Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 janvier 2023 2 03 /01 /janvier /2023 13:54
DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE (CEF),
DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE (CEF),

Benoît XVI rappelé au Père :

une pluie d'hommages, un testament spirituel,

des funérailles pontificales

DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE (CEF),

 

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 08:54
L'Église se dote d'un Tribunal pénal canonique national inéditL'Église se dote d'un Tribunal pénal canonique national inédit
 
Partager cet article
Repost0
17 décembre 2022 6 17 /12 /décembre /2022 08:30
MÉDITATION DE LA PRÉSIDENCE DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE POUR L'AVENT 2022

Méditation de la Présidence de la Conférence des évêques de France pour l’Avent 2022

 

 

Noël nous invite à nous émerveiller devant Dieu qui vient à nous : méditation de la Présidence de la Conférence des évêques de France pour l’Avent 2022.

 

Noël est une fête de la paix et de la joie, notre sensibilité l’entoure de douceur ; le charme de l’hiver, surtout s’il apporte de la neige, l’enveloppe de silence ; les contrastes du froid et de la chaleur des maisons, de la nuit et des lumières des bougies ou des guirlandes, invitent à croire que l’amour peut triompher de ce qui nous angoisse. Cependant, le mystère de la nativité est avant tout un mystère d’abaissement de Dieu qui vient rejoindre les humains dans leur condition marquée par le péché ; il vient éprouver la pauvreté et les situations compliquées et douloureuses qu’elle engendre, lorsqu’il « n’y a plus de place dans la salle commune » ; il vient partager la solitude et l’arrachement de ceux et celles qui doivent fuir leur foyer. La mangeoire où Il est couché annonce déjà l’autel où Il sera mangé et par conséquent la croix où Il lui faudra mourir en raison des péchés des humains, de nos péchés à tous. Ce n’est pas sans raison qu’« il fallait que le Messie souffrît pour entrer dans sa gloire ». Mais lui veut que nous bénéficiions de ce qu’il apporte, il voudrait nous épargner les souffrances qu’il supporte, celle surtout de ne pas être aimé comme il aime, celle encore que son amour puisse être dévoyé par ceux à qui Il le confie.

 

Noël nous invite à nous émerveiller devant Dieu qui vient à nous. Nous n’en sommes pas dignes, nous les humains, et pourtant il vient sans hésiter ; nous sommes grands, nous les humains, et cependant nous sommes appelés à être plus grands encore, plus grands dans l’amour mutuel, par le respect, la délicatesse de cœur, l’oreille attentive. Puisse chacune et chacun de vous connaître un moment d’émerveillement en ces jours qui approchent et y trouver lumière et joie pour l’année qui va s’ouvrir.

MÉDITATION DE LA PRÉSIDENCE DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE POUR L'AVENT 2022
Partager cet article
Repost0
14 décembre 2022 3 14 /12 /décembre /2022 17:51
pour financer les JMJ, mettre de l'ordre dans sa penderie...

Pour financer les JMJ, nous récupérons

les vêtements et la bagagerie de marque
dans un état neuf ou comme neuf.

Pour tous renseignements, copier dans votre barre de recherche et Cliquez sur le lien: https://www.dons-jmj.org/

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 09:59
 
QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE L'AVENT ?

Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4ème dimanche précédant Noël.

 

Le temps de l’Avent (du latin adventus, “venue, avènement”) est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï et décisif pour l’humanité puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la croix, Jésus-Christ a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché. C’est ensuite par la Résurrection du Christ, célébrée à Pâques – la plus grande fête chrétienne de l’année –, que l’humanité est sauvée de la mort éternelle par le Dieu de la vie.

 

Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe.

 

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

 

L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa Résurrection (Pâques). L’Église relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans  » l’aujourd’hui » de sa liturgie » .

 

Être des veilleurs

 

Dimanche 27 novembre 2022, nous entrons dans le temps de l’Avent de quatre semaines environ qui nous prépare à la fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ.

Avec un cœur de veilleur

Vivre le temps de l’Avent, c’est donc veiller sur ceux qui nous entourent, c’est-à-dire nous ouvrir à leur présence, accueillir leur présence. Comment ne pas penser à tous ceux pour qui cet Avent 2022 va être un temps difficile ? Les malades, les personnes en précarité, celles dont la vie personnelle, familiale est blessée, les personnes en deuil, les migrants… Ils sont les invités de la crèche.

Vivre le temps de l’Avent, c’est aussi prendre conscience que Jésus, sans faire de bruit, sans paillettes vient à nous, qu’il est avec nous. Ouvrons-nous à sa présence, accueillons sa présence. Faisons de notre cœur une crèche.

