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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 06:45

 

      Michel Teytau nous communique un article édité dans la revue "Aletiea" pour nous aider dans cette période d'isolement et d'inquiétude;

la lecture du témoignage de ce prêtre engagé au service de ceux qui sont souffrants et encore plus isolés que nous devrait nous aider dans nos réflexions et nos prières.

Voici le lien pour accéder à cet article:

 

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 06:30
23 MAI 2020 - BILLET DE Mgr PODVIN : "DISPROPORTIONNÉE !"
Monseigneur Bernard PODVIN est né à Villeneuve sur Lot. Il fut, par ailleurs, porte-parole de la Conférence des Évêques de France (CEF) de 2009 à 2014; il fait partie aujourd’hui du diocèse de Lille.

 

Mise en ligne 23/05/2020

 

DISPROPORTIONNÉE !

 

         Je n’en reviens toujours pas : début avril 2020, au plus fort de la pandémie, le recul de l’activité mondiale a provoqué une diminution de 17% des émissions carbone quotidiennes planétaires. « Super! s’exclamerait-on un peu promptement. Il y a au moins ça de bon pour l’écosystème. Les oiseaux chantent. Les chevreuils sont de retour ». Sauf que… les dites émissions quotidiennes auront été similaires à celles de 2006. Consternant, donc : le monde aura en effet émis, en confinement presque total, autant qu’en activité normale, voici 14 ans ! Incroyable. L’homme est dépassé par lui-même. Il émet autant à ne rien faire… qu’à avoir fait, il y a peu de temps encore. Une spirale a chroniquement emporté l’humain à l’insu de sa trop lente détermination à changer son mode de vie. Homme  piégé par son aveuglément. Jean de la Fontaine aurait de quoi écrire. L’information  interpelle  les plus fervents prédicateurs de l’encyclique du Pape « Laudato si » dont je pense être, depuis sa rédaction. L’emballement de la planète se confirme. Sa photographie, à l’arrêt forcé du confinement, révèle les stigmates de sa situation réelle.  Recueillons, si vous le voulez bien,  quelques idées simples, tandis que nos cœurs sont en ce moment, d’Ascension à Pentecôte, en neuvaine d’invocation de la venue de l’Esprit Saint :

 

1) Il est illusoire de raisonner « confinement-déconfinement » en simples termes « arrêt-reprise ». D’abord, parce que les acteurs économiques sont nombreux à ne pouvoir envisager qu’un certain pourcentage de leur activité antérieure, pour raisons sanitaires, si dans le meilleur des cas ils ont les reins solides pour réouvrir. Et également s’ils ont autorisation sanitaire de reprendre. Il y a déjà ici une première raison purement prosaïque.

 

2) Un second motif corrobore l’obligation impérieuse de nous convertir au plus vite à un nouveau regard : nul ne sort indemne de cette crise. Même celui qui, pour l’instant est passé « entre les gouttes » du sournois virus. Un interlocuteur un peu « dur à cuire » m’avoue avoir d’abord pris en dérision la « grippette ». Son ami radiologue, pour le convaincre, l’a introduit dans la confidence d’images dévastatrices de la Covid. Le franchouillard en a eu les larmes aux yeux. Il n’est ni éthique ni spirituel de dire : « Ça va je m’en tire bien » sans penser universellement au plus prochain et au plus lointain de nos frères. Personne ne doit crâner. Est souvent plus fragile intérieurement celui qui se croit fort. Est souvent plus fort celui qui consent à sa faiblesse.

 

3) L’interdépendance entre terriens doit  être regardée de façon tant  globale que locale. Tant locale que globale. Les Chinois, par exemple, claironnent  une prétendue victoire sur la Covid en plein congrès du Parti communiste. Le réel est moins exaltant. Des sinologues avertis prédisent jusqu’à 120 millions le nombre de chômeurs potentiels chez ce géant dont l’économie vient de régresser de six pour cent…. Quoique Chine mastodonte, quoique réputée pour vouloir acheter la terre entière  Goliath n’est pas indemne de la pandémie. Car Goliath a aussi besoin de la santé des petits David. Le géant est géant, mais ses pieds sont d’argile, si toute la planète vacille. Autre exemple local : ce boucher, dans une émission radio, avoue avoir fait du bon chiffre pendant le confinement. « Les gens avaient encore de la trésorerie ».  Sa peur est maintenant de  faire moins en raison de  toutes les conséquences de la crise. On croit relire  « Au bon beurre » de Jean Dutourd. « Le monde compte deux catégories d’êtres : ceux qui se débrouillent et les autres » Mais l’ennemi en 1940 était autre que la Covid.

 

4) Quels que soient les soubresauts sanitaires et économiques, nous n’échapperons pas à une reconsidération structurelle. La croissance fulgurante de notre émission carbone, en moins de temps que ne met un nourrisson à devenir adolescent, est symbolique de l’accélération de ce qui doit se convertir: « C’est maintenant le temps favorable, c’est maintenant le temps du salut » dit l’Écriture. (2 Corinthiens 6). Si nous ne prenons pas cette conversion au sérieux, nous ferons une triste publicité aux prophètes de malheur qui tétanisent les gens, déjà craintifs devant l’inconnue du virus.

