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12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 20:47

 

Dimanche 1er mai 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de Celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. »

 

     Frères et sœurs bien-aimés, avec le temps pascal notre chemin spirituel est accompagné par les Actes des Apôtres et le témoignage des premiers chrétiens.

L’Église a déjà presque 2000 ans d’histoire, belle, riche, variée, et parfois lourde à porter sur certains points ; mais renouvelés par notre baptême : quel est notre témoignage à nous aussi ?!

 

  • « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » disent les apôtres (même persécutés) à Jérusalem (première lecture)

  • « Que mon cœur ne se taise pas… et que sans fin Seigneur, je te rende grâce » (Psaume 29)

  • « C’est le Seigneur ! » dit St Jean sur la barque… et Jésus de demander à Pierre « Est-ce que tu m’aimes ? »

 

Le pape François dit pour le monde d’aujourd’hui (Evangelii Gaudium 2013 n°14) : « Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction. »

Le mot est lancé ! Quelle est la différence entre le prosélytisme et le témoignage ? « proselutos » en grec signifie « nouveau venu dans un pays ». En français aujourd’hui, un « prosélyte » est un nouveau converti, mais le mot ayant été développé par les Lumières (Voltaire) et les anticléricaux (Renan), il exprime négativement un zèle excessif. D’où le rejet du « prosélytisme » au sens moderne du terme, alors que le mot « témoins » est finalement utilisé en christianisme.

 

Chaque époque a eu ses témoins et/ou ses prosélytes !

  • Mère Térésa et Sœur Emmanuelle, nouvellement converties à la défense de la pauvreté, ont-elles été témoins ou prosélytes ?

  • Les très nombreux martyrs du XIXe et XXe (Asie, Amérique du Nord et du Sud…) qui répondaient à Jésus « Oui je t’aime » et qui n’ont pas eu peur de dépasser leurs frontières, ont-ils été témoins ou prosélytes ?

… On voit bien que la ligne de crête est dans l’excès et dans l’imposition…

 

       Mais nous, aujourd’hui, quel est notre témoignage ? Quelle est la manière dont nous offrons le nom de Jésus à nos semblables, connus ou inconnus ?!

Et ne nous interdisons-nous pas trop souvent d’offrir le nom de Jésus ou les mots de la foi par peur de choquer, d’imposer, de se dévoiler ?? Certes, il nous faut témoigner d’abord par nos actes de charité, oui ! Mais les 153 poissons de la pêche miraculeuse, ce sont les pays connus à l’époque… Car Dieu aime tous les hommes et nous charge de le leur dire !

 

     Je vous invite donc à parler et offrir le nom de Jésus, à prier (notamment la Vierge Marie pour les jeunes familles de notre paroisse en ce mois de mai !) et à aimer.

 

« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de Celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. »

 

                                                                                                 Amen.

 

                                                                                                Père Thibaud de La Serre

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27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 20:52

 

Dimanche 24 avril 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Tu ranimes la foi du peuple qui t’est consacré : fais grandir le don de ta grâce, afin que tous comprennent vraiment quel baptême les a purifiés, quel Esprit les a faits renaître et quel sang les a rachetés. »

 

       Frères et soeurs bien-aimés, il y a des partis politiques traditionnels qui s’effondrent, mais je peux vous dire que ce n’est pas le cas de l’Église catholique, même sur notre paroisse et même si une majorité de pratiquants est encore assez âgée…

A ce jour en effet, nous en sommes à plus de 85 demandes de baptême de petits enfants jusque fin septembre, et des demandes nous arrivent toutes les semaines en ce moment !

 

Avec le COVID, en 2020 et 2021, nous étions tombés à 40-45 baptêmes (scolaires et adultes compris), mais les années passées étaient également importantes avec 113 baptêmes en 2019, et 90-95 les années d’avant.

Ce qui me frappe, c’est que la grande majorité des couples sont originaires du Villeneuvois, qu’ils n’hésitent pas à avoir 3 enfants (c’est plus que la tradition malthusienne de l’Agenais), et que plus de 50 % des parents n’a reçu aucune catéchèse. Ce qui ne les empêche pas de prier avec leur coeur.

 

        Il est beau de donner la vie, qui plus est la vie éternelle de Dieu, sa force d’adoption et sa grâce, comme depuis les premières prédications des Apôtres à Jérusalem. Il est beau de voir des parents souvent loin de l’Église, s’approcher de nous et de Jésus pour demander à Dieu sa protection divine.