L’Avent est un temps de joie et despérance. En effet, selon les mots du pape François, ‘’il nous fait revivre l’attente de l’événement le plus joyeux de l’histoire, la naissance du Fils de Dieu de la Vierge Marie’’.

Bon temps d’Avent, temps de joie profonde et despérance. Faisons silence… Veillons… Jésus, Prince de la Paix, vient à nous.

Une fête en communion avec les autres chrétiens du monde

L’Église catholique entre dans la période de l’Avent, ce temps de préparation à Noël, la fête de la naissance de Jésus le Christ, célébrée le 25 décembre (ou dans la nuit du 24), de même que d’autres communautés chrétiennes. Les chrétiens orthodoxes célèbrent Noël à l’occasion de l’Épiphanie, le 6 janvier.

 

Une dynamique sur toute l’année

Ainsi avec le Temps de l’Avent s’ouvre une dynamique qui pour les chrétiens se vit sur toute l’année, et qui commence en se rappelant comment le plan de Dieu, dans sa bonté, a été d’envoyer son Fils unique, conçu du Saint Esprit, né de la Vierge Marie.

 

Couronne de l’Avent, sapin de Noël

Traditionnellement ce temps de l’Avent est signifié par la couronne de l’Avent, couronne de verdure orné d’une bougie pour chacun des quatre dimanches qui précèdent Noël (parfois avec une bougie centrale à allumer le jour de Noël) : la lumière qui croît illustre la venue de Jésus-Christ, lui-même lumière pour le monde. Le sapin de Noël porte la signification symbolique de l’arbre comme image de la vie et de la renaissance qu’on fait entrer chez nous. (On pense à «l’arbre de vie» du jardin d’Éden, l’expression étant aussi une métaphore pour désigner la croix du Christ).

 

Noël et proximité des pauvres

Dieu est venu parmi les hommes en tant que petit enfant, en se faisant humble, en se livrant entre nos mains, sans s’imposer mais en nous éveillant à notre appel à vivre en harmonie avec Dieu et avec tous les hommes. La petitesse de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, né dehors dans une étable, car il n’y avait pas de logement disponible lors du déplacement forcé de Marie sa mère avec son époux, Joseph, permet de se rappeler tous ceux qui sont déplacés, exclus, vivant une précarité. Notre solidarité avec eux surgit aussi lors de ce temps de Noël qui approche.

 

Source :

 

QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE L'AVENT ?
Partager cet article
Repost0
23 novembre 2022 3 23 /11 /novembre /2022 14:01

L’année liturgique

L’année liturgique propose aux chrétiens de revivre l’ensemble de l’histoire du salut et de la vie du Christ, au cours d’une année.

 

Qu’est-ce que l’année liturgique ?

 

Elle reprend les événements principaux de la vie du Christ : sa naissance (Noël) sa mort et sa résurrection (Pâques), le don de l’Esprit (Pentecôte).

Elle invite les chrétiens à accueillir Dieu dans leur vie et à rester tendus vers la venue du Royaume. Elle déploie sur une année, ce que nous affirmons à chaque messe : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire »

Elle commence le 1er dimanche de l’Avent quatre semaines avant Noël. Elle s’achève avec le dimanche du Christ-Roi de l’Univers (un des derniers dimanches du mois de novembre).

 

Quels sont les temps de l’année liturgique ?

 

Comment se déroule le cycle des années liturgiques ?
Cliquer sur l'image

Cliquer sur l'image

Déc.  2022 - Nov. 2023 : ANNÉE A , on lit l'Évangile de saint Matthieu

Déc. 2023  -  Nov. 2024 : ANNÉE B , on lit l'Évangile de saint Marc

Déc. 2024 - Nov. 2025 : ANNÉE C , on lit l'Évangile de saint Luc et un peu de l'Évangile de saint Jean

 

 

Depuis le concile Vatican II, nous avons un cycle de trois années liturgiques : l’année A ; l’année B ; l’année C.


Pourquoi ? Parce que l’Église souhaite que les chrétiens entendent le plus possible de passage de la Parole de Dieu. La foi nait de l’écoute de la Parole. Pour cela, durant l’année A nous écoutons l’Évangile selon saint Matthieu ; durant l’année B, celui selon Saint Marc ; durant l’année C, celui selon saint Luc. Et celui selon saint Jean ? Nous l’écoutons pendant le temps pascal et aussi durant l’année B car l’évangile selon saint Marc est plus court.

 

En 2022-2023, nous sommes Année A,

nous écouterons l’Évangile selon saint Matthieu.

 

Source :

QU'EST-CE QUE L'ANNÉE LITURGIQUE ?
Partager cet article
Repost0
18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 08:33

Article " site de l’Église Catholique de France"

La fête du Christ Roi a été créée en 1925 par le pape Pie XI dans le but d’affirmer la royauté du Christ. Elle a pris un sens différent avec la réforme du calendrier liturgique demandée par le Concile du Vatican II.