 

5) Une hydrologue réputée, Emma Aziza, est venue cette semaine nous éclairer sur un aspect convergent : nous nous disions un peu vite, « il a bien plu l’automne dernier. Ça devrait le faire pour les sols ».  Erreur de discernement ! La quantité n’est rien sans la qualité. Outre le manque pluviométrique, nos nappes phréatiques se fragilisent du fait que nos sols se fragilisent ! Même la fourmi de la fable ne peut prétendre chanter en place de la cigale imprévoyante. Nous nous fragilisons inexorablement. Cette communion dans une condition nouvelle ne doit pas nous paniquer, mais nous rapprocher les uns des autres ! La sécheresse annoncée doit nous remuer non seulement sur le plan environnemental mais au plus profond de nous. Il n’y a pas que nos nappes qui s’assèchent plus vite. « Me voici devant toi comme une terre assoiffée! »(Psaume 142).

 

6) Ici je veux évoquer le discernement du Conseil d’État concernant l’exercice du culte en pleine crise sanitaire. La plus haute juridiction administrative de notre pays vient de poser un diagnostic exemplaire. Elle n’a évidemment pas de commentaire philosophique ou spirituel à faire. Là n’est pas son rôle. Le Conseil a jugé « disproportionnée » la règlementation qui est en vigueur. Remarquable ! Ce Conseil dit bien qu’il faut réglementer notre façon de nous assembler pour célébrer. Qui ne le conçoit ? Mais, si reste en vigueur cette disproportion, une « atteinte grave » est portée à la liberté de croire et de prier. Oui, remarquable ! D’abord parce que cela responsabilise d’autant les croyants à ne pas se rassembler sans mesures. Et cela, les paroisses et sanctuaires ont déjà su l’assumer contre le terrorisme. Mais surtout, cet arrêté du Conseil d’État permet de souligner l’aveuglement à prétendre  sortir de crise en reléguant le sentiment religieux à une pure émotion privée en voie d’extinction. La crise que nous traversons n’est pas, (sans horrible jeu de mots) un simple « grippage des mécanismes ». Elle est systémique, métaphysique, spirituelle. Merci à vous qui, dans les lieux de prière, les plus renommés comme les plus humbles, allez veiller à ce que tout se passe bien. Merci à vous qui favoriserez cette hospitalité chez Dieu, qui est aussi maison de tous. Le Conseil d’État, non seulement permet à une liberté de culte de redevenir plus effective, mais son arrêté donne à la lecture croyante des événements une toute autre dimension : nul ne vit  seulement de pain ! Autre aspect essentiel comme conséquence psychologique et ecclésiale  de cet arrêté : tant qu’on ne pouvait plus se rassembler physiquement, les croyants étaient relayés par la technologie. Mais c’était du volontariat ne touchant que ceux qui se connectaient.  Ici, grâce à ce discernement du Conseil d’État, la question cultuelle redevient enjeu public ! Et pas seulement pour des cercles  initiés et convaincus. Croire ou ne pas croire nous concerne tous ! Entraver une liberté fondamentale n’est donc pas seulement blesser ceux qui croient. Quand comprendra-t-on que l’attitude religieuse est au service du bien commun et non  sectarisée à un réseau d’appartenance ? Il n’est pas anodin de vivre ces démêlées en pleine Pentecôte.
L’Esprit Saint n’est pas un bien que thésaurise une secte réunie pour se faire du bien. Les libertés publiques sont en débat au plein moment où l’Esprit veut embraser les cœurs. Quel clin d’œil !

 

7) Je suis touché d’apprendre que vous êtes nombreux à relayer ces « billets ». Vos retours amicaux me proviennent d’âges, de lieux  et de conditions divers. Quelle joie, non seulement pour celui qui vous écrit, mais surtout en raison du trait d’union qui s’établit entre nous ! C’est cela la Pentecôte : tout recevoir d’une puissance d’aimer plus forte que nous, et relayer cette puissance. Le dominicain Yves Congar dont on sait le rayonnement avant, pendant et après Vatican II, a connu en fin de vie la cruelle dépendance due à la diminution de ses forces : « J’ai surtout compris depuis ma maladie, ayant toujours besoin du service de mes frères que ce que nous pouvons raconter, aussi sublime soit-il, ne vaut pas cher si cela n’est accompagné  d’une action concrète de service et d’amour ».  Quand frappe la Covid comme elle a frappé. Quand menace la Covid comme elle menace encore. Comprendre que nos dires,  si sublimes soient-ils, doivent être amour. Voilà qui nous recentre sur l’essentiel.

