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24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 21:32

 

 
 
Voici un lien vers le site de la Conférence sur le Futur de l’Europe. (cliquer sur l'image)
 
La perspective donné par le pape François dans ses deux dernières lettres encycliques peux servir comme fil rouge à suive.
 
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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 08:00

 

à propos de Soeur Emmanuelle...

 

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 12:42
 
 
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA " 15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA " 15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
Père Denis Marie Ghesquières - Publié le 14/10/20

 

Les sept étapes de la vie mystique
selon Thérèse d’Ávila

 

     Par sa présence, Dieu veut révéler notre vrai désir d’aimer. Thérèse d’Ávila nous montre comment Il conduit notre vie spirituelle à travers l’expérience de sept traversées successives. Progressivement, nous sommes rendus plus libres pour aimer et communier à son désir de sauver tous les hommes.

 

      Au terme de son parcours spirituel, Thérèse d’Ávila compare notre âme — où Dieu demeure — à un château. Dans son livre Le Livre des Demeures ou Le Château intérieur, elle écrit en 1577 l’expérience du « mariage spirituel » vécu en 1572. Ses demeures correspondent à quatre citations bibliques. Elle y décrit avec précision chacune des étapes de la croissance de la vie spirituelle en détaillant davantage les dernières étapes qui correspondent à des réalités moins claires pour ses lectrices (ses propres sœurs carmélites). Elle écrit tout cela après être arrivée à sa pleine maturité spirituelle et avoir reçu la grâce de traverser toutes les « demeures ».

 

Du chemin vers Dieu à la vie de Dieu en nous

      Les premières demeures vont permettre approfondir la vie spirituelle comprise comme un chemin vers Dieu, puis, à partir des cinquièmes demeures il y aura comme un renversement qui se fait où nous percevons notre vie comme la vie de Dieu en nous. Dieu fait alors vivre l’expérience que saint Paul décrit en ces termes : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2, 20). Une conscience nouvelle de la relation à Dieu nous habite. Sur ce chemin spirituel, les premières demeures sont le lieu de transformation de nos relations : dans la deuxième demeure, la relation au monde ; dans la troisième, la relation à soi-même ; dans la quatrième, la relation à Dieu. Nous allons ainsi de ce qui est le plus extérieur, le monde, à ce qui est le plus intérieur en nous : Dieu.

      Précision importante : passer d’une demeure à l’autre est toujours une aventure, un cheminement, mais ce n’est pas nous qui choisissons le passage d’une demeure à l’autre d’une manière stable sur notre agenda spirituel. C’est Dieu qui nous découvre une profondeur plus grande, quand il veut, comme il le veut. Deuxième précision importante, avant d’entrer dans la description des thématiques des demeures : nous pouvons recevoir des effets spirituels des demeures plus profondes en vivant de manière stable dans une demeure moins profonde. Il est tout à fait possible d’avoir des avant-goûts de ce qui nous habite déjà, car, dès le départ, les sept demeures sont en nous, puisque Dieu est en nous. Dieu peut donc nous donner des goûts, des expériences des quatrièmes et des cinquièmes demeures, alors que nous sommes toujours dans les deuxièmes ou troisièmes. Mais ce n’est pas la même chose d’expérimenter ces avant-goûts et de vivre de manière stable dans une demeure. Le passage d’une demeure à l’autre est toujours un moment essentiel qu’il nous est donné de discerner plus ou moins rapidement.

 

1/ LES PREMIÈRES DEMEURES : LE PORCHE DE LA VIE SPIRITUELLE

 

     Les premières demeures sont le porche de la vie spirituelle et le fondement de tout ce qui va suivre. Ce sont les fondations : les premières demeures jalonnent un parcours où s’approfondit cette conscience quotidienne de ce que nous sommes, de notre dignité, de notre gloire qui est d’être la demeure d’un autre : la demeure de Dieu. Le porche d’entrée de la vie spirituelle c’est donc de commencer à s’accueillir soi-même comme l’œuvre de Dieu, comme la demeure de Dieu et elle fonde tout l’itinéraire spirituel dont elle va parler sur quatre citations bibliques.

     Thérèse utilise tout d’abord cette citation biblique assez connue : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures » (Jn 14, 2). Nous pourrions comprendre que nous allons vers les nombreuses demeures du ciel, mais pour Thérèse ces nombreuses demeures sont en chacun. Les demeures de la maison du Père sont en chaque personne. La deuxième citation biblique est : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23). Elle résume d’une certaine manière l’itinéraire spirituel que nous allons décrire, qui commence par une décision, une progression et une action de Dieu qui se manifeste et s’unit à l’âme.

     Les deux autres citations viennent de l’Ancien Testament. Celle du Livre des Proverbes (8, 31) : « Dieu trouve ses délices parmi les enfants des hommes » dit que le paradis de Dieu, c’est l’homme et que c’est la personne humaine. Nous n’allons pas au paradis : nous sommes le paradis de Dieu. C’est une inversion totale. Nous n’allons pas au paradis : c’est Dieu qui fait de notre personne, de la relation avec nous, son paradis. Donc le paradis pour Dieu, c’est une relation vivante. Thérèse voit enfin que si Dieu nous créa « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1, 26), c’est justement pour que nous trouvions notre joie à l’accueillir en nous. Thérèse s’émerveille devant cette affirmation : voilà le signe que nous sommes faits pour l’amour et pour un amour aussi grand que celui de Dieu.

 

L’entrée dans la vie spirituelle

      L’entrée dans la vie spirituelle est un choix, une décision. C’est très positif, mais ce n’est pas forcément facile à vivre. Il faut décider d’entrer dans une perception renouvelée de nous-mêmes et croire que nous sommes la demeure de Dieu. L’entrée dans ces premières demeures est essentielle, car il y a évidemment le risque inverse. Si nous nous opposons et que nous refusons de nous engager, de croire à cette gloire de l’homme, à cette grandeur de l’homme, à cette beauté que nous avons, à cette présence de Dieu en nous, alors nous nous trouvons dans une misère terrible. L’homme oublie alors ce qu’il est et vit à l’extérieur de ce qu’il est en réalité, à l’extérieur de cette présence d’un Dieu qui veut nous ouvrir au don qu’il veut nous faire.

" La pire des misères chez sainte Thérèse d’Ávila, c’est de vivre sans Dieu ou d’imaginer que nous faisons le bien sans Dieu "

     La pire des misères chez sainte Thérèse d’Ávila, c’est de vivre sans Dieu ou d’imaginer que nous faisons le bien sans Dieu. Faire le bien sans Dieu, comme elle dit, c’est faire plaisir au démon. Paradoxalement le péché le plus grave pour elle, ce n’est pas tellement d’avoir des faiblesses, des limites. Elle ne les encourage pas bien sûr, elle nous invite aussi à nous engager pour combattre les faiblesses de la vie quotidienne et nous corriger avec la grâce de Dieu, mais le pire pour elle c’est de ne pas reconnaître le bien, le bon et le beau en nous et chez les autres comme une réalité qui a sa source en Dieu. Nous pourrions dire, bien qu’elle ne le dise pas explicitement — mais à bien la lire c’est ce que l’on comprend — que le péché mortel, c’est de vivre sans Dieu, de faire le bien sans Dieu.