 

      Elle n’est plus le dernier dimanche d’octobre, mais le dernier dimanche de l’année liturgique : elle devient ainsi comme le couronnement de l’année liturgique. Elle porte le titre de Solennité du Christ Roi de l’Univers.

     Elle se trouve enrichie de lectures qui explicitent le sens et l’objet de la célébration. Elle nous donne l’occasion de revenir sur l’année écoulée pour nous demander si et comment le Christ a mieux régné dans nos vies et nous relance pour une nouvelle année.

     En cette fête, la liturgie nous donne de contempler Jésus en croix exerçant sa royauté au profit du bon larron qui l’implore. Jésus, fils de David, est venu apporter la paix. « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature et le premier-né d’entre les morts ». Il a en tout la primauté, car il a voulu tout réconcilier en faisant la paix par le sang de la croix. « Le Seigneur est Roi », chante le psalmiste. Il donne son pouvoir à un Fils d’homme, dit le prophète Daniel. Jésus Christ est le souverain de la terre, proclame le visionnaire de l’Apocalypse. « Ma royauté ne vient pas de ce monde », dit Jésus dans l’Évangile de Jean.

    En ce jour, adorons le Christ, Roi de l’Univers, venu rendre témoignage à la vérité. Rendons grâce avec toute la Création pour toutes les facettes de son mystère qu’Il nous a laissé découvrir au long de l’année liturgique. Demandons-Lui pardon de ne pas l’avoir assez mis au centre de nos existences au long de l’année écoulée. Et donnons-nous à Lui pour que l’année qui s’ouvre nous aide à reconnaître sa puissance et le glorifier sans fin.

Lire la suite

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 13:41

 

 

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2022 4 10 /11 /novembre /2022 19:46
Interpellation des Eglises Chrétiennes à M. Le Président Emmanuel Macron sur le climat, la biodiversité et la sobriété

Église Verte : Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, le pasteur Christian Krieger et le métropolite Dimitrios Ploumis, les trois co-présidents du CECEF (Conseil d’Églises chrétiennes en France), interpellent le président de la République au nom des Églises chrétiennes en France, à l’occasion de la COP27 sur le climat (6-18 nov) et de la COP15 (7-19 déc) sur la biodiversité, en une adresse commune : voir la pièce jointe

Nous vous encourageons à lire ce texte lors de la célébration du dimanche 13 novembre, à le faire signer par les paroissiens et à l’envoyer aux élus locaux, dans une action de plaidoyer, pour lier les enjeux climat & biodiversité dans des politiques publiques ambitieuses, à toutes les échelles.

Adresse œcuménique
à l’occasion de la COP27 sur le climat
et de la COP15 sur la biodiversité

 

A Paris, le 28 octobre 2022

Monsieur le Président de la République,

 

    À la sortie d’un été où la morsure du bouleversement climatique a bousculé de nombreuses consciences et à la veille de COP onusiennes sur le climat et sur la biodiversité aux enjeux cruciaux, nous souhaitons contribuer à la mobilisation vers une transformation écologique ambitieuse et juste, en vous adressant l’interpellation des Églises chrétiennes de France.

 

Entendant la clameur de la Terre, celle des plus pauvres, mais aussi les cris des autres êtres vivants, nous nous réjouissons des perspectives que vous ouvrez lorsque vous promettez que l’écologie constituera votre « politique des politiques » et esquissez une  « révolution écologique » assumant d’être « radicale ». Nous accueillons positivement l’attribution de la planification écologique à Matignon. Des éléments de la méthode de   « France Nation verte » nous semblent prometteurs, dont notamment la logique de transversalité, l’implication de tous les acteurs et l’attention portée aux plus fragiles.

 

Cependant, nous craignons qu’au-delà d’une écologie reposant avant tout sur une approche technique, ces premiers pas ne prennent pas le chemin d’un véritable et nécessaire changement de paradigme, d’une mutation culturelle qui changerait notre rapport utilitaire à la nature, notre définition économiciste du progrès et notre compréhension matérialiste du bien-vivre.

 

L’enjeu est plus profond. Pour que l’influence aujourd’hui première de l’être humain sur son environnement, notamment sur le climat et la biosphère, puisse contribuer à préserver une Terre habitable, pour respecter l’accord de Paris et son objectif de rester sous les 1,5 °C de réchauffement, pour arrêter la sixième extinction de masse des espèces, une vraie « conversion » écologique est requise.