 

8) L’Esprit donne à celui qui l’invoque, pour lui et ses frères humains  foi, espérance, charité, prudence, justice, force, tempérance, charismes, sagesse, intelligence, don de conseil, don de science, don de piété filiale, crainte biblique. Ces dons ne sont pas « un kit ». Ils sont une relation vive et vivifiante. Ils donnent sens à la pensée  et à l’agir les plus quotidiens comme les plus exceptionnels. Ces dons ne fructifient que si nous en faisons un usage relationnel ;  de nous aux autres, de Dieu à nous, et de nous à nous-mêmes.

Depuis le début des semaines de confinement, tout semble disproportionné ? Sans doute pour que nous répondions à ce défi par la seule « démesure » qui vaille. Celle qui reçoit sa force d’aimer de l’Esprit de Pentecôte. Le Cardinal Etchegaray disait : « Je demande souvent à l’Esprit, quand je suis devant une paroi, de m’aider à repérer la petite prise qui ouvre le passage ». Cette newsletter diocésaine est là pour ensemble, repérer la petite prise. Viens Esprit Saint!…  À samedi.

 

 

Mgr Bernard Podvin
Missionnaire de la Miséricorde.

 

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 23:05

 

SAINTE JEANNE D'ARC, SYMBOLE D'UNITÉ DE LA NATION FRANÇAISE
SAINTE JEANNE D'ARC, SYMBOLE D'UNITÉ DE LA NATION FRANÇAISE
Sainte Jeanne d'Arc, symbole d'unité de la nation française

     C'est le 16 mai 1920 que le Pape Benoît XV élève la "Pucelle d'Orléans" à la gloire des autels. Cette canonisation, qui intervient 5 siècles après sa mort, constitue une étape importante du rapprochement entre l'Église et les autorités de la République française, après des années de confrontation.

Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican

Les festivités prévues par près de 14 diocèses en France, notamment celui d’Orléans, ne se dérouleront pas comme prévues, en raison du contexte sanitaire et ont été reportées, probablement à l’automne.

      L’humble paysanne de Domrémy occupe sans conteste une place à part dans l’Histoire de France. Charismatique héroïne qui mena courageusement les troupes françaises contre les armées anglaises en pleine guerre de Cent Ans, elle est aussi, et surtout, cette sainte qui édifia ses contemporains par sa pureté, sa force d’âme et sa foi inébranlable en Dieu. Les statues de la "Pucelle d’Orléans" se retrouvent dans d’innombrables églises, ornent aussi beaucoup de places dans tout l’hexagone : preuve de sa grande popularité et d’un rayonnement qui dépasse largement les frontières de l’Église.

     Sa canonisation par Benoit XV en 1920, soit cinq siècles après sa mort, vient en quelque sorte sceller la réconciliation entre l’Église et la République française, après des années de confrontation. Aujourd’hui encore, la sainte et héroïne nationale symbolise l’unité de toute la société française.

     Nous en parlons avec Jean Garrigues, historien, professeur à l’Université d’Orléans.

En France, Jeanne d’Arc est une figure qui a dépassé son caractère religieux. C’est quelque chose qui date déjà du XIXe siècle, période où des historiens et des intellectuels ont annexé l’histoire de Jeanne d’Arc ; c’est une sorte de patrimoine collectif qui faisait d’elle une héroïne patriote ou patriotique. Elle a été intégrée de cette manière à cette vision collective des grands héros français. Cette appropriation républicaine de Jeanne d’Arc a permis qu’elle soit une héroïne religieuse et laïque à la fois.

     Jeanne est invoquée par les Poilus comme « sainte patronne des tranchées » ; peut-on dire que la Grande Guerre a été un tournant dans cette « appropriation républicaine » que vous évoquez ?

     La guerre avait été l’occasion d’un rapprochement entre l’Église et l’État républicain. Après les troubles et les difficultés des premières années du XXe siècle -qui avaient amené à la séparation de l’Église et de l’État-, il y a donc une réconciliation entre le religieux et le laïc. Tout cela a favorisé d’abord la béatification (1909), donc avant la guerre, mais surtout la canonisation en 1920.

     Aujourd’hui, comment la figure de Jeanne d’Arc parvient-elle encore à réunir autorités politiques et religieuses ? Comment se manifeste cette unité ?

     C’est un peu compliqué car, comme vous le savez, la fête de Jeanne d’Arc a été revendiquée depuis quelques décennies par un courant politique qui représente l’extrême-droite en France. Et cela est plus un facteur de division que d’unité.

     En même temps, Jeanne d’Arc a été un symbole de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été maintes fois invoquée par le général de Gaulle qui en avait faite une de ses héroïnes. C’est la raison pour laquelle le même de Gaulle, en 1959, lorsqu’il a été élu président de la République est venu participer aux fêtes de Jeanne d’Arc qui ont lieu chaque année à Orléans.

      L’usage a tellement pris que des personnalités politiques de premier plan, même des présidents, viennent participer à ces fêtes johanniques, depuis les années 1950. C’est un signe de cet attachement à Jeanne, non seulement comme référence d’héroïsme et de patriotisme, mais aussi comme un vecteur d’unité pour la société française.