Les quatre fruits des premières demeures

      Les quatre fruits des premières demeures vont mûrir tout au long de notre chemin spirituel. Les fruits de cette entrée dans le Château, de cette mise en relation avec Dieu en sa présence dans notre vie quotidienne, nous les trouvons décrits au deuxième chapitre des premières demeures. Il y en a quatre. Thérèse les décrit dès le départ : ces fruits vont mûrir tout au long du chemin à travers les sept demeures du château.

     La liberté. L’exercice le plus haut de notre liberté, c’est justement d’accueillir cette présence de Dieu, de reconnaître ce que nous sommes, c’est-à-dire créés « à son image ». La prière sous toutes ses formes est un engagement de la liberté, puisque pour Thérèse la prière consiste à se tourner vers Dieu, à cultiver notre relation avec Dieu. Il faut la vivre évidemment dans différents lieux et de différentes manières dans notre quotidien. Thérèse insiste évidemment beaucoup sur la prière silencieuse dont un des fruits consiste à recevoir notre vie comme le lieu concret où nous devons vivre notre relation à Dieu.

     L’humilité, ce n’est pas l’humiliation : c’est la reconnaissance que nous sommes les bénéficiaires du don de Dieu en permanence et pour tout et pas seulement ce qui concerne le spirituel. Nous sommes créés, nous recevons énormément de choses tout au long de notre journée, aussi bien l’alimentation que les relations avec les autres, ce que l’on a pu apprendre, nos compétences, les réalités naturelles, culturelles, spirituelles, etc. L’humilité c’est avant tout la reconnaissance de fond que notre existence est un don de Dieu. L’image, le modèle de la personne profondément humble, c’est évidemment Jésus qui accueille toute sa vie comme un don de son Père.

     Le détachement ne veut pas dire que nous vivons sans rien. Cela veut dire que nous modifions notre relation aux choses et aux personnes qui peuvent souvent être d’une certaine manière parfois captatrices ou dominatrices. Le détachement fait passer à une plus grande liberté dans la relation aux choses et aux autres mais aussi à tous les biens intellectuels, spirituels et même aux vertus morales. Le détachement est lié à l’humilité : nous nous situons moins comme un propriétaire et nous avons beaucoup moins besoin d’un rapport possessif aux réalités. Tout cela va s’approfondir durant tout le parcours.

    La charité est à la fois le but final et le chemin essentiel. Il s’agit de laisser Dieu nous apprendre à aimer. Et l’amour a deux directions qui sont unies : l’amour de Dieu et l’amour des autres.

2/ LES DEUXIÈMES DEMEURES : LA PURIFICATION

      Dans les deuxièmes demeures, nous nous engageons sur ce chemin de la vie spirituelle qui va forcément révéler en nous plein d’attachements, plein de compromis, plein de faiblesses. Nous nous attendions à recevoir plein de consolations et nous nous rendons compte que nous sommes un champ de bataille. Nous pourrions faire un parallèle entre le livre des demeures et le livre de l’Exode : les Hébreux sortent d’Égypte et ils s’attendent à entrer en Terre sainte tout de suite. Ils se retrouvent dans un désert. Ils se retrouvent confrontés à leurs difficultés et doivent choisir de faire confiance à Dieu. C’est bien ce qui se passe dans ces deuxièmes demeures. Comme les Hébreux conduits par Moïse, nous pouvons regretter parfois notre ancien esclavage sans pouvoir ni vouloir vraiment y revenir, car maintenant nous sommes conscients de l’esclavage passé. Avant, nous étions un esclave inconscient mais maintenant nous sommes devenus un esclave conscient. Il reste que nous sommes tiraillés : nous sommes comme entre deux chaises. Un combat nous habite.

L’arme libératrice

      Ce qui va pouvoir nous aider à avancer, c’est le Christ qui dans son humanité a assumé tout cela. Il a assumé toute la réalité humaine et donc l’arme à utiliser, c’est de croire à la force, à la puissance du mystère pascal du Christ, de sa croix. La croix du Christ nous rend libre. « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés », dit saint Paul dans l’épître aux Galates (Gal 5,1). Même si nous avons des des épreuves, même si ce n’est pas forcément facile, il faut consentir dans la prière à la sécheresse, à des difficultés. Moïse qui s’adresse aux Hébreux dans cette situation leur dit : « Tenez ferme, le Seigneur combattra pour vous, vous, vous n’aurez qu’à rester tranquilles », alors qu’en fait nous avons envie de tout sauf de rester tranquille ! Le combat, c’est croire que nous ne combattons pas seuls et que c’est surtout le combat du Christ en nous et qu’il faut se confier à lui, parce que lui seul peut être vainqueur de ce combat. Ce qui dépend de nous, c’est de nous orienter vers lui le plus souvent possible et de choisir de lui faire confiance.

3/ LES TROISIÈMES DEMEURES : LA CLARIFICATION

      Nous avons souvent une image de nous-même et surtout un rapport à ce que nous faisons qui ne sont pas justes. Le Seigneur nous a fait entrer dans les troisièmes demeures. Il y a donc déjà des premiers fruits positifs : nous avons commencé à mettre notre foi en Dieu, nous l’avons fait de manière persévérante, tout en expérimentant nos fragilités et cela a déjà produit des fruits dans notre existence, même si évidemment tout est loin d’être accompli. Nous risquons de se comporter comme le jeune homme riche : nous commençons à bien faire, nous faisons des efforts, mais nous risquons de ne pas supporter de ne pas se voir reconnu, aussi bien extérieurement qu’intérieurement notamment dans la prière (nous avons du mal à accepter les sécheresses, les tentations, les distractions).

      Nous courons le risque d’être comme ce jeune homme riche qui a bien commencé, mais qui s’en va finalement tout triste. De la même manière, nous attendions que les fruits que le Christ a portés en nous avec notre active collaboration nous permettent de recevoir des récompenses de Dieu au niveau spirituel, nous voudrions que Dieu nous distribue des consolations, mais les choses se passent différemment et le problème c’est que nous en venons à nous plaindre. Nous nous plaignons de nous-mêmes, parce que l’on voudrait être saint en quinze jours, nous ressentons comme des injustices les difficultés et nous imaginons que c’est vraiment par nos mérites que nous servons le Seigneur, que nous prions. C’est subtil, parce que si nous nous attribuons à nous-mêmes les premiers résultats, nous nous étonnons que cela ne se continue pas toujours ainsi.

