de l’introït : Benedicta sit Sancta Trinitas, atque indivisa unitas : confitebimur ei quia fecit nobiscum misericordiam suam — « Bénie soit la Sainte Trinité et son indivisible unité ; Proclamons sa louange car elle a exercé envers nous sa miséricorde ».

 

La mélodie est calquée presque note pour note sur celle de l’introït Invocabit me du premier dimanche de carême, qui est affirmative, pleine d’une assurance paisible et assez solennelle. Le verset est le premier du psaume 8 : Domine Dominus noster : quam admirabile est nomen tuum in universa terra ! « Seigneur notre maître que votre nom est admirable sur toute la terre. »

 

Ce verset devrait être toujours suivi du Gloria Patri car il convient aujourd’hui plus que jamais.

 

 

 

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 21:29

 

HA / Aleteia

HA / Aleteia

Source : ALETEIA

 

La croix présentée à Jeanne d’Arc sur son bûcher sort de l’oubli

 

La croix processionnelle dormait dans la paroisse Saint-Nicolas de Pont-Saint-Pierre (27). Elle fait ce samedi 30 mai, jour anniversaire de la mort de Jeanne d’Arc, son grand retour à Rouen, pour le centenaire de sa canonisation.

 

Le matin du 30 mai 1431, vers 9 heures, Jeanne d’Arc est emmenée sur une charrette vers la place du marché de Rouen.  Après avoir été entendue en confession et avoir reçu la communion, une centaine d’hommes escortent la Pucelle de dix-neuf ans vers le bûcher. En chemin, le chanoine Loyseleur qui l’avait piégé pendant son procès est pris de remords. Il veut monter et crie pardon mais il est violemment écarté. Ensuite, l’historien Adrien Harmand raconte que « Jeanne est hissée sur le bûcher. À ses instances, on est allé lui chercher la grande croix de la paroisse Saint-Sauveur qu’elle tient étroitement, embrassée en pleurant. Elle ne la quitte que pour la lier à l’estache [poteau] qui surmonte le très haut tas de bois. Pendant qu’on la lie, elle continue ses louanges et lamentations envers Dieu et les saints, invoquant ses louanges et lamentations envers Dieu et les saints, invoquant spécialement saint Michel »

 

« J’ai brûlé une sainte »

Isambard de La Pierre, le prêtre qui accompagne la future sainte sur le bûcher, raconte à l’occasion de son procès en réhabilitation : « Elle m’avait prié de descendre avec la croix, une fois le feu allumé, et de la lui faire voir toujours. Ainsi je le fis. ».

HA / Aleteia

HA / Aleteia

Maître Jacques Trémolet de Villers, président de l’Association des amis de Jeanne d’Arc et auteur de nombreux livres très documentés à ce sujet poursuit le récit : « Après avoir prononcé six fois le nom de Jésus, elle le crie une dernière fois, et sa tête retombant sur son épaule indique qu’elle est morte. Le greffier rapporte que tout le monde pleurait, même l’évêque Cauchon. Le plus marqué reste son bourreau, qui confiera peu après que “jamais l’exécution d’aucun criminel ne m’a donné tant de crainte que l’exécution de cette pucelle”. Après avoir jeté dans la Seine le cœur de la jeune fille, qu’il n’avait réussi à brûler par aucun moyen, malgré l’huile, le bois et le feu rajoutés, il dira même : “Je crains fort d’être damné, car j’ai brûlé une sainte.” » Le curé d’Heudicourt qui assista à l’horrible scène est tout aussi ému et témoigne : « Pendant l’exécution, maître Jean Alépée, alors chanoine de Rouen, était à mes côtés. Il pleurait que c’était merveille et je lui entendis dire : “Plut à Dieu que mon âme fut au lieu où je crois être l’âme de cette femme”. »

 

600 ans plus tard

 

Selon l’inventaire dressé par le ministère de la Culture, propriétaire de l’objet, la croix de procession est une pièce d’orfèvrerie en bois recouverte de cuivre et de verre, datant probablement du XVe siècle. Une transcription apparaît sur lequel on peut lire : « IHS MA / Donnes par moy Simon Langlois, prêtre demt à Paris, 1600. » Après avoir été conservée dans l’abbaye de Fontaine-Guérard de Pont-Saint-Pierre à quelques kilomètres de Rouen, elle repose jusqu’à aujourd’hui dans la paroisse de Pont-Saint-Pierre, dans l’Eure. L’église Saint-Sauveur de Rouen ayant été pillée par les calvinistes au XVIe siècle, l’objet a été mis à l’abri dès cette époque.