     Le rapprochement amorcé entre le Saint-Siège et la France pendant la Grande Guerre est parachevé avec le rétablissement des relations diplomatiques en 1921. La canonisation de Jeanne doit-elle être perçue comme une étape importante de ce rapprochement ou comme une anecdote ?

     Non, c’est vraiment une étape importante. À la suite de cette dynamique de rapprochement (…), il y a eu quelques tensions au moment du «cartel des gauches», entre le gouvernement français, l’épiscopat et le Vatican ; mais la dynamique était lancée et elle s’est confirmée ensuite.

     La canonisation est une étape symbolique, qui n’était pas simplement anecdotique parce qu’elle marque une dynamique historique forte. Cela s’inscrit aussi dans une dynamique politique, en témoigne la condamnation par le Vatican, en 1926, de l’Action française, qui justement faisait partie des ligues qui contestaient la légitimité de la République. Ce geste a sa propre logique -au regard notamment de la pensée de Charles Maurras-, mais il est symbolique de cette volonté d’apaisement, de rapprochement entre le Vatican et la République française

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 22:53

 

 

16 MAI 2020 - BILLET DE Mgr PODVIN : " JE CHERCHE LE VISAGE "
Monseigneur Bernard PODVIN est né à Villeneuve sur Lot. Il fut, par ailleurs, porte-parole de la Conférence des Évêques de France (CEF) de 2009 à 2014; il fait partie aujourd’hui du diocèse de Lille.

 

Mise en ligne 16/05/2020

 

JE CHERCHE LE VISAGE

 

J’avais conservé, par devers moi, le témoignage de ce conducteur de train en 2014. Traumatisé par ce que l’on appelle pudiquement les « accidents sur la voie », il racontait : « A cent vingt à l’heure, il  faut près de sept-cents mètres pour, enfin, s’arrêter. Dix secondes environ. Dix secondes interminables « . Il me semble  trouver quelques similitudes entre ce témoignage et notre déconfinement.
Nous sommes déconfinés. Nous avons « repris », dans toute l’acception du terme. Nous ressentons un formidable désir de développement, tandis que nous hante de devoir reconfiner. Aspirant rattraper le temps et l’activité perdus, nous devons nous garder de tout gâcher dans la précipitation.
A l’inverse, apeurés par le danger, nous pourrions ne plus rien oser. La métaphore du train est évocatrice.

 

Risquons, comme chaque samedi, de partager quelques points, sans prétention :

 

1. Nous serons encore longtemps balbutiants et apprentis du vivre ensemble que requiert la situation  nouvelle. Les autorités franciliennes, par exemple, disent que la distanciation est, pour le moment, assez bien vécue dans les lieux publics. C’est tant mieux. Mais nous ne serions qu’à 20% du potentiel de fréquentation ? Où sont donc les autres 80%. Où sont les gens tout simplement ?

 

2. Ne soyons pas idylliques concernant l’humanité : le politologue Dominique Reynié discerne une agressivité croissante entre Etats ; agressivité accentuée du fait que tous ont été fragilisés à un degré ou un autre. Ils ne se feront pas de cadeaux. L’amitié entre les peuples transcendera-t-elle ces durcissements entre des « Nations si peu Unies »?

 

3. Ne soyons pas « catastrophistes en chambre » mais réactifs et déterminés dans des actions précises ;  livrons, par exemple, le combat contre la faim dans le monde, faim accrue par les déficiences en approvisionnement et les fermetures des frontières. N’attendons pas pour agir face à ces urgences. « Nombreux sont ceux qui rêvent à des choses presqu’impossibles, dit Saint Pierre Favre, et qui ne se soucient pas de l’ouvrage de leurs mains ». Saluons ici à nouveau celles et ceux qui furent réactifs dans le pic de la crise sanitaire. Qu’une comparable mobilisation puisse aussi irriguer la juste répartition des moyens de vivre !

 

4. Intégrons bien que nous aurons à « vivre avec » la prégnance virale plus ou moins récurrente. Est-il une période de l’histoire où les hommes n’ont pas eu à éprouver leur capacité de résilience envers quelque danger que ce soit ? Si les siècles pouvaient parler ! Anne Dufourmantelle est ici à entendre dans son « éloge du risque ». Le caractère ravageur du coronavirus n’est surtout pas à minimiser. Mais la réponse mentale collective aux dangers n’est jamais, dit cette auteure, « dans le lisse ou l’aseptisé « . La force des fragiles réside dans leur audace confiante et digne. Consentir à être fragiles ne signifie pas devenir démissionnaires devant l’adversité.