Se reconnaître comme « serviteur quelconque »

     Il faut reconnaître ici que nous sommes « des serviteurs quelconques » (Lc 17,7-10) et que tout ce que le Seigneur a déjà fait en nous est une grande grâce qu’il nous a faite. Ce n’est sûrement pas un mérite de notre part pour lequel nous pourrions être payés de retour. Sans parler, bien sûr, du risque de comparaison avec les autres, que l’on risque de regarder de haut en leur disant ce qu’ils devraient faire. Bref, nous risquons de nous ériger comme juges insatisfaits. Ces troisièmes demeures, qui mettent en lumière des travers assez classiques chez les chrétiens, voire même aussi chez les religieux, c’est de sortir de l’orgueil spirituel et d’un rapport mal situé à soi-même et aux autres, le contraire du serviteur humble et quelconque qui reconnaît recevoir tout de Dieu et qui vit pour lui rendre grâce. Il s’agit notamment de recevoir ce qu’il nous donne de faire à son service comme un don. Car ce que nous faisons à son service, c’est lui qui nous donne de le faire. Et, bien souvent, le Seigneur récompense ses bons serviteurs en leur donnant de servir davantage ou plus profondément, qualitativement.

 

4/ LES QUATRIÈMES DEMEURES :  L’APPROFONDISSEMENT

      Les quatrièmes demeures s’appuient sur les beaux fruits que nous récoltons dans des troisièmes demeures, c’est-à-dire le fait que nous nous considérons bien davantage comme un serviteur de l’amour. Aimer pour aimer, voilà la seule vraie récompense. Nous acceptons désormais les aridités dans la prière, nous considérons que nos vertus ne sont pas les nôtres, que nous sommes peut-être vertueux en effet, réellement vertueux, mais que c’est vraiment Dieu qui est la source de nos vertus et donc nous sommes devenus beaucoup plus libres par rapport à nous-mêmes et par rapport aux grâces de prière reçues dans la vie de prière. Le fruit en est une plus grande dilatation du cœur. Nous sommes en eaux plus profondes, mis au large.

Une grande paix

      Une grande paix s’instaure progressivement dans les profondeurs de l’âme. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de vagues au-dessus, mais s’établit de manière assez constante une paix profonde en présence de Dieu. Nous sommes vraiment certains que ce ne sont pas nos propres efforts qui apportent cette paix, il n’y a pas de techniques de prière ou de concentration qui ferait que l’on arriverait à obtenir ces grâces. S’approfondit une attitude de pauvreté spirituelle, nous reconnaissons que Dieu donne tout et notre regard vers lui est bien établi, bien profond. Cela instaure un état assez permanent de reconnaissance et l’état de grâce envers Dieu à partir de tout. Notre esprit et nos pensées peuvent parfois s’évader, mais assez vite nous retournons à cette attitude reconnaissante et humble.

     La confiance, l’humilité et la reconnaissance sont des réalités qui sont vécues de plus en plus profondément. Nous avons fait l’expérience de la bonté libératrice de Dieu, là s’approfondit l’accueil reconnaissant, dans la louange et l’action de grâce, de cette bonté de Dieu. Car ce qu’il approfondit, de demeures en demeures, c’est la conscience concrète que Dieu est bon. Ce n’est pas simplement une chose que nous affirmons, mais nous en faisons l’expérience.

 

5/ LES CINQUIÈMES DEMEURES : LE BASCULEMENT

     L’entrée dans les cinquièmes demeures marque un basculement : nous ne passons pas des quatrièmes au cinquièmes demeures comme nous passons des secondes aux suivantes. Dans les premières demeures, nous expérimentons son chemin en le percevant surtout comme une avancée vers Dieu mais désormais nous allons expérimenter la vie de Dieu en nous. C’est une vie nouvelle qui commence. Nous sommes toujours sur la terre, nous n’avons peut-être pas changé de travail, nous pouvons être marié, avoir des enfants, posséder plein de choses et ce n’est pas forcément extérieurement qu’il y a des choses qui bougent même si parfois cela peut se passer dans ces domaines-là. Dieu a toujours été vivant en nous depuis le début de notre vie, mais maintenant une nouvelle réalité s’installe.

     « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2, 20) : quand cette parole de Dieu s’accomplit et devient une réalité profonde en nous, nous sommes tout d’un coup beaucoup plus libres à l’égard du monde, de nous-mêmes et dans nos relations à Dieu, car désormais le Seigneur a beaucoup plus de liberté d’action en nous. Il peut nous donner plus profondément, car dire que Dieu est vivant en nous, cela veut dire que nous nous donnons. Dieu est don de lui-même. Et qu’est-ce qu’il va nous donner de plus en plus ? Il va nous donner de nous donner.

Le don gratuit de l’amour certain

      Dieu nous donne de pouvoir nous donner de plus en plus. Jusqu’à présent notre confiance en Dieu était perçue comme un combat. Pour le dire négativement, je choisissais de ne pas douter de Dieu et de son amour. Cela est un combat qui parfois n’a rien d’évident de ne pas douter. Dans les cinquièmes demeures, Dieu donne gratuitement la certitude profonde de son amour.

     Il devient de plus en plus impossible de douter de Dieu et de son amour : cette conviction de fond qui unifie notre être nous est donnée. Ce n’est pas le résultat de nos efforts. Nous recevons de Dieu une qualité de certitude complètement nouvelle. Cela change la vie de manière radicale. Cette réelle conviction intérieure est une conviction d’amour et n’a rien à voir avec de la violence ou du fanatisme. Donc nous avons traversé tout un chemin qui nous a beaucoup libérés de nous-mêmes et qui a surtout développé en nous la confiance en Dieu. Notre confiance en Dieu voit ici son fruit le plus mûr et Dieu nous donne de percevoir son amour et d’en vivre plus pleinement, si bien qu’il n’est plus possible de douter de cet amour de Dieu.

Un désir d’aimer sans sécurité

      L’entrée dans les cinquièmes demeures opère la transformation profonde de notre mode d’existence qui libère en nous un désir d’aimer bien plus profond. Thérèse d’Ávila compare cette transformation à celle d’un ver à soie transformé en papillon blanc après être passé par l’étape du cocon. Le ver à soie voit son univers changer profondément : il mangeait des feuilles de mûriers et il faisait du fil dans un univers très réduit et tout d’un coup il va devenir un petit papillon, mais dans un contexte totalement différent puisqu’il vole dans l’air. C’est beaucoup plus large mais beaucoup moins sécurisant : plus l’Esprit agit en nous, plus nous nous sentons par nous-mêmes pauvres et ne pouvant pas nous appuyer sur nos anciens appuis. C’est l’amour qui nous fait vivre, l’amour de Dieu est en nous, il nous fait voler, mais comme entre ciel et terre. Nous percevons alors la vie, les autres de manière radicalement différente.