Cependant, nous avons besoin d’une aide surnaturelle, car le refrain « plus tard il choisira » est tenace… !

Le baptême est pris comme un passeport plus que comme une adhésion à Dieu. Et l’éducation chrétienne ensuite n’est pas du tout automatique !

 

       « A vue humaine, l’Église est foutue, c’est pourquoi nous avons une vue surhumaine », disait André Frossard.

Et de fait, la grâce de Dieu qui agit dans le baptême et dans tous les sacrements n’est pas à négliger. Mais pour voir cette œuvre de Dieu, pour se « réjouir du jour du Seigneur » par sa miséricorde (Psaume 117), pour recevoir l’Esprit Saint et la paix comme dons de Dieu concrets, pour être touché par sa miséricorde, ne faut-il pas une aide surnaturelle de Dieu ?! Si…, je le crois !

 

       C’est pourquoi je vais vous proposer tout le mois de mai, avec Marie, de prier chacun pour une jeune famille de la paroisse : la semaine prochaine vous pourrez choisir un petit carton sur lequel seront inscrits les prénoms des personnes d’une même famille. Comme une mère, c’est l’Église qui doit se soucier de ses propres enfants et prier pour eux…

Sans la force de la prière, et de la prière tous ensemble, notre travail ne portera pas les fruits que le Seigneur attend de nous !

 

       Le Christ, « le Vivant » (Apocalypse 1), « détient les clés de la mort et du séjour des morts. » Mais avant notre mort, ne pouvons-nous pas croire, sans jamais tout voir ? C’est le pari de la foi, le pari des croyants !

Christ est formidable et sa Résurrection ne cesse de réveiller ceux qui l’entendent, notamment quand les personnes sont perturbées comme aujourd’hui par toutes sortes de problèmes...

 

« Tu ranimes la foi du peuple qui t’est consacré : fais grandir le don de ta grâce, afin que tous comprennent vraiment quel baptême les a purifiés, quel Esprit les a faits renaître et quel sang les a rachetés. »

 

                                                                                                    Père Thibaud de La Serre+

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 18:47

 

Jour de Pâques 17 avril 2022   Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Là où il passait, Jésus faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »

 

        Frères et sœurs bien-aimés, le Christ est mort, vraiment physiquement sur la terre, lui qui est venu de Dieu et est une des personnes de la Sainte Trinité. Et Dieu son Père l’a ressuscité des morts, il l’a sorti de son tombeau par la force de l’Esprit Saint pour témoigner de sa victoire sur la mort et sur le mal.

Hier soir, nous avons célébré avec une grande ferveur la nuit de la Résurrection, la Veillée pascale. Du feu pascal, dehors, à l’agneau immolé en sacrifice de réparation et non sanglant sur l’autel, tout était là pour ne pas rester dans le souvenir d’une histoire, fût-elle « sainte », mais pour vivre de ce mystère. De ce mystère de VIE, car le Christ est bien vivant et il nous veut nous aussi vivants !

 

       Au petit matin de Pâques, les linges sont là, posés à plat, comme des stigmates, dans le tombeau, mais le plus important, ce qui nous fait vivre de Pâques encore aujourd’hui, ce ne sont pas ces « pièces à conviction », mais ce sont les TÉMOINS, les témoins vivants du Ressuscité : avant-hier Marie-Madeleine, Pierre et Jean, hier les saints dont nous portons le nom et ceux qui nous ont transmis cette foi, et aujourd’hui nous-mêmes qui vivons les sacrements et qui ne pouvons pas nous taire… car la vie du Christ est la plus forte !

 

      Dans notre assemblée, il y a plusieurs types de fidèles du Christ, plusieurs manières d’être arrivés pour célébrer Pâque :

 

- ceux qui ont célébré les Jours Saints, étape après étape (Jeudi, Vendredi, Samedi, Dimanche), et qui ont bien mesuré, vécu dans leur chair et dans leur mémoire ces paroles bibliques si vivantes, du don, à la croix et à la vie.

 

- ceux qui arrivent des Rameaux et de la Passion, et qui savent que ce Jésus n’est pas seulement mort, mais qu’il est ressuscité. Que son Père a le pouvoir de ressusciter d’entre les morts.