 

5. Concernant ce que l’on appelle trop communément « le culte », de nombreux catholiques demeureront meurtris et dans l’incompréhension douloureuse. En quoi est-il plus dangereux de célébrer, (moyennant toutes prescriptions sanitaires), que de soupeser la botte de radis touchée par un autre client dans la supérette, ou de « humer » les gouttelettes et aérosols des voyageurs en métro ? Hélas, les vraies questions n’ont pas été posées : oui ou non, avons-nous faim du Christ ? Oui ou non, considérons-nous vital, pour la foi, d’être vivifiée par la communauté ? Oui ou non, les religions exercent-elles ce que Mgr Defois appelle une « fonction sociale »? C’est-à-dire, non reléguées au pur statut privé mais contributrices au bien commun ? Il y a un au-delà des polémiques à vivre afin de se convertir à la vraie mesure de ce que le Christ attend de nous. Paul VI insistait : « L’Eglise fait-elle preuve de solidarité avec les hommes et témoigne-t-elle, en même temps, de l’absolu de Dieu ? »

 

6. Un ami me dit avec humour : « Chacun, par son baptême, est prêtre, prophète et roi ? Aujourd’hui, les prêtres sont les médecins, les prophètes sont les artistes, les rois sont les politiques ». A-t-il tort ou raison sur cette trilogie ? On voit bien ce que recèle sa boutade : qui joue aujourd’hui les rôles primordiaux ? A lui seul, nul ne connait le tout de l’homme.  Désormais, les économistes et psychiatres côtoient les virologues dans les débats. Une société ébranlée comme la nôtre, doit largement ouvrir sa consultation aux sagesses, aux compétences, aux savoir-faire et savoir-être. On déplorera qu’historiens, philosophes et spirituels  soient si peu sollicités, hormis en quelques cercles spécialisés. Le double service métaphysique et diaconal que l’Eglise incarne est trop méconnu par la grande opinion publique.

 

7. « Et moi dans tout ça? » se demande chacun. Personne ne sort indemne de ces semaines. On se sent à la fois si indispensable et démuni. D’autant que nous sommes construits et situés diversement par la destinée. D’autant que nous ne savons présager ce que seront nos capacités d’encaisse par la suite. Rares sont les tremblements de terre sans répliques sismiques. Nous devons nous entraider à forger en nous, un caractère tissé de conviction et de détachement, d’abnégation et d’humour.
Le prophète Michée (Michée 6,8) ne nous laisse pas sans « feuille de route ». Voulons-nous discerner ce que Dieu réclame de nous ? « Rien d’autre que d’accomplir la justice, d’aimer la miséricorde et de marcher humblement avec ton Dieu ».

 

8. L’académie française demande que l’on ne dise plus distanciation « sociale » mais « physique ». Ce n’est pas du pédantisme sémantique. C’est cohérent. Se mettre à distance préservatrice, oui ! Mais pas pour distancier autrui socialement !

 

9. Et voici le numéro neuf qui voudrait unifier tous les autres, tant il est … neuf ! Le déconfinement a donné la joie de se revoir ! Ce moment qui n’a pas de prix. Toi qu’on saluait par Zoom. Toi, dans ce parloir sanctuarisé d’Ehpad. Toi sur le quai de gare, te profilant derrière toute la signalétique sanitaire. « Les gens stockent moins. Je les revois plus souvent » dit cette boulangère. Coiffer quelqu’un de masqué, quelle frustration pour concevoir le tout ! » soupire ce visagiste tout heureux cependant de « renouer » de « dérouiller » ses mains. « On a simplement repris contact » avoue ce tennisman, conscient qu’il eût été inconscient de vouloir crâner sur des potentialités perdues et à retrouver. La vie qui allait. La vie qui va. La vie qui ira. Un temps pascal fait de passages (« Georges est parti en avril. On n’a pas osé vous déranger ») Une Pâque vers Pentecôte qui ne ressemble à aucune autre. « J’ai 95 ans. C’est la première fois de ma vie qu’on m’interdisait de sortir. J’ai bravé plein de dangers et j’ai toujours décidé jusqu’ici, d’aller et venir où je voulais». Une vie fauchée injustement que l’on confie à Celui qui est la Vie. Une vie surabondante derrière les masques que percent littéralement de si ardents sourires. « Je cherche le visage » a composé Odette, d’un nom sonnant bien nos « confins » : Vercruysse ! Ne chantait-elle pas un au-delà des cent kilomètres réglementaires ? Visage trop souvent banalisé. Visage tant cherché quand … le Covid prétend le ravir. Toi Christ en eux, eux en toi. Visages recueillis dans notre cœur avec Teilhard. « Je placerai sur  ma patène, O mon Dieu, cette multitude dont je veux que mon être résonne à son murmure profond ».

 

Cette newsletter hebdomadaire est saluée par nombre d’entre vous. Merci à tous de vivre ce rendez-vous de fraternité. Pardon d’être parfois trop long. Mounier avait raison de dire : « On écrit beaucoup de phrases médiocres sur les événements. Alors que tout se passe en dessous des événements ».
Cet « en dessous » de ce que nous vivons est encore à scruter et comprendre. Puisse le Ressuscité, s’il doit, en son Ascension, disparaître à notre regard, devenir encore plus présent à notre aujourd’hui. À samedi.

 

Mgr Bernard Podvin
Missionnaire de la Miséricorde

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 20:48

 

 

 

ALETEIA

ALETEIA

        À l’occasion du centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc ce 16 mai, le diocèse d’Orléans a rédigé une prière adressée à Jeanne d’Arc que chaque jeune est invité à réciter.