 

" Le combat de l’amour n’étant pas le nôtre, il faut le remettre sans cesse à Dieu "

 

     L’amour de Dieu, l’amour des autres : parfois nous nous demandons vers où il faut aller. La vie est complètement nouvelle : nous sommes libérés de nous-mêmes, nous ne nous portons plus nous-mêmes. Le combat de l’amour n’étant pas le nôtre, il faut le remettre sans cesse à Dieu. Intérieurement, nous ne sommes plus comme dans les premières demeures, avec encore bien des attaches qui permettent de se tenir, de se sécuriser, de contrôler. Nous découvrons dans tout le parcours combien nous tenions à de nombreuses sécurités. Là, nous sommes quasiment mis à nu. L’amour nous décentre et nous révèle aussi notre fragilité, notre vulnérabilité, ce qui permet à cet amour de passer.

 

6/ LES SIXIÈMES DEMEURES : LES « FIANÇAILLES SPIRITUELLES »

     Suit une partie du livre de sainte Thérèse d’Ávila assez déconcertante pour un esprit moderne. C’est en plus la partie la plus longue du livre. En résumé, les cinquièmes demeures ont libéré en nous ce que nous sommes vraiment, notre vrai désir, qui est le vrai désir de l’homme : aimer et être aimé. La confiance en Dieu et le désir d’aimer nous animent profondément. Comme pour des fiançailles humaines, il s’agit que s’opère l’apprentissage du véritable amour : c’est le Christ qui est notre maître d’amour. Tout est au service ici de cet apprentissage de l’amour. Cela est bien présent dans les demeures précédentes mais ici tout est vécu comme une occasion de laisser le Christ nous apprendre à aimer, pour aller plus loin et plus profondément dans l’expérience de ce qu’est véritablement aimer. Nous sommes ici bien plus conscients qu’auparavant que la vocation humaine est d’être « serviteur ou servante de l’amour ».

Comment grandit l’amour

      Pour approfondir notre relation avec le Christ, Dieu va en bon pédagogue intensifier notre désir de lui. Cela se caractérise par l’alternance de grandes disettes, d’impressions de pauvreté, de vide et d’abandon, alternant avec au contraire des périodes marquées par un désir enflammé d’amour. Sainte Thérèse propose apparemment tout un catalogue de grâces mystiques : rapts dans l’esprit, visions imaginaires, visions intellectuelles, etc. Elles sont classées par ordre croissant d’intensité, autrement dit selon l’intensité des fruits qu’elles portent.  Il y a alternance entre les souffrances d’une l’absence ressentie, qui attisent le désir de Dieu. Si nous n’avions pas le désir de Dieu la souffrance de son absence serait nulle, mais plus nous avançons plus l’absence ressentie de Dieu ressemble à un enfer. Le Seigneur permet que nous expérimentions la souffrance de son absence pour élargir encore plus notre désir de recevoir son amour et de l’aimer.

 

Dans l’épreuve revenir à l’humanité du Christ

      Ce temps de fiançailles spirituelles s’apparente dans les évangiles aux temps d’apparitions et de disparitions du Ressuscité avant l’Ascension. Le Ressuscité est toujours présent mais les disciples perçoivent cette présence bien différemment. Il y a des moments où c’est la joie de la rencontre, puis vient la souffrance de son absence : c’est Jésus qui décide d’apparaître comme il le veut, à qui il veut comme il veut, tout cela pour éveiller et faire grandir la confiance et l’amour de ses disciples, quoi qu’il arrive.

      Dans le chapitre central des sixièmes demeures, Thérèse est tentée de vouloir dépasser l’humanité du Christ, mais elle nous dit combien c’est une erreur et qu’il faut au contraire y revenir très souvent, car nous recevons vraiment tout dans le Christ incarné. Il faut donc bien au contraire s’attacher fermement à l’humanité du Christ.

 

7/ LES SEPTIÈMES DEMEURES : LE « MARIAGE SPIRITUEL »

     Nous entrons dans les septièmes demeures : il n’y a que quatre chapitres dans cette partie du livre, mais ils évoquent le but de tout ce que nous avons déjà vécu par étapes pour arriver à l’union à Dieu. C’est le terme du chemin pour tous et il faut insister sur un point : Dieu n’a pas créé les hommes pour qu’ils s’arrêtent aux troisièmes, quatrièmes, cinquièmes ou aux sixièmes demeures. Seuls quelques élus atteindraient les septièmes. Tout le chemin est pour tout le monde. Tout le monde peut lire le Livre des demeures et pourquoi ne pas lire ces quatre chapitres dès le début ? Ils éclaircissent en effet le but vers lequel Dieu veut nous conduire. Le ciel, c’est-à-dire la vie avec Dieu, n’est pas et ne sera jamais une réalité statique ; elle est toujours dynamique, comme l’exprime si bien Grégoire de Nysse : elle va « de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin ». Dans la relation à Dieu, nous continuerons d’aller sans cesse de crescendo en crescendo et d’expérimenter une union à Dieu toujours plus unitive.

 

 " L’amour est concret, universel, il est divin. Dieu aime tout le monde. La bonne nouvelle : Dieu aime les pécheurs "

 

      Ce mariage spirituel, qui fut accordé à Thérèse le 18 novembre 1572, est l’alliance avec Dieu autant qu’il est possible de le vivre dans une vie terrestre. Thérèse utilisait l’image du mariage qui reste une image limitée, mais qui exprime quelque chose de la profondeur de la communion et aussi de l’aspect définitif de cette union. Pour elle, cela s’est passé 18 novembre 1572 : ce jour-là, elle reçoit une vision du Christ qui lui tend un clou de sa Passion, en lui disant que désormais son honneur était celui de Thérèse et que celui de Thérèse était sien. Qu’est-ce que c’est, l’honneur de Jésus ? C’est le salut du monde ! Jésus a été crucifié, est ressuscité et glorifié dans le but de sauver tous les hommes. « L’honneur de Jésus » ce n’est pas seulement d’être le Fils du Père, c’est de sauver, de mettre en œuvre le salut pour chacun. Thérèse y est associée.

Participer au désir de Dieu de sauver tous les hommes

       Quand nous vivons aux septièmes demeures, nous ne nous préoccupons plus de savoir si l’on est sauvé. Notre propre Salut ne nous préoccupe plus : ce qui nous occupe, c’est comme Jésus de donner notre vie pour le salut des autres. L’union à Dieu c’est cela : une participation profonde au désir de Dieu de sauver tous les hommes. Paradoxalement les phénomènes mystiques sont plus rares. Quand nous sommes pleinement unis à Dieu, nous vivons en permanence avec ce souci, cet horizon du Salut des autres. C’est un engagement très concret dans l’amour fraternel. C’est aussi convivial, c’est aussi familial, c’est pour tout le monde : personne n’est exclu. L’amour est concret, universel, il est divin. Dieu aime tout le monde. La bonne nouvelle : Dieu aime les pécheurs. Le principal travail des pécheurs que nous sommes : y croire quoi qu’il arrive.

