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21 septembre 2022 3 21 /09 /septembre /2022 08:51

 

Dimanche 18 septembre 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. »

 

      Frères et sœurs bien-aimés, de quels biens le Seigneur Jésus parle-t-il aujourd’hui ? Jésus est-il chargé de faire nos partages ou de nous apprendre à compter ?! Jésus est-il envoyé pour nous mettre à l’école du profit financier… ? Certes non !

Il nous demandera toujours de prendre le parti de la justice : regardez l’injustice actuelle devant l’augmentation de 1000€/mois du salaire des magistrats alors qu’une pénible augmentation de 150 à 180€ a seulement été actée pour les enseignants et les infirmiers… ou encore Total Energie qui a fortement augmenté le prix du gaz l’an dernier et qui a annoncé dernièrement 18 milliards de profit en 2021 !!! ils peuvent nous faire une fleur pour le prix à la pompe !!!

« Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances, dit le Livre d’Amos ce dimanche dans la première lecture... (…) Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits, dit Dieu. » (Amos 8)

 

       En prenant l’exemple du mauvais gestionnaire ou du « gérant trompeur », Jésus cependant ne s’arrête pas à la gestion financière… Cette parabole ne parle-t-elle pas d’abord de la gestion des biens spirituels et fondamentaux donnés par le Seigneur ? C’est-à-dire de la vie, de l’amour du prochain, de l’amour de Dieu (commandement) et de la paix.

La question capitale va donc être : pour la gestion de ces biens spirituels fondamentaux (paix, amour, vie), si tu fais le choix de l’argent, tu es un homme mort, habité par la vermine et corrompu jusqu’à l’os.

 

Regarde avec quoi Jésus a payé : en se donnant lui-même… « Le Christ Jésus qui s’est donné lui-même en rançon pour tous » (Timothée)

 

En réalité, si tu calcules en fonction de ton argent ou de l’argent des autres et non en fonction de ta relation avec Dieu jusqu’à la fin, tu es perdu. L’argent est « bon serviteur mais mauvais maître » dit l’adage.

Le maître, ton maître, notre maître, doit être le Seigneur Dieu qui nous a donné comme biens suprêmes la vie, l’amour et la paix, ces biens immatériels mais non moins réels. Ces biens à accueillir, à faire fructifier. Ces biens qui font littéralement vivre et sans qui nous ne serions rien ! Qu’en faisons-nous ? Comment nous battons-nous pour eux ? Quelle pauvreté matérielle acceptons-nous pour eux ? La vie, l’amour et la paix ne se monnayaient pas mais ils sont à recevoir et à transmettre vivants !

 

« Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. »

 

                                                                                                  Amen.

 

                                                                                                  Père Thibaud de La Serre

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 15:43

 

Dimanche 11 septembre 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Voici une parole digne de foi : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, et moi, je suis le premier des pécheurs. »

 

        Frères et sœurs bien-aimés, à la lecture de ce bel évangile du fils prodigue et même des 3 paraboles dites « de la miséricorde » (Luc 15), je me suis demandé quel était le lien qui était recherché avec l’épisode du Veau d’or dans la première lecture (Exode 32) ?

Le veau est une image fabriquée par les hommes, une idole, parce que le peuple est dans le besoin, au désert, sans guide et sans lieu de culte. En parallèle, la brebis perdue et le fils cadet sont aussi dans le besoin, sans guide et sans sécurité. Mais dans le cas du Veau d’or, c’est Dieu, le père du peuple, qui va finalement envoyer Moïse pour les faire changer car ils déviaient. De même, dans le cas du berger qui part à la recherche de sa seule brebis égarée. Tandis que pour le fils prodigue, le père attend… il n’envoie pas de messager…

 

La différence entre les deux épisodes est aussi que l’attitude mauvaise peut être portée par un seul (la brebis perdue, le fils cadet, le fils aîné ou saint Paul persécuteur) ou par plusieurs (le peuple au désert, les pharisiens et scribes).

Ce qui est commun dans ces histoires ce dimanche, c’est donc l’attitude d’être dans le besoin. Ceux qui sont dans le besoin et seuls se rendent compte semble-t-il plus vite de leurs torts, de leurs péchés que ceux qui récriminent ensemble et qui jettent la faute sur un autre (Moïse, Jésus ou le berger qui abandonne ses 99 brebis peut-être) !