 

- ceux qui ne viennent que 2 ou 3 fois dans l’année, mais dont la vie chrétienne n’a pas lieu sans la fête centrale de Pâques. C’est ancré ou nouveau chez eux, et nous allons renouveler ensemble nos promesses de suivre JÉSUS, comme lors de notre baptême.

 

      Cependant, tous, nous sommes établis « Témoins de la Résurrection » et nous pouvons en témoigner par des expériences de notre vie. Le pape François dit dans « Christus vivit » (2019) : « Je suis une mission ». Oui, l’Esprit Saint continue et continuera toujours d’appeler et de susciter des missionnaires, des témoins de la vie du Christ, qui ont une relation privilégiée avec Jésus, d’une manière ou d’une autre. C’est cela la vie qui surpasse la mort !

 

Joyeuse Pâque !

 

« Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »

 

                                                                                         Amen, Alleluia !

 

                                                                                        Père Thibaud de La Serre

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 12:27

 

16 avril 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Elles gardaient le visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »

         Frères et sœurs bien-aimés, la vie est un don de Dieu. Être vivant dans son corps et dans son esprit, être vivant ici-bas et dans l’au-delà, est et sera toujours un don de Dieu !

        Il vous est sans doute déjà arrivé de « frôler la mort »… N’est-ce pas dans ces moments-là que nous avons un sursaut, un sursaut de vie ?! (lors d’une imprudence en voiture, à pied le nez dans son portable, lors d’une baignade ou d’une sortie en montagne, lors d’un excès de solitude, etc).
Oui, la vie est un don de Dieu : les croyants le savent depuis bien avant la rédaction du Livre de la Genèse et la révélation du « souffle de vie » (Gn 1). La force de ces jours saints et de nos célébrations pascales nous donne de revivre et de goûter la force de Dieu, la force de la Vie donnée, malgré le mal et la mort. Car ils n’auront pas le dernier mot !

        Dieu est tellement synonyme de « Vie », porteur de vie, que les anges au tombeau parlent d’un substantif « Le Vivant ». Il en est de même dans le Livre de l’Apocalypse.
En Jésus, nous pouvons donc rencontrer le Vivant, c’est-à-dire la vie qui fait vivre notre esprit et notre corps, la vie qui nous fait revivre quand nous sommes morts ou comme morts, désespérés ou abattus ! 

        C’est pourquoi, je suis étonné quand j’entends des chrétiens âgés qui ont la foi, désespérer de la jeunesse : il ne faut pas, comme les femmes au tombeau, rester le visage « incliné vers le sol »… Les jeunes n’ont pas l’apanage de la vie, mais comme le Christ mort à 33 ans est sorti du tombeau, Dieu a toujours le pouvoir et le vouloir de nous surprendre ! N’est-il pas la Vie ?
Je pense ici à la très belle et lumineuse Exhortation du Pape François « Christus vivit » en 2019 après le Synode sur les jeunes. En voici quelques petits extraits :


        N °40. « Au cours du Synode, il a été reconnu « qu’un nombre important de jeunes, pour les raisons les plus diverses, ne demandent rien à l’Église car ils considèrent qu’elle n’est pas significative pour leur existence. Certains demandent même expressément qu’elle les laisse tranquilles, car ils ressentent sa présence comme désagréable, sinon irritante. Cette requête ne naît pas, la plupart du temps, d’un mépris acritique ou impulsif, mais s’enracine dans des raisons sérieuses et respectables : les scandales sexuels et économiques, l’inadaptation des ministres ordonnés qui ne savent pas saisir de façon appropriée la sensibilité des jeunes, le manque de préparation des homélies et de la présentation de la Parole de Dieu, le rôle passif assigné aux jeunes à l’intérieur de la communauté chrétienne, les difficultés de l’Église à rendre raison de ses positions doctrinales et éthiques face à la société contemporaine .