 

Si ce mot vient de l’Évangile, vous en saisirez l’esprit, qui parle à tous : changer de regard, retourner l’être, transformer le système et les modes de vie. S’il serait absurde de se priver de l’intelligence et de l’efficacité, il serait tout aussi vain de rester sourd au rappel à la finitude que nous adresse la nature avec le dépassement des limites planétaires. Nous devons embrasser la révolution de la sobriété.

 

Le Pape François, pour sa part, défend que « l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance »[1]. Le Conseil œcuménique des Églises, rassemblant plus de 580 millions de protestants, d’orthodoxes, d’anglicans et d’autres Églises au niveau mondial, appelle, de son côté, à l’« application d’indicateurs de prospérité et de bien-être alternatifs, qui prennent en compte l’intégralité des conditions économiques, sociales et écologiques »[2].

 

Nous vous appelons à promouvoir la sobriété, non comme une pause exigée par le contexte géopolitique et une tension sur les ressources, mais comme une vision et une partie intégrale de la conversion, au visage vertueux, bénéfique et désirable.

La sobriété est promesse de nouvelles abondances. En inventant, dans un mouvement libre, des formes de frugalité choisies, responsables et solidaires, qui commencent avec ceux dont l’empreinte écologique est la plus lourde, nous trouverons un enthousiasme fécond. Car savoir jouir des choses simples, ralentir, partager, rendre des espaces, du silence et la nuit aux plantes et aux animaux, en cela résident plus de créativité, plus de liens, plus de profondeur, plus de gratitude, plus de vivants, plus de beauté, et au total, plus de joie. La modération n’est pas l’autre nom de la frustration, mais la chance de nouveaux épanouissements.

 

Plusieurs rendez-vous offriront à la France l’opportunité de faire ce pas historique.

 

En vue de la COP27, nous soulignons que la meilleure adaptation est celle dont nous n’aurions pas besoin, car nous aurions baissé, à temps, les émissions de gaz à effet de serre. Or, la science nous rappelle que les objectifs nationaux et les trajectoires actuels demeurent insuffisants. Nous appelons à la rehausse de l’ambition et à la réalisation effective des objectifs. Pour les plus vulnérables, nous demandons l’atteinte et surtout le dépassement sans délai des 100 milliards de dollars annuels, promis il y a plus de dix ans déjà.

Nous en appelons aussi à un engagement fort de la France à la COP15 sur la biodiversité. Elle doit faire date et relever le défi d’une urgence, alors que tous les indicateurs sont au rouge.

 

Nous, Églises chrétiennes, sommes nous-mêmes en chemin. En cinq ans, 800 communautés ont adhéré au label œcuménique « Église verte » ; elles témoignent d’un engagement croissant, spirituel et concret. Une voie d’approfondissement, que nos communautés sont invitées à considérer sérieusement, est de désinvestir nos actifs financiers des énergies fossiles, pour les réinvestir dans des solutions d’avenir, en confiance et dans l’espérance que nous portons par notre foi en Jésus-Christ, pour l’humanité tout entière et l’ensemble du monde créé.

 

Nous nous réjouirions de l’opportunité d’un dialogue à ces sujets. Dans cette attente, et espérant une bonne réception de ce texte, nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

 

Monseigneur Éric de
Moulins-Beaufort

Coprésident du CÉCEF

Conférence des évêques de France

Le Pasteur Christian
Krieger

Coprésident du CÉCEF

Fédération protestante
de France

Le Métropolite
Dimitrios
 

Coprésident du CÉCEF

Assemblée des évêques orthodoxes de France

[1] Pape François, Encyclique Laudato Si’, paragraphe 193, 2015.

[2] Conseil oecuménique des Églises, The Living Planet: Seeking a Just and Sustainable Community, 2022.

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2022 4 10 /11 /novembre /2022 11:06
Lettre pastorale des évêques de France aux fidèles catholiques : « Ô mort, où est ta victoire ? »
Conference-eveques-france-2022-000_32N39MG

CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, durant le discours de clôture de la Conférence des évêques de France, le 7 novembre

La rédaction d'Aleteia - publié le 08/11/22

 

Suite à leur assemblée plénière du 3 au 8 novembre 2022, les évêques ont adressé le 8 novembre une lettre pastorale retranscrite ici dans son intégralité.

 

Chers frères et sœurs,

 

     « Ô Mort, où est ta victoire ? » Cette question vient du fond des âges. Elle surgit de l’élan de vie déposé en chaque être humain lorsqu’il se révolte devant la mort. Car celle-ci lui apparaît en quelque sorte inhumaine. Pour le croyant, la question semble jaillir de Dieu lui-même ! En effet, Dieu, le Maître de la vie, ne peut pas laisser la mort engloutir la vie : « Dieu n’a pas fait la mort », lisons-nous dans les Écritures d’Israël. Pour le chrétien, l’interrogation est comme une réponse à notre inquiétude, selon la catéchèse de l’apôtre saint Paul sur la résurrection. Elle confirme l’espérance des prophètes annonçant que la mort sera vaincue : La mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est-il, ton aiguillon ? (1 Co 15,54b-55).