 

Mais que signifie être vraiment dans le besoin, réfléchir, et faire appel à Dieu qui est plus grand ? Que signifie être dans le besoin et répondre positivement à Dieu qui vient vers nous pour nous aider ? Car ce n’est pas une attitude facile de demander de l’aide ou d’accepter l’aide de quelqu’un… ! Que l’on soit pauvre et blessé ou que l’on soit riche et repu !

 

Le Seigneur se révèle patient et miséricordieux, avenant et aimant pour quiconque.

Mais nous ? Comment allons-nous recevoir vraiment cette miséricorde ? Comment cherchons-nous et proposons-nous vraiment son aide et son salut ?!... Sans doute, dans quelques mois devrons-nous nous passer davantage de choses superflues, étant donné les crises économiques, affectives et familiales…Mais croyons-nous que quelqu’un peut nous aider ?! Croyons-nous que le Père, le Fils et le Saint Esprit sont venus justement pour nous sauver ?! Croyons-nous vraiment que des choses mauvaises peuvent changer ?!

 

« Voici une parole digne de foi : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, et moi, je suis le premier des pécheurs. »

 

                                                                                         Amen.

 

                                                                                          Père Thibaud de La Serre

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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 20:13

 

Dimanche 21 août 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Oui, il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers. »

 

        Frères et sœurs bien-aimés, plusieurs fois cette semaine nous avons entendu cette maxime de Jésus ou plutôt cet enseignement : « Il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers. »

Cet enseignement, cette « leçon » comme dit la lettre aux Hébreux, n’est pas pour nous décourager mais pour nous encourager.

 

Nous encourager à quoi ? À croire que malgré nos échecs, malgré nos incapacités, malgré notre petitesse, nous pouvons être sauvés !

Croire qu’il ne suffit pas de cocher toutes les cases de la morale (comme le « fils aîné » de la parabole) pour entrer dans le Royaume des cieux, pour entrer par la « porte étroite ».

 

Certes, le Christ, notre Sauveur, n’est pas contre les 10 commandements. Il nous indique lui-même une voie de justice, de vérité, d’amour et de pardon. Mais ce qui compte le plus pour lui, c’est quand tu tends la main...c’est l’amour désarmé. C’est le contraire de l’autosatisfaction, c’est le besoin de l’autre et le besoin de lui.

Ce qui va avec la Foi pour Jésus, c’est la SOIF, car la foi est « un fleuve d’eau vive jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4). Et tu auras beau trouver cette eau, tu auras beau bâtir un superbe jardin pour capter cette eau, pour la conserver, pour bien la canaliser et irriguer tout ton jardin et toute ta maison. Tu auras beau, en apparence, avoir fait tout bien… Si tu n’as plus soif à la fin de ta vie, tu es un homme perdu !

 

C’est ainsi que des personnes qui ont bâti une belle maison se trouvent un jour sur un lit d’hôpital (et n’est-ce pas le sort de la plupart d’entre nous ?), nu comme un ver, dépouillées de tout. Ce jour-là, souviens-toi, le Seigneur Jésus a soif de toi, il a soif de ta relation avec lui (je pense ici au film américain « Lettres à Dieu » que j’ai vu il y a peu). Oui, Jésus a soif de ton amour : pas de ton amour satisfait et parfait du « on a tout fait », « c’est bon on n’a besoin de rien » ou encore « je ne comprends pas, c’est injuste, j’ai fait comme il faut »... mais de ton amour indigent, en relation, qui a soif et fait confiance. Par exemple lorsque tu dis : « je ne sais pas mais j’espère » ou « j’aimerais bien mais cela dépend de lui », ou encore « j’ai essayé de faire bien, mais je ne suis pas arrivé à grand-chose ».