      « Beaucoup de jeunes saints ont fait resplendir les traits de l’âge juvénile dans toute leur beauté et ont été, à leur époque, de véritables prophètes du changement ; leurs exemples nous montrent de quoi sont capables les jeunes quand ils s’ouvrent à la rencontre avec le Christ », a écrit le pape François dans son exhortation apostolique Christus vivit.

 

       Parmi eux se trouve Jeanne d’Arc (cliquer) qui, malgré son jeune âge, « a lutté pour défendre la France contre les envahisseurs ». Modèle pour la jeunesse d’aujourd’hui (cliquer), Jeanne d’Arc a été canonisée le 16 mai 1920. Alors que l’Église fête le centenaire de sa canonisation, le diocèse d’Orléans a composé une prière à sainte Jeanne d’Arc que chaque jeune peut réciter afin de lui demander force et son soutien au quotidien.

 

Toi, Jeanne, écoute favorablement nos prières. Depuis six siècles, tu n’as cessé d’obtenir de Dieu des bienfaits pour la France et ses enfants. Aujourd’hui, dans la situation douloureuse que traverse le monde et notre pays, Nous nous tournons vers toi pour en appeler à ta puissante intercession.

 

Toi, Jeanne, avec Celui que tu appelais Messire Dieu, Regarde ceux qui désespèrent, les malades et les mourants pour qu’ils trouvent secours et réconfort. Donne grande force à tous les soignants qui s’affrontent à l’adversité. Pose ton regard généreux sur les pauvres et les plus vulnérables pour les protéger. Soutiens les femmes et les hommes qui ont la lourde tâche de gérer les affaires de la France.

 

Toi, Jeanne, la jeune fille énergique à l’écoute de la Volonté du Seigneur, Aide-nous à grandir en sainteté et à construire notre avenir durablement, À devenir de vrais disciples-missionnaires, enracinés dans la prière, fraternels avec tous, Serviteurs audacieux de la Bonne Nouvelle de Jésus.

 

Toi, Jeanne, tu voulais toujours que Dieu soit : « premier servi » Aide-moi à répondre à Son appel, pour suivre ma vocation. Accompagne chez nous les jeunes le désir de l’engagement pour consacrer notre vie au Roi du Ciel.

 

Vierge Marie, prie pour nous ! Sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France, prie pour nous !

Amen

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 19:30

      Conséquence de la crise sanitaire du coronavirus, l’économie du monde entier se contracte et de nombreuses personnes se retrouvent sans emploi. Si vous êtes concernés, ne vous laissez pas aller au désespoir : de nombreux saints sont là pour vous aider, comme Gaëtan de Thiene, le « saint de la providence »

 

Alors que le nombre de chômeurs a bondi de 7,1% au mois de mars et que les statistiques de l’emploi sont redoutées dans les prochains mois, découvrez la vie de saint Gaëtan de Thiene, patron des chômeurs et des demandeurs d’emploi. Né à Vicence, dans le nord de l’Italie au 15ème siècle, il a passé sa vie à aider les pauvres, en séjournant dans des taudis et des hôpitaux. C’est lui qui a fondé le « Mont de Piété » à Naples, un organisme de bienfaisance, devenu aujourd’hui la Banque de Naples.

 

« Patron de la providence », il inspire d'ailleurs beaucoup le pape François, qui avait l’habitude de célébrer la messe quand il était archevêque au sanctuaire Saint Gaétan à Buenos Aires, le 7 août pour sa fête.  Nous pouvons nous tourner vers lui en récitant cette prière :

 

Saint Gaëtan, nous te prions pour les demandeurs d’emploi,

pour ceux qui ont besoin du strict nécessaire

pour pouvoir soutenir leurs familles avec de la nourriture et un hébergement.

 

Aide-les à mettre leur énergie

et leurs compétences au service de tous,

et à toucher un salaire

correct et juste.

 

Inspire les décisions de ceux qui gouvernent

pour arriver à une solution juste,

afin que chacun puisse

gagner sa vie

d’une manière honnête et digne.

Amen.

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 06:10

 

 

AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI

AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI

"Récemment convertie, j’avoue que ce geste me laissait perplexe. Mais j’ai compris que le Pape vénérait sa Mère, notre Mère, la Mère de Jésus."

 

Vous l’aurez remarqué : lors de sa visite aux États-Unis, chaque fois que le pape François est entré dans une église, avant de faire tout autre chose, il a déposé un bouquet de fleurs aux pieds de Marie, dans une chapelle latérale dédiée à la Vierge. Et il est resté à contempler, silencieusement, son image. Il l’a fait et le refait dans chaque église où il est entré.

 

Même après son voyage de neuf jours et une longue nuit dans le vol qui le ramenait à Rome, alors que tous les journalistes à bord de l’avion ne pensaient qu’à rentrer chez eux ou dans leur chambre d’hôtel, le pape François s’est directement rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour remercier la Vierge de son voyage en lui offrant un bouquet de fleurs.