L’énigme de la mort et de la souffrance

     La mort touche et interroge chacun d’entre nous. Mort d’un proche âgé s’éteignant doucement. Mort d’une personne enfin soulagée d’une grave maladie. Mort, tellement scandaleuse, d’un enfant, d’un jeune ou d’une personne très aimée, victime précoce d’une maladie, d’une épidémie ou d’un accident. Mort occasionnée par un attentat ou par la guerre. La mort est là, inévitable, avec souvent son cortège de souffrances. Spontanément, on peut dire qu’elle effraie. Oui, nous ne sommes pas faits pour la mort ! Les évêques du monde entier réunis au Concile Vatican II constataient : « C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une juste inspiration de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. »

     Ces mêmes évêques affirmèrent aussi : « L’Église croit que le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l’homme, par son Esprit, lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. » Ainsi, c’est en restant lucides sur notre propre peur tout en mettant notre foi en Jésus mort et ressuscité, que nous devons accueillir la question posée au sein de notre société : peut-on aider activement une personne à mourir ? Peut-on demander à quelqu’un d’aider activement à mourir ? En osant regarder la mort avec Jésus, le Christ, nous pouvons amorcer une réponse.

« Notre sœur la mort »

     Chaque année, le 2 novembre, la liturgie invite à commémorer les fidèles défunts. Tout au long du mois de novembre, nous prions plus intensément pour eux. Cette prière ravive parfois notre souffrance, elle redit aussi notre foi pleine d’espérance : la mort est un passage, le passage le plus important depuis notre venue à la vie. Pourquoi prions-nous pour les morts sinon parce que nous croyons que la mort est un passage de la vie en ce monde à la vie éternelle avec Dieu ? Nous prions parce que nous voulons que nos défunts connaissent le bonheur éternel. Car, nous le savons, l’âme est « spirituelle et immortelle » et « le désir du bonheur s’accomplit dans la vision et la béatitude de Dieu ». Ce passage, nous le regardons comme l’ultime « pâque » de nos vies. Ce passage est éclairé par la Pâque de Jésus : Il est tout entier passé de la mort à la vie. Sa résurrection l’atteste pleinement. C’est pourquoi saint Paul peut affirmer : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (1 Co 15, 17).

 

     Saint François d’Assise termine son ode à la Création en osant chanter : « Loué sois-tu pour notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper. » Même si notre société cache la mort et la regarde peu en face, celle-ci est la compagne de nos vies et nous rappelle fraternellement son issue. En Jésus-Christ, « premier-né d’entre les morts » (Col 1,18 ; Ap 1,5), la mort devient bienheureuse. « Dans le Christ, tous recevront la vie », enseigne saint Paul (1 Co 15,22). Telle est la magnifique espérance chrétienne. La mort, nous l’évoquons souvent, à chaque fois que nous prions le Je vous salue Marie : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous […] maintenant et à l’heure de notre mort. » Les auteurs spirituels disent qu’il y a deux jours importants dans notre vie : l’aujourd’hui et celui de notre mort. À la lumière de l’Évangile, ces deux moments acquièrent une belle densité. Chaque matin, il est beau de dire au Seigneur « me voici », comme la bienheureuse Vierge Marie au jour de l’Annonciation : « Fiat, que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). Chaque soir aussi, au seuil de la nuit comme au seuil de la mort, il est également beau de dire avec le vieillard Siméon, tout à la joie de la rencontre avec son Sauveur : « Maintenant, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix … » (Lc 2,29).

La science et la foi contre la douleur et la souffrance

     Déjà en 1965, le Concile Vatican II, confiant dans les progrès de la science, remarquait : « Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer l’anxiété de l’être humain : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur. » Aujourd’hui, la science médicale a progressé. Non seulement, elle permet des avancées dans le soin, mais elle est aussi de plus en plus capable de soulager la douleur physique et, parfois, psychique. L’Église salue ces progrès lorsqu’ « on veut simplement atténuer la douleur de manière efficace en recourant aux analgésiques, dont la médecine permet de disposer ». Cela peut contribuer à atténuer des souffrances existentielles et même spirituelles. Le développement des soins palliatifs est un gain important de notre époque. D’une manière très heureuse, ces soins allient compétence médicale, accompagnement humain grâce à une relation de qualité entre équipe soignante, patient et proches, et respect de la personne dans sa globalité avec son histoire et ses désirs, y compris spirituels.