      N° 41. Même s’il y a des jeunes qui se réjouissent de voir une Église se montrant humblement sûre de ses dons et de sa capacité de faire une critique loyale et fraternelle, d’autres jeunes réclament une Église qui écoute davantage, qui ne soit pas toujours à condamner le monde. Ils ne veulent pas voir une Église silencieuse et timide, ni toujours en guerre sur deux ou trois thèmes qui l’obsèdent. Pour être crédible face aux jeunes, elle a parfois besoin de retrouver l’humilité et d’écouter simplement, de reconnaître dans ce que disent les autres la présence d’une lumière qui l’aide à mieux découvrir l’Évangile. Une Église sur la défensive, qui n’a plus l’humilité, qui cesse d’écouter, qui ne permet pas qu’on l’interpelle, perd la jeunesse et devient un musée. »


     N° 65. « Le Synode a reconnu que les fidèles de l’Église n’ont pas toujours l’attitude de Jésus. Au lieu de nous disposer à les écouter à fond,  la tendance prévaut d’apporter des réponses toutes faites et de proposer des recettes toutes prêtes, sans laisser émerger les questions des jeunes dans leur nouveauté, ni saisir ce qu’elles ont de provocant ».

 

    Cela est vrai dans notre contexte politique actuel sans doute, dans la vie parfois nouvelle ou bouleversée de nos familles, mais aussi dans notre communauté chrétienne villeneuvoise.

    Rappelons-nous ce soir que le don de la vie vient de Dieu seul !

« Elles gardaient le visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »

                                                                                             Amen, Alléluia !

                                                                                            Père Thibaud de La Serre.

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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 12:14

 

10 avril 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. »

 

Frères et sœurs bien-aimés, deux idées me viennent à l’esprit à la lecture de la Passion du Christ et à l’entrée de cette grande Semaine Sainte :

 

1/ L’évangile est venu christianiser la culture, ou encore l’évangile de Jésus humanise l’homme. Précédemment, avant Jésus et aujourd’hui sans Jésus, c’est la loi du talion : « œil pour œil, dent pour dent ». C’est la vengeance ou même l’escalade de la vengeance. Les règlements au couteau sont comme autrefois brandir l’épée, gifler, brûler, ou condamner sans jugement équitable…

Il y a de la violence en l’homme, en nous, mais comment la régule-t-on ? Et acceptons-nous de la voir, de faire un examen de conscience ? (cf foules de Jérusalem criant Hosanna /puis/ Crucifie-le ; les soldats qui le rossent de coups ; les mensonges accusateurs des grands prêtres : « il soulève le peuple » ; le baiser de Judas ; le reniement de Pierre…). Oui, même en nous les chrétiens, les prêtres, les diacres : il y a de la violence en nous = comment nous laissons nous humaniser par l’Évangile de Jésus ? C’est-à-dire pas seulement le vêtement blanc du Baptême…

 

Il faut être revêtu du vêtement blanc de Dieu, de sa grâce de purification et de pardon, mais aussi revêtus de son Évangile (de la culture chrétienne, et de la parole biblique) !

C’est ainsi seulement que notre nature humaine sera apprivoisée en vue du Bien et de l’espérance éternelle…

 

2/ Vivre toute cette semaine comme une semaine spéciale, une semaine à vivre bien plus unis au Christ.

Le dernier temps du Carême, l’objectif des 40 jours, c’est de suivre davantage Jésus dans toute sa vie (cf préparation baptême, communion, profession de foi, confirmation, même mariage et ordre)

Particulièrement le suivre, lire l’Évangile et participer aux offices, prier cette semaine !!! Car c’est la « grande » semaine où il donne TOUT (son testament, son corps, son sang, dernières paroles, confiance à son Père, pardon : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » St Luc). C’est-à-dire « faire comme d’habitude », prier le dimanche, seulement, et faire comme si on connaissait déjà l’histoire de Jésus ne suffit pas pour déclarer le suivre et être chrétiens… !

 

Bonne entrée dans la Passion du Christ pour ressusciter avec Lui !

 

« Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. »

 

                                                                                        Amen.

 

                                                                                       Père Thibaud de La Serre

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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 19:50

Dimanche 3 avril 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Mais Jésus s’était baissé, et du doigt, il écrivait sur la terre »

 

    Frères et sœurs bien-aimés, une nouvelle fois après la parabole du père prodigue de la semaine dernière, nous recevons l’attitude miséricordieuse de Dieu envers le pécheur : Dieu ne condamne pas le pécheur, mais il condamne le péché.