 

 

Le pape François déposant des fleurs aux pieds d'une icône de la Vierge à la basilique Sainte-Marie-Majeure au retour d'un séjour en Amérique du Sud (juillet 2015) © AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO

Le pape François déposant des fleurs aux pieds d'une icône de la Vierge à la basilique Sainte-Marie-Majeure au retour d'un séjour en Amérique du Sud (juillet 2015) © AFP PHOTO / OSSERVATORE ROMANO

Étant récemment convertie au catholicisme, ce geste me laissait perplexe. Je n’ai pas été élevée dans la tradition de ces fêtes mariales du mois de mai. Alors que je comprenais l’importance de vénérer Marie, je ne comprenais pas la coutume d’offrir des présents matériels à une représentation artistique de la Vierge.

 

Le dernier jour de la visite du Pape aux États-Unis, après avoir assisté à la messe du dimanche dans l’église de mon quartier, à Washington, je décidai de rendre une visite à Marie. J’avais repéré des vieilles femmes, surtout philippines, et je savais où aller. Je m’agenouillais devant la statue de Marie tenant l’Enfant Jésus et l’observais. M’attendant sincèrement à ne rien voir d’autre qu’un plâtre blanc, je fus surprise en voyant son regard fixé sur moi, avec une expression maternelle, aimante, et sa main libre ouverte somme si elle m’invitait.

 

Bien entendu, ces statues créées par des artistes sont censées nous surprendre et stimuler notre imagination afin que nous puissions contempler Marie comme notre mère. Les statues de Marie nous rappellent qu’elle est la Mère de Jésus mais aussi notre Mère. Et la réponse correcte est la vénération. Quel bon fils que le pape François qui offre des fleurs à sa Mère !

 

Pourquoi offrir des fleurs ?

 

« Les fleurs à Marie, la ‘Madonna Salus Populi Romani’ (Salut du peuple romain), sont un signe de notre gratitude envers son rôle dans l’histoire du salut. Les fleurs sont un présent de nature divine. Et nous avons parfois besoin de ce qui est tactile et visuel pour nous connecter avec ce qui va au-delà de notre humanité, au-delà de notre monde. Offrir un présent terrestre va au-delà des mots et de la prière. C’est l’expression de gratitude d’un fils envers sa mère aimante, qui ne veut que le meilleur pour nos âmes. »

 

À la vue des fleurs au pied d’une statue de Marie, nous nous souvenons de son amour pour nous, et cet amour amène une grande beauté, une grande espérance dans nos vies.

 

Les fleurs sont un rappel physique, un symbole de la réalité spirituelle de notre relation avec Marie.

 

Les homélies et discours prononcés par le pape François lors de sa visite aux États-Unis fournissent une richesse de matière pour notre réflexion et notre inspiration. De même, l’exemple de ce simple et constant hommage à Marie me laisse beaucoup plus riche qu’il y a une semaine.

 

Et vous, avez-vous déjà offert des fleurs à la Vierge Marie ? Qu’attendez-vous?

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 20:19

 

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?

Marzena Devoud | 05 mai 2020 - Aleteia

 

     En rentrant dans une église, on est souvent touché par la beauté des bouquets présents, notamment ceux, souvent très généreux, au pied d’une statue de la Vierge Marie. Pourtant, les fleurs ne sont pas employées dans un but uniquement décoratif. Elles sont avant tout louange et prière, un moyen de nous conduire du visible à l’Invisible. En ce mois de mai dédié à Marie, Aleteia vous propose de découvrir toutes les fleurs qui symbolisent la Vierge Marie et qui composent les bouquets qui lui sont offerts.

 

Certains se souviennent du premier geste public du pape François au lendemain de son élection. Comme il l’avait promis à la foule le soir de son élection, il est allé offrir un bouquet de fleurs à la Vierge Marie « Salus Populi Romani », en lui confiant son pontificat et en lui demandant de protéger la ville de Rome.

 

Lors de sa visite aux États-Unis en septembre 2015, chaque fois que le Pape entrait dans une église et avant tout autre chose, il allait déposer un bouquet de fleurs aux pieds de Marie en restant toujours un moment seul à la contempler en silence. Même dès son retour à Rome, alors que tous les journalistes qui l’avaient accompagné tout au cours de ce long voyage de neuf jours ne pensaient qu’à rentrer chez eux, le Souverain pontife s’est directement rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour remercier la Vierge de son voyage en lui offrant – comme toujours – un bouquet de fleurs !