     Grâce à ces soins, les familles peuvent mieux accompagner ceux qui, dans des circonstances douloureuses, s’approchent du grand passage de la mort. Nous encourageons la recherche et le développement des soins palliatifs afin que chaque personne en fin de vie puisse en bénéficier, aussi bien à son domicile que dans un EHPAD ou à l’hôpital. Chers frères et sœurs, il est bon que chacun de vous s’informe sur les soins palliatifs pour bien accompagner l’un de vos proches qui en aurait besoin. Dans certains cas cependant, la souffrance paraît insupportable, en particulier quand les traitements semblent impuissants. Il arrive aussi qu’une maladie incurable plonge la personne dans une angoisse ou un mal de vivre auxquels elle veut mettre fin. Notre foi est alors mise au défi de ces situations qui soulèvent des interrogations légitimes.

     L’ « aide active à mourir » permettrait évidemment de supprimer toute souffrance, mais elle franchirait l’interdit que l’humanité trouve au fond de son être et que confirme la Révélation de Dieu sur la montagne : « Tu ne tueras pas » (Ex 20,13 ; Dt 5,17). Donner la mort pour supprimer la souffrance n’est ni un soin ni un accompagnement : c’est au contraire supprimer la personne souffrante et interrompre toute relation. C’est « une grave violation de la Loi de Dieu ». C’est une grave transgression d’un interdit qui structure notre vie sociale : nos sociétés se sont organisées en restreignant toute atteinte à la vie d’autrui. Pratiquer l’ « aide active à mourir » est et sera la cause d’autres souffrances, en particulier celle du remords et de la culpabilité qui rongent insidieusement le cœur de l’être humain ayant consenti à faire mourir son semblable, jusqu’à ce qu’il rencontre la miséricorde du Dieu Vivant.

 

Le choix de la fraternité

 

     Notre foi nous convie à une autre attitude : par elle nous choisissons l’accompagnement, envers et contre tout. La fraternité du bon Samaritain qui prend soin de son frère « à demi-mort » nous inspire ce chemin (Lc 10,33-35). La fraternité invite à nous entraider pour garder la force d’accompagner avec délicatesse, fidélité et douceur. En lien avec les équipes soignantes, nous pouvons vivre cet accompagnement avec patience. L’agonie, c’est-à-dire les derniers moments de la vie, peut être plus ou moins longue, plus ou moins apaisée, plus ou moins dramatique. La tradition chrétienne connaît des gestes variés pour l’accompagner de manière humaine, vraiment fraternelle : les psaumes, la prière commune, mais aussi le fait de rester près d’une personne en fin de vie, sans se lasser. L’accompagnement, pour alléger la douleur, peut aller jusqu’à la sédation. Cette sédation est souvent intermittente et doit être proportionnée.

     De façon rare, l’équipe soignante peut estimer juste d’accueillir la demande d’un patient de recevoir une sédation continue jusqu’au décès ou bien de l’envisager avec les proches, lorsque le patient ne peut plus exprimer sa volonté. Il ne s’agit pas alors de donner la mort mais d’apaiser la souffrance. Ces décisions, toujours collégiales, doivent être prises dans un échange délicat avec les proches, notamment pour laisser le temps de vrais adieux, autant que possible. Il est alors beau « de “savoir demeurer”, de veiller avec ceux qui souffrent de l’angoisse de mourir, de “consoler”, c’est-à-dire d’être avec dans la solitude, d’être une présence partagée qui ouvre à l’espérance. » Il est beau de préparer le malade à voir Dieu. La présence de l’aumônier est importante. Quand cela est possible et correspond à la situation religieuse du patient en fin de vie, la célébration des sacrements de la Réconciliation, de l’Onction des malades et de l’Eucharistie est une étape très belle. N’oublions pas la communion reçue en viatique, c’est-à-dire au moment du passage vers le Père : elle est plus que jamais « semence de vie éternelle et puissance de résurrection ». Et en tous les cas, la prière auprès d’un mourant, même silencieuse, n’a pas de prix pour nous qui croyons en « la communion des saints ».

Le baptême, source de vie

     Frères et sœurs, mettre la main sur la durée de notre vie, choisir l’heure de notre mort, s’en faire le complice, c’est revenir sur l’engagement pris en notre saint Baptême. En lui, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection de Jésus afin que, comme lui, nous vivions une « vie nouvelle » (cf. Rm 6,3-4). Par le Baptême, nous sommes purifiés et consacrés dans l’Esprit Saint pour offrir avec Jésus, chaque instant donné par Dieu durant notre vie sur la terre. La vie nouvelle des disciples de Jésus est celle de « l’amour » (cf. Rm 13,8-10), amour pour Dieu et pour notre prochain (cf. Mt 22,36-40). Se préparer à la mort, c’est, avec la grâce de Dieu, aimer et grandir dans l’amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour », selon le mot de saint Jean de La Croix qu’aime répéter le pape François. Ainsi, notre Baptême est la vraie source de nos « directives anticipées », qu’elles soient écrites ou simplement transmises oralement à une « personne de confiance ». Il est bon de nous entraider à vivre, de nous faire mutuellement confiance pour être encouragés à vivre jusqu’au bout dans la dignité des enfants de Dieu. Nous nous engageons à réfléchir à nos directives anticipées personnelles pour que notre mort ne soit ni volée ni imposée à Dieu, et nous vous invitons à en faire de même.