 

La croix devait être exposée en grande pompe pour les fêtes johanniques de Rouen, prévues pour ce mois de mai 2020. La crise du coronavirus en a décidé autrement mais le curé de Rouen, Geoffroy de La Tousche, a profité du déconfinement pour célébrer comme il se doit l’anniversaire du martyre de Jeanne d’Arc et le centenaire de sa canonisation en 1920. Près de 600 ans plus tard et un siècle après sa canonisation, la croix processionnelle vénérée par Jeanne d’Arc, est pour la première fois exposée aux habitants de la ville. Après une présentation à Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, une procession partira de la cathédrale jusqu’à la place du marché. Une messe sera célébrée ce samedi pour commémorer le sacrifice de la sainte. La croix repartira le soir même pour Pont-Saint-Pierre.

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 21:27

 

30 MAI 2020 - BILLET DE Mgr PODVIN : "UN ÉVANGILE VIVANT "
Monseigneur Bernard PODVIN est né à Villeneuve sur Lot.  Il fut, par ailleurs, porte-parole de la Conférence des Évêques de France (CEF) de 2009 à 2014; il fait partie aujourd’hui du diocèse de Lille.

 

Mise en ligne 30/05/2020

 

UN ÉVANGILE VIVANT

 

Brigitte est vivante. Guérie de la Covid car, dit-elle publiquement, « d’autres sont sortis de leur zone de confort ». Ces autres prennent noms et visages: « Clément, Charlotte, Camille, Laetitia, Vanessa et tant d’autres… » Ecrirait-on plus forte parabole de toutes ces semaines écoulées ? La vie ! Pour le service de cette vie, la sortie de soi. Je veux qu’autrui vive. Je sors de ma zone de confort pour l’incarner. Si je crois au Dieu de la Bible, je l’entends me dire : « choisis donc la vie ! ». (livre du Deutéronome)

 

C’est la Pentecôte !  Par coïncidence de calendrier, jeudi dernier la phase si essentielle du déconfinement a enfin sonné. Pure coïncidence ? Oh assurément, la République n’a pas à tenir un langage religieux quand elle nous annonce que « la liberté va redevenir la règle ». Oh, assurément, l’urgence de l’économie exsangue place beaucoup de contemporains la tête « dans le guidon » exténués à remonter la pente, afin de survivre. Oh, assurément, les convulsions locales et mondiales d’avant Covid ne tardent pas à se rappeler au souvenir des confinés que nous fûmes.

 

Alors, me direz-vous, que vaut la rédaction d’un « billet » en un tel tourbillon ? Que dire en ces temps où se mêlent en nous, à la fois le soulagement d’avoir « de bons résultats » et l’incrédulité d’avoir vraiment vaincu ; la joie de renouer avec la vie et le désir craintif  de ne pas gâcher ce relâchement. Risquons, comme à l’accoutumée, la proposition de quelques balises. Ce sont de tous petits repères devant l’immensité de la tâche :

 

1) La tentation serait une lecture immature et pressée des événements : soit en rationalistes niant  que Dieu puisse être ému par notre devenir ; soit en fondamentalistes, voyant le Saint Esprit à l’aune de nos désirs. Quel enfantillage ce serait de résumer ce vécu comme une partie de cache-cache avec Dieu dans la traversée planétaire contre la Covid. Dieu est plus grand que notre cœur ! Nul ne peut l’instrumentaliser. C’est la grandeur de la Pentecôte. Nous expérimentons un Esprit qui vient à nous de plus grand que nous puissions concevoir. C’est pour cela que sa force bouleversante accomplit en nous ce que Dieu voit de bon pour l’homme. Et non ce que nous rêvons, à la pure échelle de nos penchants. L’Esprit Saint n’est pas la variable d’ajustement de nos humeurs. Il provient de l’amour du Père et du Fils. Il insuffle en nous cet Amour qui, tout en nous dépassant, vient toucher le plus quotidien de notre aujourd’hui. La Pentecôte n’aura jamais fini de nous saisir. Il n’y a, en effet, rien de plus concret et de plus ineffable que ce mystère. La grâce de la Pentecôte est de renouveler l’univers, tout en insufflant la plus modeste parcelle de vie que chacun est en train de connaitre.

 

2) Relire la prière du Veni Creator, tandis qu’on déconfine, correspond à porter sur soi la véritable boussole.  Afin de respecter le désir  de Dieu et la vie de chaque frère. Tous les mots de l’hymne prennent chair. L’Esprit nous visite comme grâce venue d’en haut. Nos cœurs  créés par Dieu sont  réceptacles de l’Esprit feu et charité. Il inspire nos paroles. Il repousse l’ennemi au loin. Il nous donne sa Paix sans tarder. Il affermit de sa force la faiblesse de notre être. Tout le Veni Creator prend sens tandis que, comme croyants, nous communions à la pâte humaine et éprouvée de tous les terriens  en lutte, depuis plusieurs semaines, contre l’invisible virus. Oui, amis faites l’expérience de méditer lentement le Veni Creator tandis que ce « week-end peu ordinaire »  veut vous absorber dans la fébrilité activiste  à redévorer la vie.