LA ROSE BLANCHE

LA ROSE BLANCHE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LE LYS

LE LYS

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
L'IRIS

L'IRIS

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
L'ANCOLIE

L'ANCOLIE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LA PIVOINE OFFICINALE

LA PIVOINE OFFICINALE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LA VIOLETTE

LA VIOLETTE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LA DIGITALE POURPRE

LA DIGITALE POURPRE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LA FLEUR DE SOUCI

LA FLEUR DE SOUCI

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LE CHARDON MARIE

LE CHARDON MARIE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
LA PAQUERETTE

LA PAQUERETTE

IRIS, ROSES, OU VIOLETTES ? QUELLES FLEURS OFFRIR À LA VIERGE MARIE ?
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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 11:50

 

« Nous contemplons le Christ

sous les traits d’un patient souffrant »

 

8 mai 2020

Marina Droujinina - Nouvelles du monde

 

      « Je suis de plus en plus conscient que nous contemplons le Christ sous les traits d’un patient souffrant », affirme le p. Fabio Stevenazzi, médecin et prêtre italien qui a travaillé pendant plusieurs semaines aux soins intensifs de l’hôpital de Busto Arsizio à Varese, en Lombardie, indique Avvenire.it du 7 mai 2020. À la mi-mars, il a laissé – avec la permission de l’archevêque Mario Delpini – son service à la paroisse de Santa Maria Assunta à Gallarate et s’est rendu en première ligne pour répondre à l’urgence de Covid-19, retournant à sa profession de médecin.

 

        Une expérience qui se poursuit et qui a eu un grand impact sur lui : « J’ai découvert, avec étonnement, témoigne Don Fabio, que j’étais prêtre… quand beaucoup de collègues, même des non-croyants, m’ont pris à part pour me faire des confidences personnelles, sur le sens de la vie ou sur la foi. C’étaient de véritables ‘confessions laïques’, que je chéris dans mon cœur avec émotion. »

 

      Le père Fabio garde en mémoire les histoires de nombreux malades, surtout dans les premières semaines de l’épidémie: « Je les ai vus effrayés et plongés dans l’ennui de journées toujours pareilles, rythmées seulement par les alarmes des équipements et les bruits des aspirateurs. … De temps en temps, la vue de l’aggravation ou de la mort de leur compagnon les secouait. »

 

       Tous les jours, le père Fabio essaie de maintenir ensemble ses deux vocations, de prêtre et de médecin, en restant au service de l’homme: « La plupart du temps, les patients ne savent même pas que je suis prêtre et ils ne peuvent certainement pas me distinguer des autres soignants, comme nous venons tous habillés en ‘combinaisons de plongée’, raconte le prêtre. J’ai prié une fois avec un patient mourant que j’ai ensuite absous. Je ne sais pas s’il était au courant que j’étais prêtre: il ne pouvait pas m’entendre, assourdi par le casque CPAP. J’ai également administré le sacrement de l’onction à des personnes sous sédation ou mourantes. »

 

       La Semaine Sainte, y compris le jour de la Résurrection, a été la plus difficile à l’hôpital : « Le matin de Pâques, raconte le p. Fabio, je suis passé devant les hublots des chambres des patients avec l’étole blanche et j’ai béni tout le monde, en distribuant une petite image avec le Ressuscité. Je pense que c’était un réconfort pour beaucoup. »

 

        Aujourd’hui, la situation s’est quelque peu améliorée, témoigne le prêtre: « Je vois des visages plus détendus et sereins, mais même parmi nous médecins, il y a beaucoup de questions et nous n’avons pas toutes les réponses sur l’évolution de la maladie. »

 

         La fatigue physique est considérable, conjuguée au fait qu’à la fin du temps de travail, la vie continue en isolement, dans sa chambre du presbytère, sans voir ni rencontrer personne pour ne pas propager de contagion. « Je célèbre l’Eucharistie et prie dans mon salon, tout seul en ermite, dit le prêtre. Pendant mon temps libre, je lis un peu, je regarde la télévision pour me détendre, puis j’essaie de dormir. »

 

       Le père Fabio Stevenazzi continue son travail à l’hôpital même s’il est revenu pour s’occuper de certains aspects de la vie de la communauté pastorale de San Cristoforo à Gallarate.

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 19:30
THÉRÈSE DE LISIEUX SUR FRANCE 3, UN SUCCÈS D'ESTIME ASSORTI D'UN SUCCÈS D'AUDIENCE

       Le dernier numéro de l’émission « Secrets d’Histoire », consacré à Thérèse de Lisieux et diffusé sur France 3 le 4 mai, a réuni 2,45 millions de téléspectateurs. Un chiffre qui en dit long sur l’intérêt qu’elle suscite encore aujourd’hui.

 

      Pas de doute, la petite sainte de Lisieux continue à toucher les cœurs. Le 4 mai, France 3 diffusait un numéro spécial de Secrets d’Histoire spécialement consacré à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. L’émission a réuni 2,45 millions de téléspectateurs désireux de découvrir, au côté de l’animateur de télévision Stéphane Bern, le parcours de cette femme au parcours à la fois simple et exceptionnel, soit 10% des parts d’audience.

 

      D’Alençon à Lisieux, ce documentaire agrémenté d’images de fiction montre les lieux touchant à la vie de la sainte tout en donnant la parole à des personnalités qui la connaissent bien. Et à croire les nombreux commentaires laudateurs publiés sur les réseaux sociaux par des téléspectateurs séduits par la qualité de l’émission, le succès était au rendez-vous. Le documentaire reste disponible en replay  jusqu’au 3 juin prochain.

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