 

L’injustice dont parle Jésus aujourd’hui dans l’évangile est-elle à situer dans l’effort moral (le bien agir) ou dans la relation avec les personnes et avec Dieu en premier (c’est-à-dire le « bien-être) ? Par exemple, n’est-il pas injuste qu’un croyant, quelque soit son âge, qui sait qu’il reçoit la vie de Dieu ne lui dise pas « bonjour » ou « merci » chaque jour pour la vie, pour la journée qui commence ? Vous imaginez des enfants qui le matin ne diraient pas « bonjour » à leurs parents ?! N’est-ce pas cela l’injustice pour Jésus ?

 

        Notre Dieu, le Sauveur, le Tout Puissant, maître du ciel et de la terre, a accepté de perdre sur la croix. Il nous a montré le chemin du « J’ai soif ». N’est-ce pas ce chemin-là qui est à suivre pour entrer dans le Royaume des cieux, avec les perdants ?

 

« Oui, il y a des derniers qui seront premiers et des premiers qui seront derniers. »

 

Amen.

 

Père Thibaud de La Serre

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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 19:43

 

Assomption de la Vierge Marie 15 août 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« L’arche de l’Alliance de Dieu apparut dans le sanctuaire. Un grand signe apparut dans le ciel : une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de 12 étoiles ».

 

        Frères et sœurs bien-aimés, nous avons aujourd’hui plusieurs motifs de nous réjouir : que la Vierge Marie, la Mère de Dieu, soit la patronne et protectrice principale de la France, qu’elle soit elle-même apparue plusieurs fois et dans différents coins de France jusque dans les années 1947… Mais surtout que Marie de Nazareth ne soit pas restée dans son tombeau en Palestine, mais qu’elle soit, elle l’Immaculée Conception et la Mère virginale, montée au ciel dans son âme et aussi dans son corps ! Et que Marie, notre mère, soit affectionnée par tant de baptisés…

 

Le Concile Vatican II lui consacre tout un chapitre (chapitre 8) dans sa Constitution sur l’Église et dit notamment ceci : « Tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus représente et inaugure l’Église en son achèvement dans le siècle futur, de même sur cette terre, en attendant la venue du jour du Seigneur, Marie brille déjà comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage ».

 

Je voudrais cette année m’arrêter sur cette partie. Car oui, la Vierge Marie brille pour nous dans le ciel et intercède pour les pécheurs auprès de son Fils, mais son Assomption dans le ciel « représente et inaugure » l’achèvement même de l’Église, après les douleurs de l’enfantement.

Vous connaissez la promesse du Christ pour l’Église : « Les portes de la mort ne l’emporteront pas sur elle » (Matthieu 16). Mais rappelons-nous également les derniers chapitres de l’Apocalypse (après ce chapitre 11) : « Je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu ; belle comme une jeune mariée parée pour son époux… Voici la demeure de Dieu avec les hommes… de mort, il n’y en aura plus, ni de pleur, ni de cri, ni de peine, car l’ancien monde s’en est allé » (Apocalypse 21).

 

N’est-ce pas pour nous une grande espérance ? Non seulement d’avoir aujourd’hui la Mère de Dieu comme consolatrice, mais encore de pouvoir contempler en elle notre devenir, le devenir de toute l’Église que le Seigneur éduque, corrige, connaît, aime et continue de constituer, de bâtir avec les « anciens » (fidèles) et ceux qui arrivent par différents biais, souvent improbables, pour continuer de rassembler l’humanité autour de son cœur…

Certes, nous avons l’occasion de nous lamenter sur l’Église, les clercs, nos péchés, certains médias comme aujourd’hui 15/08 la radio nationale qui ne parle que des Talibans et de Salman Rushdie. Cependant, que ces soucis terrestres ne nous écartent pas de la joie de notre élection et de notre devenir céleste avec Marie, comme elle et grâce à elle ! Soyons vraiment dans la joie du Magnificat !

 

       « L’arche de l’Alliance de Dieu apparut dans le sanctuaire. Un grand signe apparut dans le ciel : une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de 12 étoiles ».

 

Amen.

 

Père Thibaud de La Serre

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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 19:31

 

Dimanche 14 août 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. »

 

        Frères et sœurs bien-aimés, en cette veille du 15 août, le Seigneur et sa mère ont fait don à notre terre de la pluie que nous espérions tant !