 

    Sa manière de faire, sa pédagogie, est de croire et d’agir pour que même dans le désert il y ait un chemin, même dans les larmes jaillisse la joie (Isaïe 43, Psaume 125). C’est la pédagogie divine : Dieu croit en nous ! Voilà la source la plus profonde de toute conversion !
Dieu ne dit pas « Amen » à tout, ce n’est pas vrai, mais il voit toujours plus loin. Il nous « saisit » par son amour, comme le dit St Paul, et ainsi il nous met « miraculeusement » sur un nouveau chemin par lequel nous désirons à notre tour « saisir ». « Saisir Dieu », en fait... Saint Paul ne met pas de COD ici... « Je poursuis ma course pour tâcher de saisir » : il ne s’agit pas de saisir Dieu au sens de la posséder, mais de le chercher et d’en être empli comme Lui nous emplit de Lui.

 

    Un exemple : si vos enfants vous parlent mal (quelque soit votre âge d’ailleurs), vous avez le droit et même le devoir de demander du respect, et de condamner le mal. Mais le Seigneur vous demande de ne pas condamner le pécheur et de le coller à son péché… Car Dieu veut faire de lui/elle un fleuve de paix… Il dit au début du chapitre 43 d’Isaïe : « Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime ». C’est vrai de nous, mais c’est vrai aussi des autres et même des pécheurs infatigables… Car Dieu est infatigable dans l’amour !!!

 

    Dans l’évangile dit « de la femme adultère » de ce dimanche, quelque chose doit nous choquer : la femme n’a pas été adultère toute seule !!! Or les scribes et les pharisiens ne parlent pas de l’homme… Pourtant, et Jésus le sait parfaitement, ces hommes invoquent la Loi de Moïse mais la détournent volontairement et vicieusement. Car Lévitique 20 et Deutéronome 22 disent bien qu’en cas d’adultère « l’homme et la femme tous les deux doivent mourir ».

 

    Jésus connaît ainsi doublement le péché des ces hommes qui détournent la Loi de Dieu, et qui ne voient même plus leurs péchés.
Pourtant, que fait-il ? Quelle est sa pédagogie ?


    1/ Il parle, il condamne leur péché : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ».
    2/ Il se baisse, il se met au niveau du pécheur humilié (et non du juge accusateur), et il écrit (nos péchés ?) sur la terre qui est effaçable.
    
    N’est-ce pas un modèle pour nous lorsque nous-mêmes nous jugeons ?! N’est-ce pas une possibilité de vivre et de revivre, pour nous et pour ceux que nous condamnons ? Oui, l’amour de Dieu est actif et infatigable…

 

« Mais Jésus s’était baissé, et du doigt, il écrivait sur la terre »

 

                                                                                          Amen. 

                                                                                         Père Thibaud de La Serre

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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 08:36

 

Dimanche 27 mars 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour. La nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. »

 

       Frères et sœurs bien-aimés, je suis frappé par le fait que depuis plusieurs semaines, plusieurs personnes rejoignent nos assemblées pour la première fois et prient avec nous… Nous essayons d’avoir une communication ouverte à tous (internet, églises ouvertes, affichage bien tenu) mais je ne suis pas sûr que ces nouveaux frères et sœurs qui nous rejoignent soient venus par ce biais !... Je suis même sûr que c’est par la volonté de Dieu seule, par un désir fort que Dieu a mis dans leur cœur et auquel ils répondent.

 

      Notre monde est troublé, les chaînes d’information nous saturent et nous arrêtons la télévision, l’Église a été mise à mal mais elle fait un vrai chemin de vérité, et la laïcité sans Dieu sonne comme un mensonge organisé qui ne satisfait personne.

Bref, ne soyons pas étonnés que des personnes nous rejoignent ou frappent à notre porte !

 

  

 

       L’Église est une maison, et même un « hôpital de campagne » comme disait le pape François au début de son pontificat. Regardez, dans cet évangile catéchuménal de l’aveugle de naissance (Jean chapitre 9) : il y a les disputes des pharisiens sur le Sabbat, il y a la peur des parents d’être interrogés, il y a l’interrogation des disciples sur le péché… mais au fond, la pointe mise en valeur par saint Jean n’est-elle pas la guérison de cet homme et son témoignage brut de foi : « Je crois, Seigneur ! » ?! N’est-ce pas cela qui nous touche ?

 

 

       De même, comment ne pas être touché par votre témoignage Didier, qui à 60 ans n’avez jamais été baptisé, qui avez fait 2 fois le chemin de Compostelle, et vous êtes intéressé au Bouddhisme en allant même au Népal… et aujourd’hui vous avez découvert davantage Jésus et vous n’envisagez pas de mourir sans Lui et sans le Baptême…! Oui vraiment n’est-ce pas Dieu directement qui est à l’œuvre ?!