 

3) Pendant que je rédige ces lignes, la nuit urbaine est redevenue bruyante de défoulement. La journée s’est  achevée sur la perception de tensions chez les uns, de décompression chez d’autres. Quoi de surprenant ? Le corps, le psychisme et l’âme ne sont pas des machines qu’un simple starter réactive. Nous sommes tous taillés différemment. Nous nous retrouvons à la fois inchangés et si nouveaux.  Quoi de commun entre l’ébriété un peu puérile de celui qui va tout défoncer,  et « le syndrome de la cabane » qui aliène  l’autre dans sa peur d’être contaminé par la moindre  rencontre à venir ? Nous aimer, c’est peut-être tenir compte de cette différence entre nous par laquelle la Covid nous a affectés. Nous estimer les uns les autres, c’est peut-être accueillir « l’heure qu’il est » chez autrui. Nos pendules n’indiquent pas la même ombre au cadran  solaire. Le mal généré par la Covid  ne fut pas que viral. Il impacta tout le mode de vivre et de concevoir les choses. Ne l’oublions pas.

 

4) Comme il est précieux ici d’entendre Étienne Klein : « urgence du long terme! ». Ce physicien et philosophe a l’art de nous rappeler ce qui devrait être si évident. Notre arrêt de plusieurs semaines nous a rendus synchrones par obligation. Nous étions quasiment tous immobilisés ce qui jamais n’arrive.  Nous n’avons pas eu le choix, dit en quelque sorte Klein. Mais il ne faudrait pas que la prise de conscience de ce « sur place » apparent  soit feu de paille. Klein craint que nous ne vivions l’arrêt pandémique que comme une parenthèse. Nous parlions avant  confinement de la fin du monde. Nous parlions durant le confinement du monde d’après. De quel monde essayons-nous d’être dignes, maintenant que tout est déconfiné ?

 

5) Une chose a été très sensible: en ces mois de tempête. La santé fut, et demeure,  en péril. Nous  avons sollicité la science jour et nuit. Nous avons exigé d’elle qu’elle accélère sa découverte d’un vaccin. Le rythme de la recherche ne peut être artificiellement accéléré au péril de la fiabilité de ses résultats. Au risque de brûler d’impatience et  de faire passer,  par les sondages, la véracité des  traitements. Rien de plus périlleux que de soumettre à la tyrannie des sondages la rigueur de la vérification de ce qui est bon ou mauvais. Je suis admiratif de la déontologie avec laquelle la virologue Anne-Claude Crémieux invite chacun à jouer « son » rôle, et pas celui d’un autre. L’enseignement de cette humble attitude est fort. Sinon, le populisme s’empare de tout.

 

6) Il n’est pas anodin que,  dans ce contexte d’ombres et de lumières,  vienne d’être annoncée par le Pape la prochaine canonisation de Charles de Foucauld. Une véritable onde de joie traverse les cœurs. Cette figure sainte nous rappelle l’éminente grandeur du plus pauvre. Elle nous place en dialogues avec tout humain, comme frère de Jésus. La crise anti Covid nous a dépouillé des oripeaux de notre orgueil et du superficiel. Charles nous montre que cette pauvreté-là sera la vraie rencontre avec la destinée. La conversion de Charles qui se perdait en mondanités résonne terriblement en 2020. Vanité que toutes ces choses sur lesquelles  nous nous crispons ! La Covid et frère Charles ont tant à nous dire sur le détachement vis à vis de ce qui est accessoire.

 

7) Ayons une  pensée plus particulière envers celles et ceux qui devaient vivre, depuis deux mois,  un rendez-vous sacramentel,  et ont dû différer cette joie dans leur famille et leur communauté : baptêmes, professions de foi, confirmation, mariages, ordination, rassemblements divers… Puissent ceux qui sont tristement  seuls, dans cette attente, trouver du soutien pour que ce report ne dilue  pas leur désir. Puissent ceux qui sont solidement accompagnés, mesurer la grâce qui est la leur. On ne chemine jamais seul  longtemps, sans éprouver à quel point la communion de foi est vitale. On peut maturer  positivement, si le chemin fait d’obstacles  prépare vraiment à la rencontre du Christ.