Un nouveau désir de vivre

      Lorsque nous sommes ainsi conduits à la fin du voyage, nous pourrions penser que nous aspirons alors à quitter la vie terrestre le plus vite possible. Il n’en est rien. Dans les sixièmes demeures, Thérèse disait « je meurs de ne pas mourir ! » mais aux septièmes, elle reçoit un nouveau désir de vivre et cela la surprend. Elle expérimente une réconciliation profonde entre son engagement envers Dieu et ses tâches terrestres. Le Ciel et la Terre sont comme unis à travers tout. Toutes les réalités de la vie sont transformées et tout est perçu en Dieu : soi-même, les autres, les tâches concrètes, etc. Rien n’est négligé. S’accomplit alors la fameuse dernière invocation de la première partie du Notre-Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Or la volonté du Père, c’est le salut de toute l’humanité. Et le salut l’humanité, c’est la foi, la charité, la communion. Là s’opère la volonté du Père. La seule volonté du Père c’est que nous vivions de son amour.

     Tout cela ne veut pas dire que nous n’avons plus de problèmes dans la vie concrète. Thérèse continue à vivre une vie humaine : elle a des problèmes de santé, et d’autres dans bien des domaines. Quand nous considérons la vie de Thérèse de 1572 à 1582, c’est tout sauf une partie de plaisir ou du repos. Elle a traversé de nombreuses réalités concrètes liées à la fondation de monastères, des problèmes relationnels… Mais une force lui a été donnée pour les assumer : rien ne peut la freiner, rien ne peut lui faire peur, car elle expérimente en tout que « Dieu seul suffit ».

 

15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
15 OCTOBRE, FÊTE DE SAINTE-THÉRÈSE D'ÁVILA :                                                                                                                    " LES SEPT ÉTAPES DE LA VIE MYSTIQUE SELON THÉRÈSE D'ÁVILA "
Sainte Thérèse d’Ávila (1515 – 1582)

 

Teresa de Cepeda y Alumada (1515 – 1582), fille d’un gentilhomme d’Ávila, entre à 20 ans au Carmel de sa ville.
La règle y est alors pratiquée de façon mitigée. Longtemps, elle s’en satisfait. Mais en 1555, en contemplant le Christ en croix et en lisant les Confessions de Saint Augustin, elle décide de vivre pleinement sa vocation carmélite.
A partir de 1557, elle approfondit son chemin mystique qui lui fait contempler l’humanité du Christ. Aidée par ses directeurs spirituels, elle devient familière de l’oraison. La nécessité d’un retour du Carmel à sa règle primitive s’impose alors à elle. Aussi, Thérèse décide de fonder, à Ávila même, un nouveau monastère de stricte observance. Le désir de dépouillement des religieuses y est symbolisé par la suppression des chaussures.
En 1567, elle persuade un jeune Carme, le futur Saint Jean de la Croix, lui aussi déçu par son ordre, d’engager une même réforme. Les couvents de Carmes et Carmélites Déchaux (sans chaussures) se multiplient. Malgré des oppositions, la réforme rencontre un grand succès. Cette intense activité de fondations va de pair avec la vie spirituelle la plus intériorisée. On en trouve l’expression dans ses œuvres écrites, conçues comme une pédagogie de la prière et de la vie chrétienne, et figurant parmi des chefs d’œuvres de la langue castillane. Les plus connues sont Le Livre de ma vie (autobiographie), Le chemin de la perfection, et surtout Le Château intérieur. Elle est la première femme à recevoir le titre de Docteur de l’Église en 1970.
Source : Dictionnaire Théo, p. 117

 

Le Mont-Carmel, près de Haïffa (Israël), a donné son nom à la famille religieuse des Carmes et des Carmélites. Au XII° siècle, saint Berthold et d’autres pèlerins venus en Terre sainte, s’installent en ermites dans des grottes du Mont-Carmel, comme l’avait fait le prophète Élie.
En 1209, la règle primitive prescrit la pauvreté la plus grande, la solitude et le régime végétarien. La conquête musulmane chasse ces ermites de Terre sainte vers l’Europe au XIII° siècle. En pleine Réforme catholique, Thérèse d’Ávila et Jean de la Croix entreprennent de faire revenir l’ordre à la pauvreté et à une stricte vie contemplative.

 

Solitude Contemplation Feu :
3 maîtres-mots de la spiritualité carmélitaine.
La prière à l’école de Thérèse d’Ávila est celle d’un pauvre devant la richesse de Dieu. « L’oraison ne consiste pas à beaucoup prier mais à beaucoup aimer. » (Jean de la Croix). Tout se passe dans une expérience d’union intime avec le Christ qui conduit au Père. Pour qu’elle soit possible, il faut accepter de partir comme Élie au Carmel, de passer par le désert, d’entrer dans le silence : là le priant se rend disponible à « Dieu seul »… et peut se laisser envahir par lui.

 

Thérèse fut béatifiée en 1614 par Paul V, et canonisée par Grégoire XV le 12 mars 1622

 

Elle a fait partie des saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.

 

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 19:57
La reproduction de « L’école d’Athènes », une célèbre fresque commandée par le pape Julles II à Raphaël au début du XVIè siècle, se trouve au coeur de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Martin BUREAU / AFP

      La reproduction de « L’école d’Athènes », une célèbre fresque commandée par le pape Julles II à Raphaël au début du XVIè siècle, se trouve au coeur de l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Martin BUREAU / AFP

Source : Aleteia

 

La grande tapisserie surplombant le perchoir de l’Assemblée nationale a retrouvé sa place, ce mardi 15 septembre, après deux ans de restauration. Mais saviez-vous qu’il s’agit de la reproduction d’un célèbre tableau du peintre Raphaël voulue et commandé par le pape Jules II en 1508 et qu’il est toujours visible au Vatican.

 

      C’est l’histoire d’une fresque voulue par le pape Jules II au tout début du XVIè siècle, et dont une magnifique reproduction se trouve au cœur du Palais Bourbon aujourd’hui. Quelques minutes avant la séance de questions au gouvernement ce mardi 15 septembre, les députés ont célébré le grand retour au sein de l’hémicycle de « L’école d’Athènes », une tapisserie iconique dont la restauration – qui a duré deux ans – vient d’être achevée.

 

Une commande du pape Jules II à Raphaël

      Tissée en laine, soie et fil d’or à la Manufacture des Gobelins au XVIIIe siècle, elle représente la recherche de la vérité et mesure neuf mètres de longueur sur cinq mètres de largeur. Elle avait été installée à l’Assemblée nationale en 1879. Cette année-là, les Chambres revenaient à Paris après dix années passées à Versailles suite à la commune.