 

       Le message de Carême du pape cette année s’intitule « Ne nous lassons pas de faire le bien, le moment venu, nous récolterons, si nous ne perdons pas courage. Ainsi donc, lorsque nous en avons l’occasion, travaillons au bien de tous » (Galates chapitre 6)… Et croyons que nos efforts ne sont pas vains, même si le pouvoir du mal a l’air tentaculaire ! N’avons-nous pas de précieuses armes ? La prière, la prière à Marie et à St Joseph, le jeûne, l’attention aux autres, le don et le don de soi… Oui soyons pour Dieu des disciples !

 

« Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour. La nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. »

 

                                                                                                Amen.

 

                                                                                                Père Thibaud de La Serre

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 19:52

 

Dimanche 20 mars 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

« Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : Moïse, Moïse ! »

 

      Frères et sœurs bien-aimés, même malgré la belle fête de St Joseph notre patron, hier, le Carême continue, et son enseignement, pour nous réorienter, nous faire reprendre avec toujours plus d’ardeur la route de la sainteté… Comme disait St François de Sales : si vous voulez faire un bon Carême, pensez que c’est le dernier !

 

      Aujourd’hui, les textes de ce 3ème dimanche de Carême nous montrent la pédagogie de Dieu pour nous. Dans l’Évangile Jésus nous explique clairement qu’instinctivement nous pensons mal devant le problème du Mal et les difficultés, les échecs : nous imaginons le plus souvent la rétribution de manière automatique : « Tu fais le bien, Dieu te donne du bien ; tu fais le mal, Dieu te punit »

Mais est-ce que Dieu peut faire le mal ?!!! Non. Dieu peut laisser faire, mais ce n’est pas Dieu qui punit, c’est Satan, l’ennemi de Dieu, qui fait le mal et nous tente à le faire.

 

      La plus belle pédagogie de Dieu est dans le Christ, son Fils, et dans cette parabole du vigneron qui veut et qui espère la conversion de notre cœur, notre propre conversion : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas. »

Voilà la pédagogie de Dieu qui veut notre conversion, notre ouverture de cœur, notre pardon : le Seigneur fait un détour pour nous, il ne reste pas dans une relation binaire et frontale (bien/mal ; bon/mauvais). Et il nous apprend à faire de même lorsque nous avons un problème, une difficulté de relation, une incapacité de faire mieux, une obsession : « Fais un détour ! Va voir quelqu’un d’autre ; demande l’intervention du Saint Esprit (souvenons-nous que Dieu est justement « Trinité » et pas seulement Père et Fils), d’un saint ; assieds-toi à un autre endroit que d’habitude (tu verras nécessairement les choses autrement !).

 

     C’est ce que fait découvrir le Seigneur à Moïse lorsqu’il veut délivrer son peuple de l’esclavage en Egypte : il le questionne par un buisson étrange, pas habituel, qui brûle sans se consumer, et il lui fait faire un détour pour voir autrement. C’est notre volonté qui est sollicitée, celle d’accepter de changer, nous laisser interroger. Se reconnaître nous aussi fautifs est difficile pour tout le monde, étant donné notre orgueil originel, et l’instinct de rétribution Bien/Mal.

Mais Dieu sait que nous venons de Lui, que nous pouvons rejeter le Mal et nous laisser davantage habiter par le bien, la sainteté. Il veut notre changement mais cela ne pourra se faire que par un détour, et un détour par le confessionnal même !

 

« Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : Moïse, Moïse ! »

 

                                                                                           Amen.

                                                                                           Père Thibaud de La Serre

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 10:34

 

Dimanche 13 mars 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

 

« Beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la Croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre. »

 

     Frères et sœurs bien-aimés, nous avons commencé le Carême depuis 10 jours et le Seigneur continue et continuera de nous demander de nous convertir, de changer ce qui ne va pas, le mal.

Le Carême est un temps de privations certes (bonbons, alcool, jeux, cigarette…), pour nous montrer qu’on peut vivre sans et maîtriser ses sens (ses envies, ses addictions). C’est important, même quand on est jeune de faire des efforts…

Mais le Carême ne signifie pas « se priver pour se priver » !!