 

8) Soyons vigilants  envers les réalités connues depuis longtemps,  et  que le confinement a mis  davantage en exergue : par exemple,  l’INSEE  dit que dans les Hauts de France, 304 000 personnes vivent en logement suroccupé. Cette notion n’est pas une  vague catégorie de classement statistique. Elle indique « un nombre de pièces insuffisant au regard de la structure du ménage ». Ce que le confinement a rendu plus sensible peut-il être ignoré du champ de notre conscience ? Ceci est vrai pour de nombreux domaines de la vie de proximité, comme des relations internationales. Voici que, autre exemple, Daech réapparaît sur les écrans. Mise en léthargie pendant le confinement, ce que l’on appelle communément  l’actualité se réveillerait-elle étrangement quand les hommes quittent « leur abcès de fixation »? Attention à  ce que Thierry de Montbrial  appelle les « angles morts  du réel » qui demeuraient cruciaux, parfois à l’insu de notre naïveté à penser que, à elle  seule, la Covid représentait tout le danger du monde. Des points de l’actualité sont  en ébullition latente, comme la casserole qui feint couver sur  le feu éteint. Pour dire les choses autrement, une épreuve comme la Covid nous forge-t-elle la capacité de   mieux appréhender le monde ;  ou nous fragilise-t-elle d’avoir trop focalisé sur elle?

 

9) Les coiffeurs sont en coupe quasi incessante depuis leur reprise. Tant mieux pour eux ! Le « scalp » que chacun de nous  a tenté prosaïquement de préserver durant son confinement avait grand besoin de repasser par des ciseaux plus esthètes et  moins amateurs ! Ce que nous reconnaissons sans peine sur le plan capillaire et harmonieux, comment ne pas le promouvoir aussi sur le plan d‘une conversionde nos cœurs ? L’arrêt de plusieurs semaines a fait réfléchir, trier, réorienter des dimensions de notre vie. Comment ne pas demander à l’Esprit Saint de déployer en nous ce qui est rigide, réchauffer ce qui est glacé, raffermir ce qui dévie… Le signe tangible du passage de l’Esprit  est perceptible quand paix, joie, détachement et maîtrise de soi sont en croissance. Pour cette « taille là »,  même le coiffeur le plus chevronné ne peut qu’être serviteur de l’Esprit  qui émonde, au plus profond de nous, la remontée de la sève dans des branches vermoulues par le confinement. Convertissons-nous, si nous voulons « un monde d’après » à cette profondeur.

 

10) Dixième point, mais il devrait être le premier. Gravé en lettres d’or ! Ne nous volons pas la joie de nous être déjà retrouvés, ou de le faire bientôt, après confinement. Ne nous lassons pas de revenir les uns vers les autres,  confiés par un « pacte nouveau » de relations plus vraies. Les épanchements de retrouvailles de nos aînés doivent graver en  nous  la valeur inestimable qui est leur. Mon billet spirituel aux membres d’Ehpad a fait tout un tour dans les réseaux  que je n’imaginais pas. J’en suis encore ému. Nos êtres chers  valent  tellement plus que ce que nous savons  en dire !    Les «retrouvailles»  scolaires, professionnelles, associatives, pastorales ne sont pas seulement un complément de ce qui se vivait sur écrans. J’ai trouvé tellement beau ce signe  de bienvenue d’un directeur d’école envers une de ses élèves faisant partie de la population  qui décroche : « Sois la bienvenue! Tu as bien fait de revenir! »

 

Avec l’équipe diocésaine  de communication, nous ne regrettons vraiment pas avoir rythmé cette lettre électronique  au tempo hebdomadaire. Vous étiez là, nombreux au rendez-vous ! Signe de ralliement de vos lieux confinés, puis fil rouge de la créativité de vos reprises. Dans le vécu de vos familles, de vos communautés, le temps liturgique  ordinaire qui suit la Pentecôte sera nourri de cette fraternité. Le spirituel Jean-Pierre de Caussade écrivait en 1750 : « Nous sommes dans les siècles de la foi. Le Saint Esprit n’écrit plus d’évangiles que dans les cœurs. Les âmes saintes sont le papier. Leurs souffrances et leurs actions sont l’encre. On ne pourra lire cet évangile qu’au jour de la gloire. Oh, le beau livre que l’Esprit écrit présentement ! » Vivons ces pages de 2020 en Hauts de France. Offrons-les nous. « Oh le beau livre » de vie que reflète cette newsletter. Sainte effusion de l’Esprit au plus humble de vous ! Belle Pentecôte à tous !

 

                                                                                    Mgr Bernard Podvin
                                                                                    Missionnaire de la Miséricorde.

 

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