Ce dimanche, dans l’évangile, le Seigneur dit « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé »… L’actualité de ces dernières semaines nous rappellent que le feu part et se propage seulement quand la terre a soif et tout est sec…

 

L’analogie du feu de l’Esprit Saint et l’appel du Christ à offrir ce baptême de la foi doivent donc nous rappeler cette maxime populaire : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ».

C’est-à-dire que la foi ne sera en fait reçue, vécue et demandée si seulement le monde et les cœurs sont asséchés, meurtris et comme morts de soif ! Ou que la guerre nous meurtrit concrètement ou moralement dans nos familles, s’il y a des divisions.

 

Bien sûr, le Christ Jésus est et sera le Prince de la Paix annoncé par Isaïe, reçue dans la Nuit de Noël et il continuera de nous dire comme à ses Apôtres après sa Résurrection : « La paix soit avec vous – Ne craignez pas ».

Mais ne pourront se nourrir et s’abreuver de la foi en Lui et de sa véritable Paix que ceux qui ont réellement soif et qui endurent (comme le Christ, jusqu’au sang) l’hostilité et la meurtrissure de leurs propres péchés.

 

Certains, comme le prophète Jérémie, auront tendance à se débarrasser un peu vite de Dieu et du Christ, de leur héritage chrétien. Mais l’Écriture nous dit qu’un jour ils auront soif eux aussi, qu’ils seront asséchés, et que la pluie (l’eau) ou le feu de la foi (la force, la chaleur) les abreuveront ou les nourriront en cette heure-là.

        Que la Vierge Marie, qui est la patronne principale de notre pays, fasse revenir vers elle et vers son Fils tous les enfants de Dieu asséchés, assoiffés ou meurtris ; pour qu’ils trouvent dans la foi de leur baptême la vraie raison d’espérer et de croire qui illumine et abreuve l’âme !

 

« Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablé par le découragement. »

 

Amen.

 

Père Thibaud de La Serre

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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 15:47

 

Dimanche 24 juillet 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le lui demandent ! »

 

      Frères et sœurs bien-aimés, vous savez peut-être que c’est l’évêque Saint Germain d’Auxerre (fêté le 31 juillet), au début du Vème siècle, qui apprit le sens de la prière à la jeune Geneviève qui sauvera Paris d’Attila et des Huns plus tard par la force de sa prière… J’ai commencé mon ministère de diacre et de prêtre à la paroisse Saint Germain de Charonne (XXe arrondissement de Paris) où il y a un grand tableau qui représente cette histoire !

Aujourd’hui, les textes de la liturgie nous enseignent le sens de la prière et même le comment prier (Notre Père). Mais je voudrais dire qu’en amont de la prière, deux attitudes sont nécessaires :

 

       1/ La crainte de Dieu, c’est-à-dire le respect de Dieu, qui gouverne le monde, qui voit le mal et l’injustice qui se passe dans le monde des hommes (Cf Genèse 18 : la clameur de Sodome). Dieu n’est pas la cause des malheurs des hommes !... Le mal est capable de tout inverser, même chez certains croyants ; mais il faut reprendre raison : Dieu est l’auteur du bien et non du mal, et il ne cesse de nous orienter vers le bien. Je pense ici au verset qui précède juste la lecture de ce dimanche de Genèse 18 : « J’ai voulu connaître Abraham afin qu’il prescrive à ses fils et à sa maison après lui, d’observer la voie du Seigneur en pratiquant la justice et le droit » (Gn 18,19).

La crainte de Dieu est un « don du Saint Esprit ». Beaucoup de baptisés aujourd’hui (trop) n’ont toujours pas reçu la confirmation et les 7 dons du Saint Esprit. C’est pourquoi, dans mon ministère auprès des parents et des jeunes, je parle beaucoup de la prière et des dons du Saint Esprit , comme le respect de Dieu. Et je vous invite, anciens et grands-parents, à tenir bon sur le respect de Dieu. C’est salutaire pour tous !

 

       2/ La pauvreté devant Dieu : c’est l’origine de la fameuse formule de Jésus « Celui qui demande reçoit… ». À certains moments de la vie, nous pouvons nous rebeller contre cette attitude de demande ou d’indigence. Pourtant, n’est-elle pas la vérité sur notre nature humaine, aussi belle soit-elle ?