 

Les privations du Carême doivent nous orienter pour plus écouter la Parole de Dieu, plus partager avec les plus pauvres, plus prendre du temps pour aller voir les grands-parents, les voisins isolés, plus aller à la messe et prier Dieu.

 

Aujourd’hui, dans cet épisode de la Transfiguration de Jésus sur la montagne, les Apôtres entendent le Père du ciel dire : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le »…

Et que dit-il ?! Que pour les sauver, il va devoir passer par la Croix, mourir vraiment, par amour pour nous, et que le Père le ressuscitera le 3ème jour. Ce sont les annonces de la Passion.

 

La signation (le signe de croix) faite sur les futurs baptisés, comme le signe de la croix que nous faisons sur nous, doivent nous le rappeler sans cesse : Jésus a souffert pour toi, par amour, reçois cet appel à aller au-delà du mal, au-delà de la mort !

 

Comment ?

- en faisant le bien, en écoutant ce que Jésus dit et demande

- en lui parlant, en le priant davantage, c’est-à-dire en se tournant vers Lui, comme Abraham, le premier des croyants en un Dieu unique.

Se tourner vers Dieu et le prier, lui parler, cela signifie accepter que nous ne sommes pas tout, nous sommes limités, nous avons besoin de lui et nous le remercions parce qu’il nous a donné la vie !

Être reconnaissant et juste envers Dieu… voilà ce que c’est que d’être davantage chrétiens, de faire le Carême et de ne pas être ennemis de la Croix du Christ.

 

« Beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la Croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre. »

 

                                                                                    Amen.

 

                                                                                      Père Thibaud de La Serre

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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 23:15

 

06 mars 2022 – Villeneuve-sur-Lot

 

 

« Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du Puissant, je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu dont je suis sûr ! »

 

         Frères et sœurs bien-aimés, le démon est fort, il ne faut pas sous-estimer sa puissance sur les hommes.. Ici, dans Saint Luc, il « dit, il emmène, il conduit », et il « sait ». Pourtant, il n’a de pouvoir que si nous nous laissons emprisonner par sa terreur et par la peur, si nous nous taisons. La parole est libératrice.

Notre parole, la parole qui déjoue ou dénonce le piège, et la parole de Dieu même :

Exemple aujourd’hui : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu », « L’homme ne vit pas seulement de pain », « Tu ne te prosterneras que devant Dieu ».

 

Notre plus grande arme contre le démon est donc la PRIÈRE et le nom de JÉSUS (son regard, son modèle, sa résistance).

Jésus combat avec son Père par sa Parole et par l’Esprit. Il ne se laisse pas démonter par le démon, il connaît son existence, il ne la sur-estime pas mais ne la sous-estime pas non plus. Jésus est « tenté par le diable »… à plus forte raison nous aussi le sommes nous !

Dans le conflit actuel en Ukraine par exemple, le Président de la République nous appelle à la « résilience » : terme scientifique et physique qui est d’être « résistants aux chocs »...

 

Certes cette situation en Ukraine et cette guerre fratricide a et aura de réelles répercussions pour nous ici (pas seulement financières). Mais il ne faut pas se laisser envahir par la peur. Il faut regarder Jésus, appeler Jésus, prier, y compris pour nos ennemis, et ne pas croire que le diable est dans une seule personne. C’est une erreur de jugement.

Il faut prier pour que le Président russe, et toutes les personnes haut-placées qui sont baptisées, qui ont reçu le Saint Esprit, se laissent conduire par le Saint Esprit et reçoivent une parole percutante de Jésus, la Parole de Dieu. Et prier pour le pape qui un jour doit consacrer la Russie au Cœur immaculé de Marie, selon la demande faite par Marie à Fatima le 13/07/1917 !

 

Cette guerre n’est certainement pas religieuse mais elle nous ramène à des armes profondément religieuses : se rapprocher chaque jour de la Parole de Dieu, et se rapprocher de la prière adressée au Père, notamment par Marie… C’est comme cela seulement que « nous écraserons le lion et le dragon » en nous et dans le monde, comme dit le Psaume de ce jour… Ce serpent polymorphe et hideux ! Prions donc lundi et lisons l’Écriture !

 

« Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du Puissant, je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu dont je suis sûr ! »

 

                                                                                Amen.

 

                                                                               Père Thibaud de La Serre

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