     Nous voulons que notre mort soit, grâce à l’Esprit Saint, grâce à la présence des frères et sœurs, grâce à l’accompagnement de la médecine, un passage offert librement où nous remettrons avec gratitude à notre Père des cieux tout ce qu’il nous aura donné. Nous voulons avec son Fils, Jésus, participer à l’offrande du monde, encore souffrant, pour son salut et la gloire de Dieu, en lui offrant tout l’amour vécu ici-bas. Nous voulons qu’elle soit en esprit et en vérité l’ultime pâque à l’image et ressemblance de la Pâque de Jésus. Nous voulons qu’elle soit un acte de confiance en l’infinie miséricorde de notre Dieu plus grand que tout. Pour cela, comprenons bien la place essentielle de « l’intention » dans les décisions médicales en fin de vie. L’intention est-elle de soulager la souffrance trop dure en ménageant les instants encore à vivre, même si cela peut abréger les jours du malade ? Ou bien l’intention est-elle d’anticiper la mort pour en finir avec la souffrance ? Dieu dit : « Choisis la vie ! » (cf. Dt 30,19). Aidons-nous mutuellement, en écoutant l’avis des soignants, à discerner entre ce qui est soin, hydratation et nourriture dus au malade, même si la mort devient certaine, et ce qui pourrait être acharnement thérapeutique vain et source de souffrance inutile. Oui, aidons-nous à discerner les choix de vie tout en consentant à la mort qui vient.

La solidarité humaine

      Légaliser le suicide assisté ou l’euthanasie, appelés par euphémisme « aide active à mourir », est une proposition récurrente face à la mort, ou plutôt au désir de mourir. Présentée comme une ouverture voire un progrès, elle a l’apparence d’une liberté plus grande de chaque personne qui, dit-on, a le droit de choisir sa mort en raison de son autonomie. Elle ne nuirait en rien aux autres, est-il ajouté, puisque personne n’y serait obligé. L’envisager ainsi, c’est oublier la dimension éminemment sociale de la mort, et la solidarité humaine qui en découle. Qu’on le veuille ou non, le choix individuel du suicide assisté ou de l’euthanasie engage la liberté d’autrui convoqué à réaliser cette « aide active à mourir ». Il brise de façon radicale l’accompagnement fraternel prodigué ; il transforme profondément la mission des soignants. Il ruine la fécondité du symbole du bon Samaritain qui inspire l’amour, socle d’une « société digne de ce nom ». Vivre la mort comme un choix individuel, à faire ou à ne pas faire, est inhumain. Nous sommes tous des êtres en relation, heureux de nous confier les uns aux autres.

     C’est dans la confiance en autrui que chacun peut envisager sa mort. Peut-on imaginer ce que vivraient profondément des enfants dont le père ou la mère déciderait que soit mis fin à sa vie ? Que signifierait pour un fils ou une fille de décider ce moment pour sa mère ou son père ne pouvant plus s’exprimer, ou même simplement y contribuer ou refuser d’y contribuer ? Face à la pression que susciterait la possibilité de choisir de mourir, quelle serait la liberté intérieure réelle d’une personne fragilisée par la maladie ? Par ailleurs, comment d’éventuels désaccords familiaux seraient-ils vécus ? Même si un dispositif réglementaire régulait le processus de décision pour choisir sa mort, des proches désunis pourraient-ils trouver la paix du cœur ? Comment ne pas être très attentifs à la situation des personnes atteintes d’un mal incurable, sans être en fin de vie à court terme ? Se voir diminuer est parfois insupportable. D’aucuns réclament de mourir en exprimant le désir de ne pas devenir un poids pour leurs proches. Céder à leur désir peut être présenté comme un acte de fraternité, et en tous les cas, de respect individuel. Cependant, la demande suffit-elle à justifier la solution de la mort ? De plus, le désir de quelques-uns doit-il conduire notre société à proposer la mort à toutes les personnes incurables ? Que vivront-elles si, plus ou moins explicitement, leur est présentée la possibilité de demander à être aidées à mourir ?