La religion chrétienne ne vient pas cultiver une attitude de « soumission ou de dépendance stérile » avec Dieu comme le pensent les personnes athées. Elle nous remet dans la vérité : la vérité d’une relation filiale car Dieu est pour nous un Père.

 

Or, ne devons-nous pas (naturellement) avoir du respect et une certaine humilité vis à vis de nos parents, même malgré leurs péchés ?!... C’est à mon sens la base de la culture… Oui, Dieu veut nous sauver du mal et de l’orgueil, c’est pourquoi nous ne perdons rien, mais nous gagnons tout, en le priant de tout notre cœur !!!

 

« Combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le lui demandent ! »

 

                Amen.

 

                Père Thibaud de La Serre

 

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8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 14:31

 

Dimanche 03 juillet 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

 

       Frères et sœurs bien-aimés, par la Croix du Christ, par le baptême et le déploiement de notre vie chrétienne, le déploiement de l’Évangile en nous, le Seigneur veut que nous soyons « une création nouvelle » (Galates)… La joie chrétienne vient donc de la CROIX, et non d’une autosatisfaction d’être protégés par Dieu ou d’être les meilleurs, comme on peut parfois être tentés de penser… Réécoutons l’oraison de ce dimanche : « Tu les as tirés de l’esclavage du péché, fais-leur connaître le bonheur éternel ».

 

      Oui, la joie chrétienne, c’est la conscience intime et intense que Dieu nous a visités, qu’il est venu à nous, en nous. Qu’il continue de venir, malgré nos péchés, nos nombreux péchés. Et qu’il vient crucifier pour nous le péché : « Le règne de Dieu s’est approché de vous » dit Jésus, deux fois, aux disciples qu’il forme pour qu’ils le disent à toutes les personnes rencontrées : « Le règne de Dieu s’est approché de vous. »

Mais le Seigneur Trinité s’approche pour œuvrer c’est-à-dire pour crucifier en nous le péché, pour nous consoler (Isaïe), pour nous donner sa paix… Comme la joie de la récolte, de la moisson, après un vrai labeur cependant !

 

      Jésus envoie ses disciples deux par deux, pour ne pas s’autosatisfaire tout seul. Comme dans un engagement en couple, on ne peut être sa propre référence : c’est une exigence, l’exigence de porter la croix de nos propres défauts, de nos propres péché (cf 20 ans de mariage de Lucile et Matthieu aujourd’hui). Dans le sacerdoce, dans la mission, nous épousons aussi l’Église telle qu’elle est, et l’Église nous prend tels que nous sommes. Mais c’est pour davantage lutter contre le Mal ! Et recevoir et transmettre la Paix !...

N’est-ce pas cela que les personnes éloignées viennent chercher dans l’Église ? : la paix, le vrai combat et la vraie joie ?!

 

      Oui, frères et sœurs baptisés, nous ne faisons pas partie des « 12 », mais nous faisons partie des « 72 », c’est-à-dire de ce renouvellement des disciples que Jésus veut convertir et envoyer pour porter sa Paix et sa joie en combattant contre le Mal. En luttant deux par deux et en Église pour que Dieu qui s’approche nous transforme vraiment ! Le Seigneur croit en nous !

 

« Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

 

                                                                                          Amen.

 

                                                                                          Père Thibaud de La Serre

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8 juillet 2022 5 08 /07 /juillet /2022 14:20

 

Dimanche 26 Juin 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »

 

 

         Frères et sœurs, la thématique de ce dimanche est la SUITE DU CHRIST. Suivre le Christ, mais dans la nécessaire humilité de la mission !

 

- Jésus ne répond pas « oui » à Jacques et Jean, il les rabroue

- « Les renards ont des terrains, les oiseaux du ciel ont des nids... »

- Jésus appelle pour toujours plus de dépossession, toujours de morts à soi-même

 

      C’est un appel constant pour tous les baptisés, « disciples missionnaires » comme le dit le pape, et comme le rappelle notre projet pastoral.