 

L'original de « L’école d’Athènes », exposée au Vatican. L'artiste Raphaël s'est lui-même représenté (en bas, à droite). Serato / Shutterstock

L'original de « L’école d’Athènes », exposée au Vatican. L'artiste Raphaël s'est lui-même représenté (en bas, à droite). Serato / Shutterstock

      Mais c’est à Rome et plus précisément au Vatican que se trouve l’origine de cette fresque. En 1508, à la demande du pape Jules II, le célèbre peintre italien Raphaël commence une œuvre qui doit rassembler à l’intérieur d’une assemblée les figures majeures de la pensée antique. Ils sont 58 au total : Platon, Aristote, Épicure, Socrate, Diogène et tant d’autres figurent sur la tenture, au même titre que des personnalités du même temps que l’auteur, comme Michel-Ange ou Léonard de Vinci. Le génie de l’artiste est de les avoir représentés sous certains traits antiques, comme un hommage de Rome et de la Renaissance à l’Antiquité. Raphaël, lui-même, figure sur l’un des côtés de la fresque. Il l’achève et la livre au Souverain pontife en 1511.

 

Au Vatican, l’original trône dans la Chambre « de la Signature »

      Au Vatican, ce chef d’œuvre fait partie des milliers de pièces exposées dans les célèbres musées. Il trône avec d’autres célèbres œuvres de Raphaël dans la Chambre dite « de la Signature ». Sa présence n’y est pas due au hasard : c’est ici que se trouvait le cabinet de travail et la bibliothèque du pape Jules II.  « Le programme iconographique des fresques est lié à cette fonction », précise le site du Vatican. L’École d’Athènes, qui représente donc la vérité et la philosophie, fait face à la fresque « La Dispute du Très Saint Sacrement », laquelle rappelle la théologie. Le troisième mur est consacré au Bien, avec la tapisserie « Vertus cardinales et théologales et la Loi », tandis que le Beau est représenté par le « Parnasse », où figurent Apollon et les Muses.

Cette photo de l'hémicycle a été prise avant la restauration de l'oeuvre de la Manufacture des Gobelins. Après restauration, le contraste est saisissant . Fred de Noyelle / GODONG

Cette photo de l'hémicycle a été prise avant la restauration de l'oeuvre de la Manufacture des Gobelins. Après restauration, le contraste est saisissant . Fred de Noyelle / GODONG

 

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 10:10
 

Source : Aleteia

 

     Comptant environ 10 000 orgues sur son territoire, la France peut s’enorgueillir de posséder un florilège d’instruments parmi les plus beaux du monde. Notre sélection.

 

      La France possède un patrimoine organistique conséquent recouvrant plus de cinq siècles de facture d’orgue. Possédant chacun leurs caractéristiques, ces orgues sont le reflet de leur temps. Petits ou monumentaux, conservés, transformés ou même modernisés, ils ont tous été conçus dans un même but : soutenir la liturgie et élever les âmes vers Dieu et le Ciel.

 

 

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EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)
EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)

 

 

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EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)
EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)
EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)

 

 

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EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)
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EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)
EN IMAGES : LES PLUS BEAUX BUFFETS D'ORGUES DE FRANCE (SÉRIE 1/5 : ORGUES DE 1 à 6/29)

 

 

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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 08:47
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°28 (et dernier n° de l'été 2020) : SAINT-LAZARE D'AUTUN, LA PERLE DE LA BOURGOGNE
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°28 (et dernier n° de l'été 2020) : SAINT-LAZARE D'AUTUN, LA PERLE DE LA BOURGOGNE

 

 

    Selon la tradition, Autun abrite depuis le Xe siècle des reliques de Lazare de Béthanie. L’église Saint-Lazare, construite entre 1120 et 1195, est d’abord un lieu de vénération des reliques. Elle partage le rang de co-cathédrale avec l’église Saint-Nazaire jusqu’au XVIIIe siècle où elle devient alors la « seule » cathédrale d’Autun.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°28 (et dernier n° de l'été 2020) : SAINT-LAZARE D'AUTUN, LA PERLE DE LA BOURGOGNE
 
Une église de pèlerinage

         La première cathédrale de la ville était sous le patronage de saint Nazaire. Vers 990 l’évêque Gérard fit venir des reliques d’un certain Lazare. Il ne fallut pas longtemps pour que la croyance populaire identifie ce Lazare à Lazare de Béthanie, l’ami de Jésus.

     Très vite un pèlerinage s’organise et des foules se pressent dans la cité bourguignonne. La cathédrale Saint-Nazaire ne pouvant contenir la forte affluence, décision est prise de bâtir une église de pèlerinage consacrée au frère de Marthe et Marie de l’Évangile.

      La construction commence en 1120. Elle est inspirée de la troisième abbatiale de Cluny (à seulement 80 kilomètres d’Autun), dont elle reprend l’élévation et le voûtement. Elle est achevée en 1195. A la fin du XIIIe siècle, les voûtes sont renforcées par des arcs-boutants. La nef de la cathédrale est la plus grande nef clunisienne encore existante. Saint-Lazare sera co-cathédrale avec Saint-Nazaire dès la fin du XIIe siècle, puis le délabrement de Saint-Nazaire la fait devenir l’unique cathédrale à partir de 1720.

     1766 peut être considérée comme « l’annus horribilis » de toute l’histoire de la cathédrale. Des incendies et des catastrophes détériorent le bâtiment, cette année-là, mais les ravages sont organisés par les… chanoines eux-mêmes, qui souhaitent tout redécorer en style néo-classique. Le reliquaire qui s’élève dans le chœur, une église miniature avec plan basilical, clocheton et corniches à inscriptions autour du sarcophage central, est détruit. Tout comme le décor sculpté qui représentait la résurrection de saint Lazare en marbres polychromes blanc, rouge et noir. Le merveilleux tympan est recouvert de plâtre  : il est considéré d’un goût barbare et primitif. Le tympan du portail nord et le jubé gothique sont, eux démolis ! Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc, encourage la restauration de la cathédrale : le tympan du narthex est restauré, les piliers renforcés, les toitures refaites. La cathédrale bénéficie depuis 1949 du titre de basilique mineure. Au long des années 2000, d’importants travaux de restauration sont mis en œuvre. Aujourd’hui, la cathédrale est reconnue comme l’une des merveilles de l’art roman de Bourgogne.

 

Le tympan roman
Tympan de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Gaudry Daniel/Creative Commons

Tympan de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Gaudry Daniel/Creative Commons

     L’ensemble date des années 1130-1135 et est attribué à un certain Gislebertus, qui l’a signé. Cependant, il n’est pas impossible que la signature de Gislebertus concerne Gilbert de Chalon, comte des Bourguignons et bienfaiteur de l’église au Xe siècle. Les sculptures étonnent par leurs reliefs et par les formes allongées des personnages. Le magnifique tympan était polychrome à l’origine, avec des pièces de verre pour les yeux des personnages.