     La dynamique entière du soin en serait gravement déviée. Légiférer en ce sens signifierait imposer à tous de faire un choix individuel. Cela éloignerait de la véritable liberté qui grandit dans la relation et qui suppose d’assumer ce que nous sommes en vérité, des êtres mortels qui ne s’appartiennent pas. Le fait même de proposer un tel choix accentuerait le mal-être de notre société et enfoncerait un peu plus notre humanité dans l’individualisme mortifère. Pour nous, chrétiens, ce serait s’éloigner du dessein sauveur voulu par Dieu : « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Nous le comprenons, notre foi et notre charité sont et seront sollicitées. Foi et charité éclairent notre chemin et guident nos pas face à la mort et à l’accompagnement dû aux mourants. Elles demandent aussi d’éviter les jugements incompatibles avec le respect dû à chaque personne humaine. Elles donnent le courage de recommencer sans cesse à construire une fraternité, avec la grâce de Dieu et l’aide de la communauté.

L’aide active à vivre

     Nos paroles seront peut-être de peu de poids face aux opinions apparemment dominantes. Pourtant, bon nombre de nos concitoyens s’interrogent devant la question radicale de la mort : « Ô mort, où est ta victoire ? » Ils voudraient tellement que la victoire soit à la vie ! Notre engagement à être ensemble serviteurs de la vie est la réponse à l’appel que Jésus nous adresse en proposant l’attitude du bon Samaritain : « Va, et, toi aussi, fais de même » (Lc 10,37). Sans doute avons-nous à examiner les modalités de la prise en charge personnelle et collective des personnes âgées, afin de leur proposer les meilleures conditions d’une fin de vie digne et d’une bonne approche de la mort. Il serait bon de nous instruire les uns les autres, de nous aimer en vérité et, osons le dire, de nous préparer, sans crainte, à bien mourir. Il convient que chacun se prépare à la maladie et à la mort. On ne le fait pas en s’angoissant, en imaginant le pire, mais en apprenant à profiter de chaque instant pour se rapprocher de Dieu et des autres. Demandons la grâce de comprendre qu’être dépendant n’est pas une déchéance : la condition humaine est belle dans le fait même que nous sommes dépendants les uns des autres. Il y a des moments dans la vie où chacun donne beaucoup, et d’autres où chacun a à recevoir avec reconnaissance.

Gratitude et espérance

      À ceux qui sont au service de la fin de vie de personnes fragilisées, que ce soit à court terme ou à moyen terme, qu’elles soient âgées ou non, qu’elles soient peut-être des jeunes ou des enfants, nous voulons redire les mots de saint Paul en conclusion de sa prédication sur la résurrection : « Mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue » (1 Co 15,58). Nous vous invitons à faire vôtre ce grand chapitre 15 de la Première Lettre aux Corinthiens sur la résurrection du Christ et sur la résurrection des morts. Nous vous invitons à le méditer en priant l’Esprit Saint de donner à notre société la joie de choisir la vie, de choisir l’aide active à vivre et à bien mourir. Nous vous confions cette Parole de Dieu « afin que vous débordiez d’espérance » (Rm 15,13). « Rendons grâce à Dieu qui donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15,57), exhorte saint Paul. Nous rendons grâce pour les soignants, les aidants, les aumôniers des hôpitaux et des EPHAD, pour le personnel dévoué, les bénévoles et les visiteurs bienfaisants de nos parents et amis en établissements de santé, et pour les frères et sœurs qui tiennent la main de ceux qui nous quittent, souvent en leur demeurant proche dans le silence. Tous contribuent à la victoire de la paix ! Combien de témoins nous révèlent la fécondité de l’attention aux mourants pour que la paix advienne dans leur âme, et aussi dans le cœur de leurs proches !

     Au cours de notre assemblée à Lourdes, nous prions le Seigneur des morts et des vivants pour qu’il accorde à tous et à chacun, à ses fils et ses filles bien-aimés unis par le Baptême à Jésus ressuscité, à tous nos frères et sœurs en humanité, un surcroît de sagesse et aussi la grâce d’une « bonne mort ». « Pour un chrétien, dit le pape François, la bonne mort est une expérience de la miséricorde de Dieu, qui est proche de nous aussi dans ce dernier moment de notre vie. » Il ajoute : « Que saint Joseph nous aide à vivre le mystère de la mort de la meilleure manière possible. » Ici, nous prions le Seigneur pour vous et, plus spécialement, pour ceux qui sont confrontés à une fin de vie souffrante. Nous prions, conscients de ce que le grand débat sur la fin de vie peut faire résonner au plus profond de chacun de nous. Que la Vierge Marie obtienne pour tous le don caché de l’Esprit Saint qui fait discerner la beauté de la vie et la grandeur de la fraternité.

À Lourdes, le 8 novembre 2022

Les évêques de France.

Partager cet article
Repost0