Mais pourquoi les plus jeunes répondent-ils difficilement aujourd’hui aux appels du Christ ? Je vois plusieurs raisons… :

- Parce que notre société leur propose beaucoup de divertissements, beaucoup trop à mon sens. Car la vie et son cœur ne peuvent reposer dans la seule futilité.

- Parce que les jeunes sont plus que jamais mis à l’écart des souffrances et des deuils, officiellement pour ne pas les perturber ou les violenter, mais en fait cela les empêche de faire leur travail de deuil et de s’endurcir un peu. Certains ne sont pas épargnés certes par de grandes souffrances, mais ils peuvent être plus sensibles et plus responsables.

- Parce que la formation chrétienne n’est parfois pas assez exigeante (prières connues par coeur).

- Parce qu’à certaines occasions, trop peu de place est laissée aux plus jeunes parmi nous, même pour des services ponctuels et simples…

 

       Chacun a du cœur, mais nous avons besoin de grâces surnaturelles ! Je pense ici à une jeune de la paroisse qui a fait récemment une rencontre intime avec Jésus et qui en demeure bouleversée. Je pense également aux familles pour lesquelles nous avons priées pendant le mois de Marie.

 

Je ne sens pas spécialement de craintes en direction de l’Église ces temps-ci, même malgré le rapport de la CIASE cette année. Au contraire peut-être, car la vérité est faite et continue de l’être.

Cependant, il existe un vrai combat spirituel, comme « Saint Pierre dans ses liens » (« ès liens »). C’est-à-dire Saint Pierre enchaîné, perturbé par le monde, l’hostilité et par ses propres péchés.

 

 Le Christ ne cessera jamais de nous appeler à la Liberté, à la Libération de ses chaînes, de nos chaînes, par la prière et la foi inébranlable, et par l’humilité et le courage même si nous ne sommes qu’un petit nombre...Les apôtres eux, ont commencé à 12, rappelons-nous !

 

      Dieu appelle. A nous de répondre, et de prier pour que des réponses se libèrent, et que des cœurs se convertissent, déjà parmi les baptisés !

 

 

« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »

 

                                                                               Amen.

 

                                                                                Père Thibaud de La Serre+

 

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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 20:59

 

19 juin 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion. Donne-nous de vénérer avec une telle ferveur les saints mystères de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions goûter sans cesse en nous le fruit de ta rédemption. »

 

      Frères et sœurs, Dieu donne et Dieu se donne.

Ce n’est sans doute pas étonnant pour Dieu de donner, puisqu’il est tout et qu’il vient vers les hommes, ses créatures, à qui il donne déjà la vie…

Mais ce qui est étonnant, c’est qu’il se donne lui-même en nourriture. A tel point que certains ont pu traiter les chrétiens de cannibales ! Il suffit de participer à une messe pour voir que ce n’est pas vrai, car la messe est publique et n’est pas un rite occulte ou sanguinaire…

 

      Vous avez peut-être entendu parler également du pélican, cet oiseau qui sort de son large bec (et non de ses entrailles comme on a pu le penser) les poissons péchés pour sa progéniture. Cette manière de faire, déjà peinte dans l’Antiquité égyptienne, a séduit Saint Jérôme et Saint Augustin. D’où le symbole du pélican pour parler du Christ ressuscité qui se donne lui-même en nourriture : « Prenez et mangez, ceci est mon corps...prenez et buvez, ceci est mon sang ».

Ou encore de la Séquence du Saint Sacrement écrite par Saint Thomas d’Aquin, nous entendons : « Ô bon Pasteur, notre vrai pain, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels. »

 

      Bref, tout converge : il s’agit de NOURRITURE. C’est une nourriture qui n’existe pas sans le DON. Comme Melchisédek qui fit apporter à Abraham du pain et du vin...Comme les apôtres qui doivent apporter à Jésus ce qu’ils ont, même peu...Comme nous-mêmes, qui ne recevons pas le Corps du Seigneur sans le don d’une partie de nous-même, pas seulement en offrande à la quête, mais tout simplement par le sacrifice de notre présence.

Et c’est une nourriture qui n’existe pas sans la LOUANGE, c’est-à-dire l’action de grâce pour la vie éternelle et le pardon des péchés que Dieu veut pour nous « et pour la multitude » !