     Il présente un Jugement dernier. Le Christ en majesté trône dans sa mandorle. Sa tête, détruite pendant le plâtrage de 1766, a été remise en place en 1948. La mandorle porte plusieurs inscriptions latines, dont : « Seul, je dispose toute chose, seul, je couronne le mérite ». Elle est soutenue par quatre anges. En haut, deux disques représentent le soleil et la lune.

     À gauche du Christ (sur sa main droite), on trouve neuf apôtres dans le ciel avec à gauche saint Pierre reconnaissable à sa clé. Il est tourné vers le paradis, dont il protège l’entrée. En haut du tympan, la Vierge Marie est assise sur un trône dans la gloire du ciel. À droite du Christ, l’enfer avec plusieurs scènes affreuses de damnés dévorés par des diables, des monstres, le Léviathan… On y voit aussi deux damnés dans une chaudière et une femme avec un serpent dévorant ses seins !

     Le linteau a pour thème la résurrection des morts. Les ressuscités sortent de leurs cercueils. Au centre, un ange porte une épée. Entre les élus, à gauche, on voit deux évêques avec crosse et chasuble, trois enfants entourant un ange, deux pèlerins de Jérusalem et de Saint-Jacques-de-Compostelle, avec la croix et la coquille, et des moines.

     Trois rangs de voussures entourent le tympan. La première est vide : détruite en 1766, elle présentait autrefois les rois d’Israël et les 24 vieillards de l’Apocalypse. La deuxième voussure montre des motifs végétaux. La troisième se compose de 31 médaillons qui représentent les travaux des mois alternant avec les signes du zodiaque. Les belles sculptures représentent le calendrier du travail des paysans, les saisons, les signes astrologiques et quelques motifs floraux. Le trumeau qui soutient le linteau a été refait au XIXe siècle ; on y voit trois statues-colonnes de Lazare et de ses sœurs, Marthe et Marie.

Les petits chanteurs à la Croix de bois

 

     Après une période critique et grâce à un nouveau directeur artistique et une nouvelle société de production, le célèbre chœur d’enfants s’est installé à Autun (Saône-et-Loire). Le plan de sauvetage de la maîtrise n’est pourtant pas encore totalement bouclé. Fondée en 1907 par Paul Berthier et Pierre Martin, longtemps dirigée par l'abbé Fernand Maillet, la maîtrise s’était implantée dans différentes villes, notamment à Paris. En 2013 elle s’installe à Autun et se fixe comme objectif de maintenir une excellence musicale dans une perspective de mission d’évangélisation. Profitant de la notoriété de leur marque, les Petits chanteurs ont enregistré un disque en 2019 chez Bayard-Musique.

Sébastien ANTONI

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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 08:23

Source : Aleteia

 

 

     Découvrons les plus belles bibliothèques monastiques au monde. De la Prusse, à l’Autriche en passant par Prague, Madrid ou Paris, découvrons ces trésors à couper le souffle. Cachées derrière de lourdes portes, parcourues de forêts d’escaliers en colimaçon et de couloirs tapissés d’étagères, elles sont un des joyaux de la culture européenne.

 

     Véritables chefs-d’œuvre d’architecture, ces bibliothèques monastiques détiennent notamment les plus belles éditions de la Bible. Elles préservent aussi de multiples ouvrages merveilleusement calligraphiés et rehaussées d’or, d’innombrables livres liturgiques qui dégagent un parfum d’encens. Les évangéliaires les plus beaux sont tracés en lettres d’argent sur des parchemins pourpres.

 

 

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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
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EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE
EN IMAGES (N°1 à 6/12) : LES PLUS BELLES BIBLIOTHÈQUES MONASTIQUES AU MONDE

 

À suivre n°7 à 12/12

 

 

 

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 08:44
 
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°21 : SAINT-JOSEPH DE NOUMÉA
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°21 : SAINT-JOSEPH DE NOUMÉA
 
 

 

 

      L’histoire religieuse de la Nouvelle-Calédonie est liée à la congrégation des Maristes qui assura l’évangélisation catholique de cet archipel d’Océanie. Après 8 mois de navigation, les premiers missionnaires arrivent en 1843. En une petite cinquantaine d’années, le diocèse est fondé et la cathédrale Saint-Joseph est consacrée en 1890.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°21 : SAINT-JOSEPH DE NOUMÉA
La cathédrale française du bout du monde

 

      La région où se situe Nouméa est habitée depuis le premier millénaire. Ce coin de terre, au large de l’Australie, n’intéresse pas les Européens qui le découvrent au XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, Napoléon III fait de la Nouvelle-Calédonie une colonie pénitentiaire. Il érige un bagne sur l’île de Nou en rade de Nouméa. L’île accueille les grands criminels et des personnes que l’empereur des Français voulait éloigner (opposants politiques…) La ville de Nouméa devient le chef-lieu de la région qui se peuple essentiellement de militaires. La cité se développe rapidement grâce aux bagnards, une main-d’œuvre à disposition et corvéable sans beaucoup de ménagement. Les « chapeaux de paille » réalisent l’essentiel des infrastructures de la colonie : routes, système d’approvisionnement en eau, remblai des marécages, bâtiments officiels, etc.

      La cathédrale Saint-Joseph est édifiée dans le cadre de ce plan d’urbanisation. Le terrain est choisi en 1874. Il est situé dans le centre de Nouméa. Les travaux de terrassement commencent en 1876. Un concours public d’architectes est organisé pour établir les plans de l’église. C’est le projet d’un certain Labulle, un ancien bagnard, qui est sélectionné. Les travaux débutent en 1887. La cathédrale est construite à la mode de la fin du XIXe siècle, en style néogothique. Elle est consacrée en 1890. Une soixantaine de forçats a conduit l’ensemble du chantier. La bâtisse est réalisée à partir des matières premières disponibles sur place. Les pierres ont été extraites des carrières voisines. La charpente est en bois de niaouli, le plafond en kaori, les piliers du chœur ont été sculptés à partir de troncs de magnifiques tamanu. Du bois d’acacia et du précieux cohu ont servi aux décors. Des bénitiers faits de coquilles de tridacnes géants accueillent les visiteurs. Le lustre du chœur est une copie de celui de l’église de la Madeleine à Paris. Il a été réalisé avec l’une des toutes premières feuilles de nickel découvertes et extraites de Nouvelle-Calédonie.

 

Les premiers missionnaires

      Le 21 décembre 1843, les premiers maristes arrivent de France à Balade. Il s’agit de Mgr Douarre, des pères Rougeyron et Viard et des frères Marmoiton et Taragnat. La première communauté s’installe à Nouméa le 27 septembre 1873, dans le quartier de la cathédrale qu’ils desservent. Ils fondent dans ce quartier des écoles, un pensionnat, un orphelinat et proposent des cours pour les adultes. Ces missionnaires fondent plusieurs communautés dans toute la région et assurent encore aujourd’hui la pastorale de cette collectivité française du bout du monde.