 

     Si Jésus est lui-même la nourriture, « vérité, realité et substantialité » c’est-à-dire « vraiment, réellement et substantiellement » comme le dit le Concile de Trente suite à la Réforme protestante, c’est pour être toujours présent parmi nous comme il nous l’a promis. Et c’est pour se faire petit (comme une hostie) et quotidien (comme du pain), avant d’être notre Bien-aimé dans le ciel comme la chante le Cantique des Cantiques.

Voilà le fruit de sa Passion, voilà le fruit de sa Rédemption. Sachons donc le remercier de tout notre cœur pour ce mystère !

 

« Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion. Donne-nous de vénérer avec une telle ferveur les saints mystères de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions goûter sans cesse en nous le fruit de ta rédemption. »

 

                                                                                                  Amen.

 

                                                                                                   Père Thibaud de La Serre

 

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18 juin 2022 6 18 /06 /juin /2022 21:00

 

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs

par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »

 

      Frères et sœurs bien-aimés, il est impossible de bien parler de Dieu tellement il est grand… Cependant, comme il est venu vers nous, et comme il s’est révélé davantage par son Fils, alors nous nous autorisons à mettre des mots sur ce que nous comprenons et croyons du mystère de la Sainte Trinité de Dieu, un seul Dieu en trois personnes.

 

      « L’Esprit Saint reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » dit Jésus dans l’évangile de ce jour. Ainsi, nous ne pouvons bien parler de Dieu que par les paroles de Jésus et sous l’inspiration du Saint Esprit !

Le mieux, en fait, pour approcher un peu le mystère de la Sainte Trinité, est de partir du Credo, et du Symbole de Nicée-Constantinople en particulier, le plus complet (datant de l’an 381...) :

1) Dieu est Père et Créateur (en référence aux ciel, terre, monde visible, invisible)

2) L’article sur le Fils est le plus développé = né du Père, né de Dieu, né de la lumière, né du vrai Dieu, engendré c’est-à-dire avec une insistance sur son origine divine (non pas créé, mais bien engendré de Dieu) et sur sa mission « conformément aux Écritures », c’est-à-dire que nous n’avons pas inventée.

 

Je dois ajouter également une petite explication sur l’adjectif« consubstantiel », dans la nouvelle traduction du Missel romain. Je ne vais pas vous faire un cours de philo ni de patristique mais en gros

- nature = propriétés qui définissent un être (plutôt créé dans la conception contemporaine)

- substance (sub-stancia) = ce qui se tient dessous, caché, et qui est permanent (c’est-à-dire mystérieux mais sérieux, solide). D’où le mot de « transsubstantiation » utilisé par Saint Thomas d’Aquin pour parler de l’Eucharistie.

 

3) l’Esprit Saint = qui est Seigneur, que l’on peut adorer et louer. Qui nous indique que Dieu est relation, relation d’amour. Ainsi, nous n’adorons pas ou ne louons pas l’Esprit Saint que depuis le renouveau charismatique des années 1970-1980, mais c’est déjà inscrit n 381 à Nicée !

 

Le but de la science sur Dieu, sur sa compréhension est-il d’être plus intelligent ? Non. C’est d’être plus croyant ! c’est-à-dire reconnaissant, émerveillé envers Dieu, car il nous a donné la vie ; et tout ce qu’il fait, il le fait « pour nous »… « Pro nobis ». L’expression revient 5 fois dans le Credo, ce n’est pas rien !

 

      Je terminerais avec St Augustin dans les Confessions (livre VII) : Alors qu’Augustin s’émerveille de ce que Dieu a fait pour lui, et qu’il comprend qu’il faut chercher Dieu au-dedans et non au-dehors, il s’écrie : « Ô éternelle vérité, ô véritable charité, ô chère éternité, tu es mon Dieu ». C’est pour moi la formule la plus claire et la plus courte pour entrer dans la Trinité de Dieu…

 

      Dieu est amour, s’approcher de Lui c’est écouter humblement, c’est demander d’apprendre à aimer, c’est désirer aimer, c’est garder courage malgré le mal et la tentation.

C’est possible parce que « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »

 

                                                                                    Amen.

 

                                                                                    Père Thibaud de La Serre

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