 

Visite en vidéo
Prière d’un bagnard

      Je n’en finis plus, Seigneur, d’essayer de m’en sortir. Un malheur n’attend pas l’autre. Je n’arrête pas de me décourager; je suis comme un nageur qui prend sans cesse des tourbillons (…) Ah! Si tu déchirais ma nuit, Seigneur, si tu brisais mes chaînes, si tu me faisais sauter le mur… Tu sais, je ne vois plus de lumière au bout de mon tunnel. J’ai toujours ce boulet accablant à ma cheville. (…) J’ai du mal à vivre! Je suis si petit, si faible, et je ne vois pas le jour où tout cela va finir. Je suis malheureux, je n’en peux plus! Ah Seigneur! Desserre mes liens, rafraîchis mon front. Prends ma main, renforce mon pas, je n’ai plus que toi ; ne me déçois pas ; tu es ma dernière chance, mon dernier Feu, ma dernière Main. Ne me laisse pas tomber, j’ai tant besoin de Toi.

 

Chantons Joseph

 

Sébastien Antoni

 

 
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25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 06:26
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°18 : SAINT-LOUIS DES INVALIDES POUR LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE
L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°18 : SAINT-LOUIS DES INVALIDES POUR LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE
 

 

     

Entre 1676 et 1679, l’hôtel des Invalides se dote d’une église pour les soldats invalides hébergés par l’État. Le dôme, qui en est le chœur, ne sera inauguré qu’en 1706. Il est aujourd’hui désacralisé et accueille depuis 1840 le tombeau de Napoléon Ier. L’église des soldats, elle, est devenue la cathédrale du diocèse aux armées.

L’ÉTÉ DES CATHÉDRALES, n°18 : SAINT-LOUIS DES INVALIDES POUR LES ARMÉES DE LA RÉPUBLIQUE

     

     En 1670, le jeune roi Louis XIV, à 32 ans, ne cache pas ses ambitions guerrières. Mais de nombreux invalides de guerre, rescapés de la guerre de Trente ans, sont devenus des mendiants ou des voleurs et font tache dans la foule parisienne, déclenchant de nombreux troubles. Pour restaurer la sécurité, redorer l’image de l’armée et sa propre image par la même occasion, le roi ordonne la construction d’un hôtel sur la plaine de Grenelle, à l’écart de Paris, qui pourra accueillir trois mille invalides de guerre. Entre 1676 et 1690, il en accueillera jusqu’à six mille. Aujourd’hui encore, l’hôpital militaire héberge une centaine d’invalides de guerre des armées françaises.

L’architecte Libéral Bruant conçoit un ensemble organisé en cinq cours, qui comprendra un hôpital militaire, un hospice pour les soldats âgés. Une manufacture qui fournira les uniformes donne du travail aux soldats, ainsi que des ateliers de fabrication de bas et de chaussures, et même un atelier de calligraphie et d’enluminure.

 

L’église des soldats

       En 1676, Jules Hardouin-Mansart remplace Bruant et démarre la construction de « l’église des soldats », qui ouvre ses portes dès 1679. Elle est dédiée à saint Louis et consacrée à la Sainte Trinité. Pourtant, elle n’est pas terminée. Hardouin-Mansart veut la prolonger par un dôme impressionnant. Mais beaucoup s’y opposent, notamment Colbert qui multiplie les restrictions budgétaires. Le dôme ne sera inauguré par Louis XIV qu’en 1706.

       Dès le début, l’église est coupée en deux, le dôme faisant office de chapelle royale. Quand Louis XIV vient assister à la messe, les soldats sont présents eux aussi. Mais l’un entre par le dôme, et s’y tient, tandis que les autres entrent par la cour d’honneur et restent dans la nef.

Troubles révolutionnaires

Au matin du 14 juillet 1789, c’est avec la complicité d’une partie des soldats invalides que les révolutionnaires entrent dans l’hôtel, s’emparent de 32 000 fusils et de 27 canons, avant de se diriger vers la Bastille. Les symboles royaux et religieux sont martelés. Mais les Invalides demeurent et, avec la guerre contre l’Autriche en 1792, le gouvernement révolutionnaire s’appuie sur ses anciens soldats. En 1793, un jeune capitaine nommé Bonaparte s’illustre pendant le siège de Toulon. Après un passage à vide, il connaît en 1795 une ascension fulgurante et se voit nommé général en chef de l’Intérieur au mois d’octobre. Aux Invalides, son nom court sur toutes les lèvres.

 

Napoléon, le héros des Invalides

      Après la Révolution, Napoléon entretient des liens privilégiés avec l’institution, et gagne l’affection et l’estime des soldats. En 1804, il organise aux Invalides une cérémonie fastueuse au cours de laquelle il remet la toute première Légion d’honneur aux officiers méritants, mais aussi à des scientifiques, des prélats ou des artistes. Après la mort de l’empereur, il faut attendre l’avènement de Louis-Philippe et le retour en grâce des bonapartistes, pour que de nombreuses voix osent demander, comme celles de Victor Hugo ou d’Alexandre Dumas, le rapatriement de sa dépouille mortelle. En 1840, c’est au centre du dôme des Invalides, dans une crypte à ciel ouvert, que Napoléon sera inhumé au terme de funérailles nationales. Aujourd’hui désacralisé, le dôme est séparé de la cathédrale par une verrière construite en 1873.

La cathédrale des armées françaises

       L’église des soldats sera déclarée cathédrale en 1986 et attribuée au diocèse aux armées françaises, ancien vicariat aux armées, indépendant du diocèse de Paris depuis 1967. Malgré la séparation de l’Église et de l’État, le drapeau français flotte dans le chœur de l’église, et la nef arbore une collection de drapeaux pris à l’ennemi. Selon les propos de Mgr Antoine de Romanet, actuel évêque aux Armées françaises, « Les cathédrales de France, propriétés de la puissance publique et affectées au culte, associent de façon exemplaire l’Église et l’État, le politique et le religieux, en les élevant vers l’indicible. La cathédrale Saint-Louis des Invalides en est une illustration emblématique. (…) D’une certaine manière, la cathédrale Saint-Louis des Invalides immortalise avec incandescence dans sa pleine et entière signification éprouvée par les siècles, le beau et grand principe de laïcité. »

 

Écouter  :

Symphonie n°4 en si bémol majeur de Ludwig van Beethoven  : Adagio/Allegro vivace, interprété par l’orchestre symphonique de la Garde républicaine à Saint-Louis des Invalides, sous la direction de François Boulanger.

Christel Juquois

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